Le Komalay Shorshgeri Zahmatkeshani Kurdistani Iran, ou Komala (anglais : Komala Party of Iranian Kurdistan ; kurde : كۆمهڵهی شۆڕشگێڕی زهحمهتكێشانی كوردستانی ئێران, romanized: Komełey Şorrişgêrrî Zehmetkêşanî Kurdistanî Êran), est un parti social-démocrate Report on Joint Finnish-Swiss Fact-Finding Mission to Amman and the Kurdish Regional Government (KRG) Area Tower of the Sun: Stories from the Middle East and North Africa By Michael J. Totten du Kurdistan iranien. Le Komala se bat pour un gouvernement fédéral nyidanmark UNHCR refworld pageFederal, The Political Development of the Kurds in Iran: Pastoral NationalismBy F. Koohi-Kamali iranien avec un gouvernement laïc qui applique la démocratie.
Création vignette|Drapeau du Komala. Komala est un mot kurde qui signifie , au sens large comme au sens restreint d’association, de comité. C’est aussi, depuis 1969, l'acronyme de l’. Le choix de ce nom n’est évidemment pas neutre, car il évoque le Komala y Jiyanenewe-y Kurd, l’. Cette organisation fondée en 1942, avait favorisé la création de l’éphémère République de Mahabad en 1946-47, à la faveur de l’occupation du nord de l’Iran par les troupes soviétiques. C’est aussi, symboliquement, reprendre l’héritage du (PDKI), lui-même issu de ce premier Komala, et par ce geste, symboliquement proclamer sa mort en tant qu’organisation révolutionnaire, en reprendre le flambeau. Au « nationalisme bourgeois » du PDKI, le Komala oppose une vision axée sur la lutte sociale.
À l’origine, il s’agit d’un groupe d'étudiants d’inspiration maoïste créé à Téhéran par des étudiants kurdes. Il ne compte, à sa création, guère plus de cinq personnes. L’organisation se caractérise par le refus de la guérilla, le rejet du révisionnisme soviétique et celui du nationalisme kurde. Après quelques années de gestation intellectuelle, Komala va s’engager dans le travail de masse en direction de la classe ouvrière. Elle mène une activité de propagande clandestine, qui lui vaut l’emprisonnement de nombreux militants en 1975. La révolution de 1978 va lui permettre de se développer au grand jour, jusqu’à l’intervention militaire des troupes iraniennes dans la province occidentale. Les militants du Komala vont alors saisir l’occasion historique, en appelant à la résistance armée face au régime islamiste. À la faveur de l’insurrection contre le chah, les Komalistes s’équipent en armes saisies dans les casernes et mettent sur pied un embryon d’organisation militaire.
Le Komala milite pour une réforme agraire, la défense des droits des travailleurs, et la réduction du rôle et de l'influence des chefs tribaux. Le parti bénéficie d'une grande popularité parmi les Kurdes d'Iran à la fin des années 1970.
L'insurrection du février 1979 Komala s’était fait connaître par des accrochages violents avec les forces de l’ordre dans la région de Bokan, où l’organisation est bien implantée, et par des manifestations ouvrières habilement maquillées en fêtes religieuses, à l’occasion de l’Aïd, la fin du jeune de ramadan. Cette agitation lui vaut immédiatement les foudres du PDKI, qui voit dans la nouvelle république un espoir pour l’autonomie du Kurdistan. Le soulèvement qui éclate le au Kurdistan, le jour même du retour de l’ayatollah Khomeiny de son exil français, va servir de déclencheurChris Kutschera (1997), Le défi kurde ou le rêve fou de l’indépendance..
C’est un chef religieux kurde, cheick Ezzedine Hosseiny, qui va s’imposer comme le porte-parole des revendications à l’autonomie. Il est ouvertement progressiste, démocrate et laïque, ce qui lui vaut régulièrement les foudres de l’ayatollah Khomeiny. Au départ, c’est un allié du PDKI, qui va utiliser son autorité comme caisse de résonance de son orientation politique. Il devient rapidement très populaire, mais s’émancipe progressivement du PDKI pour se rapprocher de Komala, dont le discours radical cadre mieux avec son opposition à Khomeini. Son entourage, sa garde rapprochée et son staff politique deviennent un repaire de Komalistes, malgré l’indépendance qu’il persiste à afficherChristiane More (1984), Les Kurdes aujourd’hui. Mouvement national et partis politiques, L’Harmattan..
