La rue du Pré-de-la-Bataille est une voie publique de la commune française de Rouen. Située dans la partie ouest de la ville, elle appartient au quartier Pasteur-Madeleine. Rectiligne et longue de , elle est perpendiculaire à la rive droite de la Seine.
Son nom témoigne du souvenir d'un lieu d'une bataille médiévale survenue vers 934 entre les chefs normands Guillaume Longue-Épée et Riulf dans un pré à l'entrée de la ville. L'endroit, constitué de prairies, devient un lieu-dit dénommé Pré de la Bataille. Au , il devient un champ de foire, longé par une rue, que le conseil municipal de Rouen décide de nommer en 1833 rue du Pré-de-la-Bataille.
Cet odonyme est très particulier ; en effet, l'esprit humaniste du évoque parfois les valeurs médiévales mais ce n'est qu'exceptionnellement qu'il choisit un nom de lieu.
La rue double en longueur et s'urbanise durant le ; plusieurs usines et ateliers s'y installent. Au , la rue du Pré-de-la-Bataille est essentiellement bordée d'immeubles de bureaux et de commerces dans sa partie sud et majoritairement d'immeubles d'habitation dans sa partie nord. Une association homonyme y a son siège. Après avoir eu un rôle social important à la fin du , elle est dévolue au à l'insertion des personnes handicapées mentales.
Situation et accès La rue du Pré-de-la-Bataille est située à Rouen. Elle se trouve en lieu et place de l'ancien lieu-dit Pré de la Bataille, qui constitue plus tard une portion du faubourg Cauchoise.. Elle appartient désormais au quartier Pasteur-Madeleine..
Légèrement ascendante et parfaitement rectiligne, cette rue est longue de . Son orientation la rend perpendiculaire à la rive droite de la Seine. Elle débute à l'intersection de l'avenue du Mont-Riboudet, qui est orientée comme le fleuve, et se termine rue Prosper-Soyer où elle forme un angle droit avec cette dernière. Les voies qui la joignent lui sont perpendiculaires. Il s'agit de la rue Émile-Leudet, la rue de Constantine, la rue du Contrat-social et la rue Pillore.
Origine du nom Le nom de la rue du Pré-de-la-Bataille provient du lieu d'un affrontement survenu vers 934. Cette bataille se déroule dans un pré aux portes de la ville. entre les Normands de Guillaume Longue-Épée et ceux menés par Riulf, comte du Cotentin..
Historique Bataille médiévale Vers 934, le chef des Normands de la Seine et comte de Rouen, Guillaume Longue-Épée, s'allie aux Francs par des mariages. Se constitue alors un parti contre l'étranger. Il est mené par Riulf , comte du Cotentin, à la tête de quelques autres barons normands. À leurs yeux, le jarl contracte des mésalliances telles que des étrangers risquent de s'introduire à la Cour et au Conseil, ou de les dépouiller de leurs biens. Guillaume Longue-Épée, encouragé par Anslech de Bricquebec, Bernard le Danois et Bothon, comte du Bessin, est alors contraint de s'opposer avec à une armée de plusieurs milliers d'hommes. Il les affronte dans un pré, au pied du Mont-aux-Malades et des murs de la ville de Rouen, et en ressort vainqueur...
Émergence du lieu-dit vignette|alt=Gravure noir et blanc d'un ouvrage. Chevalier couronné à cheval brandissant une longue épée sur un champ de bataille où se trouvent des soldats.|Guillaume Longue-Épée affronte Riulf sur le futur lieu-dit Pré de la Bataille. . Dès 1020-1029, Dudon de Saint-Quentin atteste des combats et témoigne de la présence d'un pré sur le lieu de la bataille : (L'endroit même où eut lieu cette incroyable bataille est appelé encore aujourd’hui « Pré de la Bataille ».)
