Business for Britain est un groupe de pression, majoritairement eurosceptique créé en 2013 au Royaume-Uni avec l'objectif affiché une renégociation des relations entre le Royaume-Uni et l'Union européenne. Son siège social était situé dans la Millbank Tower.

Cette coalition liée à la Confederation of British Industry a été fondé en 2013 par le lobbyiste et stratège politique Matthew Elliott, qui l'a décrit comme une « campagne pour le Brexit in utero ». qui a réussi à y rassembler des gens de droites, mais aussi de gauche, et qui l'a fait évoluer en deux ou trois ans vers un médiatique groupe de pression europhobe et pro-BrexitElliott M (2016) How Business for Britain Helped Change the Course of History in Three Short Years. Brexit Central..

Business for Britain a été l'un des principaux précurseurs de Vote Leave. Il s'est fait connaitre par une campagne médiatique, lancée en avril 2013 avec la publication d'un manifeste signé par 500 chefs d'entreprise (actifs ou retraités, dont le cofondateur de Phones 4u (John Caudwell), et l'ancien président de Marks & Spencer et d'Ocado, également membre conservateur de la Chambre des lords (Stuart Rose).

Business for Britain a joué un rôle important dans le processus qui a conduit au Brexit.

Histoire En 2013, Business for Britain publie un manifeste, médiatiquement porté par le nombre symbolique de 500 patrons d'entreprises. Ce texte ne demande pas explicitement une sortie de l'Europe, mais appelle à renforcer le poids du Royaume-Uni dans une Europe qu'il souhaitait encore plus libérale : .Ce manifeste a ensuite reçu plus de 250 autres signatures d'hommes d'affaires britanniques. Business for Britain a annoncé vouloir créer des conseils dans chaque région du Royaume-Uni, promouvant des idées sur la manière dont la renégociation pourrait se dérouler, et rassemblant les créateurs de richesse et d'emplois (entrepreneurs) du pays pour faire campagne pour un meilleur accord pour la Grande-Bretagne dans l'UEArticle Business_for_Britain dans Powerbase.

Au même moment, apparait un groupe dénommé Historians for Britain qui soutient les idées de Business for Britain. Cette vingtaine d'historiens se présentent comme non-hostile à l'Europe, mais pensant .. Il publie presque aussitôt dans le journal The Times (2013) une lettre signée par 22 historiens anglais. Cette lettre plaide pour une « renégociation » de la relation entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne. Elle argue du passé supposément particulièrement indépendant de la Grande-Bretagne. À partir de 2014 Business for Britain finance entièrement ce groupe d'historiens, qui s'est formalisé en une association Historians for Britain, présidée par le professeur d'histoire du bassin méditerranéen à l'université de Cambridge : David Abulafia. Le , ce dernier, au nom de l'association, après le vote pour le Brexit, publie dans une revue d'histoire (History Today, populaire au Royaume-Uni) une « tribune » intitulé Britain : apartfrom or a part of Europe ?. Cette tribune cherche à montrer , depuis le Moyen Âge, selon Abulafia et ses collègues. Des particularités britanniques feraient que la Grande-Bretagne est un pays bien moins « européen » qu'on ne le pense. L'auteur présente les anglais comme plus doux que les autres peuples européens, ajoutant que ce pays insulaire ayant , son ultime destin ne peut pas être simplement européenChabal É & Malinowski S (2015). La Grande-Bretagne peut-elle être européenne?. La Vie des idées, 19. |URL=https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/grande-bretagne_europe_enne_20062015.pdf . Cet historien conclut son appel par la phrase suivante : . Ce texte a immédiatement suscité une vive réaction de la communauté des historiens anglais, qui s'est notamment manifestée par des débats dans la presse nationale et par une lettre à History Today, signée par plus de 250 historiens dénonçant les erreurs et les approximations d'Abulafia. Une association en ligne s'est constituée en réaction, baptisée Historians for History pour démontrer le caractère mythique de la continuité historique, et de l'exception britannique, deux idées construites au et du siècle. Selon, Chabal É & Malinowski S (2015) : s'il existe une continuité historique outre-Manche, elle est récente (époque contemporaine) et il s'agit surtout d'une continuité politique et de cohésion de l'élite britannique, maintenue au travers de certaines écoles et universités (Eton, Oxford...), et d'un clientélisme puissant dans la City et l'empire colonial anglais. Et ces idées assez largement partagées en Angleterre pourraient avoir été exacerbée par la prééminence mondiale de l'anglais, qui a encouragé un faible niveau de pratique des langues étrangères parmi les étudiants britanniques.

