Virginie Ancelot, née Marguerite Louise Virginie Chardon le à Dijon et morte le à Paris , est une romancière, autrice dramatique, mémorialiste, artiste peintre et salonnière française.
Biographie vignette|redresse|gauche|François-Joseph Heim, Andrieux faisant une lecture dans le foyer à la Comédie Française en 1828 (1847), château de Versailles. Détail représentant Virginie Ancelot. Marguerite Chardon naît le à Dijon.
Son père, Thomas Chardon, est un homme d'affaires et sa mère, Barbe Edmée Vernisy, est une miniaturisteLe portrait d'enfant en miniature intitulé Claude Bénigne Paul Gouge (1804-1877), l'une des rares œuvres signées par Barbe Edmée Chardon, née de Vernisy (1761-1832), est conservé à Stockholm au Nationalmuseum (voir en ligne). et salonnière issue d'une famille bourgeoise dijonnaise très implantée.
Marguerite Chardon grandit dans un milieu bourgeois et cultivé : son parrain est son oncle Louis-Nicolas Frantin (1740-1803), libraireLouis-Nicolas Frantin (1740-1803) dans la base data.bnf.fr de la BnF. et imprimeur du roi (1768), époux de sa tante maternelle Suzanne.
Sa marraine est Marguerite de Vernisy, une autre sœur de sa mère, extrait de registre de baptême transcrit in : Société française des collectionneurs d'ex-libris, Archives de la Société des collectionneurs d'ex-libris et de reliures artistiques, 1898, ..
Ses oncles maternels sont Prudence de Vernisy, Claude-Auguste (1746-1810), avocat au Parlement de Dijon, puis administrateur général des Postes et Messageries de France et Jean-François (1783-1840), également avocat au Parlement.
Sa mère tient salon aussi souvent que les circonstances le permettent et l'initie à la peinture et au dessin.
De 1802 à 1806, elle étudie au couvent des Ursulines de Paris.
Ayant commencé sa carrière en tant que peintre, Virginie Chardon débute au Salon de 1814 avec La Veuve du Roi Ban, et plusieurs portraits. Au Salon de 1828, elle expose un tableau intitulé Une lecture de où figurent presque tous les littérateurs de cette époque..
vignette|Portrait de Jacques-François Ancelot par son épouse Virginie Ancelot, 1819 (Paris, musée Carnavalet
En 1817, elle épouse Jacques-François Ancelot, alors employé de la marine. Il se fait connaître par la tragédie Louis IX, qui lui ouvre l'accès au milieu royaliste ainsi qu'une pension de par Louis XVIII. Marguerite Ancelot arrive alors dans les salons aristocratiques du faubourg Saint-Germain, avant d'ouvrir son propre salon en 1820.
Après la Révolution de Juillet, Jacques-Fançois Ancelot perd à la fois sa pension et ses postes de conservateur honoraire de la bibliothèque de l'Arsenal et de bibliothécaire du roi. Pour assurer un revenu au foyer, le couple Ancelot se lance dans l'écriture, parfois avec des projets communs. C'est à cette période que Marguerite Ancelot prend le pseudonyme de Virginie Ancelot.
Il est difficile de savoir dans quelle proportion elle a contribué au succès des vaudevilles Un divorce, Deux jours, Reine, cardinal et page (1832), ainsi qu’au recueil de mémoires sur les salons littéraires parisiens intitulé Emprunts aux salons de Paris (1835, in-8°), publié sous le nom de son mari..
Ses véritables débuts littéraires remontent au Mariage raisonnable (), comédie qu’elle a revendiquée comme étant d’elle. La Comédie-Française a donné successivement plusieurs de ses comédies en prose que Mademoiselle Mars a jouées avec grand succès : Marie ou Trois Époques (1836), son chef-d’œuvre traduit dans les principales langues ; le Château de ma nièce (1837) ; Isabelle (1838). Elle a ensuite donné au théâtre du Gymnase, au théâtre du Vaudeville et au théâtre des Variétés plusieurs pièces favorablement accueillies : Juana (1838) ; Clémence (1839) ; les Honneurs et les Mœurs, Marguerite (1840) ; le Père Marcel (1841) ; l’Hôtel de Rambouillet et les Deux Impératrices (1842) ; Hermance, Une femme à la mode, Loïsa et (1843) Après s’être quelque temps éloignée du théâtre, elle a fait représenter au théâtre de la Gaîté, le drame de Femmes de Paris (1848), n’a pas réussiGustave Vapereau, , trouve à ses pièces . Son Théâtre complet, comprenant , a été publié en 1848 (4 vol. in-8°).
