vignette|droite|Façade de la basilique Notre-Dame-du-Rosaire, édifice principal du sanctuaire Notre-Dame de Fátima, au Portugal, qui est reconnu sanctuaire international par le Saint-Siège. Un sanctuaire peut désigner informellement un lieu de pèlerinage comme dans d’autres religions. Mais le Code de droit canonique de caractérise ce qui est attendu d’un tel site, et définit précisément ce que doivent être un « sanctuaire diocésain », un « sanctuaire national » et un « sanctuaire international ».

Un (ou juste « sanctuaire ») est un édifice ou un lieu sacré accueillant des pèlerinages et reconnu notablement important par l’ordinaire du lieu ;, en général un évêque.

Un est un sanctuaire diocésain reconnu par la conférence épiscopale référente comme ayant une importance religieuse, culturelle ou historique significative ;.

Un est un sanctuaire national également reconnu par le Saint-Siège comme ayant une influence internationale. Il y en a en plus de dix, en majorité en Europe.

On trouve parfois le terme de « » pour désigner un lieu de pèlerinage n’ayant pas encore achevé les démarches nécessaires pour devenir un sanctuaire diocésain.

Le terme de « » est usuellement employé pour désigner un sanctuaire déclaré comme diocésain par un archidiocèse, sans que cela ne change quoi que ce soit.

Définition et processus d’élection L’élection d’un sanctuaire est décidée, selon qu’il est diocésain, national ou international, par l’ordinaire du lieu , la conférence épiscopale référente (nationale ou multi-nationale), ou le Saint-Siège (actuellement, par le Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation).

Les statuts du sanctuaire (propriété et administration, essentiellement ;) doivent être approuvés par ces mêmes institutions ;.

Sanctuaire diocésain Les sanctuaires doivent être des lieux ayant une importante dévotion populaire. Ils doivent permettre une pratique de la liturgie convenable, et « annoncer avec zèle la parole de Dieu » ;. Les pratiques locales de piété populaire doivent y être facilitées, et des mesures de sécurité prises pour protéger les reliques ou autres objets de dévotion ainsi que les témoignages de piété.. Un lieu qui remplit toutes ces obligations peut être proposé par la paroisse à l’ordinaire du lieu pour être désigné sanctuaire diocésain.

Sanctuaire national Lorsqu’un sanctuaire diocésain a acquis une importance certaine, il peut être proposé par l’évêque à la conférence épiscopale référente (nationale ou multi-nationale) afin d’être élu sanctuaire national. Il doit pour cela remplir certaines obligations, définies par la conférence épiscopale (voir par exemple le document normatif de la Conférence des évêques catholiques des États-Unis, l’USCCB.), et passer par diverses étapes de confirmation : (). La conférence épiscopale a également le devoir de s’assurer de la qualité d’accueil et doit donc prévoir les démarches permettant la destitution d’un sanctuaire.

Sanctuaire international vignette|droite|L’église Saint-Thomas de Malayattoor en Inde, l’un des sanctuaires internationaux. Le Saint-Siège peut décider de la désignation d’un sanctuaire national comme sanctuaire international.

La gestion des sanctuaires internationaux a été historiquement confiée à la Congrégation pour le clergé, par la constitution apostolique de Pastor Bonus du pape : (). Le , le pape François, par une lettre apostolique en forme de motu proprio nommée Sanctuarium in Ecclesia, transfère toutes les compétences liées aux sanctuaires au Conseil pontifical pour la promotion de la nouvelle évangélisation : .

Historique de la notion Avant le vingtième siècle Le terme de « sanctuaire » désigne étymologiquement le « lieu le plus sacré » d’un édifice religieux, donc par exemple le lieu où se situe le maître-autel dans une église : , ou l’emplacement d’un reliquaire. Par synecdoque, l’usage a progressivement glissé jusqu’à désigner le bâtiment religieux lui-même, et s’est de fait associé dans l’esprit avec les pèlerinages destinés à aller voir la relique ou le lieu saint, autour du , , ().