Un peu plus d'un siècle plus tard, en 1160-1170, Wace dans son Roman de Rou rapporte les faits et assure de la pérennité du nom du lieu où ils se sont déroulés :
Ainsi, à la suite de l'événement, ce pré devient un lieu-dit et prend le nom Pré de la Bataille durant plusieurs siècles..... Il s'étend alors à l'ouest de Rouen, d'une part du pied des hauteurs de Saint-Gervais à la Seine, et de l'autre des remparts de Rouen à la vallée d’Yonville...
Jusqu'en 1419, selon Jean Oursel, la porte du Pré existe telle que Cette porte mène à des prairies au-dessous du couvent des Jacobins. Le roi d'Angleterre, , victorieux après le siège de Rouen s'octroie en 1420 et y érige une tour dénommée Mal s'y frotte, premier élément du Vieil-Palais...
En 1520, le Pré de la Bataille et le clos Saint-Marc sont tous les deux pressentis pour accueillir un hôpital.. En effet, les linges des pestiférés, comme ceux des autres malades, sont transportés au quai du Pré de la Bataille, où l'Hôtel-Dieu possède une lavanderie..
En 1731, il est fait mention d'une porte nommée Pré-de-la-Bataille. En réalité, ce n'est pas une porte de la ville mais une fausse porte...
Rue homonyme
Ainsi, initialement, selon les cartes jusqu’au , le lieu est celui de prairies. Le une partie devient le champ de foire aux boissons dévolu aux marchands de cidres et de poirés... Cet espace est mentionné par le conseil municipal de Rouen le .. Ce n'est que sur un plan de 1817 qu'une voie dénommée rue du Champ-de-Foire borde sa longueur nord.. Il est possible qu'elle existe auparavant, ainsi que l'atteste le cadastre napoléonien ordonné en 1807., toutefois pour Rouen, le levé n'est pas daté.. Puis ce nom cède la place pour s'inscrire sur une nouvelle voie bordant la largeur nord. Durant la même séance, ayant ainsi libéré une appellation, et le lieu restant dans la mémoire collective, le , le conseil municipal Cette décision est remarquable car, ainsi que l'indique Pierre-Henri Billy, les odonymes . Cela peut être expliqué par le fait que, selon François Guillet, .
Puis, le , une délibération du conseil municipal prévoit de prolonger la rue à son extrémité nord, marquée par son intersection avec la rue du Champ-de-Foire, jusqu'à la rue Stanislas-Girardin.. Cependant le cette instance décide de ne mener qu'une partie du projet jusqu'à la rue du Chouquet. En effet les propriétaires refusent une cession gratuite des terrains nécessaires... Ce n'est que sur une carte de 1848 qu'apparait une prolongation, mais à quelques mètres près, elle ne rejoint pas la rue Stanislas-Girardin.. Le , après une transaction financière, le conseil peut enfin décider de supprimer le rétrécissement situé avant la rue du Chouquet. Ceci permet une largeur égale sur toute la longueur. Finalement en 1885 apparait sur une carte la prolongation complète qui permet de joindre le quai du Mont-Riboudet à la rue Stanislas-Girardin.. Ainsi la longueur de la rue passe de . Au moins en 1903, comme cela demeure en 2020, l'extrémité nord est condamnée. La rue se termine alors à angle droit avec la rue Prosper-Soyer..
Dans les années 1840, une petite place, à l'ouest des jardins de l'Hôtel-Dieu, rappelle aussi le souvenir de ce pré, mais elle n'est pas dénommée.. Cinquante ans plus tard, cette place est entièrement rattrapée par l'étalement urbain du faubourg Cauchoise au profit d'un nouveau quartier. En 1891, la rue est empierrée..
Du au , trois jours avant sa libération par les Canadiens, Rouen subit des bombardements aériens visant à détruire les ponts sur la Seine. Au troisième jour, des bombes détruisent le bas de la rue du Pré-de-la-Bataille et touchent alors la retorderie Baillard-Duboc-Hauville, l'usine de produits chimiques pour teinture, impression, blanchissage et tannage Deshayes et les teintureries Letourneur...
Un nouveau numérotage des bâtiments de la rue est établi après-guerre..
