L'Abominable (titre original : ) est un roman de l'écrivain américain Dan Simmons publié en 2013 puis traduit en français et publié en 2019.

Résumé En , dans les Alpes, trois alpinistes escaladent depuis six jours le Cervin. Il s'agit de Richard David Deacon, dit « le Diacre », comte de Watersbury, aristocrate anglais de trente-sept ans ayant fait partie de l' et de l'expédition britannique à l'Everest de 1922, de Jacob William Perry, dit Jake, un Américain de vingt-deux ans venu faire de l'alpinisme en Europe après une licence de lettres à l'Université Harvard, et de Jean-Claude Clairoux, dit J.-C., un Français de vingt-cinq ans, membre de la Compagnie des guides de Chamonix. Lors d'une pause pour manger un casse-croûte, ils découvrent sur un morceau de journal entourant leurs sandwiches que George Leigh Mallory et Andrew Comyn Irvine, deux alpinistes de l'expédition britannique à l'Everest de 1924, ont disparu à la suite de leur tentative de première ascension de l'Everest. Ils apprennent par la même occasion que deux autres alpinistes, le Britannique Percival Bromley et l'Autrichien Kurt Meyer, ont été emportés par une avalanche sur les pentes de l'Everest. Peu après, le Diacre propose à ses deux amis de tenter l'année suivante l'ascension de l'Everest, tous frais payés. J.-C. et Jake acceptent.

Durant l'été 1924, les trois amis se rendent en Angleterre, au domaine Bromley, afin de rencontrer lady Bromley, mère du lord Percival Bromley disparu sur les pentes de l'Everest. Le Diacre lui propose de monter l'année suivante une petite expédition afin de rechercher son fils ou ce qu'il en restent. Lady Percival Bromley accepte de les financer à la condition que Reggie Bromley, un membre de sa famille, les accompagne et soit chargé de gérer leurs finances.

En , lors d'une réception organisée par l'Alpine Club au siège de la Royal Geographical Society, les trois alpinistes rencontrent plusieurs membres de expédition britannique à l'Everest de 1924 : Edward Felix Norton, sous-chef de l'expédition, Richard William George Hingston, médecin militaire, Theodore Howard Somervell, médecin civil, John Baptist Lucius Noel, photographe et cameraman et , alpiniste, afin de réunir le plus d'information possible sur la disparition de Percival Bromley et Kurt Meyer. Ils obtiennent la confirmation que la dernière personne à avoir vu les deux alpinistes vivants est Bruno Sigl, un alpiniste allemand.

En , le Diacre et Jake se rendent à Munich pour rencontrer Bruno Sigl. J.-C. ne les accompagne pas, se refusant de mettre les pieds en Allemagne depuis qu'il a perdu durant la Première Guerre mondiale ses trois frères aînés, deux oncles et six autres membres de sa famille. La rencontre s'effectue dans le Bürgerbräukeller, la brasserie où se tiennent une partie des réunions du Parti national-socialiste des travailleurs allemands. Le Diacre et J.-C y font la connaissance de, outre Bruno Sigl, Ulrich Graf, garde du corps d'Adolf Hitler, Rudolf Hess, homme politique et commandant d'un bataillon de SA, et de six alpinistes allemands : Karl Bachner, Artur Wolzenbrecht, Günter Erik Rigele, Karl Schneider et Josef Wien. Bruno Sigl leur raconte que Percival Bromley et Kurt Meyer ont été emportés par une avalanche qui a eu lieu juste devant ses yeux, au-dessus du camp V situé à 7700 mètres. Dans le train qui les ramène en Suisse, le Diacre dévoile à J.-C. qu'il ne croit pas du tout à la version de Bruno Sigl. Il connait bien le lieu de l'avalanche décrite par Bruno Sigl et pour lui, il n'y a pas assez de neige à cet endroit pour qu'une avalanche se déclenche.

Début , les trois alpinistes se rendent à Zurich afin de rencontrer George Ingle Finch, alpiniste britannique ayant participé à l'expédition de reconnaissance britannique à l'Everest de 1921. Le Diacre lui a passé commandé en de bouteilles d'oxygène et de matériel respiratoire, ainsi que de neuf parkas en duvet d'oie, pour eux trois et leurs six Sherpas. Ils repartent avec les parkas, après avoir essayé le matériel respiratoire que George Ingle Finch fera ensuite expédier à Liverpool pour être chargé sur le navire à destination de l'Inde que prendront les trois alpinistes. Au moment de se séparer, ce dernier leur confie avoir revu Percival Bromley en , lorsque ce dernier lui a rendu visite afin de le questionner à propos des empreintes de yéti qui auraient été aperçues sur l'Everest en 1922.

Les trois alpinistes se rendent à la fin du mois de . au pays de Galles, au nord de Snowdonia, afin d'escalader des chutes d'eau d'été transformées en cascades de glace. J.-C. montrent à ses deux amis des crampons douze pointes conçus et fabriqués par son père : dix pointes dessous et deux pointes devant. Il leur montre également des piolets de sa fabrication ainsi qu'un système de poignée bloquante sur corde fixe, qu'il a appelé « jumar ». Grâce à ces inventions, l'escalade des chutes devient presque un jeu d'enfant et leur expédition à l'Everest s'annonce de bon augure.

