Les violences éducatives ordinaires (VEO) regroupent les violences physiques, verbales et psychologiques qualifiées d'éducatives parce qu'elles font partie intégrante de l'éducation à la maison et dans tous les lieux de vie de l'enfant, dont les écoles.
Dénoncées au niveau international, ces violences ont été définies et réprimées dans de nombreux pays, dont la France, dans le cadre de la loi du relative à l'interdiction des violences éducatives ordinaires.
Définition Les violences éducatives ordinaires (souvent présentées sous l'acronyme « VEO » dans les pays francophones.) se définissent comme un ensemble de violences physiques et psychologiques, qualifiées d’éducatives car elles font partie intégrante de l’éducation, à la maison ou dans tous les lieux de vie où séjournent les enfants (écoles, foyers socio-éducatifs, centres d'hébergement). Elles sont également qualifiées d'ordinaires car elles sont souvent quotidiennes et considérées comme banales, normales, tolérées et parfois même encouragées. Elles peuvent se manifester par des violences physiques, mais également par des paroles dévalorisantes, humiliantes et blessantes.
Ces violences dites éducatives (ayant comme finalité d'« éduquer » les enfants) se présentent sous la forme d'une liste (non exhaustive) de violences physiques, violences verbales, violences psychologiques (et émotionnelles) et de négligences, voire de privations.
Il n'y a pas de petites violences ou de violences pas graves, les violences sont un continuum dans lequel il y a une victime et un agresseur.
Violences physiques Les violences physiques peuvent se présenter sous la forme de châtiments corporels (fessée, gifle, coups, secouement, bousculade, pincements,...).
Violences psychologiques Les violences psychologiques et émotionnelles accompagnent toutes les violences physiques mais elles peuvent aussi être commises indépendamment, par exemple sous la forme de cris ou de haussements de voix pour l'effrayer, de menaces, d'intimidations, d'humiliations, de manque de respect, de négligences, ou l'isoler durant un temps donné, le tenir à l'écart de ses proches, lui imposer des restrictions ou une «vie à la dure», le punir, le rabaisser, le moquer ou créer des comparaisons entre enfants, ne pas respecter son intimité, l'exploiter ou le faire travailler, l'exposer au danger, à la violence ou à des choses qui ne sont pas de son âge ou de son développement, ect.
Autres types de violences Il existe également des violences d'ordre culturel (lui imposer arbitrairement ses propres idées, des mutilations), le forcer à effectuer certains gestes (bises, câlins) alors qu'il s'y refuse..
Selon l'avocate française Valérie Piau, le harcèlement scolaire (violence commise entre enfants ou adolescents) peut déboucher en VEO lorsque l'élève victime se retrouve contraint de quitter son établissement, voire le système scolaire, notamment dans la sphère des établissements privés. Selon cette avocate, cette décision relève d'un ..
Aspect médical et psychologique
Dans le domaine de la psychopathologie et de la psychiatrie, la plupart des typologies de styles parentaux peuvent être concernées par les VEO : parents abusifs, parents narcissiques, parents surprotecteurs et étouffants, absents voire également les parents hélicoptères. Les violences éducatives sont souvent commises par des parents tout à fait ordinaires, qui pensent « bien faire » ou « agir dans l'intérêt de l'enfant », ce qui constitue une perversion de la réalité : aimer c'est punir, faire mal et humilier c'est pour le bien, éduquer c'est dresser et soumettre, soigner c'est contraindre... Les enfants apprennent alors que la violence est à la fois une fatalité et un privilège, qu'elle peut être inhérente aux relations humaines, que la violence peut être une réponse aux situations de conflits, de crise, de tensions et qu'on peut choisir d'être agresseur. Ils apprennent aussi de force, touts petits, que leurs ressentis, leur souffrance peuvent à certains moments ne susciter aucune empathie, que c'est normal de subir des violences et des discriminations quand on est vulnérable et considéré comme inférieur.
Conséquences Selon la docteure en psychologie Alice Miller, un enfant traumatisé dans le milieu familial présente de nombreux risques de suivre, et cela dès le plus jeune âge, le modèle destructeur qu’il a appris au domicile. Cette action peut entrainer des conséquences qui s'exerceront contre les autres ou contre lui-même (manque d’estime de soi, manque de confiance dans les autres). Les enfants traumatisés présentent principalement une sensation d'insécurité et de la peur, ou bien couvrent ces sentiments, les remplaçant par de l’agressivité.
D'après la psychiatre et psychologue Muriel Salmona, la mémoire traumatique est visible à l'IRM et se met en place dès le troisième trimestre de grossesse. Les enfants ayant vécu des violences auraient 10 à 17 fois plus de risques de développer des troubles comme la dépression, anxiété, phobies, irritabilité, retards de croissance, allergies, troubles ORL et dermatologiques, maux de tête, de ventre, insomnies, addictions, anorexie et boulimie, agressivité, conduites à risques, délinquance, troubles psychiatriques (schizophrénie, troubles de l'identité, bipolarité, ...) pensées et passages à l'acte suicidaires et risques de reproduire la violence et la violence intra familiale ou de la subir.
Prévention
Selon le Muriel Salmona, psychiatre, qui se veut rassurante pour les parents : Ceux-ci doivent demander de l'aide et des conseils, en se tournant soit vers les grands-parents ou l'entourage, soit vers des centres de PMI ou des psychologues. Avec l'appui du médecin de famille, un accompagnement auprès de plusieurs professionnels pourrait permettre de mieux répondre aux attentes des parents et conduire à une réduction des actes de violence envers les enfants.
