Le lance-mines 1933 (lm 33), est un mortier de calibre de l'Armée suisse. Produit sous licence par la Fabrique fédérale d'armes de Berne dès 1934, il est une version modifiée du mortier Stokes-Brandt modèle 27/31. Il a été en service dans l'infanterie, les troupes cyclistes et les troupes mécanisées, notamment monté sur le char lance-mines 64.
Le lance-mines 1972, sa version allégée, a notamment été destiné aux troupes de montagne. Il est actuellement attribué aux bataillons d'infanterie, aux bataillons de grenadiers, ainsi qu'à d’autres forces spéciales. Il doit être remplacé par le MortierSur le plan international, les lance-mines sont désignées par le terme de « mortier ». Jusqu’à la Seconde Guerre mondiale, le terme « lance-mines » était utilisé dans l’ensemble du monde francophone pour désigner les pièces à tube court tirant avec une trajectoire courbe. Seule l'Armée suisse a conservé la désignation « lance-mines ». La terminologie internationale a été introduite en Suisse avec le Mortier 16 et le Mortier 19. 19 qui sera livré entre 2021 et 2023.
Lance-mines 1933 Historique Dans le message adressé à l'Assemblée fédérale sur l'armement et l'équipement de l'armée du , le Conseil fédéral demandait l'acquisition et l'attribution de mortiers aux bataillons d'infanterie..
De 1930 à 1931, la Confédération suisse était en négociations avec Brandt. Après l'achat de plusieurs pièces et les tests réussis, le Service technique militaire (STM) du Département militaire fédérale a signé un accord de licence exclusive avec Brandt pour la fabrication du lance-mines Stokes-Brandt de 8,1 cm et de ses munitions en Suisse.
Quelques caractéristiques distinguaient le lance-mines 1933 (8,1 cm Minenwerfer 1933 (8,1 cm Mw 33)) fabriqué par la Fabrique fédérale d'armes de Berne de l'original. Le tube, légèrement plus long, est passé de (L/13.7) à (L/15.6) et le dispositif de visée est amélioré. L'appareil de pointage à collimateur, dont l'élévation est graduée en degrés, est remplacée par une lunette panoramique semblable à celle du canon d'infanterie 1935, graduée en élévation comme en dérive en ‰..
La fabrication d'une première série de 550 exemplaires débute durant l'été 1934. À part des développements et ajustements mineurs le lance-mines 33 est resté inchangé jusqu'à ce qu'une version améliorée soit introduite en 1972, le lance-mines 1933/72.
À la mise en service du lm 33, une différence majeure de son utilisation était le nombre de charges. Alors que le règlement français ne prévoit le tir qu'avec 5 charges, soit une portée maximale de , 7 charges peuvent être tirées en Suisse amenant l'obus de lancement à une portée maximale de , ou, pour un obus-mine tiré avec 4 charges.
Caractéristiques techniques Selon le règlement 53.131 Plage d’élévation : 800 - 1200 A ‰ Poids total du lance-mines 33 : Tube : Plaque de base rectangulaire () : Bipied : ) Dispositif de visée avec étui : Caisse d'accessoires : Filet de camouflage : Outil de groupe? (schanzwerkzeug) : (commande séparée) lm 72 complet :
Lance-mines 1972
vignette|gauche|Tir d'un obus au moyen d'un lm 72 à Schwägalp au pied du Säntis en janvier 2017 Le lm 72 (8,1 cm Minenwerfer 1972 (8,1 cm Mw 72)), également fabriqué par la Fabrique fédérale d'armes de Berne, est nettement plus léger. Le poids du tube est passé de 21 à , le bipied pèse désormais au lieu de et la plaque de base, désormais ronde au lieu de rectangulaire, fait au lieu de . Alors que le poids total du lm 33 est de , celui du lm 72 est de . La plaque de base ronde permet pratiquement un tir tous-azimuts dans les plus brefs délais.
En même temps, une nouvelle munition est introduite. Elle permet d'atteindre une distance pratique de 4 km. Hormis des modifications mineures, les munitions déjà utilisées avec le modèle 1933 peuvent également être utilisées. Avec cette nouvelle munition, une nouvelle méthode de tir est introduite : deux facteurs qui révolutionnent les possibilités d'engagement de cette arme d'appui de l'infanterie.