En 2014, Business for Britain publie un document intitulé Mesurer l'influence de la Grande-Bretagne au Conseil des ministresMeasuring Britain's influence in the Council of Ministers (2014), supposé faire le bilan des votes du Royaume-Uni au Parlement européen. Ce document est présenté comme un travail de recherche (mais non relu par des pairs, ni publié dans une revue de Recherche, et il a été considéré comme mensonger par le groupe de fact checking fullfact.org). Business for Britain affirme que le Royaume-Uni n'a pas de pouvoir au sein de l'Union EuropéenneBusiness for Britain, “Britain’s lack of influence in the EU revealed”, Business for Britain, 25 mars 2014, http://businessforbritain.org/.. En réaction à ce point de vue, en 2015, les pro-adhésion ont affirmé que la Grande-Bretagne, membre fondateur de l'UE, y a au contraire joué un rôle importantBritish Influence, The British Influence Scorecard 2015: What influence does Britain have in the EU?, January 2015, https://view.publitas.com/british-influence/., verdict qui confirme celui d'un examen de l'équilibre des compétences de l'adhésion à l'UE dans un rapport sur la libre circulation des marchandises au sein du marché unique. Ce rapport a été commandé par le gouvernement de coalition britannique lui-même. Publié le , il était basé sur environ 600 réponses d'entreprises, d'organisations professionnelles, de groupes de réflexion et de conseils locaux à un questionnaire ; il conclut que , deux analyses qui auront peu de poids face au déferlement de publicités et messages europhobes ciblés, sur certains réseaux sociaux, notamment lancés par AggregateIQ (financé par Vote Leave) dans les mois précédant la fin de la campagne référendaire En 2015, Business for Britain produit un rapport utilisant des données tronquées, biaisées ou mensongères réunies par le PERT (Politics and Economics Research Trust. Le PERT, initialement créé sous le nom de TaxPayers' Alliance Research Trust, est un trust libertarien anti-taxes, créé en tant qu'organisation caritative, 10 ans plus tôt, également par Matthew Elliott, fondateur de Business for Britain et de plusieurs autres entités qui se sont coordonnées pour promouvoir le Brexit. Ce rapport présente au public (et au patronat anglais) une situation historique et socio-économique du Royaume-Uni non conforme à la vérité. M Dougan (professeur de droit à la Liverpool Law School, de l'Université de Liverpool)Dougan, M. (2017). Faux Research in the Service of Ideological Deceit during the 2016 EU Referendum Campaign: The Legal Surreality of Leave's “Sovereignty” Statistics. Radical Statistics Issue 118, pp 21-33 |URL=https://radstats.org.uk/no118/Dougan118.pdf. |consulté le=2021-02-09 a sévèrement jugé les méthodes et faux chiffres réutilisés par Business for Britain dans ce document présenté comme une « étude » intitulé de . Ce rapport commence avec des définitions erronées de ce qu'est une directive et un règlement européens, et même d'une loi parlementaire anglaise dans le droit britanniqueVoir p 7 du rapport de Business for Britain : 7% or 75%? The EU's influence over British Law: The Definitive Answer (mars 2015) (l'erreur est reproduite dans tout le reste du rapport).. Basé sur une méthodologie d'apparence scientifique, mais trompeuse : Business for Britain y affirme que de 1993 à 2014, 64,7% de la législation britannique nouvelle était sous influence de l'UE : les réglementations de l'UE auraient selon ce rapport représenté 59,3% de toute la législation britannique. Mais, côté britannique, le rapport additionne le nombre total de mesures législatives primaires et secondaires alors adoptées dans le pays (actes du Parlement + textes réglementaires). Alors que du côté Union européenne, le mode de calcul change : il additionne le nombre total de règlements adoptés par l'UE ; puis identifie le nombre total de mesures de transposition des directives par le parlement britannique, extrait ces mesures du décompte britannique pour les exporter vers celui de l'UE. Le décompte final laisse alors penser que seules 35,3 % des actes étaient de « pures » lois britanniques.Dougan (2017) montre que cette manipulation des chiffres multiplie (par près de dix) le nombre de textes de lois apparemment directement induits par l'UE, faisant croire que le Royaume-Uni avait perdu son indépendance juridique.De plus, note Dougan, il n'est pas évident que Tim Philpott (auteur du rapport) . Selon Dougan, de tels biais, utilisés par l'alliance pour le Brexit lors de la campagne référendaire, ont conduit à . L'UKIP a ainsi pu faire croire que Bruxelles imposait ou croit 75 % de la législation britannique, taux, qui selon Dougan (2017), .

