Le sanatorium de Borgoumont, aussi appelé le sanatorium du Basil, est un établissement sanitaire se situant en Belgique dans la Région wallonne en province de Liège à Borgoumont dans la commune de Stoumont. Son nom vient du hameau Borgoumont. Le sanatorium est le résultat d'une commande de Ernest Malvoz, directeur du Laboratoire bactériologique provincial qui était soutenu par quelques députés provinciaux.. L'architecte du bâtiment est Émile Remouchamps, d'origine liégeoise, on trouve très peu de renseignements à son sujet. On sait cependant qu'il a également réalisé l'extension du palais de justice de Verviers.

Concernant les autres intervenants, Georges Montefiore-Levi a fait un prêt de francs dont il a décidé de faire le donS.n. s.d. Sanatorium Populaire de Borgoumont-La Gleize, Liège, s.e.. Les ingénieurs sont Jean et Ch. Wilmotte qui sont des concessionnaires Hennebiques. n. 1901. « Travaux du mois », Le Béton Armé, , . Les contractants sont la province de Liège, la ville de Liège et le service des Ponts et Chaussées.

Le sanatorium de Borgoumont fait partie des premiers sanatoriums à avoir été construits en Belgique pour la lutte contre la tuberculose. De manière générale, le bâtiment se compose de plusieurs styles architecturaux. Ces styles se traduisent par l'inspiration allemande apportée des voyages en Allemagne de l'architecte, l'utilisation de matériaux locaux ainsi que quelques éléments de style Art nouveau et néo-classiques.

Histoire Soins contre la tuberculose

L'air : la qualité de l'air constitue un élément important pour les soins contre la tuberculose. Le sanatorium de Borgoumont se situe à d'altitude, loin de l'agglomération urbaine. Le cadre exceptionnel du site offre une pureté d'air aux patients de l'établissement. Les chambres sont orientés plein sud et reçoivent par des larges baies vitrées un maximum de lumière et d'air. Dans le clocher, il existait un système de ventilation qui permettait de ventiler toutes les chambres.

vignette|232x232px|Carte postale illustrant une chambre du sanatorium de Borgoumont, d'après la collection privée du Docteur Dierckx

Le repos : les malades doivent respecter scrupuleusement les heures de cures. Ils doivent être constamment étendus sur leurs chaises longues respectives. Les chants, les cris et les rires bruyants sont interdits, car cela trouble le repos. Les patients restent étendus six à sept heures par jour. La suralimentation : les malades sont suralimentés pour combattre la maladie. Ils reçoivent cinq repas par jour. Ils sont pesés une fois par semaine. Sauf exception, les repas se prennent en commun dans la salle à manger et sont identiques pour tous. Le service de table est réalisé par le personnel de l'établissement. L'hygiène : les malades reçoivent un bain tiède chaque semaine et une douche chaque jour. Des salles d'eau sont à leur disposition. Les malades doivent utiliser les crachoirs. Il existe deux modèles : le crachoir de poche et le crachoir de table de nuit. Après cette opération, les expectorations stérilisées sont versées dans la canalisation générale qui aboutit aux fosses d'épuration. Les crachoirs sont lavés et nettoyés. Le malade tient un mouchoir devant la bouche chaque fois qu'il tousse. Ce mouchoir est renouvelé chaque jour et le mouchoir sale est déposé dans un sac spécial. En fin de semaine, ce sac est refermé et stérilisé ( pendant 1 heure). Après cette stérilisation, les sacs, toujours fermés, passent à la buanderie pour y être lavés. Lorsque le malade quitte l'institut, tous les objets qu'il a utilisé sont désinfectés. Les couvertures de lit et la chaise longue sont traitées au formol.

Vivre dans le sanatorium Les patients doivent suivre un programme strict et rigide. Ils ont un horaire précis qui indique l'heure du lever et du coucher, les soins qu'ils doivent suivre, les activités, déplacements et les heures du repas.

L'horaire du sanatorium populaire de Borgoumont (province de Liège, Belgique).

