Pauline Astier, née le à Tarbes dans les Hautes-Pyrénées, est une joueuse de basket-ball française évoluant principalement au poste de meneuse, et pouvant également jouer arrière.
Formée au Tango Bourges Basket, où elle évolue pendant huit saisons et devient progressivement l'une des principales meneuses de l'équipe, elle rejoint en 2025 le club de l'USK Prague, puis fait ses débuts en Women's National Basketball Association (WNBA) en 2026 avec le Liberty de New York. Internationale française depuis 2022, elle dispute sa première grande compétition avec l'équipe de France lors du Championnat d'Europe 2025.
Biographie
Jeunesse et formation
Pauline Astier est la fille de Frédéric Astier, ancien joueur notamment du Limoges CSP et du Tarbes Gespe Bigorre, et de Nathalie Fourcade, ancienne meneuse du club tarbais et vainqueure de la Coupe Ronchetti en 1996. Ses parents demeurent des soutiens importants de sa carrière de haut niveau.
Elle commence le basket-ball à l'âge de six ans, avec sa sœur jumelle, au Tarbes Gespe Bigorre, où elle évolue jusqu'en benjamine. Elle poursuit ensuite sa formation à Séméac puis à l'UA Laloubère, dans l'agglomération tarbaise. En parallèle, elle intègre la Savasta Academy, fondée par l'ancienne internationale française et capitaine du TGB Laure Savasta.
À l'âge de quinze ans, elle accompagne son amie Sara Roumy, laquelle effectue des essais dans plusieurs clubs, notamment à Bourges, Lyon, Nantes et Basket Landes. Astier passe à son tour les tests de Bourges et est retenue, reconnaissant par la suite que, d'elle-même, elle ne se serait probablement jamais présentée au club berruyer.
Tango Bourges Basket
Pauline Astier rejoint en 2017 le centre de formation du Tango Bourges Basket. Elle apparaît dès la saison 2019-2020 dans le groupe professionnel, disputant ses premiers matches de Ligue féminine et d'Euroligue.
Profitant la saison suivante de l'absence de la meneuse titulaire Elin Eldebrink lors de la réception de son premier club de Tarbes, elle réalise l'une de ses premières performances marquantes avec 15 points, 7 rebonds et 4 passes décisives pour une évaluation de 25. Quelques jours après son dix-neuvième anniversaire, elle est désignée MVP de la quinzième journée de la saison 2020-2021.. Durant ses années de formation, elle alterne entre l'équipe Espoirs et le groupe professionnel. Avec la possibilité d'observer quotidiennement les internationales de l'équipe première, elle cite notamment Sarah Michel parmi les joueuses auprès desquelles elle a « énormément appris ».
Elle est élue meilleure jeune joueuse de Ligue féminine en 2022 puis meilleure jeune joueuse de l'Euroligue en 2023. Son rôle dans la rotation de Bourges augmente au fil des saisons. En 2023-2024, elle porte ses moyennes à 10,6 points, 4,1 passes décisives, 3,7 rebonds et 2 interceptions en saison régulière. À l'automne 2024, L'Équipe la présente comme l'une des représentantes de la nouvelle génération du championnat français. Astier estime alors avoir « passé un cap » dans la confiance, les responsabilités et la gestion de l'équipe..
Lors de la saison 2024-2025, elle devient l'une des principales créatrices de Bourges. Elle compile en championnat 9,7 points, 6,3 passes décisives et 2,2 interceptions par rencontre. En Euroligue, elle tourne à 10,6 points, 5,4 passes et 2 interceptions en 26,9 minutes.. Avec 5,4 passes par rencontre, elle termine deuxième ex æquo des meilleures passeuses de la compétition derrière Julie Allemand..
Devenue capitaine de Bourges, elle participe au parcours de l'équipe jusqu'au de l'Euroligue et à la finale de la Coupe de France. Au printemps 2025, elle décide toutefois de quitter son club formateur. Son et dernier match sous le maillot berruyer est la finale de la Coupe de France perdue face à Charleville-Mézières. Elle explique avoir le sentiment d'être arrivée au terme de son expérience à Bourges et éprouver le besoin de découvrir un autre environnement..
