Olivier Guichard, né le à Néac (Gironde) et mort le à Paris, est un homme politique français.

« Baron du gaullisme », il est plusieurs fois ministre sous les présidences de Charles de Gaulle, Georges Pompidou et Valéry Giscard d'Estaing (devenant à cette époque « numéro deux du gouvernement ») et, des années 1970 à 1990, est pendant plus de vingt ans président du conseil régional des Pays de la Loire et maire de La Baule.

Biographie Jeunesse et études Descendant de Louis Guichard (1772-1837), chevalier de l'Empire puis créé baron (titre inachevé)Mais les lettres patentes ne lui furent pas délivrées ; ses descendants usèrent néanmoins indûment du titre après leur aïeul. Cf. Éric Chiaradia, L'Entourage du général de Gaulle : juin 58-avril 69, éditions Publibook, 2011., il est le petit-fils de l'homme politique de Gironde Joseph Brisson (consulté le 30 avril 2018). (1857-1942) et le fils de Louis Guichard, capitaine de corvette et directeur du cabinet de l'amiral François Darlan. sous le régime de Vichy, de février 1941 à novembre 1942.

Olivier Guichard est élève au lycée Condorcet, à Paris. Après le baccalauréat il poursuit ses études à l'université de Paris, où il obtient une licence de lettres et une licence de droit.. Il est également diplômé de l'École libre des sciences politiques..

À la Libération, il s'engage volontairement, à 24 ans, dans l'armée française.. Il poursuit la guerre jusqu'à la défaite de l'Allemagne. N'étant pas admis à l'École nationale d'administration (ENA), il entame une thèse sur Prosper Mérimée.

Parcours politique Dès 1947, il rejoint le mouvement gaulliste. De 1951 à 1958, il est le chef de cabinet du général de Gaulle pendant la « traversée du désert » de ce dernier.

Il devient député de la Loire-Atlantique à l'issue des élections législatives de 1967.

En 1968, il est ministre du Plan et de l'Aménagement du Territoire dans les gouvernements de Georges Pompidou puis de Maurice Couve de Murville. Il prépare à son début le référendum de 1969 sur la régionalisation et la réforme du Sénat, projet repris et développé par le ministre Jean-Marcel Jeanneney et dont le refus par le peuple provoquera la démission de de Gaulle de la présidence de la République.

De 1969 à 1972, il est ministre de l'Éducation nationale dans le gouvernement Chaban-Delmas. Il est notamment à l'origine de la création de l'université de technologie de Compiègne. Dès son arrivée au ministère, il rétablit le latin dès la classe de cinquième et la notation sur 20 dans les classes d'examen..

Il devient ministre de l'Équipement et de l'Aménagement du Territoire dans les deux gouvernements de Pierre Messmer, de 1972 à 1974. Il y favorise le développement des autoroutes concédées et la création de la zone industrielle de Fos-sur-Mer. Parallèlement, il impose un coup d'arrêt en 1973 à la construction des grands ensembles des années 1960 par une circulaireLe Monde, 12 mai 1973., la circulaire Guichard. Olivier Guichard avait auparavant fait un grand discours de politique urbaine à l'Assemblée nationale, où il avait expliqué pourquoi il fallait arrêter de construire des grands ensembles« Filmer les grands ensembles », documentaire en ligne sur les représentations audiovisuelles des grands-ensembles, CHS (CNRS / Paris1), 2015.. La circulaire Guichard de arrête huit opérations gigantesques qui étaient en train d'être construites, et interdit de construire par la suite des grands ensembles trop importants, disproportionnés par rapport à la population de la ville dans laquelle ils sont construits.

Olivier Guichard est ministre de la Justice dans le gouvernement de Raymond Barre en 1976.

Membre du RPR, il fait partie de ceux que l'on appelle les « barons du gaullisme ». Son nom avait été évoqué à plusieurs reprises pour Matignon (cf. infra).

Vie privée Sa première épouse, Suzanne Vincent, qu'il a rencontrée dans la Résistance, est décédée en 1982 The New-York Times.. Veuf, il épousa en secondes noces le la journaliste Daisy de Galard (1929-2007), née de Gourcuff.

