La presse en France a une longue histoire, dont le début peut être tracé en 1631.. La liberté de la presse est inscrite dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, et plusieurs fois réaffirmée, notamment dans une loi fondamentale pour ce secteur de 1881. À partir de la fin du , une partie de la presse française connaît une crise profonde, voyant son nombre de lecteurs (et ses recettes) diminuer.

Histoire de la presse en France

La Gazette, crée par Théophraste Renaudot en 1631, est l'un des plus anciens titres de presse français. La presse en France a connu plusieurs étapes de développement. À la suite de la révolution de 1789, près de titres fleurissent (certains seront censurés, beaucoup seront éphémères). Une invention technique, la rotative (en 1845), va permettre d'imprimer un plus grand nombre d'exemplaires en des temps plus courts, et de baisser le coût unitaire des journaux.

La presse française se développe significativement près de deux siècles et demi après l'apparition de La Gazette, avec la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse qui permet davantage de liberté pour ce secteur, créant un véritable .

Au début de la Seconde Guerre mondiale, Paris avait quelque 30 quotidiens, dont beaucoup étaient suivis dans tout le pays, et la plupart avaient un positionnement politique clairement établi. Le nombre de journaux en France a toutefois grandement diminué à l'issue du conflit, parfois pour des raisons politiques, mais aussi pour des raisons de rachat, ou de par la concurrence issue d'autres médias, comme la télévision. Ainsi, si 8 Français sur 10 lisaient régulièrement un quotidien au début des années 1950, cette proportion baisse de moitié au début des années 1990.

Orientation politique

De la presse

La presse d'opinion est considérée comme une tradition française, la presse en France étant par exemple beaucoup plus polarisée politiquement qu'en Belgique. Selon Marc Lits, professeur de communication à l'UCLouvain, les liens entre Sarkozy alors au pouvoir et les grands patrons de presse sont connus. Il parle d'une collusion, tout en soulignant que les journalistes ne prennent pas .

En 2016, YouGov mène une série de sondages cherchant à déterminer les biais politiques des médias perçus par les grands publics de plusieurs pays européens. Selon ces sondages, les médias français sont considérés comme ayant un biais à gauche sur l'intégralité des catégories proposées (économie, logement, santé, crime, immigration ; l'immigration est la catégorie de l'étude où les personnes interrogées pensent qu'il y a le plus fort biais à gauche, biais toutefois moins important que celui ressenti en Allemagne, en Suède ou en Norvège, tandis que deux pays, Danemark et Finlande, affichent un ressenti de neutralité, seule la Grande-Bretagne indiquant un biais à droite ).

Toutefois, après une recomposition cumulant financiarisation du secteur et mouvements de concentration, la presse française des années 2015-2020 est détenue à plus de 80 % des exemplaires diffusés par des milliardaires ou des groupes financiers pour la presse quotidienne nationale, et à 95 % pour la presse hebdomadaire généraliste. .

Le début des années 2020 voit une éclosion de la presse ou , au sein de laquelle L'Opinion place des titres tels que Livre noir. Pour le sociologue Jean-Marie Charon, les médias de masse ayant banni , certains de ces courants ont profité de l'essor d'Internet pour lancer leurs propres plateformes de médias. Des sites très à droite - le terme de est également utilisé - comme Égalité et Réconciliation, Fdesouche, Boulevard Voltaire ou Russia Today se sont donnés pour but de les français ; Le Point et France Inter estiment que leur apparition peut être vue comme contrebalançant des médias et des journalistes perçus comme et .

Cette détention des médias par les milliardaires s'est renforcée en 2023.

Des journalistes

La question de la surreprésentation de la gauche au sein des journalistes ou dans les opinions émises dans la presse française fait l'objet d'articles, d'études et d'analyses depuis deux décennies.

En 2001, Gérard Spitéri, auteur de Le journaliste et ses pouvoirs (PUF essais), note que si, sociologiquement, les journalistes français sont généralement issus de milieux aisés, le point le plus important de leur profil est leur très net ancrage à gauche, qui les distingue fortement du reste de la société. Pour ce faire, , relève que 6 % des journalistes y déclarent voter à droite - contre au moins 50 % des Français - ou que 87 % des journalistes sont en faveur de la régularisation des sans-papiers, ce qui le conduit à se demander ).

