Qu'est-ce que le vivant ? est le cinquante-troisième traité des Ennéades, et premier livre de la première Ennéade qui traite de morale, rédigé par Plotin à la fin de sa vie. Il y est question du rapport entre l'âme et le corps - des épreuves des passions, de la possession des idées - et de la responsabilité qui est incombée par ce rapport-ci. Le traité suppose donc que le fait des affections, de l'âme, et des rapports qui peuvent exister entre les parties corporelles et incorporelles qui constituent l'homme, conditionnent la réflexion éthiquep. 172-173.
Contexte Le cinquante-troisième traité est l'avant dernier traité rédigé par Plotin, alors même que son disciple Porphyre, celui qui organisa l'œuvre de Plotin, a déjà quitté Rome. Ce traité a pour particularité d'avoir été choisi pour être le tout premier livre des Ennéades. Porphyre, dans la Vie de Plotin, du fait qu'il pensait que attentions éthiques étaient de la meilleure introduction à la philosophie, classa le traité dans la première partie de l'œuvre. Pour cette raison, Porphyre devait penser que le présent traité était le plus simplep. 171-172.
Le traité s'inscrit philosophiquement dans la nécessité de rechercher la signification des termes qui qualifient le vivant ; nécessité déjà pointée dans le précédent traité, Si les astres agissent :
Contenu Pour Plotin, le vivant résulte de la présence d'une âme dans un corps. Toutefois, si nous sentons et sommes stimulés par le sensible, ce n'est pas l'âme en elle-même, "seule" et séparée, qui est sujette aux affections. Les affections viennent de la vie corporelle. Et pourtant, l'âme doit être liée à la corporalité, du fait que celle-ci peut être pensée et jugée, comprise, et donc intentionnée.
Cette réflexion a bien une portée éthique, dans la mesure où, si l'âme est impassible, alors il devient difficile de lui attribuer un possible mal ; si elle ne peut faire le mal, alors il devient difficile de penser le rapport avec le corps. Ce mal doit par ailleurs exister, autant dans l'univers que chez les individus - chose constatée dans Que sont les maux et d’où viennent-ils ?, cinquante-et-unième traité des Ennéades. La réflexion de Plotin consiste à montrer que cet apparent paradoxe ne subsiste pas vraiment, et qu'il peut y avoir à la fois impassibilité, à la fois responsabilité morale. Cela est possible dans la mesure où il existe dans l'âme une partie divine, et une autre qui tend à la confrontation avec la matière ; âme qui se détermine elle-même alors, ou bien à la soumission au matériel, et donc à ce qu'elle n'est pas, ou bien à la fuite du sensible pour l'intelligible, et donc à la purification.
L'âme ainsi, n'est pas faillible en tant que telle, mais seulement dans la mesure où le vivant l'est. Celui-ci amène au mal, car il consiste d'une composition, et donc d'une imperfection. Ainsi, la condition de possibilité qui permet de penser à la fois l'âme comme responsable, et l'âme comme impassible, tient du fait de la distinction entre le vivant et l'âme elle-même. C'est par ailleurs grâce à cette conception de l'homme que l'idée de la philosophie comme purification est permise, car il n'y aurait aucun sens à une purification s'il n'y avait pas en nous du vice ou de l'impureté, comme le montrait le traité Sur l'impassibilité des incorporels ; possibilité de purification qui donne donc sens à la philosophie.
Cette réflexion amène donc à la question de l'identité de l'homme. Qui est-il ? De fait, le sujet de la philosophie comme purification, comme il doit être quelque chose de faillible, ne peut pas être l'âme - celle-ci en effet, ne peut se purifier, car déjà parfaite. Ce que nous sommes doit être ainsi plus mobile et multiple que ne peut l'être l'âme. Cette identité, argumentée au chapitre sept, doit être, en outre, un certain rapport entre l'âme et le corpsp. 173-175.
Plan détaillé du traité Le traité est organisé en trois temps. Il y est d'abord question du composé qui est dit vivant, nécessairement formé par un corps et une puissance de l'âme, en tant qu'il est sujet de sensation (chap. 1-7, 6). Puis le traité interroge ce que nous sommes essentiellement (chap. 7, 6-8). Enfin, il est écrit à propos de notre responsabilité éthique (chap. 9-13)p. 182-183.
Chap. 1. Quel est le sujet de la sensation ?
Chap. 2-4. Examen et réfutation de trois réponses : (1) L'âme elle-même ; (2) l'âme faisant usage du corps ; (3) l'âme entrelacée ou mélangée au corps.
Chap. 5. Qu'est-ce qu'un vivant ? Définition du vivant et examen des difficultés relatives aux affections du composé.
Chap. 6-7, 6. Comment l'âme donne aux corps des puissances psychiques.
Chap. 7, 6-fin. Pourquoi et comment "nous" avons des sensations, des opinions, des raisonnements, et des intellections.
Chap. 8, 1-8. Pourquoi et comment nous possédons l'Intellect et les formes intelligibles.
Chap. 8, 8-13. Comment nous possédons l'Intellect et le dieu.
Chap. 10-12. Ce que nous sommes et ce dont nous sommes responsables.
Chap. 13. Comment l'âme et l'Intellect nous appartiennent.
Extraits
Sur les différentes parties de l'âme en l'homme :
Sur l'infaillibilité de l'âme, et le fait que le péché ne peut provenir que de l'extérieur de celle-ci :
Sur le principe qui acte dans la recherche philosophique :
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Liens internes
Liens externes
https://www.wdl.org/fr/item/8915/
https://remacle.org/bloodwolf/philosophes/plotin/table.htm
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