Youssef al-Qardaoui ou Yûsuf Al-Qaradâwî (en arabe : ), né le à Saft Turab (royaume d'Égypte) et mort le à Doha (Qatar), est un théologien, prédicateur et universitaire qatarien extrémiste, d'origine égyptienne.
Fondateur et doyen de la première université des études et sciences islamiques au Qatar en 1977, il est également président de l'Union internationale des savants musulmans, membre du Conseil européen pour la fatwa et la recherche et président de l'Union of Good.
Al-Qaradawi a publié plus de 120 ouvrages., dont Le Licite et l'Illicite en islam et L'Islam, civilisation de demain.
Dans la confrérie islamiste égyptienne des Frères musulmans, Al-Qaradawi a une influence intellectuelle de premier plan. Il y est considéré comme le théologien de référence. Il aurait refusé par deux fois (en 1976 et en 2004) un poste officiel ou même la direction de l'organisation..
Il a fait l'apologie de la brutalité, de la misogynie. de l'homophobieBenjamin Barthe, Youssef Al-Qaradawi, prédicateur sunnite et guide spirituel des Frères musulmans, est mort, lemonde.fr, 26 septembre 2022 et de l'antisémitismePierre Juston, "Le licite et l’illicite en Islam" : un livre antisémite, homophobe, misogyne... en vente libre en France, marianne.net, 25 juin 2018. Les points de vue d'al-Qaradawi étant extrémistesFlorence Bergeaud-Blackler, Mort de Youssef Al-Qaradawi, "mentor des Frères musulmans européens", marianne.net, 27 septembre 2022, il s'est vu refuser le visa d'entrée au Royaume-Uni en 2008, il est interdit d'entrée aux États-Unis à partir de 1999 et en France à partir de 2012. Dans le monde musulman, ses positions contre certains régimes lui ont valu l'interdiction d'entrée dans plusieurs pays arabes, dont les Émirats arabes unis et l'Égypte, où il a été jugé par contumace en 2013, et Interpol lance fin 2014, un mandat d'arrêt contre lui à la demande de l'Égypte.
Youssef al-Qaradawi, figure influente de l’islam contemporain, a cherché à concilier tradition et modernité et son œuvre reste marquée par des prises de position anti-démocratiques. Défenseur d’une « démocratie islamique » fondée sur la charia et proche des Frères musulmans, il soutient que les musulmans doivent rejeter la société occidentalehttps://shs.cairn.info/revue-confluences-mediterranee-2017-4-page-133?lang=fr.
Son attitude encourageante vis-à-vis de la violence — condamnant le terrorisme tout en justifiant certains attentats suicides en Palestine — et son usage politique des fatwas lui ont valu de vives critiques, aussi bien de la part de penseurs laïcs que d’érudits religieux traditionnels.
Biographie Orphelin de père dès l’âge de deux ans, il grandit dans une famille de paysans musulmans pieux et pratiquants. Il est élevé par son oncle paternel, qui l’envoie à la médersa du village où il achève la mémorisation du Coran à l’âge de . Yûsuf Al-Qaradâwî poursuit ses études à l’institut de la ville de Tanta (Égypte), dépendant de l'Université al-Azhar. Neuf années plus tard, il obtient le diplôme sanctionnant le cycle d’enseignement secondaire.
Études En 1960, il obtient un master en sciences coraniques, et commence la préparation de sa thèse sur le thème de la zakât et son rôle dans la résolution des problèmes sociaux.
En 1973, il obtient un doctorat avec mention honorifique de l'université al-Azhar.
Carrière universitaire En 1961, il est envoyé par l'université Al-Azhar au Qatar, comme doyen de l'Institut secondaire des études religieuses, qu'il modernise. Il est chargé en 1973 de la création du département des études islamiques à l'université du Qatar dont il devient président.
En 1977, Al-Qaradâwî fonde la première université des préceptes et sciences islamiques du Qatar, dont il a été le doyen jusqu'à 1990. Depuis, il a conçu le centre de recherche sunnite et de la tradition prophétique, qu'il préside jusqu'à présent.