Elle décrit rétrospectivement ses huit années à Bourges comme celles durant lesquelles elle a « tout appris », rappelant qu'elle y a découvert le basket professionnel, la Ligue féminine et l'Euroligue et qu'elle y a noué un lien fort avec le club et ses supporters, au point de considérer Bourges comme sa « maison » à la fin de son passage.
USK Prague
Le , l'USK Prague, tout juste vainqueur de l'Euroligue, annonce son recrutement.. Pour sa première expérience en club à l'étranger, Astier explique vouloir sortir de sa « zone de confort ». Elle retrouve à Prague les internationales françaises Valériane Ayayi et Janelle Salaün, dont la présence constitue selon elle un élément rassurant au moment de quitter la France..
Elle se distingue immédiatement sous ses nouvelles couleurs : dès le , lors de la Supercoupe d'Europe face à Villeneuve-d'Ascq, Astier inscrit 17 points, distribue 15 passes décisives et réalise 7 interceptions dans la victoire 86 à 77 de Prague ; elle est désignée MVP de la rencontre.. Ses débuts sont rapidement remarqués par la presse tchèque : Sport.cz écrit qu'elle « brille » dès ses premières semaines au club, tandis que Martin Bašta qualifie son début de saison d'« incroyable », tout en rappelant son jeune âge et la nécessité de confirmer dans la durée....
Son retour à Bourges pour la première journée d'Euroligue permet également à ses anciennes coéquipières de mesurer son évolution : Alix Duchet estime notamment qu'elle a déjà « changé de dimension », après être devenue une leader de Bourges lors de sa dernière saison. Sur l'ensemble de l'Euroligue 2025-2026, Astier compile 10,2 points, 5,6 passes décisives, 3,2 rebonds et 1,9 interception en 24,9 minutes par match. Elle termine cinquième meilleure passeuse de la compétition.. Le parcours du club demeure cependant inférieur aux ambitions du champion d'Europe en titre, Prague étant éliminé avant le Final Six. Malgré ce résultat insuffisant, Astier juge son expérience tchèque très positive sur le plan personnel, notamment pour l'adaptation à un nouvel environnement et à l'usage quotidien de l'anglais.
En championnat tchèque, elle dispute 31 rencontres pour autant de victoires avec l'USK, avec des moyennes de 10,4 points, 6,4 passes décisives, 4,5 rebonds et 2,6 interceptions en 20,1 minutes de temps de jeu. Lors du premier match de la finale contre Žabiny Brno, elle réalise notamment un double-double avec 12 points et 11 passes décisives.. Prague remporte finalement le titre national, son seizième consécutif.
Carrière en WNBA
Au printemps 2026, plusieurs franchises de WNBA manifestent leur intérêt pour Pauline Astier. Selon le New York Post, le Sun du Connecticut, le Fever de l'Indiana, le Lynx du Minnesota, les Mystics de Washington et le Tempo de Toronto figurent notamment parmi les prétendants à sa signature.. Astier explique avoir rapidement privilégié le Liberty de New York lorsque la franchise se manifeste, séduite par le statut de l'équipe et ses ambitions de titre.
Le , le Liberty officialise sa signature pour la saison 2026.. Non draftée, elle est initialement envisagée comme une joueuse de rotation à la mène : ESPN la présente lors de sa signature, avec Rebecca Allen, comme l'une des remplaçantes devant renforcer le banc new-yorkais.. Son adaptation est néanmoins remarquée. Après seulement deux jours de travail collectif lors du camp d'entraînement, la meneuse titulaire Sabrina Ionescu souligne la rapidité avec laquelle Astier assimile le nouveau système de l'entraîneur Chris DeMarco, son intelligence de jeu et sa capacité à diriger l'attaque. La présence dans le staff de Kristen Mann, ancienne coéquipière d'Astier à Bourges, facilite également son intégration. Astier explique que Mann, qui la connaît bien, devient une interlocutrice privilégiée et encadre notamment une partie de son travail individuel.