Il est le père de l'éditrice Malcy Guichard-Ozannat, de Constance (épouse de Ladislas Poniatowski) et d'Aline (épouse de Paul Goldschmidt, homme d'affaires et vigneron)Notice Who's Who..

Il était le cousin de Jean de Brem, journaliste et militant de l'OAS, qui fut abattu par la police en Dominique Venner, Guide de la politique, Balland, 1972, .

Il meurt le dans le ., et est inhumé en Gironde.

Mandats politiques Maire de Néac (Gironde) (1962-1971) Député de la Loire-Atlantique (1967-1997) Conseiller général du canton de Guérande (1970-1982) Maire de La Baule-Escoublac (1971-1995) Président de la Région Pays de la Loire (1974-1998) Ministre de l'Industrie (1967-1968) Ministre du Plan et Aménagement du Territoire (1968-1969) Ministre de l'Éducation nationale (1969-1972) Ministre de l'Équipement-Logement-Tourisme (1972-1974) Ministre d'État, chargé de l'Aménagement du Territoire, de l'Équipement et des Transports, (mars-mai 1974Association Georges Pompidou) Ministre d'État, Garde des Sceaux (1976-1977)

Œuvres Aménager la France, 1965 L'Éducation nouvelle, 1970 Vivre ensemble, 1976 : rapport Guichard préfigurant les lois de décentralisation de 1982-1983 Un chemin tranquille, 1975 Mon Général, 1980 Du particulier au général, 1999 Vingt ans en 40 Fayard, 1999

Débats et controverses Ministre de l'Aménagement du Territoire, il s'est vu reprocher d'avoir trop fortement favorisé l'aménagement routier aux dépens des transports collectifs. Il aurait également préféré la construction du canal Rhin-Rhône à celle de la ligne à grande vitesse Paris-Lyon, financée par emprunt par la seule capacité financière de la SNCF.

Aux yeux de ses détracteurs, la politique d'aménagement qu'il mena en qualité de président de la région Pays de la Loire a surtout profité à la zone touristique de La Baule, dont il était maire, mais au prix de la destruction des villas de front de mer.

Sa carrière donne le sentiment, sur le plan national en tout cas, d'une succession d'occasions manquées : soutien sans faille à Jacques Chaban-Delmas en 1974 contre Jacques Chirac, « premier-ministrable » en 1972 pour finalement assister à la désignation de Pierre Messmer, impuissance à ramener le RPR dans le giron présidentiel giscardien en 1976 alors qu'il est entré au gouvernement en partie pour cette raison.

Dans ses mémoires, la journaliste Catherine Nay explique qu'il fut longtemps privé par Charles de Gaulle d'un poste ministériel à cause du veto d'Yvonne de Gaulle. Celle-ci n'appréciait pas la vie privée mouvementée d'Olivier Guichard, qu'elle qualifiait de « noceur ». Il fut en revanche nommé ministre par Georges Pompidou, dont il était proche. Mais, toujours selon Catherine Nay, une brouille entre les deux hommes l'écarta de Matignon, poste pour lequel il était favori en 1973.

Citations « Une société unie n'est pas une société sans différences, mais une société sans frontières intérieures. » (Un chemin tranquille).

« On ne se méfie jamais assez de son passé. » (interview parue dans Nouvel Ouest - mars 2000).

Distinctions et hommages Hommages Il existe, en France, plusieurs voies à son nom, particulièrement une avenue à La Baule-Escoublac. En 2026, son nom est attribué à l’ancienne avenue de Lyon, à Toulouse.

Décorations

Françaises

sans_cadre|50x50px Médaille d'honneur des chemins de fer, échelon or (de droit en tant qu'ancien ministre des Transports)

Étrangère https://www.quirinale.it/onorificenze/ricerca.

Dans la fiction Dans la mini-série De Gaulle, l'éclat et le secret (2020), son rôle est interprété par Stéphane Jobert.

Notes et références

Voir aussi Bibliographie . Clémence Cardon-Quint, « La révolution managériale oubliée d'Olivier Guichard (1969-1972) », in Véronique Castagnet-Lars, Caroline Barrera, Décider en éducation. Entre normes institutionnelles et pratiques des acteurs du à nos jours, Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve-d'Ascq, 2019, pp. 201-216 ⟨hal-02298687⟩.

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