Le lycée général et technologique Condorcet est le plus ancien lycée de la ville de Belfort, et il a longtemps été le seul lycée public de la ville. Dès sa création juste après la guerre de 1870 et la perte de l'Alsace, son histoire est intimement liée à l'histoire politique et militaire de la ville et du Territoire de Belfort.
Il est aujourd'hui l'un des trois grands lycées publics de Belfort, avec près de et 180 personnels d'encadrement et de service.
Emplacement géographique Le lycée se situe au 13 avenue du Président-Roosevelt. Il est au centre ville et tout près de la gare, ce qui est un avantage actuellement, mais qui a occasionné quelques événements plus ou moins dramatiques dans son histoire.
Présentation générale Les bâtiments Lors de sa construction en 1873, le lycée était composé d'un grand bâtiment en forme de H, sur trois étages, avec une petite annexe à l'entrée de la cour d'honneur, qui sert toujours aujourd'hui de loge et de point d'accueil. Le bâtiment d'origine a rapidement été agrandi avec le « petit lycée » en 1877. Le grand lycée et le petit lycée sont les seuls bâtiments historiques.
Le gymnase a été construit dans les années 1963-1965 (avant cela, le gymnase était à l'emplacement de l'actuel collège Léonard de Vinci, qui jouxte le lycée), et agrandi en 2004.
Des locaux spécifiques pour la restauration scolaire sont construits créés en 1962, puis rénovés en 1999 avec la mise en place d'un self-service. L'internat actuel est un bâtiment spécifique (qui accueille aussi des salles de classe), il a été construit en 1972. vignette|Le bâtiment Vie scolaire / CDI|293x293px Un bâtiment entièrement neuf a été construit à l'arrière du "grand lycée" en 1991/1992 pour héberger la vie scolaire (salles de travail, cafétéria, etc), le CDI, la salle des Professeurs, autour d'un puits de lumière central.
Les installations sportives et la restauration scolaire sont partagées avec les collégiens du Collège Léonard de Vinci.
De nombreuses photos et images du lycée sont disponibles sur le site inventaire du patrimoine de la Région Bourgogne-Franche-Comté.
Les enseignements Le lycée a un fort engagement vers l'international : sections européennes anglais, allemand, espagnol, italien ; sections binationales ABIBAC menant à l'obtention simultanée du baccalauréat et de l'ABITUR pour la section ABIBAC, créée en 2006, et de l'Esame di Stato pour la section ESABAC, créée en 2020 ; Sections de techniciens supérieur en commerce international.
Il est engagé dans la démarche etwinning et a obtenu depuis plusieurs années le label "Etwinning school".. ainsi que plusieurs labels de qualité européens..
Le lycée accueille des filières générales, et des filières technologiques de STMG (Sciences et techniques Management et Gestion). En tout 34 classes existent, de la Seconde au post-bac. Elles se répartissent comme suit en 2021 :
environ 350 élèves en seconde (10 classes), environ 330 élèves en première (10 classes), 330 élèves en terminale (10 classes), une centaine d'étudiants en sections de techniciens supérieurs : BTS commerce international, et BTS services informatiques aux organisations (par apprentissage).
Des classes préparatoires aux grandes écoles scientifiques ont été créées au sein du lycée entre 1988 et 1993, et ont existé jusqu'en 2015, date de leur transfert au lycée Follereau voisin..
Plusieurs activités et options. sont proposés au lycéen/nes : – options facultatives en seconde : latin, LV3 italien, LV3 russe, arts plastiques, management et gestion, théâtre ; – options facultatives de terminale : maths complémentaires, maths expertes, Droit et Grands Enjeux Du Monde Contemporain (DGEMC).
Spécialités de première et de terminale : HGGSP, HLP, LLCE anglais, mathématiques, SVT, SES, numérique et sciences informatiques, arts plastiques.
Depuis la rentrée 2021, une nouvelle formation est proposée aux étudiants au lycée, le PPPE (parcours préparatoire au professorat des écoles)., en lien avec l'UFR STGI AES de Belfort. Parcours de trois ans préparant au CRPE de professorat des écoles et délivrant une licence AES simultanément..