La hiérarchie de l'équipe de début de saison est temporairement modifiée par la blessure de Sabrina Ionescu. Le , lors d'une rencontre de présaison face au Sun du Connecticut, celle-ci se tord la cheville gauche.. Une IRM écarte une lésion grave, mais elle est annoncée initialement absente pour au moins deux semaines, et au final rate les cinq premières semaines.
Astier est propulsée dans le cinq majeur. Après 5 points et 4 passes lors du match d'ouverture contre le Sun du Connecticut, elle réalise dès sa deuxième rencontre 18 points à 60 % de réussite au tir, 7 passes décisives, 5 rebonds et 2 interceptions en près de 35 minutes dans une victoire 98 à 93 après prolongation contre les Mystics de Washington.. Le New York Post souligne notamment sa maturité et son sang-froid dans les dernières secondes de la prolongation..
Elle inscrit ensuite 24 points face au Fire de Portland le ., puis 20 points deux jours plus tard lors de la revanche, portant son total à 67 points lors de ses quatre premiers matches WNBA., devenant la première rookie de la franchise à mettre au moins 60 points en trois matchs depuis en 1997..
Ionescu effectue un premier retour le contre les Wings de Dallas, mais des douleurs au dos apparaissent après cette rencontre et la contraignent à une nouvelle période d'absence. Au , elle n'a ainsi participé qu'à une seule des dix premières rencontres du Liberty. Durant cette période, Astier, chargée de la remplacer, affiche 11,8 points, 3,7 passes et 3,3 rebonds de moyenne..
Ses performances mobilisent ses coéquipières et attirent progressivement l'attention des médias américains suiveurs de la ligue. Début juin, Astier figure parmi les meilleures rookies de la ligue aux points, aux passes décisives et au ratio passes décisives / balles perdues.. Le retour durable d'Ionescu à partir de la mi-juin ne met pas fin au rôle important d'Astier. Le , elle inscrit 15 points, prend 5 rebonds et délivre 4 passes lors de la victoire 93 à 85 du Liberty face aux Aces de Las Vegas en finale de la .. Début juillet, le New York Post décrit même Astier comme un complément particulièrement adapté au jeu d'Ionescu.. À la pause du de juillet, Astier affiche 9,7 points, 3,6 passes décisives et 2,7 rebonds par rencontre.
Au premier tour des play-offs, elle stoppe la meilleure rookie de l'année Olivia Miles en défense, contribuant à la victoire du Liberty sur le Lynx du Minnesota..
Équipe nationale
Sélections de jeunes
Pauline Astier connaît plusieurs sélections avec les équipes de France de jeunes. Elle dispute le Championnat d'Europe U16 en 2018, avec des moyennes de 3,3 points, 3,6 rebonds et 2,1 passes décisives.
Lors de la Coupe du monde U19 2021, elle prend une place beaucoup plus importante et devient la meilleure marqueuse française avec 15 points de moyenne, auxquels elle ajoute 4,7 rebonds et 3,5 passes décisives par rencontre.
En 2022, elle est capitaine de l'équipe de France U20. La sélection française termine quatrième du Championnat d'Europe. Astier y compile 11 points, 5,7 rebonds, 7,2 passes décisives et 2 interceptions par match. Ses 7,2 passes constituent la meilleure moyenne de toute la compétition, très nettement devant ses poursuivantes.
Débuts avec les Bleues et non-sélections
Quelques semaines après le Championnat d'Europe U20, Astier est conviée à la préparation de l'équipe de France senior pour la Coupe du monde 2022, initialement comme partenaire d'entraînement. Elle dispute son premier match avec les A le contre la Bosnie-Herzégovine à Marseille et participe à plusieurs rencontres de préparation, mais n'est pas retenue dans la liste finale pour le Mondial.
Elle fait partie du groupe élargi préparant l'EuroBasket 2023, mais n'intègre de nouveau pas la sélection définitive.
En 2024, elle est convoquée parmi les 18 joueuses préparant les Jeux olympiques de Paris. Elle fait cependant partie des premières joueuses écartées lors de la réduction du groupe.