Fraser Barron, né le à Dunedin (Nouvelle-Zélande) et mort au combat le au-dessus du Mans (France), est un officier de la Royal New Zealand Air Force (RNZAF) et pilote pour le Bomber Command durant la Seconde Guerre mondiale.

Travaillant comme commis au début de la Seconde Guerre mondiale, il se porte volontaire pour la RNZAF et devient pilote à la fin de . Il part en Angleterre en tant que sergent pour servir dans la Royal Air Force et après un entraînement sur des bombardiers lourds, il est affecté au No. 15 Squadron, sur des bombardiers Short Stirling. En , il effectue un premier tour d'opérations et effectue missions, après quoi il exerce des fonctions d'instructeur. Il commence un deuxième tour en , cette fois au No. 7 Squadron, qui fait partie de la Pathfinder Force, et effectue de nombreuses missions de marquage de cibles pour les bombardiers suivants. Déjà titulaire de la Distinguished Flying Medal (DFM), décernée lors de son premier tour d'opérations, il reçoit la Distinguished Flying Cross (DFC), puis, à l'issue de son deuxième tour, l'Ordre du Service distingué (DSO). Ayant maintenant atteint le rang de Squadron leader, une autre période en tant qu'instructeur suit. Il souhaite cependant rapidement reprendre les opérations et s'arrange pour être réaffecté au No. 7 Squadron. Pilotant alors des bombardiers Avro Lancaster, il effectue plusieurs autres missions jusqu'à ce qu'il soit tué le , lorsque son avion et son équipage s'écrasent au Mans. Il reçoit à titre posthume une barrette pour sa DSO. C'est l'un des quatre seuls membres de la RNZAF à recevoir cet honneur pendant la Seconde Guerre mondiale.

Jeunesse James Fraser Barron, connu sous le nom de Fraser Barron, est né le à Dunedin (Nouvelle-Zélande). Il est l'un des deux enfants de James Barron et de son épouse Winifred née Fraser. Son père était épicier et durant l'enfance de Barron, il achète un magasin près d'Oamaru. Fraser effectue ses études à l'école primaire locale et étudie ensuite au lycée Waitaki Boys. Il pratique plusieurs sports à l'école, mais en dehors de cette discipline, c'est un élève moyen. Il s'intéresse également à l'aviation ; il fait partie des nombreux garçons qui ont la chance de faire un tour avec Charles Kingsford Smith lorsque le Southern Cross effectue une tournée en Nouvelle-Zélande en 1933. Il écrit également des articles sur le thème de l'aviation pour le magazine de l'école. Ayant terminé ses études à la fin de 1937, il déménage à Wellington où il travaille comme cadet commis au département des mines.

Seconde Guerre mondiale Peu de temps après le déclenchement de la Seconde Guerre mondiale, Fraser Barron demande à rejoindre la Royal New Zealand Air Force (RNZAF). Il est assez peu confiant sur l'acceptation de sa demande car il est de petite taille (). Pourtant, sa demande est dûment acceptée et en tant que , il suit une formation de courte durée. Elle commence le . Elle doit déterminer si Barron sera sélectionné pour une formation de pilote, d'observateur ou de mitrailleur. Peu de temps avant de commencer le cours, on lui offre la possibilité de s'entraîner avec la Fleet Air Arm à condition de partir pour l'Angleterre le mois suivant. Comme il n'a encore que 18 ans, il a besoin du consentement de ses parents pour partir à l'étranger mais ces derniers refusent. Dès lors, Fraser Barron suit le cours de la RNZAF.

Une fois le cours initial terminé, à la fin du mois de juillet, Barron est sélectionné pour être formé comme pilote et se rend à Strath Taieri, près de Dunedin. Il apprend à voler sur les Tiger Moth et l'un de ses camarades stagiaires à l'école de pilotage élémentaire n°1 de Taieri est James Ward. Celui-ci recevra l'année suivante la croix de Victoria. Barron vole pour la première fois en solo le et, à la fin du mois suivant, il reçoit une formation sur Fairey Gordon à la où il apprend notamment le bombardement en piqué. Il est diplômé pilote le et le mois suivant, à l'issue de sa formation, est promu sergent.

Il part pour l'Angleterre à bord de l'Aorangi le avec d'autres compatriotes néo-zélandais dont James Ward. Après des arrêts aux Fidji et au Canada et une traversée du pays en train, Barron embarque à bord du Georgic pour la traversée de l'Océan Atlantique. Il arrive en Angleterre le . Il est sélectionné, toujours avec James Ward, pour s'entraîner sur des bombardiers lourds et est affecté à la unité d'entraînement opérationnel de bombardier (No. 20 OTU) de la RAF, à la RAF Lossiemouth en Écosse. Il y passe plusieurs semaines à apprendre le pilotage de Vickers Wellington. Il survit même à un amerrissage en mer du Nord lorsqu'un des deux moteurs cale pendant un exercice de navigation de nuit. Il termine sa formation au milieu du mois de en tant que capitaine.

