Le (CEMA) est un officier général français. Militaire qui occupe la fonction la plus élevée de l'armée française, il assure le commandement de toutes les opérations militaires sous l'autorité du président de la République et sous réserve des dispositions particulières relatives à la dissuasion nucléaire. Il assiste et conseille le gouvernement dans l'exercice de ses attributions relatives à l'emploi des forces ; son adjoint est le major général des armées.

Depuis le , le chef d'état-major est le général d'armée aérienne Fabien Mandon.

Historique Genèse de la fonction Sous la Troisième République, aucun officier général ne jouit d'un commandement en chef interarmées. De fait, le général Joseph Joffre, vice-président du Conseil supérieur de la guerre de à , n'exerce aucune autorité sur la Marine nationale, de même que Ferdinand Foch et Louis Franchet d'Espèrey, commandants en chef du front occidental pour le premier et des armées d’Orient pour le second à la fin de la Première Guerre mondiale. Une structure interarmées, le secrétariat général de la Défense nationale, est créée en , mais elle n'est dotée d'aucun commandement effectif.

Un « chef d’état-major général de la défense nationale » est nommé en mais : il ne possède aucune structure administrative qui lui serait propre, et ses attributions sont confiées au chef d'état-major de l'Armée de terre, le général d'armée Maurice Gamelin.

C'est en , sous le Gouvernement provisoire de la République française, qu'un officier général se voit pour la première fois confier un commandement interarmées, c'est-à-dire qu'il est placé au-dessus des chefs d'état-major des armées de Terre, Air et Mer dans l'ordre hiérarchique. Il s'agit du général de corps d'armée Antoine Béthouart, nommé chef d'état-major général de la Défense nationale ; le général d'armée Alphonse Juin lui succède le ..

Néanmoins, à partir de , la Quatrième République marginalise le chef d’état-major général de la défense nationale, tout d'abord en lui retirant son qualificatif de « général » le , puis en remplaçant le général d'armée Juin par un général de division en . La marginalisation s’accélère avec le décret du « portant regroupement des états-majors généraux de la Guerre, de la Marine et de l'Air et création de l'État-Major général des forces armées » (EMGFA)Décret portant regroupement des états-majors généraux de la guerre, de la marine et de l'air et création de l'état-major général des forces armées, Journal officiel de la République française, , , .. Au bout de quelques mois, l'état-major de la défense nationale est supprimé et l'EMGFA devient donc le seul état-major interarmées.

À la tête de l'EMGFA se trouve le « comité des chefs d'état-major généraux des forces armées » (les chefs d'état-major de l'Armée de terre, de la Marine nationale et de l'Armée de l'air), dont l'un d'eux en assure la présidence, tandis que le major général des armées est chargé du secrétariat du comité. La présidence est confiée au chef d'état-major général de l'Armée de l'air, le général Charles Léchères, et le général de division Henri Zeller est nommé major généralDécret du portant affectation d'un officier général de l'Armée de l'air ( du cadre de l'état-major général de l'Armée de l'air) et d'un officier général de l'Armée de terre ( du cadre de l'état-major général de l'Armée de terre), Journal officiel de la République française, , , .. Charles Léchères ne porte pas le titre de chef d'état-major général des armées et doit être considéré comme un « primus inter pares ».

Le décret du , en confiant à Alphonse Juin la fonction nouvelle d'inspecteur général des forces armées, fait de celui-ci le président du comité des chefs d’état-major, le vice-président du Conseil supérieur des forces armées et enfin le conseiller du gouvernement pour les questions de défense. Ces attributions font de lui le chef d'état-major des armées de jure, bien qu'il n'en reçoive pas le titre dans les faits. En , la nomination du maréchal Juin au commandement interarmées du secteur Centre Europe conduit à une trop grande concentration de pouvoir entre ses mains, ce qui pousse le gouvernement à lui retirer la présidence du comité des chefs d'état-major. Cette dernière est confiée à un officier général titré « chef d’état-major général des forces armées » (CEMGFA).

Le général d'armée Paul Ély, nommé chef d’état-major général des forces armées par décret du , est de facto le premier chef d'état-major des armées..

Entre et , le chef d'état-major général des armées perd sa prééminence au profit du puissant chef d'état-major général de la défense nationale (CEMGDN) qui devient « conseiller militaire du gouvernement et la plus haute autorité militaire »« Décret du relatif aux attributions du chef d’État-Major général de la défense nationale », JORF, , ; « Décret du relatif aux attributions du chef d’État-Major général des armées », JORF, , .. La fonction est occupée par Paul Ély de à puis par le général Jean Olié, décret du portant affectation d'un officier général de l'armée de terre, Journal officiel, , . de à Il donne sa démission en .. En , le CEMGDN perd son titre de « plus haute autorité militaire »« Décret du relatif aux attributions du chef d’État-Major général de la défense nationale », JORF, , . puis en , l'état-major général de la défense nationale redevient le secrétariat général à la Défense nationale, comme dans l'entre-deux-guerres et comme entre et . Le secrétariat général de la Défense et de la Sécurité nationale est aujourd'hui l'héritier direct de ce secrétariat général à la Défense nationale. Par ailleurs, l'état-major général de la défense nationale cède ses responsabilités spécifiquement militaires à l'état-major interarmées. Celui-ci prend le nom d'état-major des armées, l’EMA d'aujourd'hui. Le général d'armée Charles Ailleret est nommé à sa tête, Défendre la France - L'héritage de De Gaulle à la lumière des enjeux actuels, Nouveau Monde Editions, 2020, pp. 30-33., Le SGDSN, 110 ans d’histoire - 1958-1962 : le second EMGDN, une éphémère remilitarisation site sgdsn.gouv.fr..