Alités :

7h : Lever, toilette, lit fait par les infirmières 7h45 : Déjeuner au dortoir, piqûre, rentrée immédiate au lit. 8h45 : Cure de repos et silence jusqu'à 10 h. 10h : Lait servi au lit 10h à 12h : Cure de repos : autorisation d'écrire, d'écouter la radio, de parler, mais obligation d'être au lit. 12h : Dîner servi au dortoir. Après le repas, jusqu'à 13h45, autorisation de fumer dans le fumoir. 13h45 : Être au lit 14h à 16h : Cure de repos et silence jusqu'à 16h.

Jours de visite : cure simple

16h : Goûter servi au dortoir 16h45 : Être au lit, cure de repos 18h45 : Souper servi au dortoir

Autorisation de fumer dans le fumoir jusqu'à 20h45

20h45 : Être au lit 21h : Couvre-feu, silence

Remarque : les débuts et fins de cure sont annoncés par la sonnerie.

Désalités :

7h : Lever, toilette, aération des lits au moins pendant 1/2 heure. Lit fait par le pensionnaire, piqûre. 8h : Déjeuner dans la salle à manger 8h45 : Retour au dortoir 8h45 à 10h : Cure de repos et de silence jusqu'à 10h. 10h : Pas de lever avant l'annonce de 10h par la sonnerie. Lait dans la salle à manger. 10h15 à 10h30 : Autorisation de fumer dans le fumoir 10h30 à 12h : Cure de repos, obligation d'être au lit. 12h30 : Dîner dans la salle à manger. Après le repas, autorisation de fumer dans le fumoir ou dehors par temps doux, jusqu'à 13h45. 13h45 : Être au lit 14h à 16 h : Cure de repos et silence jusqu'à 16h (réadaptation y compris).

Jours de visite : cure de repos facultative.

16h10 : Goûter à la salle à manger 16h45 : Être au lit, cure de repos 18h45 : Lever 19h : Souper dans la salle à manger 19h30 à 20h45 : Autorisation de fumer dans le fumoir ou dehors par temps doux. 20h45 : Être au lit 21h : Couvre-feu, silence

Vie sociale et culturelle Pendant la cure, les patients n'étaient pas autorisés à quitter le sanatorium sauf pour motif exceptionnel. Des visites étaient possibles les dimanches et les jeudis de 13 h à 16 h. Les visiteurs étaient limités au nombre de deux par malade et reçus dans la salle de réunion. Il était interdit d'apporter toute chose aux patients.

La vie sociale des patients passait par l'envoi de cartes postales et les contacts entre les malades étaient minimes. Pendant leur temps libre, les patients avaient le droit de se promener dans le parc du sanatorium, ils pouvaient également pratiquer des activités en plein air. Certains patients ont laissé des traces de leurs travaux personnels tels que des peintures, des dessins, des maquettes, etc. La salle de réunion était parfois transformée en salle de spectacle pour des concerts ou représentations. Un piano y était installé.

Le sanatorium de Borgoumont accueillait également une vie culturelle dont la trace a été laissée dans le livre d'or du bâtiment, avec une dédicace de Line Renaud (1957). Le livre d'or relate du passage de nombreux autres artistes. Ainsi, entre les années 1955 à 1957, on trouve la trace du passage de Jacques Brel, Lucien Jeunesse, du cercle « Entre'eux » de Liège, Jean Patart et Ariane Ester, Charles Cremers, Rose Mania et Henri Leca, Mathé Altéry, Christiane Plessis et Jacques André, de la troupe « Les Amis réunis », Colette Renard, Yvonne Thill, de la troupe du Trianon, de François Deguelt, de Jo Carlier et son orchestre, de la compagnie José Galler, de Felix Marten, de Los Vargas, de Noëlle Huart…

Depuis sa construction, le sanatorium occupe les malades avec divers travaux. Ces ateliers auront d'abord lieu dans les combles et les caves du sanatorium. Le , la province décide de construire un Centre de réadaptation au travail (CRT), établissement indépendant qui prépare le malade à sa réinsertion dans le monde du travail..

