Les apparitions mariales de Banneux désignent les apparitions de la Vierge Marie survenues à Mariette Beco, une petite fille de onze ans, entre le et le , près de son domicile, à Banneux, un village au sud de Liège, en Belgique. Ce sont huit apparitions au total, courtes, rassemblant très peu de témoins, qui se déroulent dans ce petit village.
Après une première apparition où la mère de la voyante lui interdit de sortir de la maison (pour voir la ), les autres soirs, Mariette Beco anticipe la et sort tous les jours prier le chapelet vers 19 h, dans le jardin familial. Là, celle qu'elle identifie comme étant conduit la jeune fille jusqu'à une petite source située à une centaine de mètres de la maison et lui dit que (pour l'apparition), . La voyante est accompagnée chaque soir par une poignée de témoins, curieux ou fidèles qui prient avec elle le chapelet et la suivent dans ses déplacements, l'entendant parler, mais ne voyant rien.
Ces apparitions provoquent peu de remous dans la population et dans la presse (contrairement à celles de Beauraing). Mais très vite, des pèlerins se rendent sur place, viennent prier, boire l'eau de la source, et les témoignages de guérison se multiplient. Les apparitions mariales ayant été reconnues par l’Église comme authentiques en 1949, un sanctuaire y est construit. Le lieu devient un centre de pèlerinage marial très fréquenté avec environ chaque année. La dévotion à Notre-Dame de Banneux, la , se répand très rapidement dans le monde entier. De nombreux malades se rendent sur ce lieu de pèlerinage, encore aujourd'hui.
Historique Le contexte Banneux est un petit village des Ardennes belges, à vingt kilomètres de la grande ville de Liège. C'est un village pauvre, composé de seulement (en 1933), essentiellement des mineurs et des bûcherons. Mariette Beco est la fille de Julien Beco et de Louise Wégimont. Elle est l'aînée de sept enfantsLe site Santi e Beati indique une famille de onze enfants, les autres sources en indiquent sept.. Elle a onze ans, presque douze, lors des faits. Sur le plan scolaire, elle a deux ans de retard, car elle manque régulièrement les cours pour aider sa mère et sa famille aux tâches quotidiennes. Même pour les leçons de catéchisme que lui donne son aumônier, elle est la dernière de son groupe d'enfants. Ses parents ne sont pas pratiquants, et à la maison, La source indique que dans la commune de Banneux, sont assez courants dans la population, et que celle-ci est alimentée par des vagues ...
En 1931, la situation économique et politique de la région est préoccupante : la crise économique et financière qui a éclaté en 1929 fait ressentir ses effets parmi les populations modestes et celles du monde ouvrier. L'inquiétude pèse lourdement sur les familles et les personnes isolées. De l'autre côté de la frontière, en Allemagne, le parti Nazi sort gagnant des élections, et le , deux semaines après la première apparition, Adolf Hitler sera nommé chancelier..
Sur le plan religieux, la Belgique a été secouée dans les semaines précédentes (et le sera encore durant de longs mois) par de vives polémiques concernant les apparitions mariales de Beauraing, survenues à quelques kilomètres de Banneux, deux mois avant celles de BanneuxLes apparitions mariales de Beauraing se sont déroulées du au . La polémique sur l'authenticité de ces apparitions a duré durant des mois. Elles seront reconnues officiellement par l'Église catholique en 1949.. Lors de la dernière apparition du , on estime à le nombre de curieux et de fidèles présents autour des voyants. Les apparitions de Banneux vont rester beaucoup plus discrètes.
Le détail de ces apparitions nous est connu par le récit de la voyante, les témoignages des personnes qui l'ont vue et entendue parler à haute voix lors des apparitions, ainsi que les rapports des études canoniques réalisées par l’Église catholique en vue de la reconnaissance des événements. L’abbé Louis Jamin (1898-1961), qui est le chapelain de Banneux, va entendre et observer le premier la jeune voyante.