En octobre 2015, trois ans après sa création, le conseil d'administration de Business for Britain décide - à l'unanimité - de soutenir la campagne de Vote Leave en faveur du Brexit..

L'histoire et la réussite de ce lobby sont très liées à celles du fondateur du groupe : Matthew Elliott.

Ce personnage a créé et/ou coordonné en quelques années une galaxie de Think tanks et d'organisation charitables (ne citant généralement pas leurs donateurs et souvent adhérent du Réseau Atlas). Plusieurs de ces entités ont utilisé des données illégalement acquises (de Cambridge Analytica) et reçu de l'argent pour tout ou partie détaxé et d'origine inconnue, argent redistribué pour promouvoir le Brexit, dont au Canada à l'entreprise AggregateIQ (via Darren Grimes). AggregateIQ jouera un rôle discret, mais majeur pour l'avènement du Brexit, en permettant, grâce à sa maitrise de l'exploitation du Big data et des algorithmes de ciblage appliqués aux bases de données de Cambridge Analytica, de manipuler l'opinion publique via les réseaux sociaux. Elliott a lui-même tenu (à partir de 2015) le rôle de directeur général de Vote Leave., avec le soutien de Business for Britain, tout en coordonnant divers thinks tanks et groupes de pression europhobes pour retourner l'opinion publique en leur faveur, via les médias et surtout via les réseaux sociaux. Cette coordination s'est notamment lors de réunions bi-hebdomadaires tenues au 55 Tufton Street à Westminster.. Un groupe d'alliés pro-Brexit, parfois surnommé « les neuf entités » coordonnaient ainsi leurs stratégies et discours portés vers les médias et les réseaux sociaux, ave des méthodes proches de celles utilisées outre-atlantique par Donald Trump et son conseiller Steve Bannon (membre du conseil d'administration Cambridge Analytica).. Parmi ces méthodes, figurait l'utilisation de millions de données personnelles volées sur Facebook par Cambridge Analytica. Ces données ont été réorganisées par la société-sœur de Cambridge Analytica : Aggregate IQ basée au Canada. Cette-ci, avec des outils dits d'intelligence artificielle et inspirés de la guerre psychologique, a produit des messages très ciblé, adaptés à chaque socio-catégorie d'électeur. Ces messages, plus ou moins subliminaux, encourageant la rancœur et la colère contre l'Union européenne, le taxes, visaient à rendre le Brexit désirable pour les indécis, ou à décourager les anti-Brexit.