Étienne Maniald, né vers 1535 à Clairac et mort vers 1599 à Bordeaux, est à la fois médecin, poète, littérateur et helléniste français. Il fait partie des humanistes bordelais du .
Biographie Peu de choses sont connues de sa biographie familiale.
Les Jurats de Bordeaux le nomment « bourgeois » le , titre attestant qu'il est établi à Bordeaux depuis un certain temps. Un acte notarial indique qu'il a acheté une maison, rue neuve à Bordeaux, en octobre 1582G. Sous, Pt 1, page 450..
Maniald meurt en août 1599 (son testament est daté du et insinué (authentifié) le , pages 378-379., (ce qui indique une mort avant le 17 août). Il laisse deux fils : ÉtienneÉtienne Maniald, le fils aîné, est avocat, conseiller royal, lieutenant général de la sénéchaussée de Castelmoron-d'Albret et député des églises réformées. et PaulPaul Maniald est médecin et, comme son père, lecteur à la Faculté de médecine de Bordeaux. Il en est devenu doyen en 1633..
Le , le Parlement de Bordeaux nommeEn conformité avec : . quatre médecins : Pierre Pichot, Guillaume Briet, Charles Rousseau et Étienne Maniald, pour être lecteursAu , les élèves étaient peu fortunés, les livres rares, couteux, difficiles à procurer. Le maître chargé de l'enseignement prenait le titre de lecteur. Le professeur lisait un traité quelconque de chirurgie, que les élèves écrivaient sous la dictée, puis venaient les commentaires, les explications, les éclaircissements sur le texte qu'il avait lu.(professeurs) à la Faculté de médecine, avec un salaire de s par an. pages 187-188.. Le , après un nouvel arrêt, Pichot et Rousseau lisent à la Faculté de médecine, Maniald aux chirurgiens et Briet aux apothicaires sur BABORD NUM, page 89.. Maniald reste professeur jusqu'en 1590.
Maniald commence son professorat en dictant la Chirurgia Magna de Guy de Chauliac et termine sa carrière en 1590 avec le traité des plaies et ulcères d'Hippocrate.
Comme médecin-ordinaire de la ville et lecteur, Maniald est un proche collaborateur de Pierre Pichot à la faculté de médecine, mais il ne devient jamais docteur-régent.
En plus de son travail de médecin-chirurgien, Étienne Maniald est en relation avec les lettrés contemporains. Il est un familia, pages26, 29, 50. d'Elie Vinet, Pierre de Brach, Joseph Juste Scaliger, Gabriel de Lurbe, etc.
Sa production littéraire se limite à des vers. Étienne Maniald est un encomiaste de renom. Il compose pour ses amis des pièces en vers grec, latin et français ; tous les genres de poésie sont utilisés. On trouve ses textes dithyrambiques dans les préfaces, postfaces et sous les portraits.
Maniald l'encomiaste Quelques exemples : Sous le portrait de Pierre de Brach dans l'édition de 1576 de ses poèmes : .
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Écrits médicaux d'Étienne Maniald Il débute comme écrivain médical avec la traduction en français d'une partie des Œuvres de Guillaume Rondelet : un traité sur la vérole en 1576.
