Louis Phélypeaux, marquis de Phélypeaux (1667), comte de Maurepas (1687) et de Pontchartrain (1699), dit aussi le « chancelier de Pontchartrain », est un homme d'État français né le à Paris et mort à Pontchartrain-en-Jouars le .
Biographie Fils de , il est reçu conseiller au parlement de Paris en la première chambre des requêtes le ..
Le ., il achète à François d’Argouges pour la charge de Premier Président au parlement de Bretagne, fonctions dans lesquelles il est reçu le .. Il ramène le calme dans la province qui avait été troublée par la révolte du Papier timbré et obtient le retour du parlement à Rennes..
Pontchartrain est rappelé à Paris par le contrôleur général des finances Claude Le Peletier qui le fait pourvoir le Archives nationales O 61 fol.85 verso-86 cité par Michel Antoine, Le Cœur de l'État, surintendance, contrôle général et intendance des finances 1552-1791, 2003, , note 1.. d'une troisième charge surnuméraire d'intendant des finances. Il entreprend ensuite une carrière ministérielle (du au , ministre d’État).
Du . au , il est contrôleur général des finances ; du au , secrétaire d'État de la Marine et secrétaire d'État de la Maison du roi.
Sa gestion de son département, longtemps décriée, a été réévaluée par l'historiographie récente qui montre que, dans une période difficile, il administra avec compétence un immense département qui réunissait la Marine, le Commerce, les Colonies, le Clergé, Paris, la Maison du Roi et les finances de l'État. Il fait réaliser le recensement de la population française de 1693, le premier après celui de Vauban de 1678. Il combat l'influence, à la Cour, du quiétisme propagé par Fénelon et .
On lui impute toutefois un certain nombre d'erreurs dans l'utilisation de la flotte française, portée à un très haut niveau par Colbert et son fils le marquis de Seignelay, notamment une part de responsabilité dans le désastre de La Hougue.
C'est par des expédients fiscaux, comme la capitation créée en 1695 ou la taxe sur les étrangers de 1697, qu'il réussit, en tant que contrôleur général des finances, à financer la guerre de la Ligue d'Augsbourg, la plus longue du règne.On lui doit aussi la création d'un Armorial général destiné à taxer tous les blasons du royaume (1696), qui ne fut pas aussi prompt et lucratif qu'espéré.
Du au , il occupe en outre les fonctions de chef perpétuel, président et directeur de la compagnie des Indes Orientales..
Il est ensuite chancelier de France du au . Selon François Bluche,
Saint-Simon dresse de lui un portrait flatteur : . Sa discrétion est fort appréciée de .
Il est nommé greffier de l'ordre du Saint-Esprit par lettre du . Il donne sa démission peu de jours après, et est nommé chevalier des Ordres..
Il démissionne de sa charge pour ne pas avoir à apposer les sceaux sur l'arrêt du Conseil du condamnant un texte de l'évêque de Metz, Henri-Charles de Coislin, comme contraire à la bulle Unigenitus.
Depuis quelque temps, il se sentait mal à l'aise devant la dérive autoritariste de et désirait se consacrer au salut de son âme. Il se retire à l’institution de l’Oratoire. Il meurt à Pontchartrain en Jouars le . Il est inhumé à Paris en l'église Saint-Germain-l’Auxerrois.
Il avait épousé, par contrat du Archives nationales, minutier central CXIX 233, cité par Françoise Bayard, Joël Félix, Philippe Hamon, Dictionnaire des surintendants et contrôleurs généraux des finances du à la Révolution française de 1789, 2000, ., Marie de Maupeou, morte le , qui était fille de , seigneur de Monceau, président de la . Ils eurent deux fils, Louis et Jérome Phélypeaux, comte de Maurepas et de Pontchartrain.
Le , par contrat passé devant Moufle et son confrère, notaires au Châtelet de Paris, il avait acheté à Bernardin Boulin, écuyer, le fief des Moulineaux.. Les papiers personnels de et de sa famille sont conservés aux Archives nationales sous la cote 257APArchives nationales.
Son portrait ovale en miniature en émail et or par Jean Petitot (1607-1691) figura dans la collection Richard Baron Cohen, vendue aux enchères publiques à Paris (Drouot-Richelieu) le .
Hommages Le lac Pontchartrain en Louisiane porte son nom, et la ville actuelle de Détroit dans le Michigan a été fondée avec le nom Fort Pontchartrain du Détroit à son honneur à l'époque de la Louisiane française.
Le lac Maurepas et le fort Maurepas, tous deux situés en Louisiane, furent également nommés en son honneur, car il était comte de Maurepas en plus d'être comte de Pontchartrain.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Prosper Levot, A. Doneaud, Les gloires maritimes de la France. Notices biographiques sur les plus célèbres marins, Arthus Bertrand éditeur, Paris, 1866, (lire en ligne) Sara Chapman, Private ambition and political alliances : the Phélypeaux de Pontchartrain family and Louis XIV's government, 1650-1715, Rochester, University of Rochester Press, 2004 . Charles Frostin, Les Pontchartrain, ministres de Louis XIV, Rennes, Presses universitaires de Rennes, 2006 . Thierry Sarmant et Mathieu Stoll, Régner et gouverner : Louis XIV et ses ministres, Paris, Perrin, 2010 . Jean-Yves Nerzic, La Place des armements mixtes dans la mobilisation de l'arsenal de Brest sous les deux Pontchartrain (1688-1697 & 1702-1713), H&D, 2010, . Jean-Philippe Zanco, Dictionnaire des Ministres de la Marine (1689-1958), S.P.M. Kronos, Paris, 2011.
Liens externes
Catégorie:Chancelier de France Catégorie:Contrôleur général des finances Catégorie:Ministre français de la Marine Catégorie:Conseiller au Parlement de Bretagne Catégorie:Directeur de la Compagnie française des Indes orientales Catégorie:Officier de l'ordre du Saint-Esprit Louis Catégorie:Naissance à Paris au XVIIe siècle Catégorie:Naissance en mars 1643 Catégorie:Décès en décembre 1727 Catégorie:Décès à 84 ans