nom de scène de Masakazu Ueshima, né le à Yokosuka et mort le à Yugawara, est un danseur et chorégraphe japonais contemporain, fondateur en 1975 de la compagnie Sankaï Juku.
Biographie Ushio Amagatsu suit une formation en danse classique et moderne à Tokyo, et s’intéresse de même aux danses traditionnelles japonaises. Personnalité importante du butō, il est l'un des fondateurs du groupe Dairakudakan (1972-1979) avant de créer sa propre compagnie Sankaï Juku qui fera son succèsRosita Boisseau, Panorama de la danse contemporaine. 90 chorégraphes, Éditions Textuel, Paris, 2006, .. Présenté au festival de Nancy en 1980, sa chorégraphie Kinkan Shonen lance véritablement sa réputation internationale. En 1980 toujours, il est programmé au Carré Silvia-Monfort : , explique-t-il . Les spectacles de la compagnie sont systématiquement soutenus par Gérard Violette, au sein du Théâtre de la Ville, où ils sont présentés en création mondiale jusqu'en 2018Marie-Christine Vernay, « «Hibiki» n'apporte rien sur l'art ancestral japonais. Du butoh sans but », Libération, 19 décembre 1998.Bérengère Alfort, « Cher monsieur Gérard Violette...», ballroom-revue.net, 29 septembre 2014. Bruce Baird et Rosemary Candelario, « The Routledge Companion to Butoh Performance », éditions Routledge, 2018, , ..
À la suite d'un accident tragique survenu à un membre de sa compagnie lors d'une performance à Seattle, Ushio Amagatsu délaisse la radicalité du butō pour se consacrer à une esthétique plus raffinée, à un « théâtre d'images ». Ses spectacles, jouant sur la lenteur des déplacements, la stylisation et la contemplation esthétique poussée à l'extrême, s'attachent à dépeindre visuellement alternativement des scènes inspirées le plus souvent de cataclysmes et de symboles de la tradition japonaiseVers une théorie de la pratique théâtrale: voix et images de la scène, Patrice Pavis, éditions Presses universitaires du Septentrion, 2007, , p.261.. Leur forme respecte une structure systématique en sept tableaux d'une durée fixe d'une heure et demie. Ushio Amagatsu a également mis en scène des opéras dont Le Château de Barbe-Bleue de Béla Bartók dirigé par Péter Eötvös au Forum international de Tokyo en 1997 et Les Trois Sœurs de Péter Eötvös en 1998 ainsi que Lady Sarashina en 2008 du même compositeur pour l'opéra national de Lyon.
En 2002, le spectacle Hibiki est récompensé à Londres par un Laurence Olivier Awards dans la catégorie « meilleur spectacle de danse contemporaine ». Ses créations se succèdent. Ainsi, Toki, en 2005, qui se joue dans un demi-cercle cerné par sept dalles noires, ou encore Tobari, en 2008, plus lugubre. Fin 2017, il subit une opération pour un cancer de la gorge qui nécessite quatre mois d'hospitalisation. Une nouvelle chorégraphie, Arc, est créée en 2019 : pour la première fois, il ne fait pas partie des danseurs sur scène.
Ushio Amagatsu meurt le à Yugawara au Japon des suites d'un cancer à 74 ansRosita Boisseau, « La mort du chorégraphe japonais Ushio Amagatsu », Le Monde, 2 avril 2024... Sa dernière pièce Totem a été créé au Japon en 2023 et n'a jamais été vue en Europe.
Principales chorégraphies
Prix et distinctions 2002 : Laurence Olivier Awards 2014 : Commandeur de l'Ordre des arts et des lettres (chevalier, 1992)Ushio Amagatsu sur le site de la compagnie Sankai Juku.
Notes et références
Annexes Bibliographie
Liens externes
* H-ikari Production Production et diffusion en Europe Page d'Ushio Amagatsu sur le site de Sankai Juku
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