Eulalie Papavoine, née le à Auxerre et morte à Châlons-en-Champagne le , est une couturière parisienne. Elle a participé à la Commune de Paris comme ambulancière.
Biographie
Commune de Paris Eulalie Papavoine, célibataire, vit en concubinage avec le ciseleur Rémy Balthazar, caporal fédéré du bataillon de la Garde nationale, dont elle a un enfant. Lors de la Commune de Paris, elle le suit comme ambulancière à Neuilly, Issy, Vanves, et Levallois.
Arrestation et procès Arrêtée après la semaine sanglante, Papavoine est enfermée à Satory, identifiée comme une probable puis envoyée avec une quarantaine de femmes à la prison des Chantiers de Versailles, et enfin à la maison de correction, dans des conditions très difficiles. Pour Édith Thomas, . Les femmes arrêtées marchent sous les quolibets de la foule parisienne, lorsqu'elles ne sont pas tuées sur le champ.
Le procès des pétroleuses s'ouvre le . Papavoine est accusée d’avoir dérobé avec Léontine Suétens trois mouchoirs pris dans une maison, rue de Solférino. Dans la maison avait été installée une ambulance, qui soignait d'abord les blessés d'une explosion survenue Avenue Rapp. Papavoine secourait les blessés, leur donnait les premiers soins rue de Solférino puis les conduisait à l'hôpital de la Charité.
Sans antécédents judiciaires, elle nie avoir participé aux incendies de quartier, et admet avoir organisé une ambulance dans une maison de la rue de Solférino. Interrogée par le président du tribunal, elle répond :
Condamnation Le , elle est condamnée à la déportation dans une enceinte fortifiée et à la dégradation civique. Détenue, elle est autorisée à épouser Rémy Balthazar, détenu aux docks de Satory, afin de permettre de légitimer son fils, alors âgé de quatre ans.
Victor Hugo prend alors la défense, d'une part de Théophile Ferré et de Louis Rossel, mais également de trois femmes : Eulalie Papavoine, Léontine Suétens et Joséphine Marchais. Il considère les insurgés comme des combattants révolutionnaires, non comme des criminels de droit commun. Pour les trois femmes de surcroit, il mobilise la question sociale :
Eulalie Papavoine meurt à l'asile de Châlons-sur-Marne le .
Postérité Eulalie Papavoine est assimilée au mythe de la prostituée révolutionnaire, puis à celui de la pétroleuse prétendument incendiaire.
Mythe de la prostituée révolutionnaire
Pour l'universitaire Roger Bellet, Flaubert recourt au mythe, développé depuis 1848, de la prostituée emblématique des grandes journées révolutionnaires, mais en le détournant. L’allégorie vivante de la Liberté n'est plus, chez Flaubert, innocente : elle est le .
Mythe de la pétroleuse vignette|Procès des pétroleuses du faubourg Saint-Germain, gravure de 1871 - Archives nationales. La série sur les femmes de la Commune de Bertall, caricaturiste mondain du Second Empire la présente comme . Le procès d'Eulalie Papavoine et de ses co-accusées est retranscrit en feuilleton pendant l'été et l'automne 1871.
Pour l'archiviste Pierre Casselle, . Le portrait physique se doit de rehausser l'indignité morale, et ainsi, pour les commentateurs présents au procès, .
Postérité Jean Jaurès revient dans son Histoire socialiste sur le procès d'Eulalie Papavoine, en jugeant qu'il s'agit d'acharnement judiciaire et d'un procès politique : .
Des femmes de la Commune. Prison des Chantiers, le 15 août 1871, Versailles. Photomontage de portraits par Eugène Appert, extrait des Crimes de la Commune.
Louise Michel fait dans ses Mémoires d'une homonymie malheureuse avec le criminel Louis-Auguste Papavoine la cause de sa détention : .
Au Édith Thomas, la première historienne à s'intéresser au cas des « Pétroleuses », est formelle quant à l'innocence d'Eulalie Papavoine : si deux des femmes jugées .
Une rue de Savigny-le-Temple porte le nom d'Eulalie Papavoine.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
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Article connexe Femmes dans la Commune de Paris
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