Elle a également écrit des romans dont quelques-uns ont été plusieurs fois réimprimés et traduits à l’étranger : Gabrielle (1839, plusieurs éditions, in-8°, in-18 et in-4°) ; Émerance (1841) ; Médérine (1843) Deux des mieux accueillis, Renée de Varville et la Nièce du banquier, sont de 1853. Plus tard, elle a fait paraître Une Famille parisienne (1856, plusieurs éditions), inséré d’abord dans le Journal pour tous ; Les Salons de Paris, foyers éteints (1857, in-18), étude rétrospective sur la société moderne : Une route sans issue (1857, 2 vol. in-8°) ; Un nœud de ruban (1858) ; la Fille d’une joueuse (1858, in-12, et 1859, in-18)
Le salon de l'hôtel de La Rochefoucauld-Liancourt, rue de Seine, où elle a accueilli, de 1824 à sa mort., Pierre-Édouard Lémontey, Lacretelle, Alphonse Daudet, Baour-Lormian, Victor Hugo, Sophie Gay et sa fille Delphine de Girardin, Henri Rochefort, Mélanie Waldor, la comédienne Rachel, Jacques Babinet, Juliette Récamier, Anaïs Ségalas, François Guizot, Saint-Simon, Alfred de Musset, Stendhal, Chateaubriand, Alphonse de Lamartine, Alfred de Vigny, Prosper Mérimée, Eugène Delacroix, et qui était presque un passage obligé pour l’Académie française, dont fut son mari Jacques-François Ancelot en 1841, a été l’un des derniers grands salons littéraires de Paris.
Vie privée Virginie Ancelot a trois enfants : deux garçons, dont l'un mourra en bas âge, et une fille.
Sa fille Louise (1825-1887) a épousé, en 1844, l’avocat bonapartiste Charles Lachaud. De cette dernière union, sont issus, leur petit-fils Marc Sangnier, journaliste, parlementaire et fondateur du Sillon, et leur arrière-petit-fils Jean Sangnier (1912-2011), patron de presse et ancien résistant.
Elle est inhumée au cimetière du Montparnasse (division 10).
Œuvres Peinture Œuvres exposées au Salon sous le nom de Virginie Chardon La Veuve du Roi Ban et plusieurs portraits, Salon de 1814Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture et gravure des artistes vivans, exposés au Musée Napoléon, le , Paris, Dubray, 1814, (lire en ligne).. Louis XIV, au lit de mort de Jacques II, lui promettant de reconnaître son fils Édouard pour roi d’Angleterre, Salon de 1817Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture et gravure, des artistes vivans, exposés au Musée Royal des Arts, le , Paris, Madame Hérissant Le Doux, 1817, (lire en ligne)..
sous le nom de Virginie Ancelot vignette|Henri IV et Catherine de Médicis (Salon de 1819), localisation inconnue. Henri IV et Catherine de Médicis, Salon de 1819François Guillaume Dumas, Ludovic Baschet : Explication des ouvrages de peinture, sculpture, architecture et gravure des artistes vivans, exposés au Musée Royal des Arts, le , catalogue illustré du Salon, Paris, C. Ballard, 1819, (.Henri Dulac, Almanach des adresses des principaux habitans de Paris, pour l'année 1820, volume 1, Panckoucke, Delaunay, 1820, ().Passé en vente le , et le (cf. Artnet).. Une Lecture de , Salon de 1828« Ancelot (Madame Virginie) », in: Dictionnaire de la conversation et de la lecture, vol. 53, Paris, Garnier Frères, 1844, ().Le Bulletin des beaux-arts, volume 1, 1884, , cite également le tableau intitulé Une Lecture de , sans date..
Autres expositions Souvenir de 1824 ; lecture du poème de Philippe-Auguste, par l'auteur M. Parceval de Grandmaison, exposition au profit des Grecs à la galerie Lebrun, 1826 ( du catalogue)..