Chronologie Historique des restaurations et des autres travaux conduits, avec les dates correspondantes :

: Dans le cadre de la lutte contre la tuberculose, et à la suite de l'avis favorable de la Députation permanente et de la Commission, le Conseil provincial de Liège décide la création d'un sanatorium provincial pour tuberculeux. La décision a été appuyée par le roi Léopold par arrêté royal du ; -1947 : Le sanatorium ouvre ses portes et reste en activité jusqu'à l'après-guerre. Lors de la Première Guerre mondiale, le sanatorium ne sera pas affecté malgré la présence, à Spa, du quartier général du Kaiser Guillaume II. La Seconde Guerre mondiale permit de dissimuler, parmi les patients tuberculeux, des Juifs en parfaite santé. C'est également au pied de la colline que s'arrêtera, en , l'offensive Von Rundstedt. Il faut noter que c'est pendant la Seconde Guerre mondiale que sera créé à Borgoumont le premier Service Social Provincial. Après la Seconde Guerre, le recours aux antibiotiques permet de mieux traiter la tuberculose et les activités s'orientent de plus en plus vers le traitement d'autres maladies pulmonaires telles que l'anthraco-silicose des mineurs. : la Province décide de construire un Centre de réadaptation au travail (CRT), établissement indépendant qui prépare le malade à sa réinsertion dans le monde du travail ; en 1962 : un nouveau bâtiment est construit pour héberger les malades en cours de rééducation. en 1970 : le sanatorium devient l'Institut Médical Provincial de La Gleize. Il y a eu une rénovation des bâtiments, on y trouve 106 lits pour les maladies pulmonaires. La tourelle d'angle a été supprimée pour des raisons de sécurité en 1973 : l'aile de l'administration est en cours de restauration. Un incendie se déclare dans la cave et gagne la cage d'escalier. L'intervention rapide du personnel et des pompiers a permis d'éviter le drame ; en 1988 : Le sanatorium s’associe au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Liège et l'hôpital d'Esneux. Il y a 60 lits de réadaptation fonctionnelle et 75 lits MRS. Le but de l’établissement était de prendre en charge les patients nécessitant de longs séjours pour réaliser une réadaptation. La spécialité de l'établissement s'oriente vers trois secteurs pathologies : cardiovasculaires, neurologiques et locomotrices. La réadaptation peut être suivie par des patients externes en 1991 : l'institut Médical Provincial de La Gleize est remplacé par le Centre de Revalidation de la province de Liège ; en 1998 : le centre est rebaptisé Centre Princesse Astrid de La Gleize. Des travaux ont été effectués, comme dans beaucoup d'autres sanatoriums, au niveau des galeries. Elles ont été couvertes de murs en briques et de panneaux blancs, le plafond a également été refait. Les colonnes de la galerie ont été déshabillées et le plafond, qui faisait office de balcon au premier étage a également été remplacé par une dalle en béton. Ces modifications n'ont pas respecté le style architectural du lieu. Cette longue galerie recouvre la totalité du rez-de-chaussée, la façade a été en partie défigurée. Une extension en brique a également été réalisée sur la façade ouest et ne répond pas aux caractéristiques... en 2004 : La Province de Liège cède l’établissement au CHPLT de Verviers; les 60 lits hospitaliers sont dès lors affectés à la revalidation locomotrice (30 lits) et neurologique (30 lits). de 2010 à 2013 : l'ancien sanatorium est occupé par Fedasil et devient un centre d'accueil pour demandeurs d'asile ; en 2013 : le bâtiment est mis en vente pour la somme de ; de 2013 à aujourd'hui : abandon du bâtiment, il est sujet au vandalisme et il est aujourd'hui très dégradé. Il a été acheté par une société du groupe Di Matteo.. Le projet doit être accepté par l'urbanisme avant le commencement des travaux. Le bâtiment est actuellement très abîmé, premièrement par l'occupation du bâtiment après son rôle de sanatorium, mais il a également subi des dégâts par des squatteurs et des visiteurs de la mode Urbex.. Seules les façades des étages supérieurs sont restées quasiment intactes. Les intérieurs ont été vandalisés.

Architecture Implantation et aspect paysager