Le Cours de l’Empire (en ), également appelé Le Destin des Empires.., est une série de cinq tableaux., peints, de 1833 à 1836, par Thomas Cole, fondateur de la Hudson River School.
Elle est remarquable en partie parce qu'elle reflète les sentiments populaires américains de l'époque, où beaucoup voyaient le pastoralisme comme la phase idéale de la civilisation humaine, craignant que l'empire ne conduise à la gloutonnerie et à la décadence inévitable, .. Le thème des cycles est un thème sur lequel Cole est revenu fréquemment, comme dans sa série Le Voyage de la vie. Le Cours de l’Empire comprend les œuvres suivantes : Le Cours de l'Empire - L'État sauvage ; L'État arcadien ou pastoral ; La consommation de l'Empire ; La Destruction et La Désolation. Elles sont toutes des peintures à l'huile sur toile et mesurent , sauf L'Apogée (La consommation de l'Empire) qui mesure .
Thomas Cole s'est inspiré, pour cette œuvre, principalement d'un voyage de trois ans à travers l'Europe., au cours duquel il a vu d' innombrables peintures d'autres romantiques dans les musées, ainsi que des échanges artistiques cultivés et visité des ruines romaines en Italie. En particulier, cette preuve des cultures passées l'a fasciné et a influencé ses travaux ultérieurs, notamment Le Cours de l’Empire, dans le sens où il voulait montrer que tout empire, aussi puissant soit-il, s'effondrera un jour. Dans le même temps, le cycle illustre la peur de Cole de l’obsession croissante des États-Unis pour le progrès au détriment de la nature et reflète les idées religieuses, artistiques, scientifiques et sociopolitiques prédominantes dans la culture américaine des années 1830.
Le titre de la série de tableaux est inspiré du poème du , que George Berkeley a écrit en 1726.. Il y fait allusion à cinq étapes de la civilisation. La dernière strophe commence par la ligne et prophétise que l'empire à venir naîtra en Amérique.
Généralités vignette|Gif représentant les cinq tableaux du Cours de l'Empire. La série de tableaux dépeint la croissance et la chute d'une ville imaginaire, située à l'extrémité inférieure d'une vallée fluviale, près de sa rencontre avec une baie de la mer. La vallée est distinctement identifiable dans chacune des peintures, en partie grâce à un repère inhabituel : un gros rocher est situé au sommet d'une falaise surplombant la vallée. Certains critiques pensent que cela vise à contraster l'immuabilité de la terre avec la fugacité de l'homme.
Une source directe d'inspiration littéraire pour les peintures du Cours de l’Empire est Le Pèlerinage de Childe Harold de Lord Byron (1812-1818). Thomas Cole cite des lignes du Canto IV dans ses annonces de journaux pour la série. :
Thomas Cole conçoit ses peintures durant son voyage en Europe. Elles sont commanditées à son retour par le collectionneur et mécène new-yorkais . Elles sont conçues pour qu'elles soient exposées en évidence dans la galerie de peinture, au troisième étage du manoir de son mécène, au 13 Greenwich Street, à New York . La disposition est faite selon le schéma d'installation de Cole.. La série est, par la suite, acquise par la New-York Historical Society, en 1858, comme don de la ..
La série de peintures est réalisée alors que la destinée manifeste bat son plein, propulsant toute une génération d'intellectuels américains dans une réflexion sur le développement du nouveau continent. Le Cours de l'Empire est une critique en cinq étapes du libéralisme, et vante les valeurs de paix naturelle du pastoralisme.
Le Cours de l’Empire L'État sauvage ou Le Début de l'Empire vignette|redresse=1.5|L'État sauvage (1836) (titre original : ) (Peinture à l'huile : ..) Le premier tableau, L'État sauvage, montre la vallée depuis la rive opposée au rocher, dans la faible lumière d'un jour d'orage naissant. Les nuages et la brume enveloppent une grande partie du paysage lointain, laissant entrevoir un avenir incertain. Un chasseur vêtu de peaux se hâte dans la nature, poursuivant un cerf en fuite ; des canoës remontent la rivière ; sur la rive opposée, on peut voir une clairière avec un groupe de tipis autour d'un feu, le noyau de la future ville. Les références visuelles sont celles de la vie des Amérindiens. Ce tableau dépeint l'état idéal du monde naturel. Il s'agit d'un monde sain, inchangé par l'humanité. Description de Thomas Cole
L'État arcadien ou pastoral vignette|redresse=1.5|L'État arcadien (1836) (titre original : ) (Peinture à l'huile : ..) Dans le second tableau, L'État arcadien ou pastoral, le ciel s'est dégagé et nous sommes dans la fraîcheur du matin d'une journée de printemps ou d'été. La perspective s'est déplacée plus loin dans la rivière, car le rocher se trouve maintenant sur le côté gauche du tableau ; un pic fourchu est visible au-delà. Une grande partie de la nature sauvage a cédé la place à des terres cultivées et à l'agriculture, avec des champs labourés et des pelouses visibles. Diverses activités se déroulent en arrière-plan : labourage, construction de bateaux, élevage de moutons, danse ; au premier plan, un vieil homme esquisse ce qui pourrait être un problème géométrique avec un bâton. Un temple mégalithique a été construit sur une falaise de la rive proche de la rivière, et de la fumée (vraisemblablement issue de sacrifices) s'en dégage. Les images reflètent une Grèce archaïque idéalisée et pré-urbaine. Cette œuvre montre une humanité en paix avec la terre. L'environnement a été altéré, mais pas au point de mettre en danger l'humanité ou ses habitants. Pourtant, la construction du navire de guerre et la mère soucieuse qui regarde son enfant dessiner un soldat, annoncent les ambitions impériales naissantes. Description de Thomas Cole
