Le dix-septième gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, également dit gouvernement Mapou, est le gouvernement local de la collectivité française de Nouvelle-Calédonie entre le et le , sous la législature du Congrès.
Il est présidé par l'indépendantiste Louis Mapou, de l'Union nationale pour l'indépendance, et compte 11 membres, soit le maximum prévu par la loi organique relative au territoire. Élu par les membres du Congrès le , il ne sera cependant opérationnel que 5 mois plus tard, à l'issue de l'élection du président. Il entre officiellement en fonction le , soit la date limite pour l'investiture de l'exécutif.
Il succède au gouvernement du loyaliste Thierry Santa et cède le pouvoir au gouvernement du loyaliste kanak Alcide Ponga.
Historique du mandat
Formation Le , l'ensemble des membres indépendantistes du gouvernement Santa et leurs suivants de liste remettent leur démission, entraînant la chute officielle de l'exécutif, justifiant leur décision par une "dynamique institutionnelle en panne". Une manœuvre qui sera dénoncée par l'alliance loyaliste l'Avenir en confiance et le parti Générations NC .
Le , le Congrès a fixé, par délibération, le nombre de membres du nouveau gouvernement à former à 11, soit le maximum prévu par la loi organique, et la date de l'élection est finalement établie au Malia Noukouan (A.-C. L.), « Le 17ème gouvernement de la Nouvelle-Calédonie comptera bien 11 membres », Nouvelle-Calédonie La 1, 11/02/2021. Du fait du ralliement du parti centriste l'Éveil océanien au camp indépendantiste, celui-ci obtient la majorité au gouvernement pour la première fois depuis l'accord de Nouméa, avec 6 membres sur 11.
Cependant, réunis une première fois le jour même de leur élection, ses membres n'arrivent pas à départager le sortant non-indépendantiste Thierry Santa, l'UC Samuel Hnepeune et l'UNI-Palika Louis Mapou pour la présidence. Chacun n'a recueilli que les suffrages de sa liste, soit respectivement quatre, trois et trois voix, pour un bulletin blanc (celui de Calédonie ensemble). Le gouvernement ne pouvant entrer en fonction qu'une fois son président et son vice-président désignés, c'est l'exécutif précédent qui, en attendant, assure les affaires courantesRédactions de NC la 1ere, avec F.T., « Election reportée, pour la présidence du dix-septième gouvernement calédonien », Nouvelle-Calédonie La 1, 17 février 2021, consulté le 20 février 2021..
De nouvelles convocations pour élire un président ont lieu le Rédactions de NC la 1ere, avec Françoise Tromeur, « Le dix-septième gouvernement calédonien n’a toujours pas de président », Nouvelle-Calédonie La 1, 2 mars 2021, consulté le 10 juillet 2021. puis le (avec deux tours de scrutin), avec les mêmes résultats, ce qui a pour conséquence de laisser la finalisation du budget de la Nouvelle-Calédonie à l'État (à travers la Chambre territoriale des comptes) faute d'avoir pu être adopté par les institutions locales avant le Caroline Moureaux, « Toujours pas de président au gouvernement », Nouvelle-Calédonie La 1, 1 avril 2021, consulté le 10 juillet 2021.. Une quatrième tentative a lieu le , se soldant par un nouvel échec pour départager les candidats qui ne sont alors plus que deux, Thierry Santa (toujours quatre voix) et Samuel Hnepeune (encore trois votes), l'élu de Calédonie ensemble s'abstenant à nouveau tandis que les trois membres de l'UNI ont boycotté cette séance, estimant , en raison, selon eux, d'un manque de discussion avec l'UC les semaines précédentesMartin Charmasson, Sheïma Riahi, « Le 17e gouvernement échoue à nouveau à élire son président », Nouvelle-Calédonie La , 12 mai 2021, consulté le 10 juillet 2021.Sylvie Hmeun et Françoise Tromeur, « Présidence du gouvernement : l'UNI explique son absence », Nouvelle-Calédonie La 1, 12 mai 2021, consulté le 10 juillet 2021..
