Centaure est le nom du essai atomique français destiné à développer possiblement une TN 80.. Il a lieu le à (heure tahitienne) à Moruroa en zone Denise sous ballon captif d'une altitude de avec une puissance de .

Le tir ne se déroule pas comme prévu, le champignon atomique qui devait culminer à , n'a finalement atteint que ., ce qui provoqua que le nuage qui devait aller vers le nord, ira finalement vers l'Archipel de la Société, à l'ouest. Selon le dernier rapport de l'ASNR (2025), la population tahitienne .

Les conséquences dosimétriques de cet essai pour la population tahitienne ont d'abord été estimées par les archives militaires avant d'être réévalué par la Direction des Applications Militaires du Commissariat à l’Énergie Atomique, en 2006, puis par un rapport d'expertise de l'INSERM (2021), puis par Philippe et al (2022), puis par un rapport de l'ASNR (ex-IRSN) (2025), cette fois avec méthodologie de celles utilisées par les évaluations antérieures).

Déroulement de l'essai

Reports dus aux conditions météo Initialement prévu pour le , le tir est reporté après le tir Gémeaux en raison de mauvaises conditions météorologiques..

Au total, treize reports seront décidés avant que l'essai ne soit finalement réalisé le ..

Pour cet essai, les énergies E1, EN, et Es correspondent respectivement à un nuage pouvant atteindre , et selon les prévisions.

Les étapes clés de ces décisions sont les suivantes :

: Le dispositif opérationnel pour l'expérimentation est mis en position J-2 avant le tir.

: La situation est en J-1, dans la soirée, franchissement du « Rubicon »Rubicon : Lorsque l'ensemble du dispositif était techniquement prêt et que les conditions météorologiques étaient favorables au déclenchement de l'essai, la décision de réaliser l'essai était prise sur la base des dernières estimations des retombées atmosphériques sur les îles et atolls de la Polynésie. Dans la soirée du jour précédant l'essai, il était procédé au dernier stade de la préparation appelé « passage du Rubicon ». Si les conditions météorologiques évoluaient défavorablement, l'essai était différé de quelques heures d'une journée, voire plus. Dans ce cas l'ensemble du dispositif revenait à la situation antérieure dite « Pénélope » qui consistait à descendre le ballon pour remettre l'engin en position de sécurité dans l'attente de conditions météorologiques favorables permettant de revenir à la situation « passage du Rubicon »., demain sera le jour du tir.

: À , l'heure de l'essai est reportée puis annulée à en raison de retombées potentielles sur Tureia et les atolls du nord, entraînant un retour à la situation J-1.

: retour à J-2 à cause de conditions météorologiques défavorables.

: Maintien du dispositif opérationnel en J-2.

: Situation à J-1, et à , « Rubicon » non franchi, donc maintien à J-1 pour le lendemain.

: Situation en J-1, à , le « Rubicon » est franchi, le lendemain sera le jour J.

Réalisation du tir

Le , lors de la réunion préparatoire de , le GOEN donne le feu vert pour le tir, avec des estimations qui donne une énergie estimée à et un nuage atteignant mètres, la retombée se dirigeant vers l'ouest-nord-ouest. Étant donné les vents de la couche et le risque de pluie, la retombée risque de toucher Tematangi, une évacuation par hélicoptère Super-Frelon est décidée pour les quelques personnes présentes à Tematangi.

L'essai est effectué sur la face nord d'une cellule anticyclonique en voie d'affaiblissement centrée sur l'atoll de Morane avec des vents de basse couche de secteur sud-est de 10 nœuds, tendant à faiblir durant la journée.

À H+10 min, la tête du nuage de couleur ocre se détache du pied. Le sommet du pied bourgeonne en formant une petite tête blanche cerclée d'un anneau ocre. La tête du nuage culmine à , altitude nettement plus basse que la prévision.

Les navires observateurs étrangers sont le Huntsville (bâtiment US), les deux bâtiments soviétiques Akademik Shirshow et Priliv, ainsi que le Sir Percivale (GB) et au plan aérien, un AC 135 (US) accompagné d'un KC 135 ravitailleur.

