Jean-Nicolas Bouilly, né le à Joué-lès-Tours et mort le à Paris , est un écrivain, librettiste et dramaturge français.
Biographie Fils de Jean-François Bouilly, sieur de la Coudraye, et de Marie Anne Barnabé, il a passé les années de son enfance à Tours, où il a reçu ses premières leçons de son beau-père, homme de loi et professeur de physique. Au printemps, il se livrait à l’étude de l’histoire naturelle. Après ses études au collège royal de Tours, chez les Oratoriens, il a fait jouer avec succès une comédie en un acte et en vers, intitulée la Matinée à la mode, sur le théâtre de Tours, en 1782, mais son beau-père, membre du barreau, qui avait d’autres projets pour lui, l’a envoyé étudier chez un procureur du bailliage de Tours, puis faire son droit..
Après des études de droit à l'université d'Orléans, il se fait recevoir avocat au parlement de Paris, présenté, lors du serment professionnel, par Tronson du Coudray. Lorsque le parlement est transféré à Troyes en 1787, il renonce au barreau pour retourner au théâtre, encouragé à ses débuts par Mirabeau. Retourné sur les bords de la Loire, où il a produit Pierre-le-Grand, drame lyrique en trois actes, lu, en , à l’assemblée générale des sociétaires du Théâtre-Italien et accepté à l’unanimité. La première représentation, sur une musique de Grétry a eu lieu le . Le lendemain de la représentation, Bouilly a reçu une tabatière en or décorée des portraits du roi et de la reine, et sa référence flatteuse au directeur général des Finances Necker, sous les traits du fidèle Mensikov, lui vaut une invitation au salon Necker.. La réussite de cette pièce., l’a déterminé, dès ce moment, à se consacrer entièrement au théâtre.
Aux commencements de la Révolution, il remplit diverses fonctions administratives à Tours, puis il est nommé membre de la commission chargée de rédiger un plan d'éducation pour la jeunesse française, mais donne sa démission lorsqu'il est question de soumettre cette commission aux investigations de la police. Il entame alors une carrière de dramaturge et de librettiste d'opéras. Avec Dalayrac il a fait la Famille américaine, avec Méhul le Jeune Henry et Une folie, avec Cherubini les Deux journées, avec Nicolò l’Intrigue aux fenêtres, avec Auber le Séjour militaire, avec Boieldieu les Deux nuits, etc. Il a composé pour Gaveaux Léonore ou l’amour conjugal, que Paër a ensuite mis, lui aussi, en musique. Une de ses pièces, Léonore, ou l'Amour conjugal, est à l'origine du livret de Fidelio de Beethoven..
Ses comédies, bien charpentées, connaissent à leur apparition un succès de vogue. À partir de 1809, il fait paraître un nombre considérable de recueils de contes pour la jeunesse. Alors que leur sensiblerie, déjà présente dans son œuvre de dramaturge, le font surnommer « le poète lacrymal », ils sont traduits dans de nombreuses langues et continueront à être réédités jusqu'à la fin du siècle. Vers la fin de sa vie, il publie également plusieurs volumes de souvenirs.
Il est enterré au cimetière du Père-Lachaise ( division). Il a épousé Catherine Eugénie Revel, fille de Louis Revel de Grancour et de Marie Louise Bocher. Leur fille épousera Joseph-Henri Flacon Rochelle.
Œuvres Théâtre Pierre le Grand, comédie en 4 actes et en prose, mêlée de chants, musique de André Grétry, théâtre italien de Paris, . Jean-Jacques Rousseau à ses derniers moments, trait historique en un acte et en prose, théâtre italien de Paris, , . Léonore, ou l'Amour conjugal, fait historique en 2 actes et en prose mêlée de chants, musique de Pierre Gaveaux, créé au théâtre Feydeau le , . La Mort de Turenne, pièce historique et militaire à grand spectacle, en 3 actes, mêlée de pantomimes, combats et évolutions, avec Jean-Guillaume-Antoine Cuvelier, Paris, théâtre de la Cité, . René Descartes, trait historique en 2 actes et en prose, Paris, Théâtre-Français, , . La Famille américaine, comédie en un acte et en prose, mêlée de chants, musique de Nicolas Dalayrac, théâtre italien de Paris, . Le Tombeau de Turenne, ou l'Armée du Rhin à Saspach, fait historique en un acte, mêlé de vaudevilles, pantomimes, danses et évolutions militaires, avec Jean-Guillaume-Antoine Cuvelier et Hector Chaussier, Paris, Palais des Variétés, . L'Abbé de L'Épée, comédie historique en 5 actes et en prose, Paris, Théâtre-Français, , . Les Deux Journées, comédie lyrique en 3 actes, musique de Luigi Cherubini, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, . Zoé, ou