La « TaxPayers ‘Alliance » (TPA) est un think tank et groupe de pression anglais, basée à Londres. Situé à droite, de mouvement de Résistance fiscale et de Conservatisme fiscal a été créé en 2004 pour faire campagne, selon ses dires, contre les taux d'imposition jugés trop élevés et croissants, pour la transparence à tous les niveaux de gouvernement, et contre le "gaspillage gouvernemental", croyant en .
En 2008 (selon son site Web, consulté en ), la TPA employait 13 personnes (19 à partir de ). Elle prétendait avoir environ 18.000 partisans enregistrés en 2008, passés à 55.000 en septembre 2010 ; mais il a été suggéré qu'une large majorité de ces supposés partisans étaient des personnes simplement inscrites à une liste de diffusion, ne contribuant ni financièrement ni d'une autre manière aux campagnes ; selon la BBC, sur 18 000 partisans enregistrés 15% environ (2700 personnes) seraient des «militants» prêts à manifester et/ou distribuer des tracts.
La TPA a été fondé par le lobbyiste et stratège politique Matthew Elliott, avec sa compagne Florence Heath et avec Andrew Allum (qui en sera président de 2004 à 2019). Matthew Elliott avait déjà fondé le groupe des « Conservateurs Amis de la Russie», puis (au même moment que celui de la création de la TPA), il a créé le Think tank eurosceptique Business for Britain, et le groupe de pression Big Brother Watch. Elliott est aussi connu pour avoir copiloté et conduit à la victoire la campagne NOtoAV (lors du référendum de 2011 sur la réforme du vote). Et en 2015, il a été nommé directeur général de la campagne Vote Leave, le principal des groupes politiques promouvant le Brexit. En 2021, la TPA est dirigée par Mike Denham (Président) et John O'Connell (Directeur exécutif). (nommé en 2008 «Groupe de pression de l'année» par le commentateur politique conservateur Iain Dale).
Histoire En 2004, les conservateurs anglais prévoyaient des dépenses comparable (en masse budgétaire) à celles du parti travailliste. Au sein du Parti des conservateurs, un groupe de «libertariens», frustrés par ce qu'ils considéraient comme la décision du parti d'abandonner sa position traditionnelle de réduction des impôts, fonde la TPA. Matthew Elliott (qui travaillait antérieurement pour Timothy Kirkhope, chef des députés conservateurs anglais) et sa compagne Florence Heath, avec l'aide d'Andrew Allum créent l'Alliance TPA. Ils la présentant comme sans but lucratif et destinée à représenter ceux . La TPA attire des adhérents et sympathisants en se présentant comme pouvant pour des idées politiques que les conservateurs pourraient ensuite adopter formellement. Florence Heath et la fille d'Alexander Heath qui a été l'un des directeurs de la TPA.
En 2006, la TPA a en outre créé et fait enregistrer une « organisation de bienfaisance », nommée Taxpayers' Alliance Research Trust, rebaptisée environ un an plus tard Politics and Economics Research Trust. Matthew Elliott en sera le secrétaire durant 4 ans (de 2006 à 2010). Parmi les membres du trust figurent : Patrick Barbour, Peter Brown, John Mills, Richard Smith, Lord Pearson of Rannoch (démissionnaire en november 2009). 10 ans après sa fondation, ce trust est accusé d'avoir été utilisé pour présenter de manière mensongère la situation du Royaume-Uni dans l'Europe, par exemple par le juriste M Dougan de la Liverpool Law School, à l'Université de LiverpoolDougan, M. (2017). Faux Research in the Service of Ideological Deceit during the 2016 EU Referendum Campaign: The Legal Surreality of Leave’s “Sovereignty” Statistics. Radical Statistics Issue 118, pp 21-33 |URL=https://radstats.org.uk/no118/Dougan118.pdf. |consulté le=2021-02-09 juge sévèrement ce trust qui a produit des