Toujours selon le Muriel Salmona, si le rôle des parents est bien de donner des règles et des limites aux enfants, il existe beaucoup d’autres moyens que de les punir avec des gestes violents ; par exemple en adaptant son environnement et en lui expliquant la situation (les circonstances, les bons gestes, l'attitude à avoir)Site scienceshumaines.com, article "Violences éducatives : de quoi parle-t-on ? Rencontre avec Muriel Salmona", consulté le 7 février 2021..
Épigénétique Une étude réalisée par le Mc Gowan et son équipe, sur les cerveaux de personnes s'étant suicidées et dont un tiers avaient été maltraitées durant leur enfance.. Ces chercheurs ont alors constaté que ces cerveaux présentaient des caractéristiques spécifiques dans l'expression de leurs gènes et plus particulièrement au niveau de l'hippocampe.
Statistiques Selon les informations indiquées dans la proposition de loi présentée par Maud Petit, députée du Val-de-Marne, accompagnée d'autres élus de l'Assemblée nationale française, des maltraitances caractérisées s'exercent dans un contexte de punitions corporelles dites « à but éducatif » dans le cercle familial.. En , , dans le monde, dont 22 des 28 de l’Union européenne, ont voté des lois interdisant toute forme de violence à l’égard des enfants.
Toujours dans le cadre du dépôt de cette proposition de loi, une étude de l’Université d’Austin (Texas) qui regroupe les données de soixante quinze études réalisées sur une période de cinquante ans et portant sur treize pays et est finalisée en 2018. Celle-ci révèle que .
En France, l'observatoire national de la protection de l'enfance (ONPE) indique qu'à la fin de l'année 2016, le nombre de mineurs pris en charge en protection de l'enfance est estimé à et adolescents sur la France entière, soit un taux d'un peu plus de 20 % des moins de . En 2006, l'UNICEF estime que d’enfants ont été témoins d’actes de violence en famille..
Campagne de sensibilisation Dans le cadre d'une campagne de sensibilisation lancée en , Céline Quelen, fondatrice de l'association « Enfances sans violences », assistée par les docteurs Catherine Gueguen et Gilles Lazimi (coordinateur des campagnes contre les VEO) a créé un kit de sensibilisation des familles aux VEO.
Ce kit, mis à disposition des familles par des professionnels de santé et du secteur médico-social, se compose d’une part une affiche où il est écrit « Fessées, menaces, cris… et si on parlait ? » et qui invite le parent à se questionner et à interroger le professionnel chez qui il découvre le message et d'autre part une vingtaine de dépliants en libre service informant les parents des conséquences néfastes de ces violences sur la santé et le développement des enfants..
En , l’association STOP VEO-Enfance sans violences lance une campagne de sensibilisation. un spot d'information intitulé « Les mots que je ne te dirais pas » réalisé par Laura Sicouri est diffusé sur la chaine youtube de l’association et lancée sur diverses chaines digitales et médias sociaux. Au travers de ce petit film, l'association désire ..
Lutte contre les VEO et actions publiques En France Observatoire de la violence éducative ordinaire (OVEO)
Loi relative à l'interdiction des violences éducatives ordinaires
Présenté par la députée du groupe MoDem Maud Petit, le parlement français a définitivement adopté une proposition de loi déjà votée par l’Assemblée nationale et qui interdit les violences physiques et psychologiques dans l’éducation de l’enfant..
Cette loi dite du relative à l'interdiction des violences éducatives ordinaires dispose dans son article premier que , s'ajoutant ainsi à l'article 371-1 du code civil français.. Elle se compose de deux autres articles dont le troisième qui indique que le gouvernement remet au Parlement, avant le , ..
Violence au sein des institutions publiques La même année que la publication de la loi relative à l'interdiction des VEO, le Défenseur des droits évoque la carence des institutions publiques et indique que la nouvelle loi doit être inscrite dans le Code de l’éducation et le Code de l’action sociale et des familles. Il préconise également la mise en place au sein de chaque institution publique d’un dispositif de recueil de la parole et de l’opinion des enfants ainsi qu'une obligation de formation pour toutes les personnes intervenant auprès d’enfants dans un contexte difficile. Dans ce rapport il encourage également les pouvoirs publics à développer des unités médico-pédiatriques sur l’ensemble du territoire et de mettre en place une base de données des établissements et services sociaux et médico-sociaux afin de donner les moyens aux intervenants concernés de rendre plus efficaces les dispositifs existants..
Journée de la non-violence éducative en France La Journée de la non-violence éducative a lieu le . Elle est fondée en 2004 à l'origine sous le nom « Ensemble contre la fessée ».. Fondée par Catherine Dumonteil-Kremer et portée par le réseau Parentalité Créative, cette journée vise à sensibiliser à la violence éducative ordinaire.. Des ateliers et réunions sont organisés dans toute la France pour les parents afin d'aborder le sujet.. Cette journée est initiatrice de la production de nombreuses ressources à l'aide à la lutte des violences éducatives ordinaires tel la brochure Sans fessée comment faire ? ou la série de vidéos du même nom financée par le ministère de la Santé ... Il a aussi été mis en place un numéro vert "SOS Parentalité, pour relâcher la pression"..
En Belgique Malgré l'absence de loi spécifique au VEO en Belgique, le délégué général aux Droits de l'enfant de ce pays, Bernard de Vos, lance un avis en date du encourageant le royaume à interdire les violences éducatives ordinaires, le futur cadre légal devant .
Au Royaume-Uni