Léon Duboin (surnommé Camille), né le à Nîmes, dans le Gard, et mort par suicide le pendant son transfert de Toulon à Marseille, est un négociant et officier supérieur de réserve français, membre de la Résistance, chef départemental de l'Armée secrète pour le Var.

Biographie Engagé dans l’armée active en 1902Dictionnaire Maitron, notice sur Léon Duboin par Jean-Marie Guillon, Duboin entre ensuite dans l’armée de réserve - il est lieutenant en 1911, capitaine en 1915, lieutenant-colonel en 1931, colonel en 1940. Il est mobilisé le . Sa connaissance des langues slaves lui vaut d’être détaché auprès des troupes russes ( brigade, puis division d’infanterie) puis rattaché à la base de Laval jusqu’en 1916. Après-guerre, il vit à Toulon où il est négociant. Mobilisé le , il est démobilisé le .

Résistance À Toulon, il participe à la création des Francs-tireurs et partisans (FTP) en 1942, s’occupant particulièrement de la mise sur pied d’un service de renseignements. Il devient chef départemental de l’Armée secrète à la fin de la même année, en remplacement du colonel Robert Blum (membre de Combat). Peu après la mise en place des Mouvements unis de la Résistance (MUR) dans la région, il est désigné comme chef régional de l’Armée secrète en , en remplacement du général Gaston Schmitt, parti à Londres. Ce dernier attesta que Duboin lui avait fait savoir que Joseph Darnand avait l’intention de rejoindre la France libre. En tant que chef régional de l'Armée secrète, Léon Duboin supervise les premières actions des Groupes francs (notamment la préparation du sabotage de la centrale électrique de l’Arsenal de Toulon).

Arrestation et suicide Sur dénonciation de Jean Multon, secrétaire du chef régional des MUR (Chevance Bertin) devenu agent double, il est arrêté à son domicile par l’équipe Ernst Dunker Delage de la Sipo-SD de Marseille, dans le cadre de l’affaire Flora, le . Son épouse Yvonne Duboin et Léon Brown Brunet, inspecteur des MUR, originaire de Nice, sont arrêtés en même temps que lui. Léon Duboin s’empoisonne au cours de son transfert à Marseille. D’après Brown, qui allait devenir un agent de la Sipo-SD, il décéda en arrivant au 425 de la rue Paradis, où était installé ce service. D’après les informations données par Conrad Flavian, il décéda alors que son interrogatoire – violent – avait commencé.

Entourage familial Son épouse, Yvonne Jaubert, fut déportée à Ravensbrück (matricule 27673). Elle laisse un témoignage de sa déportation dans l'ouvrage de Simone Saint-Clair, Ravensbrück : l'enfer des femmes (1945). Ils s'étaient mariés le Gil Blas, 26 septembre 1911, et eurent une fille Huguette, externe des hôpitaux, mariée en au Christian LavergneExcelsior, 22 octobre 1939 Il avait un frère, le député Jacques Duboin, fondateur du Mouvement français de l’Abondance qui entendait ouvrir une troisième voie entre le capitalisme et le socialisme, et une sœur, Louise Jourdan, mariée à un officier de marine.

Distinctions et hommages

Décorations le (chevalier du ) (3 citations : au Journal officiel le , à l’ordre du CA en et à l’ordre de la DI en ).

Hommages Son nom a été donné à une avenue de Toulon peu après la Libération et une plaque commémorative a été apposée à l’entrée de son domicile, au 13 boulevard de Strasbourg, le .

Notes et références

Liens externes Dictionnaire Maitron, Notice sur Léon Duboin par Jean-Marie Guillon Simone Saint Clair, Ravensbrück, l’enfer des femmes EGO 39-45 Écrits de guerre et d'occupation Fondation pour la mémoire de la déportation-Livre mémorial

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