En 2015, Jean Nouailhac, s'appuyant sur le même sondage de 2001 de Marianne estime dans son ouvrage Les médiacrates que le fait que la très grande majorité des journalistes en France sont de gauche n'est pas ; il note qu'au début des années 2000 une grande proportion d'entre eux sont en accord avec des idées d'extrême gauche.

En 2012, une consultation Harris sur Twitter, commandée par Robert Ménard et reprise par plusieurs médias, indique un vote des journalistes beaucoup plus marqué à gauche que l'ensemble des Français : 39% ayant voté pour François Hollande au premier tour de l'élection présidentielle de 2012, et 74 % lors du second tour.. Ce « sondage » sur internet ayant obtenu 105 répondants est jugé non pertinent par Acrimed, France Culture et Le Monde en raison du trop faible échantillon ayant répondu : il reprend selon le premier un thème de campagne de Sarkozy, la critique des médias, et surtout ne préjuge pas de l'orientation de la presse, la question étant . Cette étude est pourtant utilisée à plusieurs reprises avec des chiffres faux pouvant citer jusqu'à 94 % de journalistes favorables à la gauche pour dénoncer une supposée collusion entre les journalistes et la gauche. Pour Le Monde, il s'agit d'un cliché : non seulement le faible échantillon rend la consultation douteuse, mais l'échantillon sur Twitter n'est pas représentatif et les chiffres annoncés sont faux : en additionnant touts les journalistes ayant déclaré avoir voté pour les partis de gauche, le résultat sur les 105 réponses est de 55 %, et de 52 % pour ceux ayant voté pour François Hollande au second tour.

La question fait l'objet d'un podcast de France Culture en 2018 ; Patrick Eveno y répond par la négative, analysant qu'. Il conclut pour sa part que la sociologie du journalisme avance des explications plus complexes.

Une étude académique de 2021 parue dans le Journal of Psychological Research, reprenant les données de la consultation Harris de 2012, avance que les journalistes en France sont beaucoup plus à gauche que la population générale, et seraient parmi les plus à gauche de l'ensemble des 16 pays occidentaux étudiés. Selon cette étude, même si dans les faits ces médias produisent de nombreux textes défavorables aux idées de gauche, l'orientation politique des journalistes est susceptible d'entrainer statistiquement des biais politiques des médias pour lesquels ils travaillent, en termes de choix des sujets, des sources utilisées et mots employés.

L'arrivée de plusieurs pure players depuis le début du renforce l'ancrage à gauche de la presse française, La Tribune citant nommément Mediapart, Rue89 ou Bakchich comme autant d'exemples de publications de gauche, Atlantico ne faisant figure que de

L'ancrage à gauche de la presse se serait radicalisé dans les années 2020 : en 2023, Franz-Olivier Giesbert estime dans un éditorial que les journalistes , notant une complaisance de la presse française envers Jean-Luc Mélenchon. Son confrère Laurent Joffrin - étant lui même clairement de gauche (et ayant travaillé pour Libération et L'Obs) - va dans le même sens et parle d'une presse qui cède à la radicalité, et qui est Estimant que la gauche et , Laurent Joffrin lance un nouveau journal en 2023. Toutefois, pour la journaliste de gauche radicale Aude Lancelin, la presse de gauche en France (notamment L'Obs) se serait au contraire soumise au marché.

Diverses raisons de la surreprésentation de la gauche ont été avancées. Pour Michel Winock, , notant qu'entre autres beaucoup de patrons de presse sont d'anciens soixante-huitards, certains ayant abandonné ces convictions de jeunesse, d'autres les ayant conservées, mais se sont assagis dans leur militantisme. Jean-François Kahn a une position similaire, notant qu' Pour Charlie Hebdo, la majorité des journalistes en France sont de gauche pour des raisons sociologiques, qui relèvent de leur statut économique (salaires jugés bas, précarité...). La majorité des journalistes politiques en France disent ne pas venir de familles politisées ou militantes ; .

