All the Madmen est une chanson composée par David Bowie et parue en 1970 sur le troisième album du chanteur, intitulé The Man Who Sold the World. Largement inspiré par l'état de santé du demi-frère de l'auteur, son thème principal est l'aliénation mentale.
Inspiration Comme ceux d'une grande partie de l'album et de façon plus évidente ici, la folie est le thème dominant du texte de ce morceau, clairement inspiré par l'état de santé du demi-frère de Bowie, Terry Burns. Celui-ci, schizophrène, a été interné à l' avant de venir brièvement vivre avec lui à Haddon Hall.
Outre Terry, trois tantes maternelles de Bowie souffrent de problèmes psychiques : l'une est morte internée à l'âge de 20 ans, une autre a été lobotomisée pour tenter de traiter une psychose maniaco-dépressive, la troisième souffrait de schizophrénie. Son ami d'enfance George Underwood a lui aussi été soigné cinq ans plus tôt dans cet établissement et lui a raconté ses souvenirs.
Dans une interview de 1971, Bowie indique :
Paroles La chanson inaugure un thème récurrent dans l’œuvre de Bowie : l'aliénation mentale, décrite à la fois comme . Les (maisons grises et froides) font directement référence à l'hôpital psychiatrique de Terry. Les traitements par électrochoc, le Librium, la lobotomie sont mentionnés. Aux , les aliénés, l'auteur oppose les , les tristes sires qui errent en liberté () ; il conclut que la compagnie des premiers est préférable, et qu'ils sont en aussi bonne santé que lui ().
Le refrain se réfère à Sur la route, de Jack Kerouac, un ouvrage que justement Terry lui a fait connaître.
Le texte s'achève sur une rengaine en mauvais français, . Il s'agit d'une référence au film surréaliste de Luis Buñuel Un chien andalou, et Bowie invoque en 2014 une relation entre ce film et les visions qu'avaient alors Terry.
Au delà de l'indignation qu'il éprouve devant l'exclusion sociale que vivent les malades mentaux, Bowie exprime dans ces paroles une profession de foi pour la créativité débridée que l'aliénation engendre
Arrangements Le morceau s'ouvre sur la guitare acoustique douze-cordes, bientôt rejointe par la voix du chanteur. Au deuxième couplet entrent en scène les cymbales de Woodmansey et un duo de flûtes à bec , créant une atmosphère que le biographe de Bowie David Buckley qualifie de . Puis sur le refrain la batterie, les accords distordus de la guitare de Mick Ronson et la partition de synthétiseur Moog tenu par Ralph Mace déplacent le ton vers un rock lourd. Une partie instrumentale qui reprend le motif rythmique du boléro de Maurice Ravel est constituée d'un solo de Ronson entrecoupé d'un passage de riffs lourds. Vers le milieu du morceau, les instruments se taisent un instant, laissant Bowie déclamer un passage parlé, sur fond de Moog seul.
Certains ont pointé l'opposition entre les sonorités de la flûte, jugées , et celles du Moog, . En production, la voix de Bowie est doublée par la technique du pitch shift, un procédé auquel il avait déjà eu recours, dans un but comique, sur , une de ses premières compositions (1967).
Sortie Le morceau est enregistré par David Bowie & The Hype (le nom qu'il a donné à sa formation d'alors) le aux studios Trident à Soho, puis le lendemain aux studios Advision Sound toujours à Londres. Le de la même année il sort sur l'album en Amérique du Nord chez Mercury Records. Le , Mercury diffuse un single promotionnel avec une version la chanson réduite à 3:14 gravée en mono sur une face et en stéréo au verso (il subsiste quelques exemplaires d'une première variante, abandonnée avant publication, avec Janine en face B) : il prépare sa tournée américaine de début 1971..
RCA Records diffuse en un single en Europe de l'Est avec Soul Love en face B.
Autres versions All the Madmen a été enregistré lors d'une soirée à Los Angeles au début de 1971, seul témoignage live de l'époque. On peut l'entendre sur la bande son d'un documentaire de 2004 sur la vie du DJ Rodney Bingenheimer, Mayor of Sunset Strip.
Ce n'est que lors de sa tournée Glass Spider en 1987 que Bowie rechantera le morceau en concert.
Équipe Interprètes David Bowie : chant, guitare, stylophone, harmonica Mick Ronson : guitare électrique, chœurs, flûte à bec, Tony Visconti : basse, flûte à bec, chœurs Mick Woodmansey : batterie Ralph Mace : synthétiseur Moog
Production Tony Visconti : production Ken Scott : ingénieur du son aux studios Trident Gerald Chevin : ingénieur du son aux studios Advision
Reprises
Bibliographie
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Références
Liens externes
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