Quatre pénétrations pilotées (quatre passages) sont réalisées à une altitude de à s, aux alentours de H+1. Le dispositif de protection de la zone Kathie, par arrosage en pluie, n'est pas mis en place pour cette expérimentation.

Conséquences radiologiques sur les sites d'expérimentations Les dégâts mécaniques en zone Denise sont peu importants, les deux barges secondaires sont coulées mais la barge principale reste en place. Les débits de dose sur la zone Denise sont dus à l'activation et sont compris à H+ entre 1,4 et à un mètre du sol. À J+4, cette valeur tombe à moins de sur l'ensemble de la zone.

Le lagon ne contient que des produits d'activation (essentiellement 24Na).

L'activité maximale relevée à H+ est de . La tache reste localisée entre la passe et Camélia, et disparaît en quelques jours.

Sur la barge principale, on relève à H+ des débits de dose au contact allant jusqu'à , Un ponton « plongeurs » est mis en place en zone Denise à J+3 pour réaliser le découpage des chaînes de la barge principale et permettre son remorquage vers Aline, afin de laisser opérer sa décroissance radioactive hors des chantiers opérationnels.

Une retombée est détectée à l'ouest du PEA. Le reste de l'atoll de Moruroa ainsi que Fangataufa ne font l'objet d'aucune autre retombée. À J au soir, il ne reste donc contrôlé que l'accès au PEA Denise et sa zone ouest. Une cabine vestiaires-douches mobile (CVDM) est donc mise en place à cet effet, le soir de J, à Exter 0. Une seconde CVDM est mise en place à J+2.

À J+5, après assainissement, la zone Denise est rendue libre et une des deux CVDM est transférée en zone ouest Denise pour assurer le contrôle de la zone des expériences de sécurité.

Les doses maximales reçues par le personnel du groupe Sites lors des missions opérationnelles du jour J et lors des travaux d'assainissement sont de . Lors des pénétrations pilotées, elles sont comprises entre .

Conséquences en Polynésie Française La seule retombée directe est observée sur l'atoll de Tematangi ; Le débit de dose maximal relevé est de l'ordre de à H+14.

Des retombées différées atteignent les îles du vent dont Tahiti et les îles sous le vent, les 19, Le nuage principal génère plusieurs nuages secondaires qui suivent des trajectoires distinctes globalement dirigées vers l'ouest.

Des précipitations de forte intensité, conjuguées aux effets de relief (blocage des nuages) conduisent à un dépôt au sol hétérogène de l'ordre de au PCR de Māhina.

Les valeurs maximales enregistrées, par ce PCR, sont pour la radioactivité atmosphérique de et le débit de dose de .

La dose correspondante est estimée à . Lors de son retour vers Papeete, le TCD Ouragan détecte une retombée à H+35 au niveau de . Le lavage du pont est effectué par le dispositif d'arrosage en pluie.

Conséquence radiologique dans l'archipel de la Société

Tahiti +Évaluation des doses sur les adultes, à la suite des retombées de l'essai Centaure à Pīraʻe.Doses ()Dose efficaceDose thyroïdeInhalation 0,0460,27Exposition externe au panache 0,002Exposition externe au dépôt0,053Consommation de lait0,030,4Consommation d'eau0,0160,2Consommation d'œuf et de viande0,0460,57Consommation de végétaux 0,151,7Consommation de produits marins0,111,22Bilan0,54,4 +Évaluation des doses sur les adultes, à la suite des retombées de l'essai Centaure à Hitia'aDoses ()Dose efficaceDose thyroïdeInhalation 0,523,1Exposition externe au panache 0,025Exposition externe au dépôt1,2Consommation de lait0,21,7Consommation d'eau0,030,3Consommation d'œuf et de viande0,02460,25Consommation de végétaux 0,414,5Consommation de produits marins0,1771,96Bilan2,611,8 +Évaluation des doses sur les adultes, à la suite des retombées de l'essai Centaure à Taravao et Teahupo'oDoses ()Dose efficaceDose thyroïdeInhalation 1,911Exposition externe au panache 0,09Exposition externe au dépôt1,1Consommation de lait0,030,4Consommation d'eau0,00450,05Consommation d'œuf et de viande0,0250,23Consommation de végétaux 0,2252,6Consommation de produits marins0,1771,96Bilan3,616,2

Nouvelle évaluation de l'ASNR (2025) Une nouvelle étude préliminaire a été « présentée au Comité d'indemnisation des victimes des essais nucléaires (CIVEN) en , puis mentionnée le lors de l'audition de l'IRSN par la Commission d'enquête parlementaire relative aux essais nucléaires français » qui a fait que le Directeur général de l'INRS a commandé un nouveau rapport.

