Aleksandr Kogan (qui a en 2016 fait changer son nom de famille en « Spectre », se faisant parfois appeler Dr Spectre tout en continuant à publier sous le nom de Kogan), est un enseignant-chercheur américain d'origine moldave né le . Il est à la fois et chercheur en sciences humaines et sociales (psychologie du comportement, psychométrie) au Département de psychologie expérimentale de l'université de Cambridge. Il a créé en 2014-2015 à Cambridge et à Manchester trois start-ups (toutes mises en cessation d'activité).

C'est un personnage controversé, parce qu'il a créé et présidé en 2014 la start-up « Global Science Research LTD » qui, pour le compte de Cambridge Analytica, a été à l'origine d'un vol massif de données sur des millions de comptes Facebook, dans le cadre du scandale Facebook-Cambridge Analytica/AggregateIQ, un scandale politico-financier notamment révélé par les lanceurs d'alerte Christopher Wylie et Shahmir Sanni. Kogan a aussi été soupçonné de collusion avec la Russie (sans confirmation à ce jour).

Biographie Enfance Aleksandr Kogan est né dans ce qui était alors la RSS de Moldavie en ex-URSS (maintenant Moldavie indépendante).

Il a vécu à Moscou puis sa famille a déménagé aux États-Unis quand il avait sept ans.

Études En 2008, parlant couramment l'anglais et le russe, il obtient un baccalauréat (spécialité psychologie) à l'Université de Californie à Berkeley où il semble avoir été un élève brillant (« Highest honors in psychologie » ; « High Distinction in General Scholalrchip »).

En 2011, il obtient un doctorat en psychologie à l'Université de Hong Kong.

Kogan a aussi été affilié à l'institut « Behavioural and Clinical Neuroscience Insitute ».

Il est Postdoctoral fellow du département de psychologie de l’Université de Toronto.

Vie personnelle En 2016, il prend un congé sabbatique pour aller épouser à Singapour Crystal Ying Chia, qu’il avait probablement rencontré à l’université de Cambridge en 2013 quand elle était étudiante boursière en Angleterre (dans le laboratoire du Pr Ludovic Vallier) alors que Kogan enseignait à l’université de Cambridge. Crystal Ying Chia avait obtenu un Bachelor en sciences biomédicales à l’Université de Manchester, puis un doctorat (PhD) au centre de génomique (Centre Sanger, aussi dénommé « Wellcome Trust Sanger Institute ») de Cambridge (en 2013) mais elle avait du retourner dans son pays pour y effectuer son post-doctorat, à l’institut de biologie médicale de l'A*STAR (l’Agence pour les sciences, technologies et la recherche de Singapour)Sarah Von (2018) Who is Crystal Ying Spectre, The Singaporean Ex-Wife of Cambridge Analytica’s Aleksandr Kogan ?, Asian Money Guide, consulté le 14 février 2021.

Spectre et Crystal Ying Spectre ont finalement divorcé deux ans plus tard, en Californie dans le Comté de Contra Costa en avril 2017.

Changement de nom À l'occasion de son mariage, Kogan et son épouse décident de changer de nom de famille pour se faire appeler spectre. Ce nouveau nom n’est pas selon Kogan lié au scandale du piratage des données de Facebook par Cambridge Analytica, car il a été effectué un mois après la parution des premiers articles sur son implication. Selon lui, le nom Spectre se réfère au spectre lumineux et son aspect multicolore évoque pour lui et son épouse (tous deux scientifiques) les aspects multiculturels de leur vie.

Carrière Kogan bénéficie d'une bourse de recherche postdoctorale à l'Université de Toronto, avant de déménager à Cambridge au Royaume-Uni.

En 2012 est chargé de cours associé au Département de psychologie expérimentale de l'université de Cambridge. Puis il y est jusqu'en 2018. Sa page de présentation y déclarait : .

À Cambridge, il dit avoir eu une collaboration active avec Facebook, pour qui il a même été consultant. Il a expliqué à Anderson Cooper, dans une interview publiée par 60 Minutes, avoir plusieurs fois visité le Campus de Facebook (qui a embauché certains de ses étudiants). Il dit avoir monté un projet avec Facebook (en ), et y avoir enseigné ce qu'il a appris en travaillant avec " . Facebook a confirmé ces déclarations, mais a nié être au courant de son travail avec Cambridge Analytica , et de son côté Kogan a dit qu'il ignorait que Cambridge Analytica utiliserait ses données pour manipuler les votes américains ou anglais.

Koga crée 3 start-ups en 2 ans : « Global Science (UK) LTD », créée le avec le statut juridique de . Son siège est basé dans le Département de Psychologie expérimentale de l'université de Cambridge, puis (le , après une déclaration de changement d'adresse faite le )Voir le PDF intitulé "Registered office address changed from 22 Victoria Street Cambridge Cambridgeshire CB1 1JP on 8 May 2014", sur le registre de la Companies House il est transféré au 22 Victoria Street de Cambridge Cambridgeshire, chez Brent Lary James Clickard.Kogan en est PDG et Brent Clickard (également de nationalité américaine, né le ), est son directeur. Ce dernier sera quelques mois plus tard également cadre supérieur chez SCL Elections/Cambridge Analytica, entreprise créée le ) est remplacé le , par le Dr Joseph Andrew Chancellor, également de nationalité américaine, né le 1er aout 1979 et embauché le Voir le PDF intitulé "Appointment of Dr Joseph Andrew Chancellor as a director", sur le registre de la Companies House. Kogan a omis de fournir la raison sociale de cette entreprise quand il l'a déclaré à la Companies House. La start-Up se met en faillite volontaire le 4 aout 2015. « Global Science Research LTD », créée le , au 6ᵉ étage du 49 Peter Street, à Manchester, également avec l'américain Joseph Andrew Chancellor. Cette seconde start-up est créée avec le statut de (09060785). Sa raison sociale est (). L'entreprise sera dissoute le ). Elle est connue pour avoir développé l'application qui, avec l'aide de la plateforme Qualtrics d'enquête en ligne, a illégalement permis à Cambridge Analytica de dérober les données personnelles de comptes Facebook de plus de 80 millions d'utilisateurs de Facebook. L'université de Cambridge a déclaré : . L'université a néanmoins demandé à Facebook de vérifier que Kogan n'a utilisé ni les ressources naturelles, ni les ressources immatérielles de l'université pour son entreprise. « Philometrics » créée le 13 October 2017 par Kogan qui en est PDG. Cette start-up est également sise au du 49 Peter Street, à Manchester. Elle se présente comme fondée . Philometrics . AI meets surveys, Fiche consultée le 14 février 2021 sur le site angel.co (se présentant comme la plus grande communauté de start-ups du monde). La raison sociale de cette entreprise est souvent présentée comme l'analyse du Big data, mais sur sa déclaration officielle, elle était double : « Développement de logiciels commerciaux et nationaux » (code : 62012) ; et « Activités de conseil en technologies de l'information » (code : 62020). Kogan va dissoudre cette société le .

