Gabriel Romon (né le à Boulogne-sur-Mer ; m.p.F., fusillé le à Heilbronn, Allemagne) est un officier des transmissions et résistant français.
Famille et études Son père est instituteur ; il est fils unique. Orphelin de père à 11 ans, boursier de l'État, il intègre l'École polytechnique en 1925. Ayant choisi le génie, il est nommé lieutenant à sa sortie de l’École militaire et d’application du génie en octobre et est affecté au du génie de sapeurs-télégraphistes, à Nancy.
Carrière et résistance En même temps qu'il mène une carrière d'officier supérieur de transmissions dans l'armée d'armistice, au Groupement des contrôles radioélectriques, Romon fait partie d'un certain nombre de réseaux de résistance : le réseau Super-NAP (noyautage des administrations publiques), au titre des PTT, dès sa création en ; le réseau Alliance, à partir de , comme conseiller technique pour le secteur radio (sous le pseudonyme « Cygne »).
Sous la direction de Gabriel Romon, lui-même subordonné de Paul Labat, le GCR écoutait officiellement les communications pour le régime de Vichy, mais officieusement, interceptait les communications allemandes Enigma, ce qui fournit nombre d'informations à la Résistance intérieure française et au Secret Intelligence Service (MI6), en liaison avec le PC Cadix.
Il est arrêté le à son domicile, sur dénonciation d'un ancien employé du GCR, Max Garrigues-Perrières, passé à la MiliceFrançois Romon, Les Écoutes radio dans la Résistance française, 1940-1945, Nouveau Monde éditions, 2017, p. 460.
Incarcéré à la prison militaire allemande de Moulins, puis à la prison de Fresnes ; interrogé par le Sicherheitsdienst, convaincu d’appartenir au réseau Alliance, il est déporté à la prison de Kehl, puis à celle de Freiburg im Breisgau. Il est condamné à mort par le Tribunal de guerre du IIIe Reich pour aide à l'espionnage le . Le , il est transféré à la prison de Schwäbisch Hall : il est fusillé le , avec 23 autres membres du réseau Alliance.
Il est enterré au caveau familial d'Aubervilliers.
Hommages Chevalier de la Légion d'Honneur, à titre posthume (). Médaille de la Résistance française, au titre du ministère des PTT (), et une deuxième fois au titre du ministère de la Guerre (J.O. du ). Obsèques militaires aux Invalides le .
Plusieurs toponymes et lieux officiels rendent hommage à Romon : (depuis le ) rue du Commandant-Romon à Saint-Yorre (Allier), ville où il habitait lors de son arrestation. (depuis le ) avenue des Colonels-Mesnier-et-Romon à Montargis (Loiret) (depuis le ) Centre Lieutenant-Colonel Gabriel Romon de la DIRISI (direction interarmées des réseaux d'infrastructure) à Rennes.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie François Romon, Les Écoutes radio dans la Résistance française, 1940-1945, Nouveau Monde éditions, 2017.
Articles connexes Paul Labat (1900-1944) Groupement des contrôles radioélectriques
Liens externes
"Les écoutes radio pendant la Résistance", vidéo cultureGnum F. Romon (durée 41 min).
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