Henri Riu, né le à Perpignan (Pyrénées-Orientales) et mort le à Roanne (Loire), est un joueur de rugby à XV et international français de rugby à XIII, évoluant au poste de troisième ligne, de pilier, de deuxième ligne ou de talonneur.
Enfant de Perpignan, il pratique le rugby à XV au sein du club de l'USA Perpignan avant la Seconde Guerre mondiale. Grand espoir du rugby à XV, il est vainqueur de la Coupe Frantz-Reichel en 1938, mais ne dispute pas l'année suivante la finale du Championnat de France pour laquelle son équipe s'est qualifiée. Durant la guerre, il ne peut pas prendre part au titre de 1944, ayant été réquisitionné en Allemagne pour le Service du travail obligatoire.
En 1945, il séduit les dirigeants du club de rugby à XIII du R.C. Roanne de Claudius Devernois et décide de passer au rugby à XIII accompagné de Joseph Crespo. Il y devient l'un des avants les plus performants du Championnat de France qu'il remporte en 1947 et 1948. Il rejoint ensuite l'U.S. Lyon-Villeurbanne et décroche un troisième titre de Championnat de France en 1951. Ses performances en club en rugby à XIII lui ont ouvert les portes de la sélection française dans laquelle il compte deux sélections obtenues en 1948 et 1949. Biographie
Enfance, jeunesse et débuts au rugby à XV à Perpignan
Henri Riu naît le à Perpignan (Pyrénées-Orientales) et y grandit rue de la Lanterne puis rue Alphonse Daudet. Son père, Honoré Riu (né à Perpignan le et mort le ), est maçon, et sa mère, Angèle Cayrol (née à Perpignan le ), ouvrière de manufacture.. Il a deux sœurs Marguerite (1913-1992) et Jeanne (1930-2018), et un frère André (1921-1983) qui a pratiqué le rugby à XIII à Thuir. Il se marie en 1948 à Vougy avec Monique Barnay (1927-2005) avec laquelle il a deux enfants : Robert et Pierre-Jean.
Il s'adonne dès son plus jeune âge au rugby à XV dans sa ville natale et intègre très tôt le club de l'U.S.A. Perpignan. Leader de l'équipe des juniors de ce dernier, il remporte la Coupe Frantz-Reichel (champion de France des moins de 21 ans) en 1938 puis prend part à certaines rencontres des seniors de la saison 1938-1939 dont le club catalan dispute la finale du Championnat de France à laquelle il n'est cependant pas convié, voyant ses coéquipiers, dont Frédéric Trescazes, être battus par le Biarritz olympique 6-0 après prolongation.
Le début de la Seconde Guerre mondiale met dans un temps en suspens les Championnats qui redémarrent à partir de 1941. H. Riu, resté sur Perpignan, poursuit sa pratique sportive au sein de l'U.S.A. Perpignan. En 1943, il ne peut pas échapper au Service du travail obligatoire (S.T.O.) et doit partir en Allemagne. Après quelques matchs disputés, il rate alors la saison 1943-1944 dont son club remporte le titre de Champion de France auquel prennent part ses coéquipiers Joseph Crespo, Puig-Aubert, Frédéric Trescazes et Lucien Barris. En Allemagne à cette période, il travaille pour la société Messerschmitt à Ratisbonne et parvient à poursuivre la pratique du rugby à XV aux côtés d'Armand Balent, Henri Abelanet et Henri Valls.
1945-1949 : passage au rugby à XIII et carrière au R.C Roanne 1945-1946 : première ligne du R.C. Roanne
De retour en France en 1945, une rencontre amicale de rugby à XV avec l'U.S.A. Perpignan et le Castres olympique fait basculer son existence : des dirigeants du R.C. Roanne, club de rugby à XIII, sont en tribunes pour prospecter et recruter des joueurs en vue de relancer, sous l'impulsion de l'homme d'affaires Claudius Devernois, ce club, l'un des plus prestigieux d'avant-guerre, vainqueur du Championnat de France en 1939 avec notamment René Arotça, Jean Dauger et Max Rousié, avant que la Seconde Guerre mondiale ne suspende le Championnat et que le régime de Vichy en interdise la pratiqueJean-Christophe Collin, « La grande spoliation », p.38, Le magazine L'Équipe, 11 mai 2013. Henri Riu ne laisse pas indifférent les dirigeants qui le convainquent de rejoindre la Loire et de se convertir au jeu à XIII, tout en étant le chaperon de Joseph Crespo, demi de mêlée perpignanais vainqueur du Championnat de France 1944. À cette occasion, Henri Riu abandonne alors son métier de maçon et travaille comme représentant de bonneterie sur Roanne.