Collections publiques
Paris, musée Carnavalet : François Ancelot (1794-1854), auteur dramatique, 1819, huile sur toile, Notice en ligne sur le site du musée Carnavalet..
Théâtre Marie, ou Trois Époques, comédie en 3 actes, en prose, Paris, Théâtre-Français, . Le Château de ma nièce, comédie en 1 acte, en prose, Paris, Théâtre-Français, , . Isabelle, ou Deux Jours d'expérience, comédie en 3 actes et en prose, Paris, Théâtre-Français, . Juana, ou le Projet de vengeance, comédie en 2 actes, mêlée de chant, Paris, Théâtre du Vaudeville, . Clémence, ou la Fille de l'avocat, comédie en 2 actes, mêlée de chant, Paris, Gymnase-Dramatique, . Les Honneurs et les Mœurs, ou le Même Homme, comédie en 2 actes, mêlée de chant, Paris, Gymnase-Dramatique, . Marguerite, comédie en 3 actes, mêlée de couplets, Paris, théâtre du Vaudeville, . Le Père Marcel, comédie mêlée de chant, en 2 actes, Paris, Théâtre des Variétés, . Hermance, ou Un an trop tard, comédie en 3 actes, mêlée de chant, Paris, théâtre du Vaudeville, . Loïsa, comédie en 2 actes, mêlée de chant, Paris, théâtre du Vaudeville, . Les Deux Impératrices, ou Une petite guerre, comédie en 3 actes, en prose, Paris, Théâtre de l'Odéon, . L'Hôtel de Rambouillet, comédie en 3 actes, mêlée de chant, Paris, théâtre du Vaudeville, . Une femme à la mode, comédie en 1 acte, Paris, théâtre du Vaudeville, . Madame Roland, drame historique en 3 actes, mêlé de chant, Paris, théâtre du Vaudeville, , . Pierre le millionnaire, comédie en 3 actes, mêlée de chant, Paris, théâtre du Vaudeville, . Follette, comédie-vaudeville en un acte, Paris, théâtre du Vaudeville, . Un Jour de liberté, comédie en 3 actes, mêlée de chant, Paris, théâtre du Vaudeville, . Une Année à Paris, comédie en 3 actes, en prose, Paris, Second Théâtre-Français, . Les Femmes de Paris, ou l'Homme de loisir, drame en 5 actes, en prose, précédé de Un duel sans témoins, prologue, Paris, Théâtre de la Gaîté, .
Pièces réunies Théâtre de Ancelot, 1841. Théâtre complet de Madame Ancelot, 4 vol., 1858, .
Romans Gabrielle, 1840 . Émerance, 2 vol., 1842, Tome I : , Tome II : . Médérine, 2 vol., 1843, Tome I : , Tome II : . La Nièce du banquier, 1853. Renée de Varville, 2 vol., 1853. Georgine, 1855. Une famille parisienne au , 1857, . Une route sans issue, 2 vol., 1857. La Fille d'une joueuse, 1858. Un nœud de ruban, 2 vol., 1858. Un drame de nos jours, 2 vol., 1860. Une faute irréparable, 2 vol., 1860. Le Baron de Frèsmoutiers, 2 vol., 1861. Les Deux Sœurs, de Georgine, 1866. Les Jeunes Filles pauvres, s. d.
Mémoires Les Salons de Paris, foyers éteints, 1858Texte en ligne (format PDF) ─ Texte en ligne (formats texte et epub).. Un salon de Paris : 1824 à 1864, 1866 .
Iconographie Alphonse Daudet, dans Quarante ans de Paris (), évoque Madame Ancelot et son salon, mais aussi son portrait peint par le baron Gérard.
Postérité Une rue porte son nom à Dijon, sa ville natale.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Édouard Noël et Edmond Stoullig, Les Annales du Théâtre et de la Musique, Paris, P. Ollendorff, 1918. Henri Martineau, Stendhal et le salon de Madame Ancelot, Paris, Le Divan, 1932. Sophie Marchal, Virginie Ancelot, femme de lettres au , Lille, ANRT, Université de , 1998. .
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