L'Apogée vignette|redresse=1.5|L'Apogée (La consommation) (1836) (titre original : ) (Peinture à l'huile : ...) Le troisième tableau, L'Apogée ou La consommation de l'Empire, déplace le point de vue sur la rive opposée, à peu près à l'endroit de la clairière dans le premier tableau. C'est le midi d'une glorieuse journée d'été. Les deux côtés de la vallée fluviale sont maintenant couverts de structures de marbre à colonnades, dont les marches descendent dans l'eau. Le temple mégalithique semble avoir été transformé en une énorme structure en forme de dôme dominant la rive. L'embouchure de la rivière est gardée par deux phares et des navires à voiles latines sortent vers la mer. Une foule joyeuse se rassemble sur les balcons et les terrasses alors qu'un roi en habit d'écarlate ou un général victorieux traverse un pont reliant les deux rives du cours d'eau dans une procession triomphale. Au premier plan, une fontaine élaborée jaillit. L'aspect du tableau suggère l'apogée de la Rome antique. La décadence que l'on voit dans chaque détail de ce paysage urbain préfigure la chute inévitable de cette puissante civilisation. Description de Thomas Cole
La Destruction vignette|redresse=1.5|La Destruction (1836) (titre original : ) (Peinture à l'huile : .. Le quatrième tableau, La Destruction, a presque la même perspective que le troisième, bien que l'artiste ait pris un peu de recul pour permettre une scène plus large de l'action, et se soit déplacé presque au centre de la rivière. L'action est le sac et la destruction de la ville, au cours d'une tempête vue de loin. Il semble qu'une flotte de guerriers ennemis ait fait tomber les défenses de la ville, remonté la rivière, et s'emploie à saccager la ville, à tuer ses habitants et à violer les femmes. Le pont que le cortège triomphal avait traversé est brisé ; une traversée de fortune s'effectue sous le poids des soldats et des réfugiés. Des colonnes sont brisées, et le feu se propage depuis les étages supérieurs d'un palais sur la rive de la rivière.
Au premier plan, une statue d'un vénérable héros (qui pose comme le Gladiateur Borghèse) se tient sans tête, avançant toujours à grands pas vers un avenir incertain. Dans la lumière déclinante de la fin de l'après-midi, les morts reposent là où ils sont tombés, dans des fontaines et au sommet des monuments construits pour célébrer la richesse de la civilisation désormais déchue. La scène est peut-être suggérée par le sac de Rome en 455, par les Vandales.
D'autre part, un détail dans la partie inférieure droite de La consommation de l'Empire montre deux enfants, peut-être des frères, en train de se battre, l'un vêtu de rouge et l'autre de vert - les couleurs des bannières des deux forces en lice dans La destruction, qui pourraient ainsi dépeindre une guerre civile annoncée. Les enfants, devenus des hommes, sont montrés, l'un ayant finalement triomphé de l'autre, mais apparemment en contemplation du lourd tribut payé. Dans le tableau, les bannières rouges et vertes se trouvent de part et d'autre de la rivière, les bannières vertes se trouvant principalement du côté du temple et les bannières rouges du côté du palais, montrant peut-être la guerre toujours en cours entre le traditionalisme et le modernisme. Description de Thomas Cole
La Désolation vignette|redresse=1.5|La Désolation (1836) (titre original : ) (Peinture à l'huile : .. Le cinquième tableau, La Désolation, montre les résultats des décennies plus tard. Nous voyons les restes de la ville dans la lumière vive d'un jour de mort. Le paysage a commencé à revenir à l'état sauvage et on ne voit plus d'humains ; mais les vestiges de leur architecture émergent de sous un manteau d'arbres, de lierre et d'autres broussailles. Les souches cassés des phares apparaissent en arrière-plan. Les arches du pont brisé et les colonnes du temple sont encore visibles ; une seule colonne se dessine au premier plan, désormais lieu de nidification des oiseaux. Le lever de soleil du premier tableau est ici reflété par un lever de lune, une lumière pâle se reflétant dans la rivière en ruine, tandis que le pilier debout reflète les derniers rayons du soleil couchant. Ce tableau lugubre suggère comment tous les empires pourraient être après leur chute. Il s'agit d'un avenir possible difficile dans lequel l'humanité a été détruite par sa propre main.
Description de Thomas Cole
Notes et références Notes
Références
Voir aussi Bibliographie
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