La politique étrangère de la Suède désigne l'ensemble des liens diplomatiques entretenus par le royaume de Suède depuis la création de son ministère des Affaires étrangères en 1791. Entre 1814, la Suède fusionne avec la Norvège, formant les royaumes unis de Suède et de Norvège, qui prend fin lors de sa dissolution en 1905.
Depuis le début du , celle-ci consiste essentiellement en l'affirmation de la neutralité du Royaume, qui a permis au pays scandinave d'échapper aux deux guerre mondiales, et d'adopter un rôle de médiateur entre les deux blocs pendant la guerre froide. Malgré cette neutralité, la politique étrangère de la Suède est particulièrement active, caractérisée par des prises de positions fortes, et la promotion d'idéaux humanistes.
La Suède est membre des Nations unies depuis 1946, et intègre l'Union européenne en 1995 en même temps que l'Autriche et la Finlande, et en a assuré la présidence entre janvier et , puis entre juillet et .
La ministre des Affaires étrangères est Ann Linde depuis le . Ce poste a été occupé par plusieurs personnalités charismatiques, notamment Östen Undén (1945-1962), qui pose les bases de la politique étrangère de la Suède pendant la guerre froide, son successeur Torsten Nilsson (1962-1971), connu pour son opposition à la guerre du Viêt Nam, Sten Andersson (1985-1991), connu pour son soutien à la Palestine, et Margot Wallström (2014-2019), pionnière de la « diplomatie féministe ». L'ancien Premier ministre suédois Olof Palme (1969-1976 et 1982-1986) est lui aussi très actif sur la scène internationale contre la guerre du Viêt Nam, l'apartheid en Afrique du Sud et la prolifération nucléaire.
La Suède fait partie des rares pays d'Europe à disposer d'une ambassade en Corée du Nord, utilisée pour représenter les intérêts des États-Unis, du Canada, de l'Australie et des autres pays nordiques.
Chronologie des relations
Politique étrangère au siècle
Pendant les deux guerres mondiales
Pendant la première guerre mondiale et les années suivantes Pendant la Première guerre mondiale, parmi les nations européennes, seuls les Pays-Bas, la Suisse, l'Espagne, le Danemark, la Norvège, la Suède, le Liechtenstein et Monaco demeurent officiellement neutres.
En 1921, le Premier ministre socialiste suédois Hjalmar Branting reçoit le prix Nobel de la paix pour son travail dans la Société des Nations.
Pendant la seconde guerre mondiale La Suède reste neutre pendant la seconde guerre mondiale, mais fait plusieurs concession à l'Allemagne nazi pour éviter d'être attaquée. Ces concessions se sont caractérisées par un approvisionnement matériel limité, mais aussi l'application de lois raciales, comme l’interdiction des mariages « mixtes », entre juifs et aryens.
Néanmoins, cette coopération limitée avec le Troisième Reich est aussi utilisée par la Suède pour se poser en médiateur. En 1944, dans la perspective de la libération de Paris, le diplomate suédois Raoul Nordling, multiplie les contacts auprès des belligérants, notamment le Maréchal Pétain, le général Dietrich von Choltitz, et des acteurs gaullistes pour limiter les dégâts dans la ville et permettre des échanges de prisonniers.
Pendant la guerre froide
Pendant la guerre froide, la Suède s'efforce de donner publiquement des gages de sa neutralité en menant une politique conciliante envers les deux blocs, mais aussi en se montrant particulièrement virulent dans ses critiques adressées aussi bien à Moscou qu'à Washington. Toutefois, la Suède mène aussi dans le plus grand secret une collaboration militaire avec les États-Unis et d'autres membres de l'OTAN.
Depuis la fin du siècle Depuis la fin de la guerre froide, la Suède conserve une diplomatie active et une neutralité qui ne lui interdit pas quelques rares interventions militaires au Kosovo et en Afghanistan bien que la Suède reste non-membre de l'OTAN.
