John Russell Baird, né le , est un homme politique canadien. Il était député à l'Assemblée législative de l'Ontario de 1995 à 2005 sous la bannière du Parti progressiste-conservateur, et a été ministre dans les cabinets de Mike Harris et Ernie Eves. Il était le député conservateur à la Chambre des communes du Canada pour la circonscription de Ottawa-Ouest—Nepean. Il a été nommé président du Conseil du Trésor le , puis est ministre de l'Environnement du au et du au , des Transports du au et des Relations avec la Chambre des communes du au . Il a été ministre des Affaires étrangères du au .
Éducation et début de carrière
Baird est né à Ottawa (Ontario) et obtient un baccalauréat en études politiques de l'Université Queen's à Kingston en 1992. Il est président de l'aile jeunesse du Parti progressiste-conservateur de l'Ontario à la fin des années 1980, et appuie Dennis Timbrell dans ses deux tentatives infructueuses de prendre la direction du parti provincial en 1985. À l'âge de 16 ans, Baird est le plus jeune délégué à assister au congrès d'investiture du parti en janvier 1985. Lors de l'élection fédérale de 1988, il dit avoir été accusé de s'être introduit sur une propriété privée après avoir tenté d'interroger le premier ministre ontarien David Peterson sur la question du libre-échange avec les États-Unis lors d'un arrêt de la campagne libérale dans un centre commercial de Kingston.
Baird travaille comme employé politique de Perrin Beatty lorsque ce dernier est ministre de la Défense nationale au début des années 1990, et suit Beatty dans les remaniements ministériels subséquents jusqu'à sa nomination au poste de secrétaire d'État pour les Affaires externes dans le gouvernement éphémère de Kim Campbell. Après la défaite du gouvernement progressiste-conservateur fédéral aux élections de 1993, Baird travaille à titre de lobbyiste à Ottawa.
Politique provinciale Député d'arrière-ban
Bien que Baird s'était davantage associé aux Red Tories comme Timbrell et Beatty auparavant, lorsqu'il se lance en politique il s'aligne plutôt avec l'aile droite du parti progressiste-conservateur de Mike Harris. Il est d'abord élu à l'Assemblée législative lors de l'élection provinciale de 1995, défaisant le député libéral sortant Hans Daigeler dans la circonscription de Nepean, à Ottawa. Il est le plus jeune député à la législature. Baird est nommé assistant parlementaire au ministre de l'environnement le .
Il est promu au poste d'assistant parlementaire au Président du conseil administratif du Cabinet en et est nommé assistant au ministre des Finances en novembre de la même année. En tant que député d'arrière-ban, Baird propose un projet de loi pour officiellement baptiser la route 416 « L'autoroute commémorative des anciens combattants » et obtint qu'elle soit votée par la législature. Il est réélu sans difficulté en 1999.
Ministre des Services sociaux et communautaires
Baird se joint au conseil des ministres du premier ministre Harris le à titre de ministre des Services sociaux et communautaires, où il devient responsable d'appliquer et d'élargir le programme ontarien du chômage contre travail (workfare). Un des rares ministres bilingues de Harris, il devient également ministre responsable des Affaires francophones.
1999
Le mandat de Baird au sein du cabinet Harris est marqué par la controverse. Sa première conférence de presse est tenue en juillet 1999 et devait mettre en relief le bilan du gouvernement dans la réduction des prestataires d'assurance sociale. Le nouveau ministre affirme que personnes avaient quitté le système depuis la mise en place du programme Ontario au Travail, et affirme que la politique est un succès. Il est toutefois incapable de fournir de l'information sur le nombre de bénéficiaires qui s'étaient vraiment trouvés de l'emploi, et il était incapable de rendre compte de 40 % des bénéficiaires coupés de la liste. La conférence de presse reçoit des critiques majoritairement négatives, et un nombre de rapports des médias critiquent subséquemment à la fois le principe et l'application du workfare en Ontario. Un chroniqueur politique, Ian Urquhart, décrit le programme comme "une grande fraude" (largely a fraud).
Un rapport du département de Baird vers la fin de 1999 montre que placements de workfare avaient été créés dans les six premiers mois de 1999, un chiffre que le Toronto Star a noté était bien en dessous de celui prédit par le gouvernement. Baird annonce que son gouvernement continuerait avec le programme, et que la proportion des récipiendaires de l'assistance-sociale sur le workfare serait accru de 15 % à 30 %.
À la fin de 1999, Baird s'attire des critiques pour avoir refusé d'annuler un contrat de cinq ans d'une valeur de 180 millions $ entre son département et une firme privée basée aux Bermudes, Andersen Consulting (plus tard connu sous le nom d'Accenture). Le contrat, signé lorsque Janet Ecker était ministre des Services sociaux et communautaires, accordait à Andersen de fournir des mises à jour technologiques au système d'administration de l'assistance sociale de la province. Cet arrangement avait été critiqué par le vérificateur général Erik Peters, qui avait observé qu'il n'y avait rien dans le contrat pour empêcher la firme de hausser ses taux horaires. Un rapport publié au début de 2000 indiquait qu'Andersen facturait une moyenne de l'heure pour un travail qui auparavant avait été accompli par les employés du ministère à l'heure, tandis qu'un autre rapport indiquait que la firme avait facturé un total de 55 millions $ pour un travail permettant d'économiser environ 66 millions $. En réponse aux questions de l'opposition, Baird affirme vouloir négocier des taux plus bas mais qu'il n'annulerait pas le contrat.
Baird s'oppose au plan du gouvernement Harris de fusionner la ville d'Ottawa avec les municipalités environnantes en 1999, mais est incapable d'empêcher l'adoption de la politique à la législature.