Liste des titres et acteurs actuels

Presse quotidienne nationale

Payante

Au , neuf titres de la presse quotidienne nationale payante sont diffusés en France : Le Monde, quotidien généraliste et d’opinion le plus lu en France, se voulant presse « de référence » Le Figaro, quotidien généraliste et d'opinion ; plus ancien quotidien de la presse française encore publié Le Parisien - Aujourd'hui en France, généraliste et spécialisé dans les faits divers, est un couplage entre une édition régionale (Le Parisien) et une édition nationale (Aujourd'hui en France) L'Équipe, quotidien sportif Les Échos, quotidien d'information économique et financière La Croix, quotidien généraliste et catholique Libération, quotidien généraliste et d'opinion L'Humanité, quotidien généraliste et d'opinion, fondé par Jean Jaurès, longtemps proche du Parti communiste français L'Opinion, plus récent quotidien national

Diffusion

+La diffusion totale des quotidiens nationaux français Titre 1999 2000 2001 2002 2003 2004 2005 2006 2007 2008 2009 2010 2011 2012 2013 2014 2015 2016 2017 2018 2019 2020 2021 2022 Le Figaro Le Monde Le ParisienA.E.F L'Équipe Les Échos Libération La Croix L'Humanité - Source : OJD/ACPM entre 1999 et 2021

La presse quotidienne régionale, dans sa totalité, est plus vendue que la presse nationale. Au , il ressort selon l'ACPM que pour la période 2021-2022, le quotidien le plus vendu (en moyenne par jour) hors couplage est le quotidien Ouest-France avec .

Lectorat et taux de circulation La diffusion en nombre d'exemplaires est un indicateur imparfait car elle n'indique pas la diffusion réelle d'un titre, un même exemplaire pouvant être lu par plus d'une personne (selon le « taux de circulation »). Le lectorat mesure ainsi l'audience totale d'un titre. Il dépend donc du nombre d'exemplaires diffusés ainsi que du taux de circulation desdits exemplaires.

Lectorat et taux de circulation des principaux titres de PQN sont successivement présentés ci-dessous.

+ Lectorat (en millions de lecteurs) Titre 2011 2012 2016 2022. Le Monde 1,96 1,86 2,8 2,57 Le Parisien/Aujourd'hui en France 2,44 2,54 2,258 2,34 L’Équipe 2,23 2,18 2,58 2,53 Le Figaro 1,19 1,23 1,972 1,7 Libération 0,96 0,86 1,3 0,95 Les Échos 0,47 0,45 0,67 0,71 La Croix 0,40 0,37 0,61 0,56 L'Humanité 0,28 0,28 0,398 - Ensemble PQN 7,89 7,80 8,848 8,076

+Nombre moyen de lecteurs par exemplaire Titre 2005 2010 L’Équipe 7 7,7 Le Monde 5,8 6,3 Le Figaro 3,7 3,8 Libération 6,3 6,6 Les Échos 4 5,2 La Croix 3,7 4,5 L'Humanité 7,1 6,3

Diffusion à l'étranger Le Monde est le quotidien français le plus vendu à l'étranger, avec plus de 16 000 exemplaires diffusés en 2016. + Diffusion de la presse française à l'étranger (2011-2016)2011 2012 2013 2014 2015 2016 Le Monde28 55621 16524 22621 58620 67816 867Le Figaro8 2677 6496 9456 4205 8255 426Aujourd'hui en France2 9662 9352 6822 5222 0981 994Libération3 9333 5552 7672 3372 0461 670Les Échos2 2442 1111 8661 6591 4521 285La Croix1 078938729608525491L'Humanité11211010799106103

Presse gratuite

Depuis le , date de la dernière édition papier de 20 Minutes il n'existe plus aucun quotidien national gratuit en France, Metronews s'étant arrêté en 2015 et Cnews en 2021.

Presse quotidienne régionale