L'engagement "développement durable" Depuis 2004, le lycée est partiellement chauffé au bois, grâce à une chaufferie mixte gaz et bois.
Par ailleurs, chaque année, un ensemble d'actions pédagogiques est mis en place dans le cadre de l’Éducation au Développement Durable, et à la démarche en vue de la labellisation "EDD / Ecolycée" (clean walk, braderie solidaire, récupération des bouchons, lycée Refuge LPO, valorisation de la biodiversité et du patrimoine sylvestre du lycée, etc). La restauration scolaire est également engagée dans une démarche de qualité alimentaire ayant recours aux filières biologiques ou locales.. L'internat vignette|L'internat du lycée Condorcet en 2021|293x293px Le bâtiment de l'internat accueille des salles de classe sur deux niveaux, ainsi que l'infirmerie.
Dans les trois autres étages, il héberge une centaine d'internes, scolarisés au lycée même, ou dans d'autres établissements belfortains ne disposant pas d'internat.
Il y a différents horaires à respecter - le matin le réveil est à 6h45. L'internat est fermé le temps de midi et ouvre le soir en semaine à partir de 17h sauf le mercredi où il ouvre à 13 heures. Un foyer et une salle de travail sont réservés aux internes.
La vie lycéenne L'Association sportive du lycée propose aux élèves des activés sportives et artistiques (basket-ball, cross, arts du cirque et escalade).
Plusieurs clubs existent au lycée : club manga, club journal.., ainsi que les écodélégués. Un Carnaval, la Semaine des Talents, le Bal des Terminales sont traditionnellement organisés chaque année.
"L'Illuminé", journal du lycée, fondé en 2011, a été publié sous format papier de 2011 à 2020, puis sous forme de blog entre 2020 et 2024, avant de retrouver le format papier, augmenté de Hors-séries thématiques (exemple : le "Guide de survie pour les nouveaux élèves (et même pour les anciens)". Il fait suite à d'autres journaux lycéens qui ont existé : le Potache (1977- 1980), le Moustique (1997), la Langue noire (1998 - 2001), l'Insolent ( - fév 2004), le Condorsait (2004 à 2007).
Histoire du lycée
Un « lycée national » né de la défaite de 1871 En 1870, Belfort était le chef lieu d'un arrondissement du département du Haut-Rhin. La ville disposait seulement d’un "collège communal". Pour obtenir le baccalauréat les garçons de bonne famille Belfortaine allaient étudier à Colmar, Besançon, Paris ou Lyon.
En 1871, après la défaite française, les trois départements alsaciens et lorrain deviennent allemands. Belfort, s'étant défendue vaillamment pendant un siège de trois mois (les Allemands ne sont entrés dans Belfort que lorsque le gouvernement provisoire a obligé la ville à ouvrir les portes), bénéficie d'un traitement particulier. Pour récompenser cette défense héroïque, Adolphe Thiers, le chef du gouvernement, négocie pied à pied avec Otto von Bismarck, et obtient que les 106 communes de langue française autour de Belfort restent à la France. Ces communes forment une unité administrative autour de Belfort qui prend le nom de "Territoire de Belfort".
Belfort, ancien chef-lieu d’arrondissement, n’a pas de lycée : le , le maire, Édouard Mény., qui s'était beaucoup engagé auprès de ses concitoyens au cours du siège de Belfort, préside une séance extraordinaire du Conseil Municipal qui appelle à la création d'un établissement destiné à scolariser les jeunes belfortains ainsi que toute une nouvelle population d'élèves venus en particulier d’Alsace. Il s'adresse au ministre de l'Instruction publique :
vignette|Le lycée de Belfort en 1908|375x375px Cependant dans un premier temps, le , l’État refuse la construction du lycée. La Ville de Belfort propose alors d'offrir le terrain nécessaire, et également de donner une subvention de . Le , la Mairie achète un terrain de 3 hectares et 35 ares à M. et . En , l’État autorise la Ville à construire, celle-ci est finalement maître d'œuvre. "Cette construction s'est faite dans des conditions exceptionnelles et anormales, dans un but politique" indique M. Iundt, ingénieur en chef pour la construction du lycée. C'est le premier lycée de Belfort, il n'y avait auparavant qu'un "collège communal".