Le , une délégation formée de Cheick Ezzedine et de représentants du PDKI, de Komala et des fédayins, est reçue à Mahabad par le ministre du Travail et des Affaires sociales. Les délégués présentent une déclaration en six points, qui pose les bases de la revendication « d’autonomie du Kurdistan dans un Iran démocratique. Le lendemain, un membre du Comité central de Komala est tué dans l’assaut de la sous-préfecture de Sanandaj, lors de l’insurrection. Ce restera considéré comme « le jour de Komala ».
Au même moment, les insurgés distribuent aux civils les armes saisies dans les casernes lors de la chute du Chah. Les affrontements avec les pasdaran, les , se multiplient. Lorsque Téhéran annonce la nomination de dignitaires religieux aux postes de responsabilité à Sanandaj, c’est l’émeute. Il y aura plusieurs morts. À la fin du mois de mars, 90 % des habitants du Kurdistan boycottent le référendum. Comment choisir, lorsque la question posée est « Êtes-vous pour la monarchie ou pour la République islamique ? ».
La réaction à Téhéran est extrêmement brutale, l’ayatollah Khomeiny envoie l’armée occuper les villes du Kurdistan, reprenant Sanandaj. Le , il annonce la guerre sainte contre « les groupuscules athées du Kurdistan ». Malgré cela, Abdul Rahman Ghassemlou, le célèbre leader du PDKI, tente de maintenir le dialogue. Il reste persuadé qu’il est possible de négocier avec Khomeini, même s’il est entouré de jeunes loups plus dangereux que lui. À sa manière, le vieux social-démocrate kurde considère le religieux comme représentant de la « bourgeoisie nationale progressiste ». En , il fait acclamer Khomeini par la foule à Mahabad. Son entêtement à dialoguer avec l’adversaire se terminera de manière tragique, lorsqu’en 1989 il sera assassiné par les services secrets iraniens au cours de négociations discrètes à Vienne (Autriche). Au contraire, la ligne radicale de Komala va s’illustrer dans le refus des négociations, le combat pour la dissolution de l’assemblée des experts (assemblée constitutionnelle) et pour une nouvelle constitution.
L'insurrection du 19 avril 1980 L’insurrection reprend le à Sanandaj, dans laquelle conseils et comités s’organisent en une véritable Commune, qui puise ouvertement son inspiration dans celle de Paris. Bani Sadr, président de la République et commandant des Forces armées, renforce la pression militaire sur le Kurdistan. L’ethnologue Gérard Heuzé, qui a traversé l’Iran durant cette année 1980, a brossé un portrait de la situation et des militants de KomalaGérard Heuzé (1990), Iran au fil des jours, L’Harmattan.. Dans les villages les plus reculés, ils s’occupent d’alphabétisation et de réforme agraire, parvenant à vaincre la méfiance envers la scolarisation des filles. La réforme agraire n’est pas un vain mot : ils expulsent les propriétaires terriens dans les villages qu’ils contrôlent. Mais malgré leur athéisme militant, ils conservent les mollahs, qui bénéficient toujours de la confiance des paysans. Cette attitude leur vaut un certain soutien populaire, y compris dans les familles musulmanes traditionnelles : les Komalistes s’inscrivent sans trop de problème dans la tradition des bandes armées kurdes hostiles au pouvoir central – le marxisme-léninisme en plus.