En 1980, il s'en prend au philosophe Mohammed Arkoun qu'il empêche de prononcer une conférence... Il enseigna durant les années 1990 à l'université des sciences islamiques Émir Abdelkader à Constantine en Algérie..
En 2004, al-Qaradawi a été administrateur du Centre d'Oxford pour les études islamiques., chaire qui serait financée par l'émirat du Qatar..
Il a également servi en tant que chercheur et consultant pour un film épique en anglais sur Mahomet, et une série de sur le deuxième calife Omar Ibn Al-Khattab..
Confrérie des Frères musulmans al-Qaradâwî devient membre de la confrérie des Frères musulmans alors qu'il est encore un jeune homme et il fait personnellement la connaissance de son fondateur Hassan al-Banna. Il a
Justice et interdictions de séjour Fin , Interpol lance, à la demande des autorités égyptiennes, un mandat d’arrêt international visant Al-Qaradâwî pour « incitation et assistance d’assassinat, assistance à l’évasion de personnes détenues, incendie criminel, vandalisme et vol »..
Arabie saoudite Le , le ministère de l'Éducation saoudien ordonne le retrait sous quinze jours de de toutes les écoles et universités du pays. Parmi les ouvrages visés par cette décision figure notamment Le Licite et l'Illicite en islam de Youssef al-Qaradawi aux côtés de ceux d'autres auteurs égyptiens comme Hassan el-Banna, Sayyid Qutb ainsi que l'écrivain algérien Malek Bennabi et le théologien pakistanais Abul Ala Maududi. Un responsable saoudien s'explique à propos de cette initiative au micro de Sky News Arabia, en déclarant que : « L'État saoudien souffre depuis longtemps du terrorisme, et il est de notoriété publique que les livres de Qutb, d'el-Banna et d'al-Qaradawi incitent à la violence, à la haine et au rejet des autres religions. Ils devraient être brûlés et non pas seulement interdits ».
Égypte Le , al-Qaradâwî a été condamné à mort par contumace par un tribunal égyptien en même temps que le président déchu Mohamed Morsi et plus d’une centaine d’autres Égyptiens eux aussi affiliés aux Frères musulmans.. L’Égypte demande son expulsion du Qatar. Il est par ailleurs condamné, le mercredi , à la prison à perpétuité (par contumace) par un tribunal militaire égyptien qui l'a reconnu coupable, d’« incitation au meurtre », de « diffusion de fausses nouvelles » et de « vandalisation de biens publics »..
Émirats arabes unis Dans le monde musulman, ses positions contre certains régimes lui ont valu l'interdiction d'entrée dans plusieurs pays arabes, dont les Émirats arabes unis..
États-Unis Les opinions extrémistes d'Al Qaradâwî ont mené à une interdiction du territoire américain en vigueur depuis 1999..
Europe En 2008, le Home Office britannique a déclaré qu’Al-Qaradâwî s’était vu refuser un visa d’entrée en Grande-Bretagne pour traitement médical en raison des craintes du gouvernement britannique que ses prêches « favoriseraient la violence intercommunautaire »En Grande-Bretagne, une liste noire pour interdire le territoire aux extrémistes, lemonde.fr, 29 octobre 2008.
En , le président français Nicolas Sarkozy a déclaré son intention de renforcer les mesures d’interdiction du territoire envers les imams extrémistes à la suite des attentats de Toulouse. Parmi les religieux concernés, le président a explicitement nommé Al-Qaradawi..
Il est interdit de séjour en France à l'occasion de la Rencontre annuelle des musulmans de France organisée par l'Union des organisations islamiques de France en 2012.
Mort Le cheikh Youssef Al Qaradawi meurt le , à l'âge de , à Doha, au Qatar.
Sa sépulture est à côté de celle du fondateur des frères musulmanshttps://www.letemps.ch/opinions/lhistoire-secrete-islamistes-occident-46-freres-musulmans-conquete-lislam-europeen.
