Leave.EU est l'un des deux principaux partis (groupes) de campagne politique pro-Brexit. Il a été créé en juillet 2015 par Arron Banks et Richard Tice pour soutenir le retrait du Royaume-Uni de l'Union européenne lors du référendum de juin 2016. Fondé sous le nom de The Know il a été rebaptisé 2 mois plus tard (en ) « Leave.EU » pour refléter la modification du libellé de la question référendaire.
Cette campagne s'est déroulée parallèlement, et complémentairement, à celle de Vote Leave, le parti officiellement retenu par la Commission électorale anglaise (le ) pour représenter le camp des pro-Brexit. et à celle d'autres groupes moins nombreux (notamment BeLeave, Veterans for Britain et le Democratic Unionist Party d'Irlande du Nord)Cadwalladr C (2017) The great British Brexit robbery: how our democracy was hijacked, The Guardian, 7 mai 2017.. Elle a visé un public différent de celui de Vote Leave, plus populaire et/ou volontairement choisi car plus prompt à réagir aux émotions et provocations. Elle s'est surtout développé sur les médias sociaux, où sa forte présence et sa grande réactivité, associées à une capacité de micro-ciblage des messages ont sans doute eu un rôle décisif dans le vote (majoritaire à 1% près) des Britanniques pour le BrexitArron Banks, argentier des pro-Brexit et millionnaire provocateur, Le Point-AFP, 02/11/2018.
Leave.EU a dit avoir utilisé une intelligence artificielle pour développer et appliquer sa stratégie. Le parti a été soupçonné d'abus de pouvoir, d'abus de biens sociaux, d'usage illégal de données personnelles, d'utilisation d'argent sale (venant de paradis fiscaux), d'ingérence étrangère (russe), mais - après plusieurs enquêtes - Leave.EU n'a été condamné que pour deux choses : dépassement de budgets de campagne : en mai 2018, la campagne de Leave.EU a été condamnée à une amende de (amende maximale pour dépassements de plafond de campagne au Royaume-Uni), après que la Commission électorale ait constaté qu'elle n'avait pas déclaré au moins de dépenses (honoraires versés à la société «Better for the Country Limited» en tant qu'organisateur de la campagne) ; Leave.EU a aussi omis de déclarer dans son rapport sur les dépenses les services de la société de stratégie de campagne américaine Goddard Gunster. ; violations de la loi sur les données ; en , Leave.EU et Eldon Insurance (société appartenant à son fondateur Arron Banks) ont été condamnés à une amende de pour ce fait.
En , Channel 4 News puis des témoignages internes ont montré que Banks a illégalement mis des moyens humains et techniques de ses entreprises au service de la campagne, et qu'une vidéo anti-immigration produite par Leave.EU (qui a été virale lors de la campagne référendaire) était une vidéo truquée par Leave.EU (mise en scène photographiée d'immigrants faisant semblant d'attaquant des femmes au Royaume-Uni)..
Histoire Création en deux actes Ce parti de campagne pro-Brexit a été cofondé par deux personnes : Arron Banks, qui après avoir fait fortune dans les assurances et mines de diamant, basé à Bristol, est devenu un gros donateur du parti conservateur puis surtout pour de l'UKIP ; Richard Tice, magnat de l'immobilier, proche des courants libertariens de droite.
Dans un premier temps, une société de lobbying anti-Union Européenne a été créée pour préparer la campagne : « Better for the Country Limited ») ; elle avait déjà en dépensé (deux mois avant la date du référendum soit connue). Aaron Banks soutenait déjà depuis quelques années des organisations eurosceptiques, avec par exemple 1 million de livres donnés à l'UKIP ... Et il a ensuite levé l'équivalent de de dollars pour ce parti. L'équipe de Leave.EU a ainsi pu précocement rassembler un éventail de groupes eurosceptiques sous l'égide de The Know..