Les apparitions Première apparition La maison de la famille Beco est située sur la route de Louveigné à Pepinster, un peu à l’extérieur du village de Banneux. Le dimanche , vers 19 h, Mariette, onze ans, attend le retour de son frère Julien parti le matin avec des amis. Elle regarde par la fenêtre de la maison pour voir s'il arrive enfin. Dehors il fait très froid : il gèle à -12°, la campagne est recouverte de neige et de glace. Mariette voit dans le jardin, près de la barrière qui conduit sur la route, et elle aperçoit . Dans un premier temps, elle pense qu'il s'agit d'un reflet de la lampe sur la vitre. Elle se déplace donc pour observer sous un autre angle, mais . L'enfant alerte sa mère et lui décrit . Sa mère refuse de la croire et se moque d'elle. Mais elle finit par céder aux insistances de sa fille et s'approche pour regarder par la fenêtre. Sa mère voit bien . L'enfant insiste : , et ajoute . Mariette saisit un chapelet et commence à le réciter tout en regardant l'apparition à travers la vitre. L'apparition remue les lèvres mais l'enfant ne l'entend pas. L'apparition fait signe à Mariette de venir la rejoindre. L'enfant s'apprête à sortir quand sa mère effrayée lui interdit de quitter le domicile et verrouille la porte.
Le lendemain l'abbé Louis Jamin est informé de l'histoire, mais il ne prête aucune importance aux dires de la fillette.
Seconde apparition thumb|Représentation de l'apparition mariale sur un azulejos dans un sanctuaire du Portugal. Le mercredi , à 19 h, Mariette sort brusquement dans le jardin. Son père la rejoint, trouve sa fille en prière, à genoux sur le bord du sentier, le chapelet à la mainFille de parents non pratiquants, Mariette a cependant gardé précieusement un chapelet qu’elle a trouvé un jour dans la rue.. Mariette aperçoit s'approcher à grande vitesse, passer entre les cimes des sapins, grandir, se transformer en silhouette féminine, et s'arrêter près d'elle, à environ . L'apparition rayonne de lumière. Ses mains sont jointes et ses pieds ne reposent pas sur le sol, mais sur une sorte de . L'apparition fait un signe à Mariette et recule pour permettre à la voyante de la suivre. Le père de Mariette alerte le père Jamin du comportement inhabituel de sa fille. Mais le prêtre étant absent, il revient accompagné d'un voisin, Michel Charlesèche et de son fils âgé de onze ans.
Mariette s'engage alors sur la route. Son père l'interpelle : . lui répond-elle. Son père et ses voisins la suivent alors à distance. Ils voient l'enfant tomber à genoux brutalement deux fois de suite, puis s'agenouiller devant une sourceCette source était déjà connue des habitants du lieu., et l'apparition lui dit Un auteur précise que . L'auteur ajoute que compte tenu du froid hivernal, la source était gelée, et qu'il fallait dans un premier temps briser la glace pour pouvoir y tremper les mains.. Elle s'exécute, et répète à haute voix les paroles qu'elle entend : . Et l'apparition disparaît.
Le même soir, vers 22 h, l'abbé Jamin est de retour et il se rend au domicile familial. Là, le père de famille déclare, à la surprise du curé, qu'il viendra le lendemain se confesser et qu'il irait également à la messe..
Troisième apparition Le , Mariette sort vers 19 h dans le jardin. Elle se met à genoux et commence à prier le chapelet. Dix-sept personnes sont présentes et l'observent. La voyante s'écrie : . Puis elle interroge l'apparition : . Ce à quoi l'apparition lui répond . Puis Mariette se rend comme la veille à la source, et parvenue sur ce lieu, elle demande à nouveau : . La Vierge lui répond en souriant : . s'exclame l'enfant, avant de répéter à voix haute . Comme la veille, l'apparition s'élève au-dessus des sapins, diminue rapidement de taille avec l'éloignement et disparaît dans la nuit.
Quand Mariette rentre à la maison, elle demande à ses parents : .