Intitulé de la fonction La fonction de chef d'état-major des armées a connu différents intitulés : Chef d'état-major général de la défense nationale () ; Président du comité des chefs d'état-major généraux des forces armées () ; Inspecteur général des forces armées, président du comité des chefs d'état-major généraux des forces armées et vice-président du Conseil supérieur des forces armées () ; Chef d'état-major général des forces armées () ; Chef d'état-major général des forces armées, inspecteur général des forces armées () ; Chef d'état-major général des armées, inspecteur général des forces armées, président du comité des chefs d'état-major () ; Chef d'état-major général des armées () ; Chef de l'état-major interarmées () ; Chef d'état-major des armées () ; Chef d'état-major général des armées () ; Chef d'état-major des armées (depuis ).

Responsabilités et autorités Le chef d'état-major des armées assiste le ministre des Armées dans ses attributions relatives à l’emploi des forces. Il est responsable de l’emploi opérationnel des forces. Sous l’autorité du président de la République, chef des armées, et du gouvernement français, et sous réserve des dispositions particulières relatives à la dissuasion, le chef d’état-major des armées assure le commandement des opérations militaires. Il est le conseiller militaire du Gouvernement consulté le 24 décembre 2016..

Sous l'autorité du ministre des Armées, le chef d’état-major des armées est responsable : de l’organisation interarmées et de l’organisation générale des armées ; de l’expression du besoin en matière de ressources humaines civiles et militaires des armées et des organismes interarmées ; de la définition du format d’ensemble des armées et de leur cohérence capacitaire ; de la préparation et de la mise en condition d’emploi des armées. Il définit les objectifs de leur préparation et contrôle leur aptitude à remplir leurs missions. Il élabore les doctrines et concepts d’emploi des équipements et des forces ; du soutien des armées. Il en fixe l’organisation générale et les objectifs. Il assure le maintien en condition opérationnelle des équipements ; du renseignement d’intérêt militaire. Il assure la direction générale de la recherche et de l’exploitation du renseignement militaire et a autorité sur la direction du Renseignement militaire (DRM) ; des relations internationales militaires consulté le 24 décembre 2016..

vignette|L’état-major des armées est installé à l’Îlot Saint-Germain entre sa création en et . vignette|L’état-major des armées est désormais installé à l’Hexagone Balard.. Il a directement sous son autorité : les chefs d’état-major de l’armée de Terre, de la Marine et de l’armée de l’Air consulté le 24 décembre 2016. ; l'état-major des armées (EMA) consulté le 24 décembre 2016.. ; les commandants supérieurs dans les départements et collectivités d'outre-mer et les commandants des forces françaises à l'étranger (COMSUP et COMFOR), les officiers généraux des zones de défense et de sécurité (OGZDS) et les délégués militaires départementaux (DMD) ; des organismes interarmées (autorité organique) et des organismes à vocation interarmées (autorité opérationnelle), dont : la DRM ; le Commandement des opérations spéciales (COS) ; le Commandement de la cyberdéfense (COMCYBER) ; Le Commandement pour les opérations interarmées (CPOIA) la direction de la Maintenance aéronautique (DMAé) ; la direction centrale du Service de santé des armées (DCSSA) ; le service de l'énergie opérationnelle (SEO) ; la direction interarmées des réseaux d'infrastructure et des systèmes d'information de la Défense (DIRISI), jusqu'à sa fusion au sein du Commissariat au numérique de défense (CND) ; la direction centrale du service du commissariat des armées (DCSCA), créée le ; le service interarmées des munitions (SIMu), créé le . ; la direction de l'enseignement militaire supérieur (DEMS)

Le chef d'état-major des armées est assisté par le major général des armées consulté le 24 décembre 2016..

Chef d'état-major général de la défense nationale Un « chef d’état-major général de la défense nationale » est nommé en mais il ne possède aucune structure administrative. C'est en , sous le Gouvernement provisoire de la République française, qu'un officier général se voit pour la première fois confier un commandement interarmées. Néanmoins, à partir de , la Quatrième République marginalise le chef d’état-major général de la défense nationale et au bout de quelques mois, l'état-major de la défense nationale est supprimé. Entre et , le chef d'état-major général des armées perd sa prééminence au profit du puissant chef d'état-major général de la défense nationale (CEMGDN) qui devient « conseiller militaire du gouvernement et la plus haute autorité militaire ». En , le CEMGDN perd son titre de « plus haute autorité militaire » puis en , l'état-major général de la défense nationale redevient le secrétariat général à la défense nationale, comme dans l'entre-deux-guerres et comme entre et .

Force armée Portrait Grade au momentde la prise de fonction Chef d'état-major Date de prise de posteet décret de nomination DuréeChef d'état-major général de la défense nationale 80px100pxGénéral de corps d'arméeAntoine Béthouart100pxGénéral d'arméeAlphonse Juin 100pxGénéral d'arméeJean de Lattre de Tassigny 80px100pxGénéral d'arméePaul Ély 100pxGénéral d'arméeJean Olié Général d'arméeAndré Puget

Liste des chefs d'état-major des armées

Quatrième République