la Pauvre Petite, opéra en un acte, musique de Charles Henri Plantade, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, . Téniers, comédie en 1 acte et en prose, mêlée de vaudevilles, avec Joseph-Marie Pain, Paris, théâtre du Vaudeville, . Florian, comédie en 1 acte, en prose, mêlée de vaudevilles, avec Joseph-Marie Pain, Paris, théâtre du Vaudeville, . Berquin, ou l'Ami des enfants, comédie en 1 acte, en prose, mêlée de vaudevilles, avec Joseph-Marie Pain, Paris, théâtre du Vaudeville, , . Une folie, comédie en 2 actes, mêlée de chants, musique de Étienne-Nicolas Méhul, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, . Fanchon la vielleuse, comédie en 3 actes, mêlée de vaudevilles, avec Joseph-Marie Pain, Paris, théâtre du Vaudeville, , . Héléna, opéra en 3 actes, musique d'Étienne-Nicolas Méhul, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, . Le Désastre de Lisbonne, drame héroïque en 3 actes, en prose, mêlé de danse et de pantomime, musique de Alexandre Piccini, Paris, théâtre de la Porte-Saint-Martin, , . L'Intrigue aux fenêtres, opéra bouffon en 1 acte, avec Emmanuel Dupaty, musique de Nicolas Isouard, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, , . Madame de Sévigné, comédie en 3 actes et en prose, Paris, Théâtre-Français, , . Les Français dans le Tyrol, fait historique, en 1 acte et en prose, Paris, Théâtre-Français, . Agnès Sorel, comédie en trois actes mêlée de vaudevilles, avec Emmanuel Dupaty, Paris, théâtre du Vaudeville, . Haine aux femmes, comédie en 1 acte, mêlée de vaudevilles, Paris, théâtre du Vaudeville, . Françoise de Foix, opéra-comique en 3 actes, avec Emmanuel Dupaty, musique de Henri Montan Berton, Paris, Théâtre de l'Opéra-Comique, . Le Petit Courrier, ou Comme les femmes se vengent, comédie en 2 actes, en prose, mêlée de vaudevilles, avec Charles-François-Jean-Baptiste Moreau de Commagny, Paris, théâtre du Vaudeville, . La Vieillesse de Piron, comédie en 1 acte, en prose, mêlée de vaudevilles, avec Joseph-Marie Pain, Paris, théâtre du Vaudeville, . La Belle au bois dormant, féerie-vaudeville en 2 actes, avec Théophile Marion Dumersan, Paris, théâtre du Vaudeville, . Robert le diable, comédie en 2 actes, mêlée de vaudevilles, avec Théophile Marion Dumersan, Paris, théâtre du Vaudeville, . Le Séjour militaire, opéra-comique en 1 acte, musique de Auber, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, . Le Prince en goguette, ou la Faute et la leçon, comédie en 2 actes et en prose, mêlée de couplets, musique de Marc-Antoine Désaugiers, Paris, théâtre du Vaudeville, . Les Jeux floraux, opéra en 3 actes, musique de Léopold Aimon, Paris, Académie royale de musique, . Valentine de Milan, drame lyrique en 3 actes, musique posthume de Étienne-Nicolas Méhul, partition terminée par Joseph Daussoigne, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, . Les Deux Nuits, opéra-comique en 3 actes, avec Eugène Scribe, musique de François Adrien Boieldieu, Paris, théâtre de l'Opéra-Comique, . Le Bandeau, comédie-vaudeville en 1 acte, avec Louis-Émile Vanderburch, Paris, théâtre du Gymnase-Dramatique, . Guido Reni, ou les Artistes, drame en 5 actes, avec Antony Béraud, Paris, Comédie-Française, .
Contes Causeries d'un vieillard, 1807. Contes à ma fille, 1809. . Les Jeunes Femmes, 2 vol., 1817. Annales de la jeunesse, avec M. et Hyacinthe Azaïs, de Rougemont et Lefebvre, 1817. . Les Mères de famille, 2 vol., 1823. Contes offerts aux enfants de France, 2 vol., 1824-1825. . Le Portefeuille de la jeunesse, ou la Morale et l'histoire enseignées par des exemples, précédé d'un discours sur l'ensemble de l'ouvrage, 20 vol., 1829-1831. . Les Adieux du vieux conteur, 1835. Alfred et Nathalie, ou les Coupables supposés, 1836. Nouvelles Causeries d'un vieillard, 1838. La Discrétion, 1846. Petits Contes d'une mère à ses enfants, 1846. . . . . . . .
Varia Mes Récapitulations, 3 vol., 1836-1837. Explication des douze écussons qui représentent les emblèmes et les symboles des douze grades philosophiques du rite écossais dit ancien et accepté, par l'ill. * F.* Bouilly, 1837. Nouvelles Récapitulations, 1838. Soixante ans du Théâtre-Français, par un amateur, né en 1769, 1842. Le Vieux Glaneur, ou de Tout un peu, poésies,
Notes et références
Sources Philippe Le Bas, L'Univers. France : Dictionnaire encyclopédique, Paris : Firmin Didot, vol. III, 1841, .
Bibliographie .
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