Puis lors de la seconde moitié du , la rue du Pré-de-la-Bataille s'étend jusqu'au quai de Boisguilbert qui longe la Seine. Néanmoins en 2006, cette partie sud au-delà de l'avenue du Mont-Riboudet reçoit la dénomination rue René-Dragon en mémoire du résistant éponyme, ce qui lui fait perdre les acquis précédemment..
Bâtiments remarquables et lieux de mémoire
Il ne semble pas exister d'écrits propres à l'architecture de cette rue. Elle est à proximité de l'Hôtel-Dieu, inscrit aux monuments historiques., donc dans un périmètre réglementé par l'architecte des bâtiments de France.. Néanmoins, son urbanisation, et celle des rues voisines, est parfois qualifiée d'. Afin de réduire les nombreux îlots de chaleur et sachant qu'un important domaine foncier se libère, le conseil municipal du établit un périmètre d'étude comprenant la rue. Cette mesure administrative lui permet de mieux contrôler le développement local...
Les bâtiments qui bordent la rue du Pré-de-la-Bataille sont pour sa partie sud essentiellement dévolus à des bureaux et des activités commerciales alors qu'au-delà de la rue de Constantine, qui en marque la moitié, il s'agit plutôt de petits immeubles sur Google Street View.. Le seul élément très différent est un hôtel particulier au , face à la rue du Contrat-Social. Sa façade, en retrait de l'alignement des immeubles voisins du fait de la présence d'une grande cour d'honneur fermée par une grille, s'inspire d'éléments antiques comme cela est en vogue au début du sur Google Street View.. Il se peut qu'il s'agisse de l'ancien , demeure d'Ernest Manchon. alors à la tête d'une importante manufacture transférée de la rue de Tanger à la rue de Constantine..
Industries disparues
La révolution industrielle fait de Rouen une ville tournée vers l'industrie textile., où des usines s'élèvent, comme dans le quartier du Pré de la Bataille. Créée dans les années 1850, la filature de coton Mottet devenue Mottet et Bertrand reprise par Baillard, Duboc & Hauville, a une emprise importante dans la rue ainsi qu'en témoigne la carte dressée par la Société des plans monumentaux de France.. Ses bâtiments, alors situés au , se caractérisent par une des plus hautes cheminées des quartiers ouest. Celle-ci est conçue par l'architecte Charles Fleury en 1864. L’entreprise ne survit pas au bombardement d'..
Les établissements de teinturerie-blanchisserie Louis Letourneur viennent s'installer au en 1878.. Ils s'avèrent très importants tant par leurs activités que par leur étendue dans la rue. Ils comptent plusieurs succursales dans le département. À la suite du bombardement d', ils sont transférés route de Lyons-la-Forêt.. Ils ne cessent leurs activités qu'en ..
Associations Depuis 1897., l'association Assistance par le travail de Rouen, fondée en 1892., y possède son siège. Elle a pour but de donner un travail provisoire ou de faire obtenir un travail régulier aux nécessiteux sans emploi, suppléant ainsi les ateliers municipaux supprimés en 1881.... Considérée comme une , elle est reconnue d'utilité publique depuis 1898. Dans un travail détaillé relatif aux œuvres sociales rouennaises, Yannick Marec constate que la tension entre l'assistance publique à Rouen et la bienfaisance privée, n'empêche pas une complémentarité entre les deux réseaux. L'Assistance par le travail de Rouen y prend activement part à la fin du .. Devenue l'association Le Pré de la Bataille, cette association loi de 1901. est un Établissement et service d'accompagnement par le travail (ESAT) qui œuvre auprès de personnes en situation de handicap mental.. Elle possède aussi dans cette rue, au , une maison de la fin du sur Google Street View..
Personnalités liées à la rue Ernest Manchon (1840-1907), industriel, occupe le (ancien numéro) en 1881. Ernest Conseil (1879-1930), médecin et biologiste, occupe le (ancien numéro) en 1902..
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie .
Articles connexes Rouen Canton de Rouen-1
Pré-de-la-Bataille Pré-de-la-Bataille