vignette|Ancienne gare de Nyíregyháza, 1915 Livia Vajda, née le à Nyíregyháza en Hongrie et morte le à ParisRelevé des fichiers de l'Insee, est une peintre expressionniste franco-hongroise.
vignette|L'Éveil du printemps
Biographie Née en 1929 dans une famille juive hongroise, Livia est la quatrième d'une fratrie de cinq enfants. Ses parents tiennent un magasin de textiles dans cette ville de l'est du pays. Elle remporte le premier prix d'un concours de dessin de la ville à l'âge de .. Encore adolescente, elle part suivre des études de dessin à Budapest. Lívia y fréquente une grande école d'Art dénommée l'Atelier (fondée selon le principe pluridisciplinaire du Bauhaus), où elle noue des amitiés pour la vie avec le sculpteur Péter Székely, la dessinatrice Zsuzsa Balkányi, ou encore le graphiste Paul Gabor.
Le elle est arrêtée à Budapest, avec son père, et ils sont emmenés à la caserne de Kis Tarcsa, puis déportés au camp d'extermination d'Auschwitz II, à Birkenau., où 434 000 juifs hongrois ont eux-mêmes été déportés. Sur le bras, on lui tatoue le matricule 80524.. Sa bonne connaissance de la langue allemande lui permet de se retrouver dans un bureau, où elle recopie des rapports sur la comptabilité macabre du camp, en lettres gothiques.. Elle fait partie des déportés de la marche de la mort qui suit en 1945 et parvient jusqu'à Ravensbrück. Livia Vajda ne tenait pas à ce qu'on aborde cet épisode de sa vie. Elle préféra toujours que l'on retienne d'elle sa carrière d'artiste peintre.
Après la Libération, elle s’installe à Paris en 1947 mais souffre sporadiquement de dépression. Elle fut hospitalisée. à plusieurs reprises, et, notamment soignée à l'institut psychiatrique d'Épinay-sur-Seine. Pour gagner sa vie, elle exerce différents métiers. Elle se marie en 1948 avec un tapissier, Arnold Gehler, né en Hongrie, dont elle a un enfant, Monique Gehler, née le ., date anniversaire de la libération d'Auschwitz.. Ils acquièrent tous trois la nationalité française. Dix ans plus tard. ils divorcent.
Dans les années 1960, elle fréquente les peintres de l'École de Paris à Montparnasse. Elle est devenue ce qu'elle souhaitait depuis toujours : artiste peintre dans la ville lumière. « Si je peux vivre une vie normale aujourd'hui, je le dois à la peinture - cela m'a libérée », dit-elle. Installée avec sa fille, dans un atelier sous verrière près du Pont Neuf, elle rencontre des peintres, des sculpteurs, des écrivains et des poètes.
Dès 1963, elle expose au Salon des indépendants puis dans une première galerie, la galerie Chassaing sur la rive gauche dans le arrondissement de Paris, puis en Normandie et à Metz. Elle dit alors que son inspiration est expressionniste et est fière d’appartenir à l’École de Paris d’après-guerre. Parallèlement, elle est attirée par l’abstraction dont elle intègre des éléments à ses toiles. Plus tard, Vajda s’installe rue des Plantes puis dans un duplex près du cinéma le Rex sur les Grands Boulevards. En 1966, elle expose au Musée de l'Athénée à Genève.
À partir des années 1970, elle abandonne les métiers alimentaires et s'engage totalement dans l'art : sa peinture les fait vivre, elle et sa fille. La Galerie des Orfèvres sur l’île de la Cité à Paris et la galerie Horizons à Bruxelles la soutiennent.. Par la suite, ses toiles se retrouvent en Australie, à New York. En 1972, l’État belge fait l’acquisition d’une de ses huiles. En 1975, la ville de Malines en Belgique organise une rétrospective de ses œuvres. Une autre rétrospective suivra à l’Hôtel de Ville de Bruxelles, sur la Grand Place, en 1988.
Ses liens grandissant avec la Belgique, Livia Vajda s’installe dans un atelier à Bruxelles en 1991. Son travail au couteau anime ses toiles de couleurs et de lumière et figure « un kaléidoscope aux métamorphoses infinies », écrit le critique Jérôme Garcin qui évoque dans son travail « une poésie radieuse, lumineuse, à la frontière du réel et l’imaginaire »Jérôme Garcin, « L’Evénement du jeudi », 1990, Galerie Horizons, Bruxelles. Ses thèmes de prédilection, les fêtes, les moments joyeux de la vie et son jeu de couleurs riches, séduisent les collectionneurs belges, flamands et wallons. L'auteur-compositeur belge Paul Louka, chantera dans l'un de ses poèmes : « Livia, mère des couleurs, vous nous offrez un arc-en-ciel de la Hongrie ».
Elle se remet au piano sur le tard, et anime des ateliers de peinture pour les enfants défavorisés ou immigrés, ou encore des adultes.
Elle revient vivre à Paris au bord du bassin de la Villette en 2004, auprès de sa fille, et peint tous les matins dès l'aube.
En 2006, elle retourne momentanément en Hongrie pour exposer à Budapest et à Szentendre.
Livia Vajda meurt en 2011, renversée par un camion, près de chez elle. Quelques années auparavant, elle avait cédé aux souhaits de sa fille, Monique Gehler, en acceptant de lui raconter son passé de déportée juive.
Le livre de sa fille, Un 27 janvier (Éditions du Mauconduit), deux films du réalisateur belge Élie Rabinovitch (notamment son portrait filmé intitulé Colors & Livia, en 1996.), ainsi que deux monographies, retracent son parcours. En 2012, une grande exposition posthume lui est consacrée à la mairie du arrondissement de Paris.
Galerie de tableaux
Expositions à titre personnel 1967 : La Palette Bleue, Paris 1968 : Galerie Racines, Bruxelles 1969 : Galerie Racines, Bruxelles ; Galerie Gebo, Antwerpen (Belgique) 1970 : Galerie des Orfèvres, Paris ; Galerie de Eik, Antwerpen 1971 : Museum Leon de Smet, Deurle (Belgique) ; Galerie Racines, Bruxelles ; Galerie des Orfèvres, Paris ; If Galerij, Sint Niklaas (Belgique) 1972 : Museum Leon de Smet, Deurle 1973 : Galerie des Orfèvres, Paris 1974 : Galerie d’Art du Printemps, Paris 1975 : Rétrospective, Centre culturel de Malines (Belgique) 1977 : Galerie Horizons, Bruxelles 1978 : Galerie Ro, Malines 1979 : Galerie Horizons, Bruxelles 1981 : Galerie Horizons, Bruxelles 1982 : Galerie Gorosane, Paris 1983 : Galerie Hutse, Bruxelles ; Salle des fêtes, Mêle-sur-Sarthe, France 1985 : Maison pour tous, Mortagne-au-Perche 1986 : Galerie des Orfèvres, Paris 1988 : Galerie Horizons, Bruxelles ; Rétrospective, Hôtel de Ville de Bruxelles 1989 : Maison pour tous, Mortagne-au-Perche 1990 : Galerie Horizons, Bruxelles 1992 : Banque Cera, Bruxelles 1994 : Club de l’Événement du Jeudi, Paris 2006 : Szentendre (Hongrie) 2012 : mairie du arrondissement
Bibliographie Monique Gehler, Un 27 janvier, Éditions du Mauconduit, 2012, .
Notes et références
Voir aussi Articles connexes Histoire des Juifs en Hongrie
Liens externes
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