Position et rôle apparemment secondaires de Leave.EU Après que la campagne soit renommée Leave.EU., le chef de l'UKIP, Nigel Farage a dit lors de la conférence annuelle de son parti à Doncaster. qu'il soutenait Leave.EU, précisant ensuite qu'il soutenait les deux campagnes du Leave car elles ciblaient des «publics différents»..
Quand le Vote Leave a été désignée par la Commission électorale comme campagne référendaire officielle en faveur de la sortie de l'UE, Andy Wigmore (directeur de communication de Leave.EU et ami de Banks) déclare que Leave.UE demanderait un contrôle juridictionnel de la décision. Il a suggéré que le référendum pourrait être reporté au pendant que l'examen aurait lieu.
Mais le lendemain (), le président Arron Banks annonce qu'il ne demandera pas ce contrôle juridictionnel, même si "selon les juristes" il gagnerait ajoute-t-il. Il est temps dit-il de se concentrer pleinement sur "les vrais opposants de cette campagne : ceux qui tentent de manière renouvelée d'effrayer le public britannique"..
Des tensions apparaissent dans les deux camps. Du côté des « brexiteurs », Leave.EU se voir refuser l'accès à la conférence annuelle des conservateurs et au congrès annuel du TUC, tout en étant autorisée à assister aux conférences travaillistes et libérales démocrates.. En , Banks propose, par écrit, une fusion de Leave.EU et de Vote Leave pour éviter des rivalités pouvant compromettre les chances de victoire électorale..
Le , Leave.UE a organisé son événement de lancement, selon The Guardian., mais expliquera plus tard que conserver les deux groupes étaient un bon calcul pour cibler plus d'électeurs.
Selon le livre du « mauvais-garçon » Arron Banks ("The Bad Boys of Brexit : Tales of Mischief, Mayhem & Guerrilla Warfare in the EU Referendum Campaign" (Les mauvais garçons du Brexit : récits de méfaits, de chaos et de guérilla dans la campagne référendaire de l'UE), rédigé dans le style d'un journal du quotidien par une journaliste politique : Isabel Oakeshott, connue pour être pro-Brexit)..), sans Leave.EU et sans ses campagnes dans les médias sociaux (qui touchaient, dit-il, près de de personnes une semaine avant le référendum de 2016), il n'y aurait pas eu de Brexit.
Stratégies de campagne thumb|Rapport intermédiaire "Désinformation et fake news", de la Commission pour le numérique, la culture, les médias et les sportsRapport intermédiaire "Désinformation et fake news", ; Commission pour le numérique, la culture, les médias et les sports Occupation, souvent provocatrice, de l'espace médiatique C'est une stratégie largement partagée avec Vote Leave, mais Leave.EU a plus encore envahi les réseaux sociaux que les médias classiques (télévision, radio, presse). Aaron Banks expliquera a posteriori le succès de cette campagne par l'adoption d'une nouvelle ..
Une fois la campagne lancée, Leave.EU (tout comme Vote Leave) cherche à constamment occuper le devant de la scène publique et médiatique. Leave.EU infiltre les médias sociaux, à la manière de l'équipe de Campagne de Trump aux États-Unis et avec les méthode du Groupe SCL et de sa filiale Cambridge Analytica. Pour rappel : les trois hauts responsables de Leave.EU (Aaron Banks, Andy wigmore, et Nigel Farage) ont personnellement rencontré Donald Trump durant après avoir aussi rencontré sa responsable de communication Kellyanne Conway, dans la Trump Tower, 2 jours après l'élection de Trumpvoir à ce propos les références Q3652, Q3653, Q3654 et Q3751 in ., et ils connaissaient les méthodes promues par Cambridge Analytica, de même que l'UKIP qui a commandé une sorte d'essai, qu'il n'a finalement jamais payé.