Quatrième apparition
Le se déroule la quatrième apparition. Celle-ci débute vers 18 h 45, sous le regard de treize témoins dont l'abbé Jamin et deux journalistesCes apparitions attireront peu la presse, contrairement à celles de Beauraing qui se sont terminées quelques semaines plus tôt. À Beauraing les journalistes étaient présents en nombre et tous les jours.. La voyante témoigne que la dame lui demande la construction d'une petite chapelle. La Vierge lui impose les mains . À la fin de l'apparition, Mariette s'évanouit.
Les jours suivants, Mariette continue de sortir de chez elle à la même heure et de prier le chapelet. Mais rien ne se passe. Son entourage devient sceptique voire moqueur. Des garçons du village s'agenouillent devant elle et lui demandent de les bénir. Certains l'appellent . Des voisins se détournent de la famille. Le , l'abbé Jamin écrit au doyen de Sprimont : .
Dernières apparitions Le , trois semaines après la dernière apparition, Mariette sort vers 19 h, comme chaque jour, pour prier dans le jardin. Six personnes l'accompagnent. L'enfant récite le chapelet et arrive au bout. Elle suggère de dire un second chapelet. Quand elle arrive à la cinquième dizaine, elle tombe subitement à genoux, se relève et se rend à la source, suivie par ses accompagnateurs. Là, elle s'agenouille, trempe son chapelet dans l'eau froide et dit à voix haute Comme à chaque apparition, la voyante répète les paroles qu'elle entend..
À nouveau, durant plusieurs soirs, Mariette sort prier le chapelet, sans que rien ne se passe. Le , alors qu'elle prie avec trois autres personnes, elle a une nouvelle vision. La voyante demande à la Vierge . À cela, l'apparition lui répond . D'après Mariette, la Vierge lui confie ce soir-là un secret. Les témoins présents rapportent que la jeune fille a pleuré abondamment, prosternée, le visage contre le sol..
Le , la voyante tombe à genoux à la fin du second chapelet. Elle entend et rapporte les paroles suivantes : . D'après les témoins, l'apparition dure sept minutes.
La dernière apparition se produit le . C'est la huitième apparition à Mariette Beco. Celle-ci est accompagnée de cinq témoins. L'enfant entend de la dame ces mots : . La Vierge impose à nouveau les mains à l'enfant et la bénit d'un signe de croix. L'apparition a duré cinq minutes.
Début des auditions et enquêtes Très vite, Mariette est interrogée par l'abbé Louis Jamin, chapelain de Banneux. Dès le soir de la seconde apparition, le , il se rend au domicile familial pour entendre les explications de Mariette. Au fur et à mesure du temps, il deviendra plus précis dans ses interrogatoires. Le , au lendemain de la dernière apparition, il entend l'enfant pour la huitième fois. L'abbé note que l'enfant témoigne avec clarté et précision, sans jamais se contredire, ni se mettre en avant. Des médecins et des prêtres l'interrogent fréquemment dans les mois qui suivent.
Les témoins, curieux, sympathisants et sceptiques, qui accompagnent Mariette durant les apparitions (du au ) ne voient rien, sinon les traits transfigurés de Mariette qui dit son chapelet et semble en conversation avec quelqu’un.
En , à un prêtre qui l'interroge sur les paroles qu'elle aurait entendues de la Vierge Marie, la voyante répond : .
À la suite de la demande de construire , un petit édifice est mis en construction. La première pierre est posée le , et la chapelle est inaugurée le , à l'occasion de la fête de l'Assomption.
Mariette Beco Son père et sa mère, Julien Beco et Louise Wégimont se sont mariés en 1920. Ils ont élu domicile dans un hameau de Banneux, appelé . La petite Mariette est née un an plus tard, le Ce jour correspond au Vendredi Saint cette année-là.. Elle est la première d'une famille de sept enfants. En tant que fille aînée, elle se trouve souvent obligée d'aider sa famille, si bien qu'elle manque souvent l'école, et à onze ans, elle a déjà deux ans de retard sur le plan scolaire du fait de ses nombreuses absences. Même aux cours de catéchisme, qu'elle suit depuis , elle est la dernière de sa classe.