chiffres faux, réutilisés par «Business for Britain» dans un rapport publié en - intitulé . Ce rapport commence avec des définitions erronées de ce qu'est une directive et un règlement européens, et même d'une loi parlementaire anglaise dans le droit britanniqueVoir p 7 du rapport de Business for Britain : 7% or 75%? The EU’s influence over British Law: The Definitive Answer (mars 2015) (l'erreur est reproduite dans tout le reste du rapport)., mais il utilise aussi une méthodologie supposée scientifique, gravement biaisées : Business for Britain y décrète qu'entre 1993 et 2014, 64,7% de la législation britannique était sous influence de l'UE, et que les réglementations de l'UE ont représenté 59,3% de toute la législation britannique. Côté britannique, le rapport additionne le nombre total de mesures législatives primaires et secondaires adoptées au Royaume-Uni durant cette période : actes du Parlement et textes réglementaires. Mais du côté de l'UE, le calcul additionne le nombre total de règlements adoptés par l'UE ; puis identifie le nombre total de mesures de transposition des directives par le parlement britannique, extrait ces mesures du décompte britannique pour les exporter vers celui de l'UE. Le décompte final laissait alors croire que seules 35,3% des actes étaient de "pures" loi britannique. Selon Dougan (2017), de telles manipulations multiplient (par près de dix) le nombre de textes de lois directement induits par l'UE, faisant croire que le Royaume-Uni avait perdu son indépendance. De tels biais, utilisés par l'alliance pour le Brexit ont conduit à . Selon l'UKIP Bruxelles impose ou crée 75% de la législation britannique, mais ce chiffre, selon Dougan (2017), . L'auteur principal du rapport est Tim Philpott, pour lequel, selon Dougan, .
L'Alliance TPA produit des documents, diffusés via les médias pour façonner l'opinion publique. Elle ne cache pas que sa stratégie consiste à s'appuyer sur la réduction croissante des budgets d'investigation mis à disposition des journalistes. La TPA regroupe ses messages dans un packaging informationnel fait de telle façon que les journaux n'auront pas d'efforts à faire pour le publier. Ainsi fait-elle publier . Une analyse rétrospective des travaux de ce Think tank a montré qu'ils sont en réalité souvent basé sur .
Statut juridique La Taxpayers 'Alliance s'est constituée non pas comme ONG mais en tant que société privée à responsabilité limitée par garantie au Royaume-Uni - numéro 04873888. En tant que « petite entreprise », elle est exemptée d'audit, ce qui signifie qu'elle répond à deux des critères suivants : chiffre d'affaires annuel inférieur ou égal à 6,5 millions £ bilan total inférieur ou égal à 3,26 millions £ moins de 50 employés.
Financements de la TPA ? Organisation peu transparente la TPA est particulièrement peu transparent sur ses revenus ; elle ne publie aucun détails sur ses revenus, ni sur ses donateursFiche "TPA" sur le site Who Funds You?. consulté le 30 Janvier 2013. Elle a reçu la note la plus basse possible en termes de transparence financière, de la part de l'ONG britannique « Who Funds You » (ONG qui promeut et évalue la transparence des financement des think tanks).
Le financement de la TPA a été questionné (suspicions de contributions importantes reçues de l'étranger ; de 2013 à 2018, la TPA a aussi reçu au moins 223 300 £ de donateurs basés aux États-Unis, dont 100 000 $ provenant d'une fiducie religieuse basée dans un paradis fiscal (aux Bahamas).
La TPA (qui a demandé de moindres taxes sur le tabac) fait partie des 475 organisations de droite formant le Réseau Atlas . En 2013, ce Réseau Atlas a décerné à la TPA un prix de 100.000 dollars pour son travail.
