Cordelia Fine (née en 1975) est une philosophe, psychologue et écrivaine britannique, professeure de philosophie et d'histoire des sciences à l'université de Melbourne, auteure de livres de vulgarisation scientifique sur les thèmes de la cognition sociale, des neurosciences et des mythes populaires sur les différences entre les sexes. Ses recherches qui déconstruisent les biais sexistes en science ont pu être qualifiées de féministesC. Fine est "a brilliant feminist critic of the neurosciences" selon , "In , Fine continues her witty, irreverent, and thoroughly feminist and scientific takedown of the sexist ideologies entrenched deep within science", Journal of Sex & Marital Therapy Volume 43, 2017 , cité dans . Elle est connue pour avoir inventé le terme « ».
Son ouvrage remporte le prix du livre scientifique de la en 2017.
En 2018, Cordelia Fine reçoit la médaille d'Édimbourg décernée aux « hommes et femmes de science et de technologie dont les réalisations professionnelles ont apporté une contribution significative à la compréhension et au bien-être de l'humanité ».
Formation et carrière Cordelia Fine obtient une maîtrise en criminologie de l'Université de Cambridge et soutient une thèse de doctorat en psychologie à l'University College de Londres.
Par la suite, Cordelia Fine est chercheuse à la de l'Université Monash, au de l'Université nationale australienne, et au (CAVE) à l'Université Macquarie.
De 2012 à 2016, elle est à la .
Elle est également professeur à la , à l'Université de Melbourne jusqu'en 2016. Depuis, elle est professeur à l'École d'études historiques et philosophiques de l'Université de Melbourne, en Australie.
Elle est l'auteur de plusieurs chapitres de livres académiques et de nombreuses publications académiques.
En tant que communicatrice scientifique, Fine a donné de nombreuses conférences publiques et principales sur les thèmes de l'éducation, des affaires, de l'enseignement.
Fine a également écrit pour , , , , et , entre autres, et a révisé des livres pour et .
Thèses de l'auteur Dans son livre (Le Roi testostérone), Cordelia Fine examine un mythe scientifique très répandu selon lequel les hommes auraient plus de goût que les femmes pour le risque et la compétition, et seraient naturellement plus agressifs, du fait de leur taux de testostérone. Cordelia Fine montre la prégnance de biais sexistes dans les recherches censées accréditer de telles hypothèses. « Les chercheurs doivent prendre des décisions sur les types de risques qu'ils décident d'enquêter», explique C. Fine, or les risques qu'ils choisissent d'étudier sont associés à des activités traditionnellement masculines, ce qui leur permet de conclure que les hommes montrent plus d'audace que les femmes : ces activités sont par exemple la moto, les sports extrêmes comme le parachutisme ou le saut à l'élastique, les investissements financiers, les paris sportifs. Cordelia Fine évoque une sous-estimation systématique des risques pris par les femmes ; le risque de mourir à la suite d'une grossesse est plus élevé aux États-Unis que celui qu'entraîne un saut en parachute. Le risque d'agression sexuelle lors d'une liaison est tout à fait réel. Le choix d'un temps partiel ou le divorce supposent de prendre un risque économique, etc. « Bien que les femmes prennent régulièrement des risques, ceux-ci passent sous les radars de la recherche », déclare-t-elle.
Cordelia Fine passe au crible une autre idée reçue selon laquelle au cours de l'évolution se seraient forgés des comportements spécifiquement masculins et féminins, liés à des stratégies de reproduction différentes. Les hommes seraient plus portés à entretenir des relations sexuelles multiples, qui leur permettraient de transmettre leurs gènes à une descendance plus nombreuse, à la différence des femmes, qui auraient intérêt à choisir avec soin le meilleur reproducteur possible. Cordelia Fine rappelle que ce mythe est fondé sur des expériences pratiquées dans les années 1940 sur des mouches, et qui ont été invalidées depuis. Il s'est révélé en effet que « ces expériences étaient biaisées en faveur d'une conclusion préétablie » selon laquelle les hommes sont, par nature, volages, et les femmes, fidèles. En réalité, « les mouches femelles ayant la plus grande descendance sont celles qui ont le plus de partenaires sexuels » ; et les mâles monogames auraient plus de chances de se reproduire que les mâles polygames, compte tenu du fait que les périodes fertiles des femelles sont brèves. Cordelia Fine cite le propos de l'universitaire Bradley David Schmitt qu'elle juge révélateur de l'idéologie sexiste qui imprègne la science : « Considérez, dit Schmitt, qu'un homme peut produire jusqu'à 100 descendants en s'accouplant sans discernement avec dans une année donnée, alors qu'un homme qui est monogame aura tendance à n'avoir qu'un seul enfant avec son partenaire pendant cette même période. ». Mais, objecte C. Fine, « la probabilité qu'une femme devienne enceinte à la suite d'un seul acte sexuel au hasard est d'environ 3% » ; de plus un homme peut difficilement trouver fertiles (en âge de procréer, qui ne soit ni enceintes ni allaitantes).
Cordelia Fina montre que les stéréotypes de genre n'appartiennent pas au passé, et qu'ils continuent à être extrêmement actifs dans la recherche moderne.
