Martin Auguste Winterberger, né le à Dinsheim-sur-Bruche et mort le à Mutzig, est le seul Français évadé du camp de concentration de Natzweiler-Struthof.

Biographie Martin est le fils d'Auguste Winterberger, cheminot et de Marie Guthmann. Il fréquente l'école communale de Gresswiller puis passe un certificat d'aptitude professionnelle (CAP) de tourneur. Il est embauché comme mécanicien tourneur aux usines Bugatti de Molsheim.. Après l'armistice de , il est toujours dans l'armée de l'air dans le Sud de la France. En septembre, il obtient une permission et passe quelques jours dans sa famille en Alsace. Mais au moment de rejoindre son unité, les autorités allemandes lui interdisent de retourner en zone libre bien qu'il ne soit pas démobilisé..

Déporté politique alt=Camp de Sureté de Vorbruck-Schirmeck|vignette|Entrée du camp de sureté de Vorbruck-Schirmeck. Martin Winterberger est profondément francophile. Il rejette l'annexion de fait de l'Alsace, au troisième Reich et manifeste son hostilité à la germanisation et la nazification de sa région. Le , dans les rues de Mutzig, il chante, avec des amis des chants patriotiques. Le groupe est surpris par une patrouille. Il est arrêté et envoyé au siège de la Gestapo à Strasbourg. Il y est interrogé et transféré le au camp de sureté de Vorbruck-Schirmeck. Sa résistance à la « rééducation » lui fait subir le cachot et des traitements particulièrement durs. Toujours insoumis, le , il est interné au camp de concentration de Natzweiler-Struthof en construction à quelques kilomètres de Schirmeck. alt=Entrée du camp de concentration de Natzweiler-Struthof à la libération|vignette|Entrée du camp de concentration de Natzweiler-Struthof à la libération le . Dans un premier temps, il est affecté au chantier des baraquements, mais en , il est affecté au Kommando « Struthof ». Cette équipe est chargée de l'entretien du linge des officiers SS et de leurs véhicules. Elle travaille, en dehors de l'enceinte électrifiée, dans l'ancien hôtel du Struthof qui abrite l'état-major du camp ..

Son évasion Le , Martin Winterberger, s’évade avec quatre autres détenus qui sont Karl Haas (Autrichien), Alfons Christmann (Allemand) Joseph Chichosz (Polonais) et Joseph Mautner (Tchèque). Ils neutralisent les lignes téléphoniques et les véhicules sauf celui du SS-Obersturmführer Schlachter, responsable du chantier. Martin Winterberger et Karl Haas se sont habillés en officiers SS. Ce dernier à l'origine du plan d'évasion prend la place du chauffeur et Martin Winterberger celle du passager. Les deux hommes parlent couramment l'allemand. Les trois autres se cachent à l'arrière. Ils se dirigent vers la sortie où les sentinelles leur ouvrent la barrière et leur rendent les honneurs. L'évasion a lieu sous un orage auquel les Allemands attribuent la panne téléphonique. L'absence du commandant du camp, Egon Zill, permet aux prisonniers de gagner un temps précieux..

Les évadés abandonnent leur véhicule à une cinquantaine de kilomètres sur la route de Saint-Dié-des-Vosges en zone occupée, où ils sont contrôlés par un gendarme alsacien qui leur donne des conseils pour continuer leur évasion. Ils atteignent Lons-le-Saunier où le capitaine Louis Théodore Kleinmann des Services de renseignement (SR) de Vichy dirige Martin Winterberger vers l'Afrique du Nord via l'Espagne dont il passe clandestinement la frontière caché dans un train fin . L'évasion est réussie sauf pour Alfons Christmann, qui après le contrôle de gendarmerie, quitte le groupe. Il est repris et renvoyé au camp de Natzweiler-Struthof où il est pendu le ...

Campagnes au sein de l'armée française Après avoir été interné sept mois à la prison de Malaga et un mois au camp de Miranda el Ebro, Martin Winterberger quitte l'Espagne pour Casablanca le . Il s'engage dans la française libre (DFL) au sein de laquelle, il participe à la campagne d'Italie (1944), au débarquement de Provence et à la libération de l'Alsace. Lors de l'offensive allemande du (opération Nordwind), il participe à la défense du sud de Strasbourg dans le secteur d'Obenheim.

Il termine la guerre avec le grade de caporal d'infanterie de marine.

Après-guerre Après la guerre, il reprend son poste de mécanicien aux usines Bugatti de Molsheim. Souffrant de problèmes de santé liés à ses séjours en camps, il change de profession et devient guide sur le site de l'ancien camp de concentration de Natzweiler-Struthof du au . Il est licencié quand le site est repris par le ministère des Anciens combattants.

II est le seul évadé français du camp de concentration de Natzweiler-Struthof. alt=Stèle en hommage à Martin Witerberger à l'entrée de l'école primaire de Gresswiller.|vignette|Stèle en hommage à Martin Witerberger à l'entrée de l'école primaire de Gresswiller.

Reconnaissance

Depuis le , l'école primaire de Gresswiller porte son nom et une stèle à son nom est érigée à l'entrée de l'établissement scolaire.

Décorations Il est reconnu « Déporté résistant ». par décret du paru au Journal officiel du avec prise de rang le ; par décret du paru au Journal officiel du et avec prise de rang le ; par décret du paru au journal officiel le ; le ; de par son statut de « déporté résistant ».

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie DVD pédagogique.

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Articles connexes

Camp de sureté de Vorbruck-Schirmeck. Camp de concentration de Natzweiler-Struthof. Annexion de l'Alsace. Chronologie de l'Alsace annexée entre 1939 et 1945.

Liens externes

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