Suspicion de collusion avec la Russie Kogan a également été affilié à l'Université de Saint-Pétersbourg en Russie.

Il y a reçu des fonds pour la recherche sur l'exploration de données dans les réseaux sociaux. Il y a donné au moins trois conférences (en russe) en deux ans (entre 2014 et 2018).

Il a déclaré son affiliation à cette université, ce qui dans le contexte des élections américaines, puis du référendum ayant abouti au Brexit, a fait porter sur lui des soupçons d'activités de relais d'influence, voire d'espionnage pour le compte de la Russie. Selon Mark Crispin Miller, Pr à l'Université de New-York qui travaille sur la manipulation des foules et des individus et en particulier sur la manière dont les américains ont une vision de leur pays et du monde fortement déformée par la publicité, la propagande distillée dans les films, les revues et l'Internet, Kogan a aussi reçu des fonds pour la recherche de la part des gouvernements britannique, américain, canadien et chinoisNews From Underground. 21 mars 2018 [..

Contribution au scandale Facebook/Cambridge Analytica En 2015, Kogan et le Département de psychologie de l'université de Cambridge où il travaille sans cacher, au contraire, le fait d'utiliser à des fins scientifiques le big data des données de Facebook (comme beaucoup d'autres chercheurs l'ont fait à la même époque, et avec l'assentiment de Facebook selon lui). Le consentement éclairé des participants était parfois contourné par le fait que Facebook se considérait comme propriétaire de tout ce que ses utilisateurs y déposent. Des études plus tardives consignées par Kogan se montreront plus claires et prudentes en mentionnant explicitement (par ex en 2019) que .

Le lanceur d'alerte Christopher Wylie a révélé que Kogan, pour le compte de Cambridge Analytica, en associant des outils des plateformes d'enquête en ligne Qualtrics et AMT ou « Amazon MTurk » (d'Amazon) a produit les bases de fichiers de dizaines de millions de données personnelles (dont à partir des données volées à 87 millions d'internautes par ou pour Cambridge Analytica via leurs comptes Facebook). Avec l'aide d'AggregateIQ (société-sœur de Cambridge Analytica, basée au Canada), la base de données que Kogan a constitué par sa start-up « Global Science Research LTD » a ensuite été utilisée de manière cachée, frauduleuse, trompeuse et non éthiques par Cambridge Analytica pour fausser les résultats d'importantes campagnes électorales, en trompant les électeurs avant le vote, via des opérations d'influence « micro-ciblées ». Ces opérations ont en outre été financées de manière obscure, notamment lors de la campagne de l'élection présidentielle américaine de 2016.

L'usage détourné (voire illégal parfois, comme dans le cas de dépassement de plafonds de budgets autorisés, par Vote Leave au royaume-Uni) de ces outils a permis d'influencer la psyché et les avis de très nombreux électeurs (ou de les transformer en abstentionnistes parfois) lors de la campagne pour le Référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne qui a abouti au Brexit.

Kogan, lors de ses travaux de Recherche (voir plus bas), a appris à utiliser les plus puissants des outils de questionnaires en ligne (Qualtrics) en les combinant avec des plateformes de « travail payé en ligne » (ex : Mechanical Turk d'Amazon dit AMT ou « Amazon MTurk »), pour construire des études massives en ligne (où le répondant est récompensé par un peu d'argent).

Dans sa start-up, il a (seul ?) développé une application dénommée , un quiz de personnalité, rapidement téléchargée en 2014-2015 par au moins 270 000 utilisateurs (selon les données disponibles le ). Ce quiz a permis à Cambridge Analytica de directement et indirectement siphonner les données personnelles de 87 millions d'utilisateurs de Facebook (environ 200 000 personnes seraient concernées en France). Au passage, chez environ 1500 internautes dans le monde, selon Facebook, des conversations privées faites sur Messenger ont également été « aspirées ».

Sur la chaîne CBS, Kogan a laissé entendre que Facebook avait connaissance de son étude et ne s'y est jamais opposé. Interrogé par l'émission Today de BBC Radio 4 et par CNN, il a dit qu'il était utilisé comme bouc émissaire par Facebook et par Cambridge Analytica. Kogan a en outre déclaré qu'il ignorait que les informaticiens et communicants de Cambridge Analytica (et d'Aggregate IQ) utiliseraient ces données pour cibler des électeurs ; il a enfin tenté de minimiser l'efficacité potentielle du « micro-ciblage » basé sur les données qu'il a collectées.

Conséquences, suites