Jan Klemens Branicki (armoiries GryfEn polonais : herbu Gryf. Il s'agit d'armoiries claniques et non pas familiales.), en français Jean-Clément BranickiLes sources françaises anciennes donnent parfois : Jean-Clément de Branicki., né le à BiałystokOu à Tykocin, à 20 km de Bialystok et mort le dans la même ville, est un aristocrate de la république des Deux Nations, qui a exercé les fonctions de voïvode de Cracovie (1746) et de grand hetman du royaume de Pologne.

Propriétaire de douze villes, de deux-cent-cinquante sept villages et de dix-sept palais, c'était un des hommes les plus riches de son époque.

Biographie 200px|thumb|left|Palais Branicki à (Białystok)

Origines familiales et formation Il est le fils unique de (vers 1640-1709), panetier de la CouronneStolnik koronny, c'est-à-dire « du royaume de Pologne », surnommé Korona, « la Couronne », notamment dans la titulature. et voïvode de PodlachieCf. page polonaise Stefan Mikołaj Branicki. La voïvodie de Podlachie (ou Polasie) a pour chef-lieu Bialystok.. Il est le petit-fils de Jan Klemens Branicki (1624-1673)Cf. page polonaise Jan Klemens Branicki (marszałek nadworny koronny)., maréchal de la cour de la Couronne, dont il a repris le second prénom, ayant été à l'origine baptisé Jan Kazimierz.

Sa mère, Katarzyna Sapieha, est la fille de Kazimierz Jan Sapieha (1637-1720), grand hetman de Lituanie (1682-1703 et 1707-1708).

Destiné à la carrière militaire, il part se former en France où il sert dans le corps des mousquetaires.

Il rentre en Pologne en 1709, année de la mort de son père.

Sous le règne d'Auguste II (1697-1733)

La même année, il épouse Katarzyna Radziwiłł, scellant ainsi une alliance avec une puissante famille du grand-duché de Lituanie. Elle est en effet la fille de Karol Stanisław Radziwiłł (1669-1719), grand chancelier de Lituanie depuis 1698. Il devient aussi staroste de Brańsk.

Durant la décennie qui suit, il se consacre assez peu à la vie publique, mais soit au domaine familial de Bialystok, qui inclut le palais Branicki, déjà embelli par son père, soit à des activités de loisirs chez d'autres magnats ou à la cour d'Auguste II, où il fait partie de la « Confrérie des ennemis de la tempérance »Bractwo Wrogów Wstrzemięźliwości.

Dans les années 1720, il commence à accumuler les fonctions : il devient staroste de Bielsk Podlaski (1719) ; staroste de Krosno (1720) ; grand échanson de LituaniePodczaszy wielki litewski. (1723) ; grand enseigne de la CouronneChorąży wielki koronny. (1724). Il est aussi député de Bielsk à la diète de 1724. En 1728, il est nommé général de l'artillerieCf. page polonaise Generał artylerii : de 1728 à 1735. de la Couronne.

À la fin des années 1720, il lance une nouvelle campagne de travaux dans son palais de Bialystok, sous la direction de l'architecte saxon Johann Sigmund Deybel von Hammerau1685-1752. Cf. page allemande à ce nom., par ailleurs au service d'Auguste II.

Son épouse meurt vers 1730 ; il se remarie avec Barbara Szembek (1709-1762), divorcée de Seweryn Jozef RzewuskiIl ne peut pas s'agir de Séverin Rzewuski, qui est né en 1743. Il s'agit certainement de Seweryn Jozef Rzewuski (vers 1691-1754), comme noté sur une page du site généalogique My Heritage., mais ce mariage est dissous au bout de deux ans.

L'interrègne et la guerre de succession (1733-1734)

Après la mort d'Auguste II (), Branicki soutient la candidature au trône de Pologne de son fils Frédéric-Auguste de Saxe, contre Stanislas Leszczynski, père de l'épouse de Louis XV, Marie. Bien qu'élu, Stanislas est obligé de quitter Varsovie pour se réfugier à Dantzig, puis () en Prusse, la Russie se lançant dans la guerre de Succession de Pologne en soutien à Frédéric-Auguste, qui est à son tour élu (par une diète ad hoc), et couronné en sous le nom d'Auguste IIILa royauté d'Auguste III sera définitivement reconnue en janvier 1736 par l'abdication de Stanislas Leszczynski, réfugié à Königsberg.

Après le couronnement du roi, Jan Klemens Branicki est fait prisonnier par les partisans de Stanislas de la confédération de DzikowKonfederacja dzikowska, dirigée par Adam Tarlo. Cf. page anglaise Dzików Confederation.. Il va rester plusieurs mois prisonnier à Jaroslaw et à Kamieniec Podolski et acquérir ainsi des droits à la reconnaissance d'Auguste II.

Sous le règne d'Auguste III (1733-1763)

En 1736, Branicki est nommé hetman de la CouronneHetman polny koronny, c'est-à-dire second responsable des affaires militaires dans le royaume de Pologne. Il obtient les starosties de Mostyska (1744), de Złotoryja (1750), puis de Bohouslav ; il est aussi nommé voïvode de Cracovie (1746).

En 1745, il fonde une école militaire à Bialystok.

En 1748, il épouse Isabelle PoniatowskaÂgée de 18 ans en 1748. Sœur de Stanislas Poniatowski, futur roi de Pologne (1764)., opérant ainsi un rapprochement avec la faction Czartoryski, la Familia, dont la famille Poniatowski est un membre éminent. Mais ce rapprochement ne va pas être durable.

En effet, en 1752, il devient grand hetman de la Couronne, à la suite de la mort de Józef Potocki en 1751. Prenant sa succession, Branicki devient en même temps le chef du parti patriotique et républicain, opposé à la Familia, qui est pro-russeLes Czartoryski, qui étaient pro-français jusqu'en 1734, ont alors constaté que la France n'a pas de capacité militaire d'intervention en Pologne et ont décidé de s'appuyer sur la Russie, face à la Prusse, considérée comme l'État le plus dangereux pour la Pologne. et souhaite un renforcement du pouvoir exécutif (fin du liberum veto) et notamment du pouvoir royal (fin des élections).

Par la suite, il semble avoir établi des relations suivies avec la cour de France, notamment par le biais de l'ambassadeur de France de 1752 à 1758, Charles-François de Broglie, qui a séjourné à Bialystok en 1752, avant d'aller à Varsovie, et d'un Polonais au service de la France pendant la guerre de Succession d'Autriche (1740-1748), André Mokronowski, devenu lieutenant-général de la Couronne.

La guerre de Sept Ans, dans laquelle la France et la Russie sont opposées à la Prusse, provoquent un conflit entre l'hetman et la famille Potocki, et l'amènent à se rapprocher de nouveau des Czartoryski.

En 1762, il devient castellan de Cracovie, ce qui le place au sommet de la hiérarchie des sénateurs, avant les voïvodes. À cette date où la mort d'Auguste III est prévisible à court terme, Jan Klemens Branicki envisage de poser sa candidature au trône royal lorsque le moment sera venu.

Sous le règne de Stanislas II (1764-1795)

Le mécène Jan Klemens Branicki et sa troisième épouse sont des mécènes réputés d’art et de science.

Vers 1750, Branicki construit, à partir d'un bâtiment préexistant, sa résidence principale à Białystok. De style baroque, le palais Branicki est vite considéré comme le « Versailles de Podlachie » voire comme le « Versailles de Pologne »..

Notes et références

Voir aussi Articles connexes Palais Branicki (Białystok)

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