À Marivan, petite cité située à proximité de la frontière irakienne, les locaux de Komala sont installés dans l’ancien palais de justice, tandis que les Fédayins — une autre organisation d'extrême-gauche - sont installés dans la gendarmerie. Les peshmergas des deux groupes agiront volontiers ensemble durant toute la guerre, malgré des désaccords idéologiques… sur l’appréciation de la nature de l’URSS. De fait, les organisations révolutionnaires gèrent la ville selon leurs propres normes. On discute beaucoup durant ces journées révolutionnaires, de la nature de l’URSS, de l’Albanie socialiste, ce petit pays rural et montagneux qui n’est pas sans ressemblances avec le Kurdistan, et de la place de l’insurrection kurde dans la révolution mondiale, alors même que la majeure partie de l’extrême-gauche mondiale continue de regarder avec sympathie la République islamique naissante.
Les militants de Komala sont également bien implantés à Sanandaj, bénéficiant de la méfiance de la jeunesse à l’égard des manœuvres de Ghassemlou en direction du régime de Téhéran. Ils s’implantent en milieu ouvrier, notamment dans les carrières de pierre où une grève de 43 jours va éclater. Lorsqu’au mois de mai, l’armée iranienne assiège Sanandaj, ils lancent le slogan « Faire de Sanandaj un nouveau Stalingrad », entendant par là mettre un coup d’arrêt à la réaction, quel qu'en soit le prix. Cette résistance désespérée va contraindre le PDKI, partisan de quitter la ville, à rester contre son gré jusqu’à l’évacuation finale. Bien organisés, sérieux dans leur travail militant, solidement armés et surtout animés d’une volonté claire, les Komalistes jouent un rôle clef dans l’insurrection. Se moquant de leur sérieux, Ghassemlou prétend réussir à distinguer ses peshmergas de ceux de Komala par leur expression : « celui qui ne sourit jamais est membre de Komala ».
En guerre contre la République islamique d’Iran Au plus fort de son activité, le Komala dispose d’une force armée de deux à trois mille combattants peshmergas (combattants) dans le nord de l’Iran, en pays kurde. Pour comparaison, à la même époque, PDKI de Ghassemlou, son principal concurrent, dispose de combattants, et les Mujaheddin-e-Khalq (), environ un millierPaul Balta (1987), Iran-Irak, une guerre de 5000 ans, Anthropos.. Dans ses rangs, fait unique dans les organisations kurdes de l’époque, les femmes ont accès à toutes les fonctions militaires.
Le Komala dispose d’une véritable zone libérée dans laquelle il organise la vie des villages, et contrôle de fait les villes de la région. De septembre 1980 au printemps 1984, ce n’est pas moins de qui échappent à l’autorité de Téhéran, contrôlés entre les différentes organisations de la guérilla. Mahabad, l’ancienne capitale de la République du Kurdistan proclamée en 1945, avec le soutien de l’armée rouge, Sadacht et Bokan, sont complètement contrôlées par les organisations Kurdes.
Dans cette zone, le Komala dispose de nombreuses écoles ; hôpital, avec le soutien de Médecins sans frontières – Bernard Kouchner viendra lui-même rendre visite aux Komalistes, malgré sa préférence marquée pour le PDKI de Ghassemlou ; d’une école de formation des cadres, où l’on enseigne le marxisme-léninisme, le programme du Komala et celui des autres organisations ; d’une station de radio « La voix de la révolution d’Iran », qui émet en persan et en kurde. Cette dernière est vitale pour la propagande mais aussi la transmission des consignes politiques et militaires. Son journal, Pishro () parait de manière très régulière, et est diffusé clandestinement jusque Téhéran et en Europe. Villes et villages sont organisés en shuras, en conseils qui gèrent selon les principes de démocratie directe. Avec quelques mois de retard, le PDKI organisera lui-même sa zone libérée en conseils de village sur le modèle de Komala.
Encouragés par ses succès, un petit groupe de militants proposent d’exporter la guérilla en installant un foyer au Luristan. La direction hésite, car la situation n’y est pas du tout la même : le Komala a pu s’appuyer sur l’insurrection populaire, mais ne l’a pas créée artificiellement. Malgré cela, une dizaine de peshmergas tentent l’aventure : ils sont rapidement découverts et massacrés par les militaires. Cela témoigne tout de même du refus des Komalistes de rester isolés au Kurdistan, alors qu’ils se voient comme partie intégrante du mouvement révolutionnaire iranien.