est un militant syndicaliste, anarchiste et journaliste japonais des périodes Taishō et Shōwa. Disciple d'Ōsugi Sakae, il a défendu les options anarcho-syndicalistes lors des différentes crises que connaît le mouvement et eût un rôle important dans l'organisation du mouvement anarchiste d'avant-guerre puis dans sa réorganisation après-guerre.
Biographie Kenji Kondō est né le , dans le village de Maeyama, dans le district de Hikami (aujourd'hui intégré dans la ville de Tamba), préfecture de Hyōgo. Après avoir été diplômé du lycée préfectoral Kaibara, Kondō déménage à Tokyo et entre au département d'économie et d'économie de l'Université Waseda.
En 1914, alors qu'il est encore étudiant, il est fortement impressionné par la lecture d'un recueil d'articles de Sakae Ōsugi, et rend visite à Ōsugi à Ōkubo (Tokyo). À la suite de cette rencontre, Kenji Kondō rejoint ses camarades et s'engage dès lors pleinement dans le mouvement anarchiste et ouvrier, il participe alors à la Société d'étude des problèmes ouvriers (Rōdō mondai kenkyūkai) réunie autour de Watanabe Masatarō (1873-1918). En 1917, il collabore avec Kanson Arahata et Hitoshi Yamakawa qui publient «Habits bleus» (Aofuku, en référence aux uniforme de prisonniers), édité par la Baibun-sha. En , Kenji Kondō est membre du groupe qui fonde le journal anarcho-syndicaliste lancé par Ōsugi, aux côtés de Wada Kyūtarō et Itō Noe. En 1920, il participe à la réunion préparatoire à la fondation de la et devient rédacteur pour son organe , dirigé par Toshihiko Sakai, le projet est d'unir les socialistes dans une même organisation au-delà des divergences entre anarchistes et marxistes, mais la répression y met fin dès 1921. En , il participe à une deuxième série de Rōdō Undō financée avec des fonds du Comintern, cette version réunit des anarchistes ainsi que des bolcheviques comme Eizō Kondō. Cette tentative d'unification dans un front commun échoue cependant face aux méfiances anarchistes vis-à-vis des manœuvres du Comintern et du fait des nouvelles de l'évolution de la situation en Russie, notamment la répression de Kronstadt, le journal cesse de paraître en juin. Le , lors de la deuxième célébration publique du 1er mai, des heurts éclatent avec la police à la suite desquels Kenji Kondō est incarcéré dans la prison d'Ichigaya. En , Kenji Kondō participe à une troisième série de Rōdō Undō, clairement anarchiste, toujours dirigée par Ōsugi Kasae. En 1923, toujours aux côtés d'Ōsugi, Kenji Kondō participe au projet de formation d'une fédération anarchiste nationale et se rend pour l'organiser dans le Kansai et à Kyushu, mais ce projet n'aboutit pas.
En , lors du séisme du Kantō, Ōsugi Sakae et Itō Noe ainsi que leur neveu âgé de six ans trouvent la mort, assassinés par la police lors de l'affaire d'Amakasu. Kenji Kondō apporte alors un soutien financier aux cinq orphelins d'Ōsugi et Noe Itō, mais le plus jeune fils (né le ) décède le . À la même période, il participe aussi à relancer une quatrième série de Rōdō Undō, aux côtés de Kyūtarō Wada, Eitarō Wada, Genjirō Muraki, Tatsuo Mizunuma. En , il rejoint la avec le groupe de la Rōdō Undō-sha. La même année, il dirige la publication des « Œuvres complètes de Sakae Ōsugi » en 10 volumes. En , une cinquième série de Rōdō Undō est publiée sous forme de magazine avec Tokio Furukawa, Yamaga Taiji, Mizunuma Tatsuo, Wada Eitaro et des contributions d'Ishikawa Sanshirō, Iwasa Sakutarō et Hatta Shūzō.
En , Kenji Kondō épouse Ōsugi Ayame (あやめ), la sœur cadette d'Ōsugi Sakae dont le fils Munekazu avait été tué lors de l'Incident d'Akamatsu, mais Ayame meurt de maladie environ un an plus tard, à l'âge de 30 ans. Ayame était rentré au Japon en 1926, elle avait auparavant été mariée à Sozaburo Tachibana, restaurateur à Portland, États-Unis, ce mariage s'était conclu par un incident au cours duquel elle avait été blessée avec une lame de rasoir par son mari après avoir rompu avec lui. Son mari a été accusé de tentative de meurtre et condamné à un an et demi de prison『歴史と人物』中央公論社、1976年10月号「アナーキズムの星 大杉魔子」千谷道雄.
Lorsqu'à partir de l'année 1927 des tensions apparaissent au sein du mouvement anarchiste japonais entre une tendance anarcho-communiste et une tendance anarcho-syndicaliste, Kondō Kenji est un des promoteurs de l'option syndicaliste. Ces divisions aboutissent le , et le mouvement anarchiste se divise lors du congrès de l’Union générale libre des syndicats ouvriers. Kondō Kenji soutient alors la tendance anarcho-syndicaliste qui se réorganise en au sein du . Il participe ainsi à la publication de son journal le , lancé en et renommé en . En , Kondō fait partie de l'équipe qui commence à publier le journal , il s'agit d'une revue théorique pour la tendance anarcho-syndicaliste. Mais, l'affaiblissement du mouvement du fait de la division, ainsi que la montée du militarisme et de la répression poussent les anarchistes à l'unité. Ainsi, lorsqu'en la réunification du mouvement anarchiste est actée, Kondō milite dans l'Union libre des syndicats ouvriers renouvelée, jusqu’à ce que toute action devienne impossible à la suite de la répression.
En 1937, il se remarie avec la militante féministe et socialiste Magara Sakai.
En , Kenji Kondō participe à la fondation de la et devint le représentant du secrétariat. Kenji Kondō participe au journal édité par la FAJ, le Heimin Shimbun. Lorsque la FAJ est dissoute en 1950, il maintient ses positions anarcho-syndicalistes et participe à la refondation d'une Fédération anarchiste sur ces bases en 1951. Kenji Kondō reste un militant actif jusqu'en 1957, lorsque des problèmes de santé l'oblige à cesser ses activités.
Kenji Kondō décède le , à l'âge de 74 ans.
Œuvres Souvenirs d'un anarchiste (『一無政府主義者の回想』), Heibonsha, 1965. Une histoire du mouvement anarchiste comme je l'ai connu (『私の見た日本アナキズム運動史』), Bakusha, 1969.
Articles connexes Sakae Osugi Kanson Arahata Noe Itō Sakai Magara
Notes et références
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