En 2018, Stockholm accueille une rencontre entre les belligérants de la guerre civile yéménite qui signent un traité de paix entériné par l'ONU.
La Suède est un pays pionnier de la diplomatie féministe, initiée par Margot Wallström, ministre des Affaires étrangères de 2014 à 2019.
En , dans le contexte de l'invasion de l'Ukraine par la Russie, la Suède rompt officiellement sa politique de neutralité à l'égard de Moscou en déposant sa candidature pour intégrer l'OTAN.
Relations avec l'Europe
Relations avec la Norvège
Royaumes unis de Suède et de Norvège
Relations contemporaines La Norvège et la Suède sont séparés par une frontière de 1 619 km. Bien que la Norvège ne fasse pas partie de l'Union européenne, les deux pays font partie de l'espace Schengen, les contrôles frontaliers ont été supprimés en .
En , le crash accidentel d'une fusée suédoise dans le nord de la Norvège crée un bref incident diplomatique entre les deux pays.
Relations avec la Russie
La Suède et la Russie partagent une frontière maritime située en mer Baltique dans la baie de Gdańsk.
Pendant la guerre froide Les relations suédo-soviétiques sont marquées après la guerre par l'extradition des Baltes. Après la capitulation de l'Allemagne, l'Union soviétique exige de Stockholm l'extradition de militaires baltes ayant combattu dans la Wehrmacht. La Suède décide de répondre favorablement à la demande soviétique, et 2 518 personnes, dont environ 150 réfugiés baltes sont extradées en et . Reconnaissant envers la Suède pour sa coopération, Staline reçoit personnellement l'ambassadeur de Suède à Moscou Staffan Söderblom en .
Toutefois, le dossier Raoul Wallenberg, « juste » suédois ayant sauvé plusieurs milliers de Juifs en Hongrie pendant la guerre avant de disparaître après son arrestation par les troupes russes en , est une source de tensions dans les relations suédo-soviétiques. Mais Moscou affirme ignorer le sort du Suédois, resté très incertain jusqu'à aujourd'hui.
Les relations entre la Suède et l’URSS se dégradent pendant la guerre de Corée, lors de laquelle la Suède soutient (en envoyant un hôpital de campagne) la coalition des Nations unies menée par les États-Unis contre la Corée du Nord, soutenue par les Soviétiques. En 1951 et 1952, les officiers Ernst Hilding Andersson et Fritiof Enbom sont arrêtés et condamnés pour espionnage en faveur de l'URSS.
En , un DC-3 suédois, effectuant en secret une mission de surveillance en coordination avec Washington, disparaît au-dessus de la mer Baltique, suivi trois jours plus tard d'un hydravion suédois qui participait aux recherches. L'Union soviétique nie toute implication, avant de reconnaître en 1991 que ces appareils ont bien été abattus par l'aviation soviétique.
En 1953, la mort de Staline et la fin de la guerre de Corée permet à une détente entre les la Suède et l'Union soviétique. En , le ministre des Affaires étrangères suédois Östen Undén visite l'URSS, tandis qu'en c'est au tour du vice-ministre des Affaires étrangères soviétique Andreï Gromyko de se rendre à Stockholm. En , une délégation suédoise constituée par le Premier ministre suédois Tage Erlander, le ministre des Affaires étrangères Östen Undén et le ministre de l'Intérieur Gunnar Hedlund se rendent à Moscou, et rencontre Viatcheslav Molotov qui leur affirme que l'URSS attache « beaucoup d'importance à la neutralité de la Suède et à sa politique de non-alignement ». Le , c'est au tour du chef d'État Nikita Khrouchtchev de se rendre en visite officielle en Suède.
Lorsque l'URSS envahit la Tchécoslovaquie en 1968, la Suède proteste et décrit l'occupation comme « une erreur politique tragique, et un crime contre les principes juridiques et moraux ».