L'économie de poids de 20 kg réalisée avec le lance-mines 72, soit 240 kg pour les 12 pièces de la compagnie lourde de fusiliers, permet théoriquement que le même nombre d'hommes peut transporter un surplus de munitions, soit environ 70 obus.
Caractéristiques techniques Selon le règlement 53.131 Poids total du lance-mines 72 : Tube : Plaque de base ronde () : Bipied : ) Dispositif de visée avec étui : Caisse d'accessoires : Filet de camouflage : Outils (schanzwerkzeug) : lm 72 complet : Portée max : selon la distance, jusqu’à 7 charges sont utilisées. La variation du poids modifie la vitesse initiale du projectile. avec obus : (règl.1971), (règl.1981) avec mine : Équipement : pelle pioche, panier d’équipement, filet de camouflage et appareil de pointageOlivier Loutan, lance-mine modèle 1933 de 81 mm, 6 août 2007, loutan.net
Organigramme Infanterie
Lors de son introduction dans l'infanterie, le lance-mines entier, y compris une corbeille d'effets d'équipement, se chargeait sur une charrette ou pouvait être bâter sur un cheval. Chaque éléments (tube, plaque de base et bipied, munitions) est transportable à dos d’homme.
Avec l'organisation des troupes de 1951 (O.E.M.T. 51) le bataillon d'infanterie voit augmenter le nombre de ses lance-mines. Il dispose alors de trois sections de lance-mines de 3 groupes (4 dans la défensive ou en situation stable) à 3 pièce chacun, soit en tout 9 (12) pièces.
La section, soit l'unité de feu, tire en batterie, le tir étant commandé et dirigé par le chef de section. En 1951, la section de lance-mines est hippomobile : 3 charrettes pièce et 4 charrettes munitions. Ce matériel peut être bâté, soit 3 (4) sommiers pièces, et 4 (3) sommiers munitions.
À partir de 1961 (Armee 61), le bataillon de fusiliers des régiments d'infanterie (de campagne, de montagne et mécanisé) dispose d'une compagnie lourde de fusiliers dotée de 12 lance-mines de 8,1 cm..
Le Haflinger 700 AP, en service depuis 1961, devint un moyen de transport courant en montagne pour le lance-mines.
La compagnie lourde de fusiliers peut fournir un appui de feu aux 3 compagnies de fusiliers du bataillon, soit une section de lance-mines à 4 pièces avec un poste de commandement de tir et 3 observateurs (commandants de tir) par compagnie de fusiliers.. vignette|Un lance-mines 8,1 cm 1933 en position de tir sur la Place d'armes de Bure en 1981. En 1971, le Pinzgauer 4x4 est introduit dans l'Armée suisse. Il devient le véhicule tout terrain des unités de lance-mines de l'infanterie.
En 1989, les lance-mines équipent les compagnies lourdes de fusiliers, les compagnies de lance-mines d'aéroports et les compagnies de lance-mines cyclistes. Avec le programme d'armement 1991, les observateurs de ces unités sont équipés de télémètres laser pour la conduite de feux 91.027 Message concernant l'acquisition de matériel d'armement (Programme d'armement de 1991) - Lance—mines de 8.1 cm, Conseil fédéral, 27 mars 1991, p.718..
Depuis 2010, les bataillons d’infanterie, de carabiniers ou de montagne sont dotés de 12 (ou 14?) lance-mines de 8,1 cm 72 mise en œuvre par la compagnie d'appui du bataillon. Élément d'appui de feu du bataillon d'infanterie, elle se compose d'une section de commandement, de trois sections de lance-mines, d'une section d'observateurs et d'une section de tireurs d'élite. Chaque section de lance-mines est dotée d'un Duro de commandement, d'un véhicule radio 4x4 Puch 230 GE avec remorque (remplacé à partir de 2018 par un Mercedes-Benz G300) et de quatre lance-mines 8,1 cm transportés par quatre Duro. Précédemment, le bataillon d'infanterie comprenait une compagnie d'état-major, quatre compagnies d'infanterie (3 depuis 2010) et une compagnie d'appui..