Prises de position Il est présenté comme un .Pourquoi l'intégrisme nous menace de Raouf Oufkir, éditions Pygmalion/Flammarion, Paris, 2012 - chapitre 18 « Qui sont nos intégristes ? ». ou et est très généralement considéré comme ayant été l'idéologue et le guide spirituel des Frères musulmans..
Démocratie Il considère que la démocratie est compatible avec l'islam et la considère comme souhaitable pour les pays musulmans« Les aspects politiques de la loi islamique ne s'opposent pas à la démocratie » , interview de Al-Qaradâwî parue dans Le Monde. mais, à l'inverse, il soutient que les lois de la charia priment sur la norme du droit humain qu'il estime « changeant »« the Shari`ah cannot be amended to conform to changing human values and standards, rather, it is the absolute norm to which all human values and conduct must conform… » . :
Traitement de conflit dans le cercle familial Youssef Al-Qardaoui défend l'usage de violence d'un mari envers sa femme : dans un passage sur le droit du divorce, il explique comment l'homme doit réagir lorsque son épouse se « rebelle contre son autorité » au sein du cercle familial :
Excision Youssef Al-Qaradâwî ne justifie pas mais ne condamne pas l'excision : dans une étude détaillée, il traite la question en l'exposant aux différentes sources du droit musulman (Coran, Sunna, consensus, analogie) en examinant l'authenticité de tous les arguments avancés qui ont conduit aux avis divergents..
En analysant les versets du Coran, il conclut qu'ils ne fournissent aucune base pour appliquer l'excision. En passant à l'examen des hadiths pour voir ce que dit la Sunna, il relève trois principaux hadiths sur ce point qu'il juge (avec démonstration) insuffisants à établir le statut juridique de cet acte. L'étude du consensus (ijma‘) et de l'analogie (qiyas) ne change rien au résultat, et tout ce qui en ressort est la permission, l'excision n'est donc ni recommandée ni encore moins obligatoire, d'après son étude. Cependant, il souligne que cette permission est cadrée par des conditions strictes dont le non-dépassement de l'effleurement. Ainsi, il ne condamne pas celle-ci explicitement, sachant pertinemment que 97 % des femmes égyptiennes sont excisées..
Laïcité Il condamne la séparation de l'État de la religion :
Dans une lettre au Président Chirac en 2003, Youssef Al-Qardaoui en donne la version suivante :
Loi française contre le port de signes religieux à l'école Il s'est déclaré hostile à la loi française contre le port de signes religieux ostentatoires. Au cours d'un meeting au Bourget, il préconise au citoyen français musulman de ne pas voter pour un candidat d'un parti qui aurait soutenu la loi française contre le port du voile islamique à l'école.
À la suite du sermon prononcé par Al-Qaradâwî le vendredi , l’ambassade de France fit parvenir au Cheikh la traduction arabe du discours donné par Chirac. Al-Qaradâwî envoya une lettre, le , en son nom propre et au nom du Conseil Européen de la Fatwâ, au président Jacques Chirac par l'intermédiaire de l'ambassade de France à Doha, en réponse à l'interdiction du voile..
Apostasie Au sujet de la peine ou non de l'apostasie, Youssef al-Qaradâwî se prononce pour la possibilité de l'annulation ou du report de la peine de mort dans certaines circonstances. :
Soutien aux mouvements terroristes En , plus de musulmans en provenance de signent une lettre ouverte adressée aux Nations unies afin de sensibiliser la communauté internationale au sujet de l'incitation à la violence pour motifs religieux. Al-Qaradâwî est cité dans ce document comme faisant partie des « cheikhs de la mort ». Les auteurs de la lettre désignent ainsi les personnalités religieuses qui manipulent la foi des croyants pour les inciter à la violence, dans le but de « justifier le terrorisme par la religion »..
Al-Qaradâwî est président de la Union of Good (« UG »), une coalition d’organisations caritatives islamiques soutenant les activités du Hamas, et notamment les actions violentes contre les autorités et le peuple israéliens.. Cette organisation a été interdite en Israël en 2002 et désignée comme organisation terroriste par le Département du Trésor américain en 2008..