Au début de l'année 1980 les relations suédo-soviétiques sont cordiales : le ministre suédois des Affaires étrangères Ola Ullsten se rend deux fois à Moscou dans les six premiers mois de l'année.
Le , le mat d'un sous-marin est observé au large de Sandhamn dans l'archipel de Stockholm. Une grenade anti-sous-marine est larguée, sans résultat. L'événement confirme l'importance stratégique de la mer Baltique, mais cette intrusion ne sera jamais confirmée. Le matin du , un sous-marin soviétique, le S-363, est découvert échoué sur la côte suédoise, à proximité de la base de Karlskrona. Côté soviétique, on affirme que l'intrusion est due à une erreur de navigation. Le ministre des Affaires étrangères suédois Ola Ullsten proteste avec véhémence.
À l'automne 1982, une course poursuite sous-marine dans le Horsfjärd, un bras de mer de l'archipel de Stockholm situé à proximité des bases de Märsgarn, Muskö et Berga, ne donne aucun résultat. Si Palme n'est pas convaincu de l'implication soviétique, Stockholm adresse une note de protestation.
En , le Premier ministre suédois Ingvar Carlsson se rend à Moscou, suivi en par la visite du Premier ministre Nikolaï Ryjkov à Stockholm. À cette occasion, les deux pays parviennent à un accord sur leurs frontières dans la mer Baltique, source de tensions depuis 1969.
Depuis la dislocation de l'Union soviétique Les relations russo-suédoises se sont de nouveau tendues depuis les années 1990, alors que la Russie multiplie les incursions dans l'espace aérien et sous-marin suédois. Depuis l'annexion de la Crimée par la Russie en 2014, les ambitions expansionnistes russes inquiète la Suède, au point de liguer les partis d'opposition suédois pour demander au gouvernement de rejoindre l'OTAN. En , celui-ci rétabli le service militaire obligatoire, et décide de déployer de manière permanente des troupes sur l'île de Gotland, son point le plus à l'est.
En , la Russie expulse des diplomates polonais, suédois et allemand en raison de tensions russe-européennes provoquées par l’emprisonnement de l'opposant russe Alexeï Navalny.
L'invasion russe de l'Ukraine entraîne une demande d'adhésion de la Suède à l'OTAN au lendemain de celle de la Finlande. L'OTAN réagit positivement à cette demande.
Relations avec l'Union européenne La Suède a adhéré à l'Union européenne en janvier 1995, mais le peuple suédois a refusé l'adoption de l'euro par référendum le .
En 2019, le commerce intra-UE représente près des deux tiers des exportations de la Suède (Allemagne: 11 % et Danemark et Finlande: 7 % chacun), ses ex hors UE s'élevant à 11 % pour la Norvège et 7 % pour les États-Unis. 70 % des importations proviennent d’États membres de l’UE (dont Allemagne: 18 %, Pays-Bas: 9 % et Danemark: 7 %).
La Suède compte 21 députés au Parlement européen. .
Relations avec le Danemark
La Suède et le Danemark partagent une frontière maritime traversée par le pont de l’Øresund.
Relations avec la Finlande
La Suède et la Finlande partagent une frontière terrestre de 614 kilomètres.
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, la Suède, pays neutre dans le conflit, soutient la Finlande en envoyant plus de 8 000 volontaires combattre contre les Soviétiques lors de la guerre d'Hiver. Après la guerre, la Suède eut une longueur d'avance de développement économique par rapport à la Finlande en raison notamment de sa neutralité dans la guerre. Depuis le milieu des années 1990, les inégalités entre la Finlande et la Suède sont toutefois redevenues équilibrées. En 2014, les deux pays ont annoncé un partenariat spécial de défense entre eux.
Relations avec la France
Relations avec l'Allemagne
Relations avec la Pologne
Relations avec l'Amérique
Relations avec les États-Unis
Pendant la guerre froide