est une chanson de David Bowie parue en 2013 sur l'album . Son texte lugubre évoque un massacre de jeunes gens dans un pays d'Europe de l'Est , dont les survivants sont étreints par la culpabilité et le remords. En contrepoint, la mélodie moqueuse et enfantine du refrain est un emprunt au tube instrumental Apache des années 1960.
Description
How Does the Grass Grow? est une chanson macabre sur une génération fauchée dans sa jeunesse par les atrocités d'une guerre. Pour son ami et producteur Tony Visconti, elle illustre comment les soldats sont entraînés à tuer sans émotion. Bowie la décrit en trois mots : (« balkanique, enterrement, inverse »). Les indices semés dans son texte noir évoquent un pays d'Europe de l'Est, où les garçons conduisent des mobylettes lettones de la marque Riga-1 et les filles portent des jupes en nylon et des sandales de Hongrie, une phrase copiée dans une description de la ville russe de Joukovka brossée en 1967 par Svetlana Allilouïeva, la fille de Staline. Les massacres commis lors de la dislocation de la Yougoslavie pourraient avoir été la source d'inspiration de l'événement terrible évoqué, un bain de sang qui plonge les survivants dans le remords. Dans un mouvement pendulaire entre le passé et le présent, le narrateur s'interroge : « M'aimerais-tu toujours si les horloges pouvaient revenir en arrière ? Les filles se rempliraient de sang et l'herbe serait à nouveau verte ». Mais le refrain apporte une réponse lugubre :
Selon Tony Visconti, ce vers évoque une réplique du film de 1987 Full Metal Jacket où des recrues répondent à leur instructeur militaire : « », et plus anciennement des chants militaires américains et britanniques. Un poème de Carol An Duffy, Last Post, pourrait avoir été une autre source d'inspiration : l'auteure y imagine le sang remontant vers les blessures d'un soldat de la Première Guerre mondiale, depuis la vase où il s'est répandu.
Enregistrement C'est une des premières chansons de l'album à avoir été enregistrées. Les pistes instrumentales sont captées le , mais Bowie ne pose sa voix que le . Pour avoir repris, en la modifiant à peine, la mélodie du vers du refrain au morceau Apache, joué par The Shadows dans les années 1960, Bowie crédite son compositeur (1934-1995)Le nom de travail de How Does the Grass Grow? est d'ailleurs Ya Ya.. Cette phrase musicale d'apparence moqueuse et enfantine souligne en un contrepoint absurde l'horreur du texte. Avec les harmonies aiguës des arrangements qui selon Jérôme Soligny évoquent des œuvres de T. Rex, elle contribue à faire paradoxalement du titre un des morceaux les plus enjoués de l'album.
Critiques Nicholas Pegg souligne la maîtrise de l'interprétation de cette chanson « belle et sophistiquée » par le chanteur et ses musiciens, un « joyau caché » de l'album. Pour lui comme pour Jérôme Soligny, le pont notamment est d'une « beauté exceptionnelle ».
Chris O'Leary l'associe à un thème récurrent chez Bowie, celui de la jeunesse trahie et sacrifiée par la civilisation, quel qu'en soit la génération (avec d'autres chansons comme et ).
Matthieu Thibault quant à lui n'est pas séduit par la ligne prise à Apache, qu'il qualifie de manque d'invention, mais voit dans le jeu de guitare et les accords d'ouverture et de conclusion du morceau .
Musiciens David Bowie : chant, production, claviers David Torn : guitare Tony Visconti : ingénieur, mixage, production : guitare Gail Ann Dorsey : basse, chœurs Zachary Alford : batterie
Bibliographie
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Liens externes
Notes et références Notes
Références
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