Finalement, au début du mois de , après cinq mois de crise institutionnelle, le président UC du Congrès, Rock Wamytan, annonce qu'un accord a été trouvé entre les formations indépendantistes et qu'un candidat commun, Louis Mapou, serait présenté ; celui-ci est élu le . Le depuis l'accord de Nouméa entre en fonction le à minuit, date limite pour l'investiture de l'exécutif, soit une semaine après l'élection du présidentBernard Lassauce (C.Cochin, C.Mannevy), « Louis Mapou élu premier président indépendantiste du gouvernement calédonien depuis Jean-Marie Tjibaou », Nouvelle-Calédonie La 1, 8 juillet 2021.. La vice-présidence est finalement attribuée le à Isabelle Champmoreau (non-indépendantiste de L'Avenir en confiance et du Mouvement populaire calédonien), tandis que les secteurs d'attribution et de contrôle sont répartis le même jourJérôme Comin, avec Françoise Tromeur, « Vice-présidente, porte-paroles, santé... Découvrez la composition et les postes du 17e gouvernement calédonien », Nouvelle-Calédonie La 1, 22 juillet 2021..
Évolution Le , Joseph Manauté, chargé de l'environnement, remet sa démission pour raisons familiales. Il est remplacé par son suivant de liste Jérémie Katidjo-Monnier, qui reprend son portefeuille le lendemain, .
Le , Vaimu'a Muliava, notamment chargé de la construction, de la fonction publique et de la transition numérique, annonce à son tour sa démission de l'exécutif, à la veille de l'élection du président du Congrès ainsi que le renouvellement du bureau de l'institution. Il est remplacé dans ses fonctions par l'indépendantiste Laurie Humuni, du Rassemblement démocratique océanien, qui devient donc la femme que compte l'exécutif, en plus d'Isabelle Champmoreau.
Succession À partir d'octobre, de nombreuses rumeurs circulent quant à une, voire plusieurs démissions possibles au sein de l'exécutif et qui entraînerait donc sa chute, sa gestion étant jugée trop déconnectée et individualistes des décisions prises par le Congrès . Vaimu'a Muliava avait d'ailleurs en octobre comparé le fossé entre l'institution parlementaire et l'exécutif à la fosse des Mariannes .
Le , Jérémie Katidjo-Monnier et ses suivants de liste démissionnent, ce qui fait tomber le gouvernement, dénonçant . L'exécutif reste donc en place pour gérer les affaires courantes jusqu'à l'élection puis la mise en place officielle du gouvernement suivant, le .
Candidatures et élection
Listes
Les candidats indiqués en gras sont ceux membres du Congrès, élus en 2019.
Louis Mapou (Palika, Sud, Païta) - Membre du bureau politique du Palika - Président du groupe UNI au Congrès - Président de la commission permanente du Congrès - Conseiller municipal d'opposition de Païta Yannick Slamet (Palika, Nord, Pouembout-Koné) - de l'Assemblée de la Province Nord - Ancien directeur du Centre hospitalier du Nord (2000-2003) Adolphe Digoué (Palika, Sud, Yaté) - Conseiller municipal d'opposition de Yaté - Ancien maire de Yaté (2001-2008 et 2014-2020) - Ancien membre du Congrès et conseiller régional du Centre (1985-1988) puis provincial du Sud (1989-1995) Claude Gambey (Palika, Îles Loyauté, Maré) - Chef de cabinet de Valentine Eurisouké au gouvernement chargé de la mise en place du plan pour la santé publique Do Kamo - Ancien directeur de la santé de la Province des îles Loyauté (2009-2014) Danielle Guaénéré (Palika, Îles Loyauté, Lifou) - Ancienne conseillère provinciale des Îles Loyauté et élue du Congrès (2009) Rose-Monde Saridjan (Palika, Nord, Koné) - Agent d'assurances et immobilière Jean Creugnet (UPM, Nord, Poindimié) - du Congrès - Secrétaire général de l'UPM Steeve Laigle (Palika, Province Sud, Nouméa) - Ancien président de la Fédération calédonienne de football (2016-2020) Walisaune Wahetra (Palika, Îles Loyauté, Lifou) Patrick Jomessy (Palika, Province Sud, Païta) - Membre du bureau politique du Palika Victor Tutugoro (UPM, Nord, Ponérihouen) - Président de l'UPM - de l'Assemblée de la Province Nord - Chef du groupe UNI-FLNKS à l'Assemblée de la Province Nord - Secrétaire de la commission permanente du Congrès - Ancien porte-parole du bureau politique du FLNKS (2001-2010) - Ancien président du Groupe mélanésien Fer de lance (2013-2015) Ithupane Tieoué (Palika, Sud, Dumbéa-Thio) - Présidente de la commission intérieure permanente de la Santé et de la Protection sociale au Congrès - Vice-présidente du groupe UNI au Congrès Valentine Eurisouké (Palika, Nord, Houaïlou) - Membre du gouvernement sortant (Plan Do Kamo, Service civique, Condition féminine) - Conseillère municipale de Houaïlou - Ancienne maire de Houaïlou (2008-2014) - Membre du bureau politique du Palika Laurent Némia (Palika, Nord, Koné) - Ancien conseiller municipal de Koné (2014-2020)
Joseph Manauté (Calédonie ensemble, Sud-Nord, Yaté-Voh) - Directeur du Parc provincial de la Rivière Bleue - Ancien chef de cabinet du membre du gouvernement chargé de l'agriculture puis du développement durable Éric Babin (2004-2009) Annie Qaézé (Calédonie ensemble, Sud, Nouméa-Lifou) - du Congrès - Suppléante du député UDI de la circonscription Philippe Dunoyer - Ancienne conseillère municipale de Nouméa (2014-2020) Magali Manuohalalo (Calédonie ensemble, Sud, Nouméa) - Avocate au barreau de Nouméa - Ancien officier parachutiste (capitaine) - Fille de l'ancien membre du gouvernement FLNKS-RDO Aukusitino Manuohalalo - Conseillère municipale d'opposition de Nouméa Philippe Michel (Calédonie ensemble, Sud, Nouméa) - Président du groupe Calédonie ensemble au Congrès - Vice-président de la commission permanente du Congrès - Secrétaire général de Calédonie ensemble - Ancien président de l'Assemblée de la Province Sud (2014-2019) Emmanuelle Khac (Calédonie ensemble, Sud, La Foa) - Présidente de la commission de l'Organisation administrative et de la Fonction publique du Congrès - Gérante d'une exploitation de production de vanille en agriculture raisonnée Jean Ignace Käys (Calédonie ensemble, Sud, Boulouparis) - Conseiller provincial du Sud - Ancien sénateur coutumier de l'aire Xârâcùù (2010-2015) - Ancien président du Sénat coutumier (2014-2015) - Ancien conseiller économique, social et environnemental de Nouvelle-Calédonie (collège du Sénat coutumier, 2010-2015) - Ancien conseiller municipal FLNKS-Palika de Boulouparis (2008-2014) Jérémie Katidjo-Monnier (Calédonie ensemble, Sud, Nouméa) - Conseiller municipal d'opposition de Nouméa - Architecte-urbaniste Martine Lagneau (Calédonie ensemble, Sud, Nouméa) - Ancienne de l'Assemblée provinciale et élue du Congrès (2014-2019) - Ancienne présidente du GIE Nouvelle-Calédonie Tourisme Point Sud (NCTPS), de la SEML PromoSud et d'Aircalin (2014-2019) - Ancienne conseillère municipale de Nouméa (2014-2020) - Ancienne conseillère économique, sociale et environnementale de Nouvelle-Calédonie (personnalités qualifiées, 2010-2014) - Ancienne co-présidente de la FINC (2010-2014) Jérémy Atiti (Calédonie ensemble, Sud, Yaté) - Gérant d'entreprise de logistique - Fils de l'ancienne conseillère provinciale Éliane Atiti et du président du comité consultatif coutumier environnemental du Grand Sud Robert Atiti Manina Tehei (Calédonie ensemble, Sud, Païta) - Conseillère municipale d'opposition de Païta - Ingénieur environnement - Ancienne membre de l'équipe de France féminine de natation (1994-1995) Jean-Éric Naxué (Calédonie ensemble, Îles Loyauté, Lifou) - Conseiller municipal d'opposition de Lifou - Fils de l'ancien maire de Lifou Robert Paouta Naxué Sutita Sio-Lagadec (Calédonie ensemble, Sud, Mont-Dore) - Ancienne conseillère provinciale du Sud et élue du Congrès (2009-2019) Yolande Verlaguet (Calédonie ensemble, Sud, Dumbéa) - Ancienne directrice de l'enseignement de la Nouvelle-Calédonie (2015-2019) Stéphanie Agnès (Calédonie ensemble, Sud, Nouméa) - Sophrologue - Militante associative dans les domaines sportifs et du handicap