Shahmir Sanni est un informaticien (digital strategist), qui lors de la campagne du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne s'est proposé comme bénévole pour la campagne Vote Leave. Il y a été introduit par Christopher Wylie (à l'époque directeur de Cambridge Analytica). Il devient ensuite, en , trésorier du groupe politique « BeLeave », l'un des groupes partisans de la sortie du Royaume-Uni hors de l'Europe (Brexit). Il a été, à ce titre, l'un des lanceurs d'alerte ayant contribué à révéler une partie du scandale Facebook-Cambridge Analytica/AggregateIQ. Il a montré que la campagne référendaire de Vote Leave (le parti officiel du Brexit) cachait un processus manipulatoire et illégal. Ce processus a, certainement selon lui, le jour du vote du Référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne, conduit à une victoire usurpée par le camp des pro-Brexit.De l'aveu même de « Vote Leave », le Brexit n'aurait pas pu avoir lieu sans les logiciels d'agrégation de données et d'influence psychologique mis au point par AggregateIQ (qui a été alimenté par les bases de données de Cambridge Analytica, notamment construites à partir de données captées par Kogan dans Facebook, en accord avec le GAFA.

Refusant de cautionner une élection manipulée, Shahmir Sanni a permis de mettre au jour les implications cachées et croisées de Facebook, du parti conservateur anglais (dont Boris Johnson, des personnalités clés travaillant pour Theresa May à Downing Street et l'extrême droite ; Nigel Farage en particulier) et de Cambridge Analytica dans le processus qui a abouti au Brexit. Il a, avec d'autres (C Wylie en particulier), permis de démontrer qu'Aleksandr Kogan et Cambridge Analytica n'ont pas pu agir seuls, mais que dans les derniers mois de la campagne du référendum, via Darren Grimes, les partisans du Brexit ont aussi fait appel à la Start-up canadienne AggregateIQ (start-Up sœur de Cambridge Analytica, alors encore moins connue du grand public qu'elle et que le Groupe SCL). Au fur et à mesure des enquêtes qui ont suivi, Cambridge Analytica et AggregateIQ sont apparues, malgré leur dénégation, comme deux filiales respectivement anglaise et canadienne de SCL Elections, créées et majoritairement financées et contrôlées par des intérêts américains politiques et privés, et agissant de concert. Une autre entreprise, Crow Business Solutions MENA pourrait être impliquée.. Selon The Guardian, ces personnes et entités semblent avoir bafoué l'éthique démocratique, les règles de dépenses référendaires, et tenté de détruire les preuves de leur forfaiture..

Face à ces révélations, la justice et la commission électorale anglaises se sont néanmoins trouvées démunies : d'une part ce processus s'est déroulé dans une « zone grise » du droit électoral qui n'a pas encore été adapté à l'encadrement des nouveaux types de propagande politique exercés dans l'Internet et ses réseaux sociaux ; d'autre part, cette élections n'a pas été truquée par bourrage d'urne, par des menaces ou des empêchements physiques d'aller voter. Dans le cas présent, un groupe ciblé d'internautes a été influencée en amont, sans en avoir conscience, par des techniques de manipulation mentale d'origine militaire et publicitaire, améliorées dans les années précédentes par des bases plus scientifiques d'une part, et par des logiciels d'« intelligence artificielle » d'autre part. Un nombre suffisant d'électeurs-clé ont été judicieusement choisis sur la base de leur profil psychologique montrant qu'ils égaient instrumentalisables par des messages ciblés. Ils ont été simplement subrepticement et subliminale ment « encouragés » à voter pour un parti ou à être abstentionniste le jour du vote. Le vote n'a pas été annulé. Les partis politiques en cause n'ont eu que des amendes modestes à payer, uniquement au Royaume-Uni. Facebook néanmoins subi des amendes plus importantes, et a vu son image et sa cote de confiance dégradées. La plupart des entreprises responsables se sont déclarées en faillites, échappant à la justice, pour semble-t-il presque immédiatement se reconstituer sous d'autres noms.

Contexte Au Royaume-Uni, des groupes conservateurs, libertariens de droite, parfois d'extrême droite et dans tous les cas europhobes, se sont peu à peu concertés, dont au sein du parlement européen avec comme ambition commune de faire sortir ce pays de l'Union européenne. Ces projets étaient notamment portés par l'association «Business for Britain» (qui est précurseur de Vote Leave).

En 2018, après avoir réussi à lancer une procédure de référendum, ce lobby rassemble ses moyens pour faire advenir le Brexit, en s'appuyan notamment sur l'Institut Adam Smith, le Center for Policy Studies, l'Institute of Economic Affairs, également très impliqués dans la diffusion du déni du réchauffement climatiqueHenry C (2012) Bibliographie -" Les marchands de doute" de Naomi Oreskes et Eric M. Conway. Le Courrier de l'environnement de l'INRA, 62(62), 123-124. …et Leave Means Leave, qui promeut un « Brexit dur »).

