Noël des jouets est une mélodie pour voix et piano de Maurice Ravel composée en 1904, d'après un poème du compositeur en personne, qu'il a ensuite orchestrée à deux reprises en 1905 (orchestration perdue) puis en 1913.
Présentation Composé en 1904, et non en 1905 comme longtemps admis, sur un texte de Ravel lui-même, le Noël des jouets est une mélodie .
La mélodie a été créée par Marie Mockel (voix), épouse d'Albert Mockel, et Mme Verneuil (piano) le à la salle des fêtes du Journal à Paris, 100, rue de Richelieu. Il a été longtemps admis par inexactitude que la création de la partition datait du , salle Fourcroy, à Paris, par Jane Bathori (voix) et le compositeur (piano), lors d'un concert organisé par le peintre Édouard Bénédictus, du cercle des Apaches. Cette audition constitue en fait la deuxième, après la première audition du , sachant qu'une seconde audition avait été programmée le , par Jeanne Hatto (voix) et le compositeur (piano), à la salle Æolian, à Paris, mais fut annulée en raison de l'empêchement de la chanteuse, retenue par son service à l'Opéra de Paris. En outre, une première audition privée, par Maurice Ravel et une chanteuse non identifiée, aurait eu lieu à une date inconnue avant la première édition de au domicile du compositeur Paul Ladmirault, 129, rue Legendre, donc logiquement vers Noël 1904.
L’œuvre, dédiée à Louise Cruppi, est publiée d'abord aux éditions Bellon, Ponscarme et Cie (37, boulevard Haussmann) en , puis après sa cession en 1910, aux éditions A.Z. Mathot (11, rue Bergère) en 1914, dont le fonds est passé en 1930 aux éditions Salabert.
La durée moyenne d'exécution de la pièce est de trois minutes environ.
Dans le catalogue des œuvres du compositeur établi par Marcel Marnat, la pièce porte le numéro M 47.
Deux orchestrations
vignette|droite|Poème Noël des jouets de Maurice Ravel, tel que publié dans le Mercure de France, 15 mai 1906. Maurice Ravel réalise une première orchestration de la mélodie en 1905, qui est créée le au concert de la Société nationale de musique, salle Érard, avec Désiré-Émile Inghelbrecht à la baguette et Jane Bathori au chant. Après une seconde audition de l'orchestration par Louise Durand-Texte et un orchestre sous la direction de Pierre Monteux le au Théâtre Femina à un concert d'avant-garde de Musica, et en pleine procédure de divorce de ce musicien avec sa première épouse, la pianiste Victoria Barrière, le manuscrit et matériel d'orchestre de cette première orchestration sont égarés.
C'est pourquoi Maurice Ravel, pressé par l'éditeur Albert Zunz Mathot, la chanteuse Jane Bathori et le chef d'orchestre lyonnais Georges Martin Witkowski, accepte de réaliser une seconde orchestration de la mélodie en . Cette seconde orchestration, qui comporte la mention énigmatique pour les non initiés « réorchestré –pour cause de divorce - en »Par erreur, Marcel Marnat, interprète l'indication « sibylline » comme une rupture de contrat avec le premier éditeur Bellon, Ponscarme et Cie ()., est créée par Jane Bathori et sous la baguette de Georges Martin Witkowski le à la Salle Rameau à Lyon. Maurice Ravel, empêché d’assister au concert, remercie le chef d’orchestre :
La première audition parisienne de cette seconde orchestration date du à la Salle Gaveau, par Hilda Roosevelt et l'Orchestre Hasselmans sous la direction de Lucien Wurmser. L’œuvre, donnée deux fois en concert en 1914, n’a été jouée que très rarement dans l'entre-deux-guerres et n’a jamais été enregistrée.
Maurice Ravel commente avec humour l’effectif orchestral de son œuvre, dans une lettre du :
D'après de nouvelles informations de publiées par Manuel Cornejo, la partition autographe signée de neuf pages est conservée à la Bibliothèque nationale de France (dépôt des éditions Salabert, propriétaires du manuscrit depuis 1930) et les Éditions Durand-Salabert-Eschig ont inscrit l’opus dans leur plan éditorial de 2026..
Analyse Pour Léon Vallas, rendant compte de la création à Lyon de la deuxième orchestration de la mélodie :
Paul Le Flem, lors d’une audition de cette même orchestration aux Concerts Lamoureux le , loue « le ravissant Noël des jouets de Ravel, à l’orchestre pimpant et spirituel »..
Florent Schmitt, lors d'une audition de la mélodie dans sa version originale pour voix et piano le , juge le Noël des jouets comme « une des inspirations les plus touchantes de Maurice Ravel »..
Vladimir Jankélévitch trouve le morceau pour voix et piano , mais souligne néanmoins ses .
La mélodie est constituée de cinq strophes, chacune évoquant un sujet particulier : en premier, les moutons dans la crèche miniature, puis la Vierge Marie dans sa crinoline, puis le sombre chien Belzébuth tapi pour dévorer l’enfant Jésus fait de sucre peint, puis les anges suspendus, enfin, l’adoration.
Discographie
Maurice Ravel : Mélodies, Jean-Christophe Benoît (baryton) et Aldo Ciccolini (piano), Erato, 1968. Maurice Ravel : Mélodies, CD 2, Felicity Lott (soprano) et Dalton Baldwin (piano), EMI 7243 5 69299 2 0, 1984. Maurice Ravel : The Complete Works, CD 13, par Elly Ameling (soprano) et Rudolf Jansen (piano), Warner Classics 0190295283261, 2020. Ravel : Complete Mélodies, CD 1, par Monica Piccinini (soprano) et Filippo Farinelli (piano), Brilliant Classics 94743, 2015. Ravel : Complete Songs for Voice and Piano, CD 1, par Claire Brua (mezzo-soprano) et David Abramovitz (piano), Naxos 8.554176-77, 2003.
Bibliographie
Écrits de Maurice Ravel
Ouvrages généraux
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Monographies
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Articles
Notes et références
Liens externes
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