2000
Au début de 2000, Baird dévoile une série d'initiatives destinées à réduire la fraude et le mauvais usage du système d'assistance sociale, comprenant une ligne directe pour dénoncer les fraudes. En avril, il annonce que quiconque serait trouvé coupable d'avoir fraudé l'assistance sociale courait le risque d'être banni à vie du programme. Les critiques accusent le gouvernement Harris d'exagérer l'étendue de la fraude afin de miner la confiance du public dans les programmes d'assistance sociale. Au milieu de l'année, Baird annonce que les placements de workfare avaient atteint les quotas départementaux dans la majorité de la province.
En , Baird annonce un programme de 50 millions $ pour aider les gens avec des handicaps de développement à vivre dans leurs communautés. Plus tard dans l'année, il annonce que la province envisage de fermer les trois institutions restantes pour les handicapés mentaux pour se concentrer sur une stratégie sur les soins à domicile. Baird exprime des réserves sur la condition physique de ces institutions et déclare que les résidents "ont droit à mieux."
Durant l'été de 2000, le département de Baird produit une brochure de quatre pages vantant le bilan de la réforme de l'assistance sociale de son gouvernement. L'ouvrage coûte à produire, et est critiqué par l'opposition comme un gaspillage des ressources du gouvernement. Plus tard dans l'année, Baird annonce que son département dépenserait 26 millions $ pour la construction d'abris et d'autres fonds pour les sans-abris.
Tests antidopage
Baird favorise les tests antidopage pour les bénéficiaires de l'assistance sociale durant cette période, et suggère que ceux qui refusent ces tests pourrait voir leurs prestations coupées. Il introduit une initiative politique à cet effet lors d'une conférence de presse vers la fin de 2000 ; au cours de cette conférence, il prend des seringues dans une boîte et les jette à terre de façon dramatique. Il déclare que son département désire Baird confirme que son département ne dispose pas de chiffres fiables sur le nombre d'assistés sociaux aux prises avec des problèmes de drogue, mais cite des estimations plaçant ce chiffre entre 4 % et 10 %.
Cette proposition est accueillie par des critiques de plusieurs sources. Le Commissaire ontarien des droits de la personne Keith Norton, lui-même un ancien ministre progressiste-conservateur, exprime des inquiétudes que cela violerait des libertés civiques. Le ton de l'annonce de Baird est également critiqué, le Toronto Star l'accusant de En campagne pour l'élection fédérale cinq ans plus tard, Baird reconnaît que l'affaire des seringues démontrait un « jugement immature ».
Peu après l'annonce de Baird, un site web gouvernemental opéré par le ministère des Services sociaux et communautaires lance une attaque partisane contre le chef libéral Dalton McGuinty pour son opposition au plan des tests antidopage. Le site affirme que McGuinty est Baird nie que le message est partisan, et refuse d'abord de s'excuser. Le Président de l'Assemblée législative tranche subséquemment que le contenu du site était inapproprié, et le message est retiré avec des excuses du gouvernement. Certains aspects du plan de tests antidopage sont réduits en 2001 lorsque des complications légales font surface.
2001 - 2002
Au début de 2001, Baird annonce que le plan de tests antidopage de son gouvernement inclurait désormais les assistés sociaux dépendants aux médicaments et à l'alcool. Il annonce plus tard que les assistés sociaux devraient passer un test d'alphabétisme.
Les politiques sur l'assistance sociale du gouvernement Harris sont critiqués en lorsqu'une femme enceinte à Sudbury meurt pendant qu'elle est confinée à domicile pour avoir fraudé l'assistance sociale. La femme avait été confinée à son appartement pour trois mois, et les rapports indiquent que sa grossesse était "exacerbée par les conditions de chaleur étouffante dans son appartement". En réponse aux critiques, Baird réplique qu'il ne commenterait pas les détails spécifiques du cas jusqu'à ce qu'une enquête du coroner soit complétée. Il défend également la direction politique générale du gouvernement. Une enquête subséquente n'attribue aucun blâme au gouvernement pour le décès de la femme, mais recommande que les bannissements à vie pour fraude soient éliminés, et que de la nourriture, un logement et des médicaments adéquats soient fournis à tous les confinés à domicile.
Le , Baird reçoit des responsabilités additionnelles en tant que ministre responsable de l'Enfance. Son département augmente le financement pour les services à l'enfance au début de l'année, au milieu d'une demande provinciale accrue. Vers la fin de l'année, un rapport confidentiel du gouvernement recommandant des coupures de 40 % à 45 % dans les programmes destinés à l'enfance est obtenu par les médias. Baird refuse d'abord de commenter le document, mais rejette ses propositions au début de 2002.
Whip du gouvernement
Baird est le premier membre du conseil des ministres à appuyer ouvertement Jim Flaherty dans la course à la succession de Mike Harris à la tête du Parti progressiste-conservateur en 2002. L'élection est remportée par le rival de Flaherty, Ernie Eves, et des rumeurs médiatiques suggèrent qu'il serait exclu du cabinet du nouveau premier ministre. Il est plutôt rétrogradé au poste de Whip en chef du gouvernement, tout en demeurant ministre associé pour les Affaires francophones. Son remplaçant aux Services sociaux est Brenda Elliott, associée à l'aile plus centriste du parti.
Ministre de l'Énergie
Baird revient à une position plus importante au conseil des ministres en août 2002 quand Eves sépare les ministères de l'Environnement et de l'Énergie et le nomme à ce dernier. En tant que ministre de l'Énergie, Baird se voit d'abord confier la tâche d'appliquer le plan du gouvernement de privatiser une partie de Hydro One. Quelques mois plus tard, il est impliqué dans deux revirements politiques majeurs et interreliés dans cette affaire.