Leave.EU entretient une constante agitation ou provocation médiatique ; à titre d'exemples : en , Leave.EU adresse une pétition à la BBC, à ITV et à Sky au contre ce qu'elle prétend être un exemple de partialité et de biais médiatique.. En , le donateur, Peter Hargreaves. a écrit et financé une lettre à de ménages au Royaume-Uni pour leur demander de soutenir la campagne de Leave.EUFT Adviser (2016) Peter Hargreaves signs 15m letters backing Brexit, date=23 mars. En mai 2016, Aaron Banks explique que sa stratégie de campagne consistait maintenant à , dans l'espoir qu'un faible taux de participation favoriserait le Brexit... le , au lendemain des élections locales et régionales anglaises, Leave.EU et Grassroots Out organisent « Bpoplive » en visant spécifiquement le groupe démographique-clé des jeunes électeurs. L'événement sera finalement annulé.., mais Vote Leave atteindra ce segment de la population (les étudiants au moins) via la campagne BeLeave lancée par le jeune Darren Grimes mais d'abord hébergée dans les locaux de Vote Leave, et juridiquement assistée par lui Nigel Farage n'est pas invité dans un débat référendaire ; Leave.UE riposte en publiant les coordonnées privées de responsables de la BBC et de membres de Vote Leave (dont le député de l'UKIP, Douglas Carswell et l'ancienne députée de l'UKIP, Suzanne Evans).. Le à Birstall, Jo Cox (députée travailliste et compagne du Premier ministre Gordon Brown) est assassinée par un militant d'extrême droite anglais après que J Cox ait pris position sur la guerre civile syrienne et alors qu'elle faisait campagne contre le Brexit. L'assassin (connu pour être aussi connecté à la mouvance néonazie américaine) a crié en la tuant (par balle et arme blanche). Arron Banks a alors commandé un sondage pour savoir si ce meurtre avait modifié les intentions de vote du public. Lorsqu'on lui a demandé s'il ne trouvait pas le libellé du sondage «insipide», Banks a répondu .. Plusieurs études d'opinion faites après ce meurtre ont montré une remontée des intentions de vote en faveur du maintien du pays dans l'Union européenne.... Nigel Farage, s'est fait accuser (comme Trump) de susciter des comportements extrémistes, voire meurtrier. Les deux parties officielles du référendum avaient alors convenu d'une interruption de deux jours dans la campagne, mais plus tard Channel 4 News trouvera des e-mails émis le lendemain du meurtr, par lesquels Banks ordonne à l'équipe de Leave.EU : et à sur une vidéo Facebook pro-Brexit. Arron Banks reconnait s'inscrire dans le monde de la post-vérité ou des vérités alternatives, à la manière de Trump. Il affirme que «les faits ne fonctionnent pas... Vous devez vous connecter avec les gens émotionnellement", ajoutant que "c'est ce qui a fait le succès de Trump"..
Utilisation détournée d'une intelligence artificielle Avant même que la campagne ne commence, Aaron Banks disposait déjà dans son Agence de Bristol, pour ses sociétés d'assurance, d'une équipe d'intelligence artificielle et d'une équipe de publicité créative. Ces équipes faisaient déjà, selon lui, du mico-ciblage pour la vente de polices d'assurancevoir à ce propos la référence Q3501 in .. Selon lui, .
En outre Wigmore, interviewé par la Emma Briant en octobre 2017, évoque une nouvelle société baptisée Big Data Dolphins, que Banks présentera comme « l'université de l'Assurance » et qui doit encore améliorer l'intelligence artificielle mise au service du Big data du secteur de l'assurance, en lien avec les FinTech : . voir à ce propos les références Q3669, Q3670, Q3671, Q3672, Q3673, Q3674, Q3676, Q3680, Q3682, Q3684 in .. Banks et Wigmore se sont fait photographier (habillés aux couleurs de l'université Ole Miss, sur son campus même). avec Lord Michael Ashcroft, mais Wigmore se reniera lui-même devant une commission parlementaire d'enquête Mi-2018 et Banks dira que Wigmore a confondu ce projet Big Data Dolphins avec le travail fait par le groupe de data scientists de Bristol. Banks affirme que ce projet n'a de toute façon pas même démarréParlement anglais, archives : Written evidence submitted by Arron Banks.