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Le texte de certaines observations cliniques notées par Maniald est publié par son fils en 1616. Le cas le plus rare et curieux, qui donne le titre de l'ouvrage, est celui d’une double grossesse extra-utérineUne femme de Gradignan, âgée de trente ans et ayant huit enfants, les deux derniers jumeaux, devint enceinte au mois de mars 1591. Au neuvième mois de sa grossesse, elle est prise de douleurs. Une sage-femme est appelée et le fœtus mort n’est pas expulsé. Les douleurs se calment, il ne reste qu’une tumeur au côté droit de l’abdomen. Quelques jours après, cette femme reprend ses travaux des champs. Pendant deux ans, la menstruation est normale et régulière. Une nouvelle conception a lieu au mois de mai 1593. Tous les signes de la grossesse se montrent, les mouvements du fœtus sont perçus par la mère. Au huitième mois, elle sent que le fœtus exécute des mouvements violents, irréguliers. Elle éprouve des douleurs dans les reins et dans le bas ventre. Elle appelle deux sages-femmes qui, ne constatant aucun mouvement du fœtus, le supposent mort. Pendant trois mois, un liquide de mauvaise odeur s’écoule de l’utérus. Une tumeur dure et volumineuse se montre au côté gauche de l’abdomen. La tumeur qui existait au côté droit n’a pas disparu. Cette femme devient anémique, elle ne peut se tenir debout et elle est obligée de garder le lit. Au mois de juin 1595, près de l’ombilic, au côté droit, se forme un abcès qui s’ouvre le 2 août, donnant issue à une grande quantité de pus fétide et amnios. Jacques Dunoyer, chirurgien de Bordeaux (Τῆς ἑμδρυουλκίας peritum), expert en l’art des accouchements, est appelé en consultation par le chirurgien de la campagne. La plaie est agrandie et l’on retire les os d’un fœtus mort depuis quatre ans. On voulait ouvrir la seconde tumeur, mais la femme se trouvant mal, cette seconde opération fut ajournée. Le 16 août, Maniald se rend à Gradignan avec Jean Danet et Léonard Villechabrolle, chirurgiens de Bordeaux. Le 20 août, il revient avec les mêmes chirurgiens et avec le Dr Briet et Jean Ëymeric. D’un avis commun, la tumeur est ouverte, on extrait les os d’un fœtus mort, on applique cinq points de suture, la malade guérit. Après avoir exposé le fait, Maniald rappelle ceux du même genre qui ont été observés par Albucasis, Mathias Cornaux, Jean Languis, Rondelet, et il se demande comment le fœtus a pu passer de l’utérus dans la cavité péritonéale. Il ne soupçonne pas une grossesse extra utérine. Il admet une grossesse normale au début et voici son hypothèse : La nature, qui a la propriété d’expulser tout ce qui est nuisible, a amené la perforation de l’utérus pour jeter le fœtus mort dans un espace vide entre le péritoine et l’intestin. Pour justifier cette opinion, démontrer qu’elle est vraie, logique et admissible, il cite un fait dont il a été témoin. En voici la traduction. La femme de Guillaume Mota, libraire, était depuis trois ou quatre jours en travail difficile et laborieux d’enfantement. Ses forces diminuent, une sueur froide se montre, le fœtus est sans mouvements. Je suis appelé le Ier septembre 1595 pour prescrire une potion destinée à expulser le fœtus. Je vois la femme dans la somnolence, levant péniblement ses membres. Le pouls est faible et petit, la face est pâle, l’abdomen froid. J’annonce que le fœtus est mort et que la mère ne tardera pas à succomber. Pour ranimer les forces de la mère, je prescris une potion cardiaque, et pour éliminer le fœtus, je conseille des injections. Ce traitement fut vain, la mère mourut dans la nuit. Le père, pensant que l’enfant était en vie, appelle aussitôt un chirurgien pour l’extraire de l’utérus par une incision. Le chirurgien ayant ouvert la partie gauche de l’abdomen, trouva dans la cavité péritonéale un fœtus mort qui avait passé à travers une plaie de l’utérus. Il voulut que je fusse témoin du fait. J’ai constaté à l’utérus une ouverture de deux travers de doigt et j’ai conclu que le même phénomène avait dû se produire chez la femme de Gradignan..
, avec la traduction de A. Bouscharain.
Maniald traduit quelques textes grecs d'Hippocrate en latin, corrige les leçons qu'il juge erronées. Le livre est dédié à Henri IV et il confie le manuscrit à François de Foix pour le présenter au roi. Malheureusement, ce dernier meurt et personne ne songe à ce manuscrit. Les héritiers le trouvent parmi les papiers de François de Foix et le remettent à Étienne, le fils aîné de Maniald, qui le publie en 1619.
Bibliographie
sur BABORD NUM. . . , pages 105-109. . .
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Notes et références Notes
Références
Annexes
Articles connexes Humanistes bordelais du siècle Parlement de Bordeaux Faculté de médecine de Bordeaux Simon Millanges Élie Vinet Guillaume Briet
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