Il pose alors ses valises dans la région de Roanne et intègre une équipe où de nombreux Catalans, outre Crespo, sont déjà en place tels qu'Élie Brousse et Gaston Comes, sous la houlette de l'entraîneur Jean Duhau, ancien international français de rugby à XV et XIII d'avant-guerre. Pour cette première saison, Henri Riu compose la première ligne d'avants du R.C. Roanne aux côtés de Vincent Martimpé-Gallart et Henri Gibert. Le club est tout près de disputer les finales du Championnat et de la Coupe de France mais est battu à chaque fois en demi-finales, d'une part par le futur champion l'A.S. Carcassonne 15-3 et d'autre part par le XIII Catalan 8-7.
1946-1947 : premier titre de Champion de France
Lors de la saison 1946-1947, l'équipe roannaise est renforcée par l'arrivée de René Duffort et continue sa montée en puissance. L'entraîneur roannais Jean Duhau, appelé à construire le R.C. Marseille de Paul Ricard, est remplacé par l'ancien joueur international Robert Samatan qui renouvelle sa confiance à Henri Riu en première ligne et l'utilise aussi parfois en deuxième ligne. Le R.C. Roanne effectue une saison de haute qualité occupant les premières places du classement du Championnat tout au long de la saison.
Les performances de Riu en club sont scrutées par les sélectionneurs de l'équipe de France pour la composition de leur première ligne. Son nom revient alors dans les conversations pour affronter le pays de Galles en début d'année 1947 mais il n'est finalement pas sélectionné, Marcel Volot, Denis Martiquet et Ambroise Ulma ayant la préférence sur ce match. Son nom continue d'être cité au moment des compositions jusqu'à sa première sélection en et reste le premier remplaçant des lignes avants.
Vainqueur de la saison régulière du ChampionnatÀ partir de la saison 1935-1936, le Championnat de France se décompose de deux phases : une phase de saison régulière où chaque équipe affronte à deux reprises les autres équipes, et d'une seconde phase sous forme de phase finale à élimination directe et d'une finale pour déterminer le champion., le R.C. Roanne se qualifie pour la finale et peut observer ses adversaires disputer les barrages. L'A.S. Carcassonne de Puig-Aubert, second de la phase régulière, sort vainqueur de ceux-ci en éliminant le F.C. Lézignan puis l'Entente Bordeaux-Bayonne et, en tant que champion sortant, s'annonce favori pour un nouveau titre contre le R.C. Roanne malgré le fait d'être passé par les barrages. La finale, disputée au stade municipal de Lyon, oppose les deux meilleures équipes de la saison comptant bon nombre d'internationaux français dans leurs rangs. Le R.C. Roanne réalise la rencontre parfaite face à une équipe carcassonnaise inefficace et en panne d'inspiration une semaine après son titre en Coupe de France. Dans une rencontre achevée 19-0 avec treize points inscrits par Gaston Comes désigné homme du match, H. Riu réalise un match solide et remporte son premier titre de Champion de France.
1947-1948 : second titre de Champion de France et première cape internationale
Pour la saison 1947-1948, Robert Samatan est reconduit dans ses fonctions d'entraîneur, mais le club enregistre deux départs de joueurs de premier plan : Gaston Comes et Élie Brousse. Celui de ce dernier amène R. Samatan à replacer Henri Riu au poste de deuxième ligne où sa compréhension du jeu peut compenser le jeu physique sans que l'équipe puisse déjouer.