Ces acteurs s'organisent en groupes de pression ou de "sensibilisation». Ils le font autour du Parti Vote Leave, légalement créé pour la circonstance, et reconnu par la commission électorale comme « parti officiel » du Brexit. Ce réseau comprend l'Institut Adam Smith, le Center for Policy Studies, l'Institute of Economic Affairs et Leave Means Leave. Nombre des groupes constitués autour de ce réseau, supposément pour représenter les électeurs pro-Brexit et leurs intérêts, ont ensuite été accusés d'être des organismes fantoches, utilisées par Vote Leave pour drainer et réorienter de l'argent illégal, delà de ce qu'autorisait son plafond autorisé de dépenses.Electoral Commission (2020). Investigation: Vote Leave Ltd, Mr Darren Grimes, BeLeave and Veterans for Britain. https://www.electoralcommission.org.uk/who-we-are-and-what-we-do/our-enforcement- work/investigations/investigation-vote-leave-ltd-mr-darren-grimes-beleave-and-veterans-britain. Ces entités sont secrètement coordonnées à Londres (au rythme de deux réunions par semaine environ) par M. Elliott en lien avec Dominic Cummings (le directeur officiel de la campagne pro-Brexit)

Parmi les groupes militant pour le Brexit figure BeLeave, une Royal Courts of Justice (2019) IN THE COURT OF APPEAL (CIVIL DIVISION) ON APPEAL FROM the High Court (Queen’s Bench Division) |date=12/11/2019 |URL=https://www.judiciary.uk/wp-content/uploads/2019/11/Vote-Leave-for-hand-down-002-1.pdf spécifiquement crée par un jeune étudiant militant conservateur (Darren Grimes), avec le soutien juridique et stratégique de « Vote Leave », pour spécifiquement encourager les jeunes anglais à voter en faveur du Brexit. Shahmir Sanni en est alors le trésorier, tout en restant presque quotidiennement proche de Vote Leave, ce qui lui permet de rapidement détecter des anomalies comptables. De plus, BeLeave est si proche de Vote Leave qu'il est initialement basé dans le siège social même de Vote Leave. Shahmir Sanni est donc aussi l'un des témoins des stratégies mises en place pour emporter le référendum.

Shahmir Sanni, lanceur d'alerte Shahmir Sanni entend d'abord autour de lui parler de dépassement et de moyens de contournement des plafonds légaux de dépenses autorisées lors de cette campagne référendaire.

Il s'inquiète plus encore lorsque le - une semaine après que la Commission électorale ait ouvert une enquête - il se rend compte que Vote Leave a rapidement supprimé, pour nombre de ses membres et associés, l'accès aux documents antérieurement partagés entre les responsables et organisateurs de la campagne et notamment avec « BeLeave » et avec Aggregate IQ (sur Google Drive)...

Il décide donc de révéler au public qu'en dépit des alertes internes qu'il a émises, des dépenses excessives illégales, et parfois dissimulées ont lieu dans le camp des pro-Brexit : il affirme qu'un don de a été fait par « Vote Leave » à « BeLeave », et que cet somme a été transférée à AggregateIQ (AIQ). Fin Jeff Silvester, directeur de l'exploitation d'AIQ (et cofondateur de la start-up en 2013 avec Zack Massingham), niait encore vivement tout lien avec les data-miners responsables du vol de données personnelles des détenteurs de plus de de comptes sur Facebook. Dans un courriel envoyé au Times Colonist, il affirme .

Faits dénoncés S. Sanni dénonce plusieurs faits qui s'entrecroisent :

Collusions Shahmir Sanni a notamment contribué à mettre à jour une collusion entre la TaxPayers' Alliance et plusieurs think tanks et groupes de pression, impliquant notamment Peter Whittle, l'ancien chef-adjoint de l'UKIP, Civitas, l'Adam Smith Institute, Leave Means Leave, la Global Warming Policy Foundation, Brexit Central, le Center for Policy Studies et l'Institute for Economic Affairs). Durant la campagne référendaire, la TaxPayers' Alliance (TPA) a travaillé en faveur du Brexit de concert avec les Think tanks de droite et divers groupes de pression, notamment liées au 55 Tufton Street., dite « rue de la dark money » par Open Democracy. Là, c'est un groupe parfois surnommé «les neuf entités» qui semble piloter secrètement la campagne. Ce groupe animé par M. Elliott semble notamment élaborer les coups médiatiques (2 à 3 par jour selon la TPA). et les discours portés vers les médias, mais de plus en plus surtout vers les réseaux sociaux, et de manière de plus en plus ciblée les derniers mois de la campagne.. Les neuf groupes de pression étaient, outre la TaxPayers' Alliance, le bureau de Peter Whittle (ancien chef adjoint de l'UKIP), Civitas, l'Adam Smith Institute, Leave Means Leave, la Global Warming Policy Foundation, Brexit Central, le Center for Policy Studies et l' Institute for Economic Affairs.

Cette collusion ne se limitait pas au territoire britannique : le camp du Brexit a trouvé un important soutien (tactique et financier) aux États-Unis, de la part de plusieurs milliardaires, d'hommes politiques et réseaux de think-tanks (Réseau Atlas et Réseau de Stockholm, liés à ceux du 55 Tufton Street à Londres.., et en particulier de la famille Mercer aux États-Unis.

Manipulation mentale S. Sanni a indirectement attiré l'attention sur des utilisations détournées, cachées et non éthiques de la psychologie sociale croisée avec l'analyse statistique intelligente de données (personnelles ou non) issues du big data. Ces deux activités étaient revendiquées par SCL et ses deux filiales, comme sciences utilitaires, pouvant être mises au service de partis politiques et/ou de personnalités politiques (toujours de droite quand ces entreprises ont agi au Royaume-Uni et aux États-Unis)..

S. Sanni, et plus encore Christopher Wylie ont permis que des journalistes d'enquête puissent remonter vers le Groupe SCL et suspecter, puis mettre en évidence certains liens entre les promoteurs du Brexit et des pratiques issues des expériences de guerre psychologique, en partie au moins liées au complexe militaro-industriel, croisées avec le Marketing d'influence.