Selon le lanceur d'alerte Shahmir Sanni, ce groupe travaille de concert avec des organisations similaires (Think tanks et groupes de pression) liées au 55 Tufton Street à Westminster ; adresse correspondant à une maison appartenant à l'homme d'affaires Richard Smith, qui depuis les années 2010 accueille régulièrement des groupes de pression et des groupes de réflexion très liés au déni du changement climatique et au Brexit. Parmi ces Think tanks/groupes de pression, figure notamment un groupe surnommé «les neuf entités», qui durant la campagne ayant conduit au Brexit se réunissait deux fois par semaine dans cette maison, afin de coordonner leurs politiques et les messages à diffuser vers divers médias et publics. Ces neuf groupes de pression sont, outre la TaxPayers 'Alliance, le bureau de Peter Whittle (ancien chef adjoint de l'UKIP), Civitas, l'Adam Smith Institute, Leave Means Leave, la Global Warming Policy Foundation, Brexit Central, le Center for Policy Studies et l'Institute for Economic Affairs.
Dons En 2018, Elliot a déclaré qu'il ne pensait pas que la TPA devrait avoir à divulguer ses donateurs : .
Les financements de la TPA proviendraient de dons, passés d'environ 68 000 £ en 2005 à environ 1 million de £ en 2009.
Une enquête publiée par le journal The Guardian en 2009 a montré qu'une grande partie des fonds de l'Alliance des contribuables venaient .8
David Alberto, copropriétaire de la société de bureaux équipés Avanta, a fait don d'une suite à Westminster (d'une valeur de 100 000 £ par an), car il s'oppose au niveau de l'impôt sur les entreprises.
Le magnat de la construction Malcolm McAlpine, et un porte-parole du magnat JCB Sir Anthony Bamford, ont déclaré qu'ils avaient également aidé à financer la TPA, sans préciser à quelle hauteur.
Influences Elles semblent placées sur la droite ou l'extrême droite de l'échiquier politique.
Par exemple, en , TaxPayers 'Alliance a organisé un événement, parrainé par plusieurs lobbyistes et groupes américains impliqués dans le mouvement Tea Party, dont l'Americans for prosperity foundation, le Cato Institute et la Heritage Foundation.
L'Alliance prend aussi des conseils auprès des dirigeants du Tea Party (Matthew Elliott déclare à ce sujet en :
Le lobby du tabac : La TPA a jugé la taxe sur le tabac et incitative pour la contrebande du tabac, qui selon la TPA . La TPA a demandé un gel des droits de douane sur le tabac, en suggérant un taux unique par kilogramme de tabac ou par tranche de 1 000 cigarettes environ, en précisant que, selon elle, .
Exposition aux médias En un an (2009), la TaxPayers 'Alliance a été mentionnée 29 fois par The Guardian, citée dans 517 articles du Daily Mail, 317 fois dans The Sun (y compris une fois par un mannequin à demi-nu sur la page 3).
Affiliations politiques La direction de la TPA, ne revendique aucune affiliation officielle à un parti politique.
Selon la BBC (2008), ce think tank de Westminster n'est pas comme les autres, il a beau avoir une plaque en laiton, et quelques chercheurs, il ressemble plus à , et le directeur de la TPA reconnait organiser l'activité du Think tank plutôt comme celle d'un .
La TPA est souvent considérée comme une officine du Parti conservateur, par exemple par le député travailliste Jon Cruddas. ou par Polly Toynbee dans The Guardian ou encore par Kevin Maguire dans The Daily Mirror.
Quand Nick Ferrari a demandé à la directrice de campagne de TPA (Susie Squire), si elle était "secrètement conservatrice", celle-ci a rejeté l'accusation comme "scandaleuse" en disant que l'organisation était "totalement indépendante", mais en 2010, Squire est néanmoins devenue conseillère spécial du secrétaire d'État conservateur au travail et aux pensions (Iain Duncan Smith), avant de diriger la communication/presse du parti conservateur.
Appels, campagnes, activités, publications le Directeur de la TPA (M. Elliott) se dit, selon la BBC, , il reprend ce modèle, mais dans une perspective de droite, afin de plaider pour un «libre marché». Plusieurs de ses campagnes, par exemple contre les droits de succession, contre les «non-emplois» du secteur public ou contre les dépenses des députés ont eu un large écho dans les médias anglais. La TPA prétendait en 2008 en être en moyenne à trois «coups» médiatiques par jour.