J.-C., Jake et le Diacre embarquent en sur le HMS Caledonia à Liverpool pour un voyage de cinq semaines à destination de Calcutta. Une fois arrivés, un train les mène à Darjeeling, à d'altitude. Ils y rencontrent le cousin de Percival Bromley, qui s'avère être en fait une cousine, qui se nomme Katherine Christina Regina Bromley-Montfort, dite Reggie. Elle prend le commandement de l'expédition, au grand dam du Diacre, à qui elle accorde néanmoins le titre de chef de l'escalade, ainsi que la liberté de décision dans ce domaine, sous réserve de prendre en compte ses suggestions concernant la recherche de son cousin Percy. Elle a recruté un médecin, le docteur Sushant Rabindranath Pasang, un Indien ayant fait ses études en Angleterre, à Oxford et Cambridge, puis à l'université d'Édimbourg et à l'université du Middlesex à Londres. Elle propose que chaque membre de l'expédition soit suivi par deux Sherpas, à choisir parmi une dizaine qu'elle leur présente. Enfin, elle a acheté de nombreux poneys et une quantité de nourriture plus importante que le Diacre pensait emporter. En effet, elle leur révèle avoir gravi l'année précédente les pentes de l'Everest en compagnie du docteur Pasang à la recherche du corps de son cousin et elle pense qu'ils risquent de rester immobilisés par moments du fait de la météo et elle ne veut pas devoir rentrer bredouille à cause d'un manque de nourriture. Le départ est décidé pour le .

Près de cinq semaines de randonnée plus tard, le groupe arrive le au monastère de Rongbuk, à d'altitude, ultime étape avant l'entrée du glacier du Rongbuk, à dix-sept kilomètres. Deux jours après, les alpinistes y installent leur camp de base, à d'altitude. La météo les empêche pendant quatre jours de quitter ce camp mais l'accalmie vient le samedi , date de leur départ pour le camp I, à la base du glacier de Rongbuk oriental vers la vallée principale, qu'ils atteignent après seulement deux heures et un peu moins de cinq kilomètres, à d'altitude. Ils installent plus tard le camp II cinq kilomètres plus loin, aux alentours de d'altitude. Le , J.-C. et Jake quittent le camp II pour aller installer le camp III à une distance de huit kilomètres, à d'altitude. Ils se retrouvent alors pris dans une tempête avec des vents à plus de cent soixante kilomètres à l'heure et avec leur seul réchaud qui refuse de fonctionner, perdant ainsi leur unique moyen de faire fondre de la neige afin d'obtenir de l'eau. Ils sont sauvés deux jours après, quand la tempête se calme, par l'arrivée du reste du groupe.

Le , les alpinistes installent leur camp IV sur le col Nord à d'altitude. Après cette installation, J.-C. et Jake redescendent en direction du camp II quand ils décident de se lancer en glissade sur leurs talons, la pointe de leur piolet le servant de gouvernail. Un des Sherpas qui les accompagnent décide de les imiter mais, novice dans cette technique, pousse trop fort sur son piolet qui accroche brusquement : il atterrit sur le dos et, bras écartés, il se met à dévaler la pente de plus en plus vite, puis roule sur lui-même, passe sur un tremplin de neige et s'envole, tête la première et sa tête retombe ensuite sur un bloc rocheux couvert de neige, le blessant mortellement. Trois jours après, tout le groupe traverse péniblement la vallée pour parcourir les seize kilomètres séparant le camp de base du monastère de Rongbuk, où Dzatrul Rinpoché, réincarnation de Padmasambhava, présidera à une cérémonie de bénédiction. Le lendemain, J.-C. et Jake, se sentant coupable de cette mort idiote, sont les seuls membres du groupe à assister à l'inhumation céleste : le corps du défunt est découpé, les os sont écrasés puis la chair est mélangée à de la farine d'orge, du thé et du lait de yak, avant d'être donnée aux vautours.

Le , le groupe d'alpinistes se retrouve à nouveau au camp IV. Le départ pour le camp V est décidé pour le 16, vers quatre heures du matin. Mais des vents à à l'heure les en empêchent. C'est donc le 17 que Reggie et Jake commencent leur escalade en vue d'aller installer le camp V, à d'altitude. Une fois cela fait, Reggie insiste pour continuer afin d'aller mettre en place le camp VI, à d'altitude. Ils y parviennent en fin de journée et sont rejoints tôt le lendemain, le 18, par le Diacre et Pasang. Une recherche des corps de Percival Bromley et de Kurt Meyer est organisée, entre le camp VI et le camp V, chacun des quatre alpinistes se voyant attribué une zone de recherche et ayant en sa possession un pistolet de détresse afin de pouvoir avertir les autres en cas de trouvaille ou de problème. Peu après, Jake découvre le corps d'un alpiniste. En remarquant les bandes molletières déchirées et effilochées sur les mollets du mort, il en déduit que l'homme est un Britannique car les Allemands et les Autrichiens n'escaladent pas avec des bandes molletières. Le corps a la jambe gauche croisée sur la droite, juste au-dessus d'une terrible fracture qui laisse apparaître de l'os blanc et des restes déchirés de ligaments à demi momifiés. Une corde est entourée très serrée autour de sa taille et son extrémité est rompue. Jake tire une fusée verte afin de faire venir les autres pour découvrir le corps de Percival Bromley. Il est tout d'abord rejoint par J.-C., en provenance du camp V, puis par le Diacre, Reggie et Pasang, qui dévoilent à Jake que le corps qu'il a trouvé n'est en aucun cas Percival Bromley mais plutôt George Leigh Mallory. En soulevant le corps, ils découvrent une terrible perforation sur la tempe droite, au-dessus de l'œil. Dans ses poches, ils trouvent une variété d'objets courants mais pas la photo de sa femme que Mallory avait apportée dans le but de la déposer au sommet ou à l'endroit le plus haut qu'il aurait pu atteindre. Ses lunettes sont dans une poche, laissant penser que la chute mortelle a eu lieu de nuit. C'est à ce moment-là que Reggie entend un cri lointain.