Le lycée est donc né de la guerre, et de la volonté des familles alsaciennes d'offrir à leurs enfants un enseignement en français, et en France. Une souscription lancée à l'initiative d'Alfred Koechlin-Schwartz, industriel alsacien établi à Belfort a permis de recueillir pour la construction du lycée de Belfort. Par décret du ministère de l'Instruction publique, le lycée sera appelé "lycée national".
Le financement de la construction du lycée est donc celui-ci : financé par l’État : 550 000 francs pour la construction ; financé par la Ville de Belfort : le coût du terrain (), et pour l'équipement du lycée ; financé par souscription de parents des élèves de l'établissement principalement des Alsaciens : .
Ce qui fait du lycée de Belfort un lycée exceptionnel par ce financement privé. vignette|Arcades et mosaïques dans la cour d'honneur du lycée (2021)|250x250px
Les travaux commencent le . Ils sont "poussés avec la plus grande rapidité" et le lycée ouvre à l'automne 1873. A la rentrée, le , il y a 287 élèves dont 87 pensionnaires. Rentrée 1874, 475 élèves, dont 300 pensionnaires. Rentrée 1875, il y a 310 internes inscrits., le lycée et déjà trop petit, on décide la construction d'un deuxième bâtiment, qui s'appellera le "Petit lycée" . La construction est achevée en 1883.
Une autre conséquence de la création du Territoire de Belfort, c'est l'installation à Belfort de familles alsaciennes qui choisissent de rester françaises (ce sont les « optants »), et d'activités industrielles venues d'Alsace à partir de 1871. Par exemple la SACM (Société alsacienne de constructions mécaniques) qui deviendra Alsthom en 1928, DMC (Dollfus-Mieg et Compagnie). Belfort qui comptait en 1870 atteindra en 1914 près de . La ville devient une ville militaire importante car ville frontière de 1871 à 1919 : présence de casernes, et de 19 forts autour de la "trouée de Belfort" qui devient un secteur fortifié.
Parmi ces nouveaux venus, beaucoup de familles juives, qui ne veulent pas être allemandes. Ils sont commerçants, avocats, médecins... Leurs enfants fréquentent le nouveau lycée. Ils sont sans doute assez nombreux pour que des travaux soient faits, puisqu’un plan du lycée montre l'existence en 1903 d'une cuisine israélite, et d'un réfectoire israélite séparés des autres locaux.
Le lycée, lieu de mémoire Dès 1899, l'Association Amicale des anciens élèves et du souvenir français installe des plaques commémoratives d'anciens élèves morts au combat.
1ère plaque
BARDY Christophe, S.aide major, décédé à Strasbourg le MONCHOT Alexandre, lieutenant porte-drapeau au 91e de ligne, tué à Solférino le GENTY Auguste, sergent au 2e zouave, décédé au combat à Ben-Attab le BARDY Gustave, S.lieutenant au 6e lanciers, tué à Frœschwiller le MILLOT Xavier, médecin major de 1ere classe, tué Frœschwiller le HEYGEL Edmond, S.officier au 22e de ligne, tué à Sedan le RAMEAU Hernest, franc tireur, tué à Beaune-La-Rollande le MESPLE Arthur, soldat au 16e bataillon de chasseurs, tué devant Orléans le MOUROUX Gustave, garde mobilisé, tué à Belfort le HENRY Alfred, S.lieutenant au 2e régiment étranger, tué à Lao-Kaï le 19 aout 1886 BOUVROT Jules, lieutenant d'infanterie de marine, tué devant Tombouctou le BERNARD Francis, médecin major au 200e de ligne, décédé à Suberbieville à Madagascar le
2ème plaque
DEPIERRE Eugène, capitaine au 95e de ligne, blessé à mort à Sébastopol le RONDOT Abel, sergent major au 3e génie, tué à Sebastopol le GRANDMESSE Antoine, soldat au 19e de ligne, tué à Sebastopol le KOCH Antoine, sergent au 92e de ligne, tué à la bataille de la Tchernaïa le