Les premiers lieux jouant pour le christianisme le rôle de sanctuaires sont les lieux saints mentionnés dans les Évangiles et l’Ancien Testament ; les pèlerinages s’organisent dès le début du et se multiplient au . Le Moyen Âge développe les cultes liés aux reliques des saints, et fait émerger de cela l’aspect économique du sanctuaire. et la protection juridique du pèlerin..

Pour reconnaître et distinguer les édifices au centre d’un pèlerinage, l’Église met progressivement en place la notion de basilique. Ce titre est d’abord porté par de grandes églises ayant une importance historique religieuse forte, de manière honorifique. À partir du , il revient au pape de nommer les nouvelles basiliques, permettant de mettre en avant un vocable, un saint ou un pèlerinage qu’il désire promouvoir..

Définition contemporaine Le mot « sanctuaire » est absent du Code de droit canonique de . Les premiers usages officiels de l’Église catholique du terme dans le sens de « lieu de pèlerinage reconnu » datent des accords du Latran, en , , () : (). Le texte était cependant en préparation depuis ; le juriste Arturo Carlo Jemolo qui travaillait dessus fait ainsi dès cette période une distinction entre sanctuaire « majeur » et « mineur », , ( Cette dernière est reconnue depuis sanctuaire international.).

La première définition canonique du mot est proposée en au pape par la , et communiquée aux ordinaires le , cité dans , . : un sanctuaire est

La définition actuelle de « sanctuaire » apparaît finalement dans le Code de droit canonique de , qui abroge celui de .. Elle précise différents « niveaux » en impliquant les prélats et les conférences épiscopales. Plusieurs lieux étaient déjà définis par « sanctuaire » ou « sanctuaire national » à cette date ; les différentes conférences épiscopales ont donc eu à édicter des règles pour gérer ces cas (voir par exemple les points 1 et 2 du document normatif de l’USCCB).

Alors qu’il apparaissait dans le Code de droit canonique de , le terme de « basilique » disparaît complètement de celui de ; cela suggère que le statut canonique des basiliques devrait à terme se fondre dans celui des sanctuaires.

Évolution et précisions Le Conseil pontifical pour la pastorale des migrants et des personnes en déplacement a publié le un texte développant essentiellement le parallèle entre les sanctuaires tels que définis dans le Code de droit canonique et les sanctuaires de la Bible..

Le Directoire sur la piété populaire et la liturgie publié le donne plusieurs conseils concernant la gestion des sanctuaires, concernant par exemple le fait de faciliter la pénitence 267 : « La célébration de la Pénitence » ;, de prendre en compte la présence des pèlerins dans le cadre de la célébration de l’eucharistie 268 : « La célébration de l’Eucharistie » ;, de permettre l’onction des malades 269 : « La célébration de l’Onction des malades » ;, de valoriser la liturgie des Heures 271 : « La célébration de la Liturgie des Heures » ;, de mettre en avant la charité 275 : « Le sanctuaire, lieu de la charité » ;, de développer l’aspect culturel du lieu 276 : « Le sanctuaire, lieu culturel ».

Deux « congrès mondiaux de Pastorale des pèlerinages et des sanctuaires » se sont tenus, le premier en sous l’égide de ., et le second à Saint-Jacques-de-Compostelle du au sous l’égide de ..

Il faut noter également que certaines conférences épiscopales , pour des raisons historiques et d’usage, peuvent accepter comme sanctuaire des reliques ou des reliquaires, plutôt que des lieux. Voir par exemple le sanctuaire national Saint-Olivier-Plunket de Drogheda en Irlande : ().

