Marcel Bernhardt, dit Alcanter de Brahm ( à Mulhouse - dans le ), est un poète, chansonnier et critique d'art français. Promoteur du point d'ironie, il fut attaché à la conservation du musée Carnavalet.

Biographie Né Marcel Jean-Baptiste Bernhardt le à Mulhouse, fils de Jean-Baptiste Bernhardt, brigadier au bataillon de Garde Paris, et de Jacqueline Kayser-ReinachRapporté par Raymond Oberlé (1984), d'après E. Aegerter et P. Labracherie, Au temps de Guillaume Apollinaire, Paris, 1945, ., il fait ses études à Paris, d'abord au lycée Chaptal puis au lycée Condorcet, et se lie à son compatriote alsacien, Émile Straus. Avec ce dernier, il écrit des chansons et fréquente autre autres Le Chat noir. En 1887, Bernhardt, qui fait son droit, commence à collaborer à la Revue de Paris et de Saint-Pétersbourg, puis à la Vie franco-russe, mais un emploi au ministère des Finances, puis trois années de service militaire, interrompent ses travaux littéraires, cependant qu'il collabore avec Straus, au Moniteur de l'Armée (1891)« Bernhardt Marcel dit Alcanter de Brahm » par Martine François et Diane Dosso, notice du CTHAS/École des chartes.. Bernhardt entre ensuite à la rédaction du périodique parisien le Nouvel Écho, journal littéraire et dramatique illustré dont Émile Straus prend la direction en . Signant principalement « Alcanter de Brahm », d'un pseudonyme anagrammique qu'il utilisera toute sa vie durant, il s'occupe entre autres du secrétariat de rédaction et de la gérance, jusqu'en . C'est dans ce journal que les deux amis publient leurs Chanson poilantes« Express-silhouette : Émile Straus, Directeur du Nouvel Écho », in: Nouvel Écho, , 15 novembre 1892 — article reproduit dans Livrenbog.. En 1893, il fait paraître un premier roman, L'Arriviste, forgeant ce mot « Le maître et son disciple dans le Manuel de l’arriviste d’Henri Château ou comment devenir un arrivé » par Anna Hanotte-Zawiślak, in: Quêtes littéraires, , 2019 — en ligne., et deux ans avant Marc Stéphane et Félicien Champsaur, avec lequel il aura, comme beaucoup d'autres, un conflit par journaux interposésCf. « L' Arriviste », par A. de Brahm, in: La Critique, , 5 juillet 1902.. En 1894, il cofonde le Syndicat de la presse française périodique et entre, en mars de cette année-là, à la rédaction de La Critique, revue artistique fondée par Georges Bans« Alcanter de Brahm » par Jean René Aubert et Henri Marsac, in: La Revue littéraire de Paris et de Champagne, janvier 1905 — article reproduit dans Livrenblog.. vignette|redresse| Article sur le point d'ironie paru dans le Nouveau Larousse illustré.

Peu après 1900, le Nouveau Larousse illustré reproduit en ses pages le point d'ironie, invention typographique dont le poète s'était fait le promoteur dans son essai L'Ostensoir des ironies (1899)« Le point d’ironie d’Alcanter de Brahm » par Jean-Claude Encalado, in: La Cause freudienne, 2005/2 (), — reproduit sur Cairn.info.. En 1902, il cofonde la Société des poètes français, et est nommé, l'année suivante secrétaire à la conservation du musée Carnavalet. En 1901, il fait partie des jeunes poètes réunis autour d'Émile Blémont lançant sa nouvelle revue, Le PenseurErnest Raynaud, En marge de la mêlée symboliste, 1936, ..

Il épouse en 1902 l'autrice Jeanne Louise Marie Ichard dite Jean Rosmer.

