thumb|Le président Donald Trump au téléphone dans le bureau ovale de la Maison-Blanche (ici photographié en novembre 2018). Le scandale Trump-Raffensperger (en anglais Trump-Raffensperger Scandal) désigne une conférence téléphonique d'une heure, tenue à l'initiative du président américain Donald Trump le , durant laquelle il a fait pression sur le secrétaire d'État de Géorgie, Brad Raffensperger, afin que ce dernier annule les résultats dans son État de l'élection présidentielle américaine de 2020, en invoquant des allégations de fraude.
Donald Trump venait d'être battu par Joe Biden lors de l'élection, mais il a lancé une campagne sans précédent pour contester et renverser les résultats des votes, notamment en affirmant qu'ils avaient été massivement truqués.. L'appel téléphonique de Trump à Raffensperger a été rapporté pour la première fois par le Washington Post puis par d'autres médias le lendemain de son déroulement....
Selon l'enregistrement publiquement disponible de cet appel, et selon les rapports de plusieurs agences de presse, Trump aurait tenté de faire pression sur le secrétaire de cet État pour qu'il , bien qu'il lui ait été répété à plusieurs reprises qu'il n'y avait pas d'erreur électorale. Les efforts répétés de Trump pour convaincre le secrétaire de trouver un moyen pour renverser les résultats des élections ont été perçus comme menaçants. À un moment donné, Trump a dit à Raffensperger : .. Durant l'appel, Trump a suggéré que Raffensperger aurait pu commettre une infraction pénale.
Des experts juridiques ont suggéré que le comportement et les demandes de Trump ont pu violer les lois fédérales et étatiques Sources multiples :
.. Malgré son grand retentissement au moment de sa sortie, cette affaire est relativement éclipsée dans les jours suivants par l'assaut du Capitole par des partisans de Trump, qui marque l'apogée des tensions liées à ces contestations.
Contextualisation
Lors de l'élection présidentielle américaine de 2020, l'ancien vice-président des États-Unis Joe Biden a battu le président sortant Donald Trump, en partie grâce à une victoire d'une courte tête sur Trump dans l'État de Géorgie, un État qui depuis 1992 avait majoritairement voté pour les républicains.
Néanmoins, après l'élection, Trump et une partie de son équipe de campagne ont montré des vidéos et des temoignages sous serment de fraude électorale, documents infirmées par les vérificateurs de faits, les experts en sécurité électorale et les tribunaux. Presque toutes les contestations juridiques de Trump contre les résultats des élections ont échoué, mais il a continué, à plusieurs reprises, de refuser d'accepter le résultat de l'élection.. Des vérifications et des recomptages manuels ont été demandés et faits. Ils ont finalement conclu à l'absence de toute preuve de fraude électorale généralisée qui aurait pu significativement modifier les résultats... Biden a été officiellement confirmé vainqueur de la Géorgie le ..
En novembre et en décembre, alors que ses recours judiciaires avaient été rejetés à plusieurs reprises par les tribunaux pour manque de preuves, Donald Trump prit personnellement contact avec des responsables républicains locaux et étatiques dans au moins trois États (Michigan, Pennsylvanie et Géorgie). Le président des États-Unis a parlé (en présentiel, par téléphone ou en téléconférence sur Zoom selon les cas) aux législateurs des États (responsables de l'organisation des scrutins dans leurs États respectifs), aux procureurs généraux des États et aux gouverneurs, faisant pression sur eux pour qu'ils annulent les résultats des élections dans leurs États en recomptant les votes et en rejetant certains des bulletins de vote et/ou en demandant à la législature de l'État de remplacer les membres démocrates élus pour l'État au Collège électoral par une liste d'électeurs républicains choisis par la législature de l'État... Trump s'est ainsi entretenu à plusieurs reprises avec Brian Kemp, le gouverneur de Géorgie, et son secrétaire d'État Brad Raffensperger (tous deux républicains, tous deux ayant soutenu Trump durant l'élection). Il a insisté pour qu'ils inversent les résultats des élections en Géorgie, les a menacés de représailles politiques quand ils ne l'ont pas fait, puis face à leurs refus les a vivement critiqués dans des discours et des tweets (il a par exemple tweeté que l'« obstructionniste » Kemp devrait démissionner).. Selon la presse républicaine, des juges ont refusé de voir des éléments tangibles de fraude, tandis que selon la presse démocrate, les juges n'ont pas obtenu de preuves suffisantes de fraude.
