L'Association des gays et lesbiennes arméniens de France (), ou AGLA France, est une association française ayant existé entre 2001 et 2007 dont l'objectif est de combattre l'homophobie en Arménie et au sein de la diaspora arménienne en France.

Historique gauche|vignette|Micha Méroujean. vignette|266x266px|AGLA France lors de la Marche des fiertés de Paris vers juin 2002. Sur la pancarte, on peut lire . AGLA France est fondée en par Micha Méroujean, homosexuel arménien qui quitte Erevan en 1994 pour fuir l'homophobie ambiante. L'un des objectifs du groupe est la suppression de l'article 116 du code pénal arménien, qui punit l'acte sexuel entre deux hommes de cinq ans de prison. Plus généralement, l'association se conçoit comme une ayant pour objectifs la lutte contre l'homophobie, l'intégration sociale des personnes LGBT, l'échange et les rencontres, le soutien aux familles LGBT ou encore la lutte contre le SIDA en Arménie.

À ses débuts, l'association rencontre l'animosité de la diaspora arménienne de France. En 2002-2003 par exemple, le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) refuse l'adhésion de l'AGLA, ce que l'association dénonce comme une discrimination manifeste. Selon une tribune de Sévan Ananian, cette décision s'expliquerait ainsi : . L'auteur de la tribune juge cette justification , d'autant plus qu'une association LGBT lui semble nécessaire pour tous ces Arméniens .

Dans une interview de 2006, M. Méroujean raconte : Citation originale en anglais : .. De fait, le , lors de la manifestation de commémoration du génocide arménien et devant le Monument en hommage à Komitas alors tout juste inauguré, certaines personnes présentes s'émeuvent de la présence de l'AGLA, et l'on peut entendre dans l'assemblée un . Face aux injures homophobes, l'association montre sa résolution et affiche sa volonté de et de partager les luttes arméniennes, notamment la lutte contre le négationnisme de l’État turc.

En 2003, AGLA France lance un web magazine, The Pink, en langue arménienne et donc destiné à un lectorat arménophone. L'association soutient aussi les gays et lesbiennes d'Arménie et les pousse à former leur propre ONG, participant notamment aux premières réunions du GLAG (Gay and Lesbian Armenian Group).

En , le président arménien, Robert Kotcharian, ratifie le nouveau code pénal du pays, dans lequel l'article 116 n'apparaît plus. Ce changement est salué par AGLA France, même si son fondateur, Micha Méroujean, reste prudent : , affirme-t-il en 2004. Il explique d'ailleurs que la police, l'armée répriment les personnes LGBT tandis que la presse les dénigre.

Fin 2004, Armen Avetisyan, leader de l'Armenian Aryan Union (AAU), une organisation ultra-nationaliste et homophobe arménienne, dénonce la présence de personnes gays parmi la classe politique arménienne, ce qui provoque des débats au Parlement, certains députés demandant la démission de leurs collègues gays. AGLA France organise une manifestation devant l'ambassade d'Arménie en France afin de dénoncer la campagne homophobe et le dénigrement des personnes LGBT par l'AAU, ainsi que par certains députés et médias arméniens. L'association écrit aussi une lettre ouverte adressée au président d'Arménie qui est publiée quelques jours plus tard dans le journal Haykakan Zhamanak.

En 2005, AGLA France invite deux jeunes arméniens à participer à la conférence annuelle de l'European Region of the International Lesbian and Gay Association qui avait alors lieu à Paris. Un an plus tard, Menq/WFCE, première organisation chargée de combattre le sida et dirigée par des personnes LGBT, ouvre ses portes dans la capitale arménienne.

Le , AGLA France organise, à l'occasion de sa réunion mensuelle, une rencontre avec les écrivains Marina Dédéyan, Olivier Delorme et Alexis Gurdikyan.

En 2006, le fondateur de l'association et son compagnon, Harutyun Zhonzhikian, organisent une cérémonie informelle et se marient symboliquement dans la cathédrale Sainte-Etchmiadzin, siège de l'Église apostolique arménienne. Un article publié par le journal 168 Zham sur le sujet provoque le scandale et l'indignation des médias ainsi que des personnalités politiques et religieuses conservateurs du pays.

AGLA France disparaît fin 2007 faute de successeur à Micha Méroujean.

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Droits LGBT en Arménie Droits de l'homme en Arménie Droits LGBT en France

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