Alors que le club roannais est prétendant à sa propre succession avec pour principale concurrence l'A.S. Carcassonne et le R.C. Marseille, le nom de Riu circule au sein de la sélection française mais il n'est pas convoqué dans le cadre de la Coupe d'Europe. Toutefois, s'agissant de la tournée de la Nouvelle-Zélande en Europe en cet hiver 1947, il semble avoir toutes ses chances aux côtés de Lucien Barris, Joseph Crespo, Puig-Aubert et Paul Dejean, d'autant plus qu'il aligne de nombreuses performances en Championnat avec son club.
Il monte en puissance en cette fin de saison 1948 et connaît ainsi sa première convocation en équipe de France en pour affronter le pays de Galles le à Swansea. Cette rencontre peut s'avérer décisive pour la sélection française en cas de victoire afin de remporter cette édition de la Coupe d'Europe dans un ultime match contre l'Angleterre en avril. Le pilier roannais devance son coéquipier de club Lucien Barris dans le choix de cette sélection. Cette convocation le maintient en confiance avec le R.C. Roanne dont il reste l'un des meilleurs éléments. Pour ce match contre les Gallois, H. Riu appréhende uniquement le fait d'être aligné comme pilier alors qu'il opère en club depuis le début de la saison en deuxième ligne, mais il peut compter sur ses coéquipiers de club Jean Barreteau, René Duffort et Pierre Taillantou qui seront de la partie. Cette rencontre, dont le capitanat échoue à P. Dejean, débouche sur un succès de la France 20-12 avec un J. Barreteau auteur de 8 points. Le pack d'avants a su prendre l'avantage sur son homologue gallois constituant l'un des points forts du succès français avec H. Riu à la hauteur de l'évènement. Dans la perspective de l'ultime rencontre face à l'Angleterre, il est mis en balance avec le Perpignanais Ambroise Ulma et est initialement désigné en premier choix. Au dernier moment, A. Ulma lui est préféré le privant ainsi d'une seconde sélection.
Sur cette fin de saison, H. Riu prend une part active dans les dernières rencontres de la saison du R.C. Roanne. Bien qu'éliminé en quart-de-finale de la Coupe de France fin mars par l'A.S. Carcassonne, le club roannais garde toutes ses chances en Championnat avec une seconde place acquise en saison régulière. En demi-finale du Championnat de France, le R.C. Roanne prend le dessus sur le R.C. Marseille 16-11 avec un jeu plus calme et mature et se qualifie pour une nouvelle finale. Celle-ci se déroule au stade Vélodrome de Marseille. Face au vent en première période, le R.C. Roanne subit les assauts des Carcassonnais qui maîtrisent le match mais ne parviennent pas à marquer. L'A.S. Carcassonne mène seulement 2-0 à la mi-temps grâce à un drop de Puig-Aubert puis joue contre le vent en seconde période. Cet élément permet au R.C. Roanne d'inverser le cours de la rencontre et de s'imposer d'une courte tête 3-2 grâce à un essai de Pierre Taillantou. H. Riu est l'un des meilleurs Roannais sur le terrain de cette finale et fête son second titre de Champion de France..
1948-1949 : exploit catalan face à l'Australie et seconde cape internationale
La saison 1948-1949 du R.C. Roanne se déroule avec plus de difficultés en raison des blessures qui émaillent de l'effectif dont notamment celles de Robert Dauger, René Duffort et Roger Pouy, contraignant l'entraîneur Robert Samatan de modifier constamment son treize titulaire., ainsi que par le départ de joueurs de qualité tels Raymond Contrastin, Henri Gibert et Lucien Barris..
H. Riu garde sa place de titulaire au sein de l'effectif roannais où il performe en ce début de saison. et fait l'objet d'hésitation pour les convocations en équipe de France pour cet automne 1948 où Gabriel Berthomieu lui est finalement préféré pour la rencontre contre le pays de Galles dans le cadre de la Coupe d'Europe..
La fin d'année 1948 et le début d'année 1949 sont marqués par la tournée de l'équipe d'Australie de passage en France. Elle affronte au préalable le la sélection des Catalans de France à Perpignan avec pour capitaine Paul Dejean et à laquelle H. Riu est convoqué sans hésitation. Les Catalans surprennent les Australiens et s'imposent 20-5 devant près de spectateurs..