La conversation enregistrée En Géorgie, comme dans l'État de Washington, il est légal d'enregistrer une conversation s'il y a consentement de l'une des deux parties (ce qui n'aurait pas été le cas en Californie)..
La conférence téléphonique s'est déroulée le . Trump a appelé par téléphone, durant une heure environ, Brad Raffensperger qui, comme secrétaire d'État de la Géorgie, était responsable de l'organisation des votes dans cet État..
Trump était alors entouré de son chef de cabinet Mark Meadows, du conseiller au Commerce Peter Navarro, d'un membre du ministère de la Justice, John Lott Jr., du professeur de droit John Eastman et de ses avocats Rudy Giuliani, Cleta Mitchell, Kurt Hilbert et un certain Alex (dont on apprendra plus tard qu'il s'agit d'Alex B. Kaufman).
Au bout du fil, de l'autre côté, Brad Raffensperger a été rejoint par son avocat général Ryan Germany..
Le , le Washington Post a obtenu un enregistrement de cette conversation téléphonique.
Lors de cet appel téléphonique, Trump a affirmé qu'il avait gagné la Géorgie par « des centaines de milliers de voix », insistant sur le fait que les résultats certifiés des élections étaient faux..
Il a déclaré que Raffensperger devrait « réévaluer » les résultats de l'élection, citant une variété de théories du complot relative au vote dans l'État de Géorgie.
Raffensperger, en réponse, a affirmé que les résultats des élections dans cet État étaient corrects et légitimes, et que Trump « s'était trompé dans ses données ».
Lors de ses tentatives pour faire pression sur Raffensperger pour qu'il modifie les résultats des élections, Trump a déclaré : « Je veux juste trouver voix », le nombre nécessaire pour surmonter l'avantage de Biden en Géorgie (qui était de 11 779 voix). Trump a également tenté d'intimider Raffensperger, laissant entendre que ce dernier et son avocat pourraient faire face à une éventuelle enquête criminelle. Trump a dit: Dans The Guardian du 4 janvier 2021 , Helen Sullivan note que Trump dans son appel téléphonique à Brad Raffensperger a déclaré . Trump a peut-être commis un crime : Richard H Pildes, professeur de droit constitutionnel à l'université de New York, a déclaré au Washington Post : . Les actions de Trump ont peut-être enfreint les lois fédérales, a-t-il déclaré. [...] Selon Michael R Bromwich, ancien procureur fédéral du bureau du procureur des États-Unis pour le district sud de New York, la phrase « je veux juste trouver votes » et ses menaces contre Raffensperger et son avocat enfreignent la loi (52 US Code 20511)..
Après l'appel de la Géorgie, Trump et son équipe ont parlé (sur Zoom) avec des responsables de l'Arizona, du Michigan, de la Pennsylvanie et du Wisconsin..
Enquête Des experts juridiques ont déclaré que cette tentative de Trump de faire pression sur Raffensperger aurait pu violer la loi électorale, y compris les lois fédérales et étatiques contre la sollicitation de fraude électorale ou l'ingérence dans les élections.. Edward B. Foley, spécialiste en droit électoral, a qualifié la conduite de Trump d' , et le directeur exécutif de l'ONG a estimé que la tentative de Trump revenait à ..