Avec Émile Straus, René Ghil, Marcel Batilliat et Édouard Louis Sarradin, Alcanter de Brahm est nommé, au début de l'année 1902, membre de la commission provisoire de la Société du nouveau Paris ayant pour objet de . Il devient en 1905 membre de la société « Les Amis de l’Éléphant » fondée par Gaston TournierLes Amis de l’Éléphant, Paris, Bibliothèque générale d’édition, 1907.. Outre à La Critique, il collabore également au Rappel, à L'Évènement, au Temps, à La Revue théâtrale... Il est également un proche de Guillaume Apollinaire, participant à sa revue, Le Festin d'Ésope (1904)Louise Faure-Favier, Souvenirs sur Guillaume Apollinaire, Grasset, 1945, .. Sociétaire de la fondation voulue par Émile Blémont (mort en 1927), il préside la « Maison de Poésie » qui décerne à partir des années 1930 des prix aux poètesAmbassades et consulats : revue de la diplomatie internationale , Paris, janvier 1937, — sur Gallica..

Ayant produit de nombreux ouvrages poétiques et d'études sur l'art, ainsi que sur l'Alsace et sur l'histoire de Paris, Alcanter de Brahm meurt à Paris en son domicile du 227, rue de Vaugirard le Archives de Paris Acte de décès dressé au 15e arrondissement, vue 18 / 20..

Publications Coécrit avec Saint-Jean [pseud.], Chansons poilantes. Premier fascicule, Chansons littéraires. Chansons diverses, avec préface de Willy, illustrations d'Aquiles Léon Lacault, Au Nouvel Écho, 1892 — sur Gallica. L'Arriviste, dessin de J. Belon, Jules Souque, 1893. L'Évolution dramatique & musicale en 1893, Jules Souque, 1893. Éros chante, poèmes, Léon Vanier, 1895. Critiques d'Ibsen, Bibliothèque d'art de La Critique, 1898. L'Ostensoir des ironies : essai de métacritique, trois volumes, Bibliothèque d'art de La Critique, 1899. Les voix anciennes, poèmes et poésies, Bibliothèque de la Société des poètes français, 1904. Deux Logis de qualité : Lauzun, Carnavalet, Bibliothèque de La Critique, 1906. Visite au Musée des arts décoratifs, Gaston Tournier, 1907. [préface] Marie-Anne Cochet, Idéale semence, Gastein-Serge, 1908. La Peinture au musée Carnavalet, préface d'Octave Uzanne, chez Edward Sansot, 1909. À travers champs, poèmes, Bibliothèque générale d'édition - Eugène Figuière, 1910. [préface] Armand Bourgeois, Bouquet de souvenirs et d'impressions, Châlons, impr. de Martin frères, 1910. Les carnavalettes. Poèmes, 1905-1911, E. Sansot, 1912. Sainte Odile, légende de la vieille Alsace. Trois actes en vers, Bibliothèque des poètes, 1916. Curiosités de Carnavalet d'après des documents inédits..., Librairie française, 1920. [introduction] Henri Chassin, Machin de Belleville, préface de José Almira, Éditions Radot, 1927. Paysages peints en vers, poésie illustrée par Albert Facon, Publicône, 1927. [préface] Raphaëlle Martinon, Entre deux mondes, poésie, Albert Messein éditeur, 1930. Cent ans de poésie : 1830-1930, anthologie, Les Écrivains indépendants / F. Piton, 1933. [postface] Pierre Trimouillat, Œuvres de Pierre Trimouillat. Ballades, chansons, fantaisies, monologues, parodies, poèmes divers, préface par Jacques Ferny, Stock, 1933. L'École toulousaine de peinture du , Les Écrivains indépendants / F. Piton, 2 vol., 1935-1939. Glyptique Apollinaire suivi de Sites et légendes, portrait de l'auteur par Pino Della Silva, Éditions Publicône, 1937. Michelet inconnu, René Debresse, 1937. [préface] Jules Michelet, Sylvine : mémoires d'une femme de chambre, roman inédit, R. Debresse, 1940. [préface] Gaston Bourgeois, Vers l'idéal, R. Debresse, 1940. [préface] Marie-Claire Maguelonne, Rhapsodie sentimentale, poésies, bois de Jean Lébédeff, Fontenay-aux-Roses, À l'Ymaigier, 1942.

Notes et références

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