Liste des sanctuaires Sanctuaires internationaux Entre onze et douze sanctuaires sont en reconnus sanctuaires internationaux : vignette|droite|Le sanctuaire du Martyre de en Corée du Sud, l’un des sanctuaires internationaux.en Corée du Sud (où est officiellement utilisée l’appellation « lieu de pèlerinage international » : (), et où les deux sanctuaires sont parfois comptés comme un seul : ()) : le sanctuaire du Martyre de dans la municipalité de Seosan : , désigné le ; : () avec une annonce le : ; les Sentiers du pèlerinage catholique de Séoul, désignés le ; ; en Inde, l’église Saint-Thomas de près d’Angamaly, rattachée à l’Église catholique syro-malabare, désignée en ; : () ou : () ; en Irlande, le sanctuaire Notre-Dame de Knock, désigné le ;.. : ; en Italie : la Sainte Maison à Lorette, désignée le ; ; la basilique Saint-Antoine de Padoue ;, désignée en : () ; en Lettonie, la basilique de l’Assomption d’Aglona, désignée (en ?) ; à l’entrée en vigueur d’un accord signé en : () ; aux Philippines, la cathédrale de l’Immaculée-Conception d’Antipolo, également sanctuaire Notre-Dame-de-la-Paix-et-du-Bon-Voyage, changement annoncé en : () et entré en application en . ; en Pologne : le sanctuaire de la Miséricorde-Divine de Cracovie ;, désigné le : () ; le sanctuaire Notre-Dame-des-Douleurs de Stary Wielisław, désigné en ; : () ; l’abbaye Sainte-Edwige de Trzebnica ; ; au Portugal, la basilique Notre-Dame-du-Rosaire de Fátima ;.

Sanctuaires nationaux Il y a plus de 200 sanctuaires nationaux. La liste complète en est difficile à maintenir, du fait de l’aspect décentralisé de la notion ; certaines conférences épiscopales communiquent peu de plus sur ces évolutions organisationnelles.

Il semble n’y avoir qu’une dizaine de sanctuaires nationaux en Afrique : on en trouve au Burkina Faso : , un deuxième en République démocratique du Congo ;., en Côte d’Ivoire ; : : , un quatrième au Kenya ;., un cinquième au Mali ;, un sixième au Nigeria, en Ouganda ;, et un dernier au Sénégal : . En Amérique centrale , il y a autour de vingt-cinq sanctuaires nationaux. Il y a environ soixante-quinze sanctuaires nationaux en Amérique du Nord, en ne comptant que le Canada et les États-Unis. Le premier pays en compte six (voir également la liste des sanctuaires nationaux du Canada), alors que les États-Unis multiplient les lieux sanctuarisés . vignette|droite|Le sanctuaire Notre-Dame-de-Las-Lajas d’Ipiales en Colombie, l’un des trois sanctuaires nationaux de la Conférence épiscopale de Colombie.Il y a une grosse trentaine de sanctuaires nationaux en Amérique du Sud. Parmi eux, un certain nombre sont des églises associées à l’indépendance du pays (Maipú ; pour le Chili, Quito ; pour l’Équateur, Achaguas ; pour le Venezuela), d’autres sont liés au saint patron du pays (Luján ; pour l’Argentine, Aparecida ; pour le Brésil, Quito encore pour l’Équateur, Coromoto ; pour le Venezuela). Il y a une petite cinquantaine de sanctuaires nationaux en Asie. Plus de la moitié cependant sont situés aux Philippines ( ayant le plus de catholiques au monde), avec également une forte densité au Sri Lanka. On compte une quarantaine de sanctuaires nationaux en Europe. L’Angleterre et le pays de Galles (regroupés dans une même conférence épiscopale) en reconnaissent une dizaine, mais nombre de pays n’en ont qu’un seul (Albanie ;, Allemagne ;, Autriche ;, Belgique ;, Biélorussie ;, Bulgarie ;) ou peu (Croatie, Espagne, Pologne). En Océanie, quatre lieux de culte sont reconnus sanctuaires nationaux en Australie ; ; ; ;, et un en Nouvelle-Zélande ; : ().

Sanctuaires destitués Si un sanctuaire baisse trop en fréquentation, n’arrive pas à maintenir la qualité d’accueil, doit fermer, il peut être destitué de ses statuts. Par exemple, l’USCCB vérifie chaque sanctuaire de son territoire tous les dix ans : (). On ne peut guère espérer lister tous les sanctuaires déchus, seulement citer des exemples.