En service actif Après avoir quitté le No. 20 OTU, Barron est assigné No. 15 Squadron. Celui-ci est stationné à la , au nord de Londres, et exploite des bombardiers lourds Short Stirling. Le Stirling est le premier bombardier quadrimoteur à entrer en service dans la Royal Air Force. Ne connaissant pas l'avion, Barron doit subir une série de vols de conversion avant de se lancer dans sa première opération, un bombardement sur l'Allemagne dans la nuit du . Comme pour ses neuf missions suivantes, Barron vole comme deuxième pilote avec un capitaine plus expérimenté. L'un de ces vols est un raid en solo à basse altitude sur la gare de triage de Bielefeld, en Allemagne. gauche|vignette| Un Short Stirling du No. 15 Squadron|alt=Photographie noir et blanc d'un Short Stirling Fraser Barron reçoit son propre équipage et avion le et reçoit une promotion au grade de . Sa première mission en tant que capitaine a lieu deux jours plus tard, une attaque sur le port de Brest. Cependant, il doit larguer ses bombes pour pouvoir échapper à un chasseur de nuit allemand. Dans la nuit du , une attaque sur Gênes en Italie manque de tourner mal pour l'équipage de Barron. Lors du premier passage au-dessus de Dunkerque en France, la flak endommage son Short Stirling. Une fois au-dessus de Gênes, l'équipage se rend compte que la soute à bombes ne peut être ouverte. Alourdi par les bombes et craignant de ne pas atteindre une altitude suffisante, Barron décide de ne pas survoler les Alpes au retour. Ce détour, ainsi que le poids supplémentaire des bombes, entrainent une consommation de carburant trop importante des quatre moteurs. Finalement, l'équipage arrive à atteindre RAF Thorney Island juste à temps, trois des quatre moteurs s'éteignant, faute de carburant, pendant l'atterrissage.

Plusieurs autres missions suivent, certaines ciblant les cuirassés allemands Scharnhorst et Gneisenau ainsi que le croiseur lourd Prinz Eugen, qui stationnaient à Brest. Barron occupe également un poste d'instructeur, réalisant des atterrissages de nuit et des vols en campagne avec des pilotes stagiaires. Les raids continuent et ne sont pas toujours de tout repos pour Barron. Dans la nuit du , lors d'une mission de largage de mines au large de Lorient, un obus de flak traverse le fuselage et vient sectionner les commandes du compensateur, ce qui rend le pilotage du Short Striling très éprouvant physiquement. L'équipage arrive à rejoindre finalement RAF Boscombe Down.

À la fin du mois d', Barron a accompli missions dont en tant que capitaine, et termine sa première tournée. Au total, il aura volé . Maintenant Pilot officer, ayant été promu plus tôt dans l'année, il reçoit la Distinguished Flying Medal (DFM) le mois suivant., la citation notant que Fraser Barron est « le plus fiable, efficace et courageux, repoussant les attaques indépendamment de l'opposition. ». Il était courant pour les équipages qui terminent une tournée de se reposer et d'exécuter des tâches d'instructeur pendant un certain temps. Barron est affecté en tant qu'instructeur à l'unité de conversion No. 1651, en poste à . Après une période de permission, il arrive à la Waterbeach le mais est rappelé par le No. 15 Squadron dans la semaine pour prendre part au raid de au-dessus de Cologne. Avant le raid, il effectue une mission de largage de mines aux îles frisonnes ; il décrit l'opération comme un moyen de « se remettre en jambe ». Après la mission de Cologne, où il vole dans la nuit du 30/, Barron participe, deux nuits plus tard, au raid de bombardement à grande échelle qui suit sur Essen. Il retourne ensuite à Waterbeach pour reprendre ses devoirs d'instructeur, qu'il commence bientôt à trouver ennuyeux, en dépit de son implication dans quatre autres missions de bombardement impliquant un nombre significatif d'avions. Entre ses périodes d'instruction, il participe néanmoins à raids complets.

Vols pour la Pathfinder Force À la fin de sa tournée d'instructions, en , Barron se porte volontaire pour le vol opérationnel et est affecté au No. 7 Squadron qui exploite des Stirling et vole depuis , dans le Cambridgeshire. Sa nouvelle unité est l'un des escadrons fondateurs de la Pathfinder Force. Celle-ci est considérée comme l'élite du Bomber Command et est chargée de localiser et de marquer des cibles pour le raid de bombardement principal qui suit. Fraser Barron est sous le commandement d', célèbre pilote de la RAF. Le personnel de vol qualifié de la Pathfinder Force bénéficie de promotions rapides et a le droit de porter un badge distinctif. James Barron commence les missions pour l'escadron le et, peu de temps après, est promu Flight lieutenant ; sa promotion le voit sauter le grade intermédiaire de Flying officer. Lors d'une de ses premières missions avec le No. 7 Squadron, son avion est attaqué par des chasseurs de nuit, des Ju88, lors d'attaques distinctes. Après sa mission, un raid qui vise Gênes en Italie le , la Distinguished Flying Medal lui est remise par le roi George VI au palais de Buckingham. Peu de temps après, il lui est accordé le droit de porter l'insigne de la Pathfinder Force.

Barron continue de piloter pour des missions d'éclaireurs ; les raids notables comprennent une attaque sur Turin les 11 et , où son avion est le seul des trois du No. 7 Squadron à bombarder la cible et à revenir avec succès. Un deuxième raid sur Munich le manque de devenir une catastrophe. Le Stirling de Barron est attaqué par un chasseur de nuit et un incendie se déclare à l'arrière. Son opérateur radio et son ingénieur de vol arrivent à l'éteindre malgré une plongée raide de effectuée par Barron pour éviter le chasseur. L'ingénieur de vol, Robinson, répare également les arrivées de carburant des moteurs et finalement Barron est capable de ramener son bombardier gravement endommagé en Angleterre.. Lors de l'atterrissage, une roue ne se déploie pas correctement mais l'ingénieur Robinson résout encore une fois le problème. La bravoure de Robinson lui vaudra une DFC.