Jean Monné (Jan Monné) ( à Perpignan - à Marseille), est un ingénieur des ponts et chaussées, écrivain, poète et traducteur français d'expression provençale, majoral du Felibrige en 1881 et fondateur du bulletin Lou Felibrige né en 1838 à Perpignan et mort en 1916 à Marseille. Ses premiers essais poétiques sont facétieusement signés felibresse Clemènço. Il a parfois été désigné comme émule et rival de Théodore AubanelOn a déjà dit de Jean Monné qu'il était le Théodore de Banville de Mistral, le descendant de Pétrarque, le rival d'Aubanel. .

Biographie Jean, François, Julien, Thomas MonnéRegistre de naissances 1838 de Perpignan, dit Jan Monné, est né le au 12 rue Saint-Mathieu à Perpignan au sein d'une famille catalane. Ses parents sont François, Emmanuel, Jean MonnéRegistre de naissances 1818 de Perpignan (contremaître tanneur puis sacristain né le ) et Josèphe, Thomase, Catherine Romeu Bassails (repasseuse née le ). La famille quitte Perpignan pour le Vaucluse et Avignon lorsque Jean a neuf ans ; elle déménage ensuite à Carpentras puis Cavaillon. Devenu ingénieur des ponts et chaussées, il s'installe à vingt ans avec sa mère dans la cité phocéenne après le décès de son père. Le , Jean épouse Jeanne, Clémentine, Victoire Boucanier, une couturière marseillaise née le qui demeurera la principale inspiratrice de son œuvre lyrique et qui décèdera trois ans plus tard le . Entre-temps, le couple a donné naissance le à une fille, Françoise, Marie Monné, pour laquelle il composera un chant nuptial en 1885. Jean se remarie le , avec sa cousine Marceline, Catherine, Marie Monné (née à Perpignan le ) qui lui donnera le un fils Jean « Janot » François, Joseph, qui une fois adulte s'engagera dans la marine. En parallèle de ses activités littéraires, Jean Monné mène une carrière de contrôleur aux Ponts et Chaussées en tant qu'attaché au contrôle des chemins de fer.

Félibrige En 1868, Jean Monné rencontre Frédéric Mistral et devient membre du Félibrige. Il gagne la médaille d'or aux Jeux Floraux d'Aix en 1869, participe au premier congrès de la Santo Estello qui se tient en 1876 à Avignon et reçoit un an plus tard le titre de Mestre en Gai Sabé (maître en gai savoir). Il est couronné aux fêtes latines en Montpellier en 1878 et à l'Académie des Jeux Floraux. En 1881, Jean est coopté en tant que Majoral : il reçoit la cigalo de Roussihoun et intègre l'organe gardien de la philosophie de l'association : le consistoire. Il sera de 1891 à 1902 le vice-chancelier du Félibrige.

Entre 1887 et 1890, Jean séjourne à Paris pour raisons professionnelles. Là-bas, il commence à faire paraître Lou Felibrige, un bulletin mensuel relatant tous les événements félibréens qu'il animera jusqu'en 1909. Tout au long de sa vie, il collabore dans divers journaux et revues liés à la Respelido : Lou Trelus de l’Aubo prouvençalo qu'il anime trois années durant de 1876 à 1879, l'Armana Pouvençau, l’Armana Marsihès, l’Armana dóu Ventour, Lou Cacho-Fiò et L’Aïoli.

Le Félibrige est organisé en six sections territoriales appelées maintenance ; Jean est le secrétaire de celle de Provence (à partir du ) puis il en est le syndic (à partir du ).

Il co-fonde avec Paul Roman une association régionaliste provençale : la Freirié Prouvençalo. Roman en sera le secrétaire, l'éditeur Paul Ruat en sera le trésorier.

Jean Monné décède des suites d'une maladie en . Tout sa vie il s'est investi dans la promotion de la graphie mistralienne et a œuvré pour dissiper les tensions entre troubaires et félibres. Il était chevalier de l’Ordre royal de Roumanie.

Œuvres Jean Monné a trente ans lorsqu'il commence à écrire. Ces premiers écrits sont court comme l'ensemble des productions littéraires de l'époquePhilippe Martel, « Le petit monde de l'édition en langue d'oc au temps des félibres (seconde moitié du XIXe siècle) », dans Bibliothèque de l'école des chartes, Bibliothèque De l’École Des Chartes, vol. 159, no. 1, 2001, pp. 153–170 : Lou retra fait deux pages, A la vilo d'Iero huit et Puget onze. Sa première œuvre d'importance, Casau, co-écrite avec son gendre, est un drame historique en cinq actes relatant l'assassinat de Charles de Casaulx en 1595. Rousàri d'Amour est un recueil de sonnets consacrés à sa défunte première épouse. Il sera traduit en portugais par J. M. Greenfield Mello sous le titre Rosario d'amor : sonetos. À partir de ce recueil, l'œuvre de Monné sera dédiée à Clémentine, son premier amour : Menino, dont le titre est l'aphérèse de Clementino (Clémentine), les poésies autobiographiques Flour de Vèuno, qui racontent son bonheur conjugal sur les bords de l'Huveaune.

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