Réception En 2017, a remporté le prestigieux prix des livres scientifiques de la . Selon Harriet Hall, auteur dans le de nombreux articles sur la médecine alternative et le charlatanisme, «le livre de Cordelia Fine fournit des preuves irréfutables que les hommes et les femmes ne sont pas vraiment très différents autrement que dans leur anatomie. Il n'existe pas de «cerveau masculin» ou de «cerveau féminin». Il n'y a pas de nature masculine ou féminine mais plutôt des mosaïques individuelles de traits. La testostérone n'est pas très importante. La biologie ne peut être utilisée pour expliquer ou excuser les inégalités sociétales».
Thèses de l'auteur La thèse de son deuxième livre, (Délires liés au genre : comment notre imagination, la société et le neurosexisme créent les différences entre les sexes) est la suivante : l'idée selon laquelle les différences innées entre les cerveaux des hommes et des femmes seraient démontrées scientifiquement et justifieraient les inégalités de genre dans les sociétés modernes est fondée sur des méthodes erronées et sur des hypothèses fragiles. Cordelia Fine conteste également une autre idée courante selon laquelle une société égalitaire entre les sexes signifie que les différences dans les résultats et les intérêts sociaux seraient dues à la biologie. «Avec des contextes et des circonstances toujours aussi différents pour les hommes et les femmes, il n'est tout simplement pas possible de comparer les choix qu'ils font et de tirer des conclusions sûres concernant les différences naturelles entre les sexes», explique-t-elle.
C. Fine donne quelques exemples de la culture de genre dans les sociétés actuelles. Ainsi, dans la petite enfance, ce sont les garçons, plus que les filles, qui subissent une forte pression les incitant à correspondre à une norme genrée ; ils doivent éviter de paraître faibles, efféminés, lâches etc., alors que les filles peuvent manifester de l'audace. En revanche, dès l'adolescence, les filles doivent afficher une féminité physique stéréotypée. Or, dit C. Fine, des tests montrent qu'une attention excessive portée à son apparence physique empêche de se concentrer sur des matières intellectuelles : « lorsqu'elles sont invitées à effectuer un court exercice de mathématiques tout en portant un maillot de bain ou un pull, les femmes portant un maillot de bain ont moins bien réussi que les femmes portant un pull».
Les études qui démentent les préjugés et détectent de faibles différences entre les sexes trouvent difficilement un éditeur. Tout le monde concourt à renforcer le carcan culturel qui façonne des cerveaux «masculins» et «féminins», pour que nous ne puissions pas imaginer ce que les hommes et les femmes deviendraient en l'absence de toute contrainte sociale.
Réception L'approche du genre telle que la conçoit C. Fine a été critiquée par ceux qui la jugent comportementaliste, et parce qu'elle ne tiendrait pas compte de ce que la psychiatrie appelle les troubles de l'identité de genre. Cependant, comme C. Fine l'a souligné dans , le livre s'intéresse aux "preuves" scientifiques censées montrer que les hommes sont déterminés pour systématiser alors que les femmes le seraient pour faire preuve d'empathie ; elle affirme ne pas souscrire à une vision comportementaliste ou socialement déterministe du développement, mais plutôt à «une vision dans laquelle le chemin du développement est construit, étape par étape, à partir de l'interaction continue et dynamique entre le cerveau, les gènes et l'environnement».
Ben Barres, professeur de neurobiologie à l'Université de Stanford, a écrit dans une critique du livre pour PLOS Biology que «l'analyse de ces données par Fine devrait être une lecture obligatoire pour chaque étudiant en neurobiologie, sinon pour chaque être humain». En revanche, selon les neuroscientifiques Margaret McCarthy et Gregory Ball, C. Fine présente une image unilatérale de l'étude des différences entre les sexes, et son livre menacerait de «sérieusement entraver» les progrès dans ce domaine. De même, les neuroscientifiques Geert de Vries et Nancy Forger du Neuroscience Institute de la Georgia State University citent les travaux de Fine et de ses collègues comme «exemples d'allégations non fondées sur la nature et la fonction des différences neuronales sexuelles qui continuent d'être faites et qui peuvent causer de graves dommages». En collaboration avec la sociologue de la médecine Rebecca Jordan-Young (), C. Fine a rejeté l'affirmation. basée sur des citations de ses critiques de représentations populaires de la science, selon lesquelles elle serait ..
C. Fine et R. Jordan-Young, avec d'autres co-auteurs, ont publié des recommandations et des lignes directrices pour améliorer la qualité des enquêtes scientifiques sur les différences entre les sexes dans la recherche.
Le premier livre de Fine, , se fonde sur des recherches cognitives pour montrer que l'esprit donne souvent une image déformée de la réalité.
Récompenses et distinctions (livre) Prix de la , 2017 ()
(livre) Sélectionné pour le prix littéraire du premier ministre victorien pour la non-fiction 2011. Sélectionné pour le prix du meilleur livre d'idées 2011. Sélectionné pour le prix John Llewellyn Rhys 2010. Sélectionné par pour le meilleur livre non romanesque de l'année 2010 Sélectionné pour le 2013. Livre de l'année 2010 Livre de l'année 2010. " que les femmes pensent que les hommes devraient lire" liste
(livre) Un des douze livres figurant sur la liste pour le 2007
Publications
Livres {| class="wikitable" !Date de publication ! Titre ! Éditeur ! ISBN
| Gendarme et Robinson
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| 24 janvier 2017
Articles
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Références
Voir aussi Articles connexes Anne Fine et Kit Fine (ses parents)
Bibliographie
Liens externes
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