Troupes mécanisée Les lance-mines 33 ont été introduits durant le service actif de 1939-1945 dans les troupes légères nouvellement créées, qui intègrent les troupes légères motorisées, les troupes cyclistes et la cavalerie. Dès 1949, la compagnie des 6 bataillons de dragons motorisés, auxquels ont succédé les bataillons de grenadiers de chars, étaient équipés du lance-mines 8,1 cm 1933. Engagés par section, les lance-mines étaient une arme d'appui du bataillon. Subordonnés à une unité de combat, ils en augmentaient notablement la puissance de feu.
En 1962, les troupes légères sont renommées troupes mécanisées et légères (TML). En 1964, les TML sont dotées du char lance-mines 64.
Char lance-mines 64 Le lance-mines 33 a équipé les 132 char lance-mines 64 (M113 A1) des formations mécanisées de 1964 jusqu'en 1970, alors remplacé par le lance-mines 64 et leur nombre augmenté (environ 200 chars lance-mine 64 /91 en 2004). Les chars étaient également équipés de la mitrailleuse (mobile) de 12,7 mm 64 et d'une station radio SE-412 Urs Heller, Mw Pz 64 M-113 A1 mit Se-412, militaerfahrzeuge.ch dont la portée moyenne était de 20 à 30 kilomètres. L'équipage comprenait 1 sous-officier (chef de groupe), 1 pilote, 1 pointeur, 1 chargeur et 1 pourvoyeur de munitions. Le lance-mines pouvait être débarqué et utilisé avec la plaque de base.
La section de lance-mines de 8,1 cm des compagnies lance-mines des bataillons de grenadiers comptait 4 pièces, tandis qu'elle n'en comptait que 3 dans les bataillons d'exploration. Le chef de section disposait d'un char de commandement 63 (M113 A1), équipé de deux stations radio émettrices et réceptrices et d'un récepteur auxiliaire, qui fait office de poste central de tir (PCT)..
Troupes cyclistes En 1937, les troupes cyclistes passent de l'infanterie aux troupes légères nouvellement créées, qui intègrent également la cavalerie et les troupes légères motorisées. Durant le service actif 39/45, les compagnies motorisées de fusiliers-mitrailleurs sont transformées en compagnies motorisées de mitrailleurs, puis complétées par une section motorisée de lance-mines 8,1 cm 1933.
En 1949, les cyclistes d'élite sont regroupés dans neuf bataillons de cyclistes subordonnés aux régiments de cyclistes 4/5/6 intégrés respectivement aux brigades légères 1/2/3. La du bataillon perd ses mitrailleuses au profit des compagnies de cyclistes et devient la compagnie motorisée d'armes lourdes formée de 2 sections de canons antichars et d'une section lance-mines de 8,1 cm. Arme d'appui du bataillon, les sections lance-mines sont subordonnés à une unité de combat.
Avec l'organisation des troupes de 1961, les régiments de cyclistes deviennent troupes de corps d'armée. La compagnie motorisée d'armes lourdes du bataillon devient une compagnie lance-mines homogène motorisée.
En 1979, l'école de recrue cycliste (ER cyc 20/220), à Drognens depuis 1973, se compose de deux compagnies de cyclistes (trois en été) et d'une compagnie lance-mines. Chez les cyclistes, 40 % sont formés comme tireurs grenades à fusil, 40 % comme tireurs tubes-roquettes et 20 % comme mitrailleurs. Chez les canonniers lance-mines, il y a 50 % de servants, 25 % d'aides de tir et 25 % de chauffeurs (le véhicule tout terrain de la compagnie de lance-mines étant le Pinzgauer 4 x 4). Les recrues lance-mines sont instruites surtout au travail à la pièce et à la collaboration avec les cyclistes..
De 1995 à 2003, année de dissolution des troupes cyclistes, les trois régiments cyclistes étaient composés de trois bataillons chacun. Ces bataillons étaient dotés de compagnie motorisées de lance-mines ; deux de ces bataillons étaient dotés d'une compagnie cycliste lance-mines (lm 8,1 cm 1933/72), et un bataillon était doté d'une compagnie de lance-mines lourd (lm ).
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