L'IRSN (devenu ASNR) a choisi une méthode combinant les résultats de mesures disponibles à un modèle dynamique des transferts de radionucléides dans l'environnement (plate-forme SYMBIOSE), pour estimer les niveaux de contamination post-essai, et évaluer la dose efficace et équivalente à la thyroïde reçues, à tous les âges dans six localités représentatives. Des doses « moyennes » sont ainsi calculées (plutôt que les plus élevées possibles) pour six lieux. cette étude ne fournit pas de moyennes populationnelles, ni de calculs de doses individuels précise l'étude.

Les doses efficaces moyennes ainsi calculées pour les douze mois suivant l'explosion vont de pour les adolescents ou adultes à Taravao à pour les enfants de à Hitiaa. Les doses observées les plus élevées concernent les très jeunes enfants et les zones de dépôts les plus radioactives. Les facteurs principaux sont l'ingestion (notamment l') via les légumes et de lait ; l'exposition externe aux dépôts de certains radionucléides (tellure-iode 132, baryum-lanthane 140, zirconium-niobium 95, ruthénium 103).

Des incertitudes liées au manque de données de mesures réelles, et au manque d'informations sur les rations alimentaires ou l'origine des aliments à l'époque, font que, selon ASNR seuls les ordres de grandeur sont à retenir : les doses efficaces estimées sont de l'ordre du millisievert, allant de moins de à quelques mSv, et les doses équivalentes à la thyroïde de quelques mSv à quelques dizaines de mSv. Le rapport invite à tenir compte du fait que , et que les doses calculées sont proches des moyennes fournies par d'autres études (CEA 2006, Philippe et al. 2021, 2022) qui comportaient aussi )INSERM-ASNR (2025) Essai Centaure : l'ASNR publie le rapport sur l'évaluation de l'exposition radiologique des populations tahitiennes aux retombées atmosphériques |url=https://www.irsn.fr/actualites/essai-centaure-lasnr-publie-rapport-sur-levaluation-lexposition-radiologique-populations ; voir aussi le rapport ..

Résultat dosimétriques selon l'étude de l'ASNR +Évaluation des doses sur les adultes, à la suite des retombées de l'expérimentation nucléaire Centaure sur l'île de TahitiDoses ()Dose efficaceDose thyroïdeHitia'a2,714Māhina1,611Pape'ete0,65Pūeu1,36Taravao0,43Teahupo'o3,211

Interprétation des résultats des doses de radiation suite au tir Centaure d’après l'Inserm Les essais nucléaires réalisés dans le Pacifique, notamment l'essai "Centaure" mené en 1974, ont entraîné des retombées radioactives dans plusieurs régions de la Polynésie française. Les résultats des doses de radiations reçues par la population adulte ont été mesurées à travers différentes sources d'exposition, comprenant l'inhalation de particules radioactives, l'exposition externe aux dépôts, et la consommation d'aliments contaminés (lait, eau, végétaux, produits marins, etc.). Ces doses ont été exprimées en millisieverts (mSv), une unité de mesure utilisée pour évaluer les effets biologiques des radiations.

Doses mesurées à Hitia'a, Pīraʻe et Taravao et Teahupo'o Les doses efficaces, qui reflètent l'impact global des radiations sur l'organisme, ont été mesurées dans trois zones principales : Hitia'a (correspondant à la côte ouest), Pīraʻe (correspondant au nord-est) et Taravao et Teahupo'o (correspondance à la péninsule de Tahiti Iti), avec des résultats variés selon l’intensité de l'exposition dans chaque zone.