Selon The Guardian, Trump aurait pu commettre un crime en exerçant ce type de pression sur le secrétaire d'État, car il aurait pu , comme le prétend le professeur de droit constitutionnel .. estime que Trump a ainsi peut-être violé le titre 52 du Code des États-Unis. en disant , comme le rapporte The Guardian ; selon NBC l'appel de Trump au secrétaire d'État pourrait justifier une enquête sur d'éventuels conflits d'intérêts..
Le site d’information juridique en ligne Above the Law a fait savoir. qu'un des avocats de l'équipe de Trump, présents lors de la conversation, qui n'avait été présenté que par son prénom et comme l'un des , est Alex B. Kaufman, du cabinet juridique de Philadelphie Fox Rothschild. Il ne s'était pas exprimé durant toute la réunion. Il a démissionné de Fox Rothschild (de même que son père, Robert J. Kaufman, qui travaillait dans ce cabinet depuis 2 ans) après que sa présence lors de la conférence téléphonique a été rendue publique. Fox Rothschild a expliqué avoir une politique interne permettant à ses avocats , mais leur interdisant . Alex B. Kaufman s'est expliqué ainsi (par écrit) : . Selon Fox Rothschild : . Kaufman connait la Géorgie. Il y a été avocat au bureau du conseil exécutif du gouverneur républicain de Géorgie Sonny Perdue (cousin du sénateur David Perdue R-GA). Kaufman a aussi antérieurement été procureur de Géorgie, et pour le Congrès et le département d'État. Fox Rothschild a aussi précisé à Above the Law que Kaufman, à titre individuel, est avocat général du Parti républicain du comté de Fulton (qui comprend la ville d'Atlanta), et qu'il est aussi l'avocat général adjoint du Parti républicain de Géorgie..
Au niveau fédéral Le , les dirigeants démocrates du Congrès des États-Unis, estimant que Trump , ont demandé au FBI d'enquêter sur l'incident..
De plus, alors que certains républicains de la Chambre des représentants tentaient de défendre l'appel de Trump au secrétaire d'État à la Géorgie, les démocrates ont commencé à rédiger une motion de censure.
Au niveau de la Géorgie Le procureur du district du comté de Fulton en Géorgie, Fani T. Willis, déclara dans un communiqué le lundi suivant qu'elle avait trouvé l'appel téléphonique avec Trump et Raffensperger « dérangeant » et dit qu'une personne nommée comme démocrate par la commission électorale de l'État avait demandé à la Division des élections du secrétaire de l'État d'enquêter sur l'appel, après que le Conseil soumettrait l'affaire au bureau et au procureur général de l'État. Une fois l'enquête terminée, l'affaire sera renvoyée au bureau du procureur..
Réactions Réactions de Raffensberger et son équipe Brad Raffensperger a tweeté que à propos de cet évènementRaffensperger, Brad [@GaSecofState] (January 3, 2021). "Respectfully, President Trump: What you're saying is not true. The truth will come out" (Tweet) – via Twitter..
Le , Raffensperger a confirmé avoir eu cette conversation téléphonique lors d'une interview diffusée sur l'émission matinale d'ABC Good Morning America. Il a dit: ..
Le lendemain de la divulgation de l'appel de Donald Trump, le responsable républicain de la mise en œuvre du système de vote de la Géorgie, Gabriel Sterling, a vivement réfuté les allégations de fraude électorale soutenues par Trump lors de cet entretien téléphonique. Lors d'une conférence de presse avec Raffensberger, il a énuméré et démystifié plusieurs affirmations fausses de Trump et de ses alliés selon lesquelles des milliers d'adolescents, des personnes décédées et des citoyens non enregistrés avaient voté, ainsi qu'une vidéo trompeuse ayant été distribuée montrant prétendument de faux bulletins de vote, supposés secrètement récupérés dans des valises. Sterling a déclaré: ....
Réactions des médias Selon le Washington Post, il est qu'un président américain en exercice tente de faire pression sur un secrétaire d'un État américain pour qu'il change les votes de son État..