Le commandement de la gendarmerie dans le cyberespace (ComCyberGend) est un ancien organisme de la Gendarmerie nationale française, créé en 2021 afin de coordonner ses capacités de lutte contre les cybermenaces et la cybercriminalité. Devenu opérationnel en août 2021, il réunit sous un même commandement des fonctions d'investigation judiciaire, d'expertise numérique, de prévention et d'animation territoriale.

Le ComCyberGend est dissous en 2023 dans le cadre d'une réorganisation des capacités cyber du ministère de l'Intérieur. Cette transformation conduit à la mise en place de deux structures distinctes : le Commandement du ministère de l'Intérieur dans le cyberespace (COMCYBER-MI), chargé notamment de fonctions stratégiques et de coordination à l'échelle ministérielle, et l'Unité nationale cyber (UNCyber), qui reprend les capacités opérationnelles propres à la Gendarmerie nationale.

Depuis le , l'UNCyber est rattachée à l'Unité nationale de police judiciaire (UNPJ). Unité de police judiciaire à compétence nationale, elle conduit des enquêtes spécialisées en matière de cybercriminalité, exerce des missions de renseignement et d'appui technique et pilote le dispositif CyberGend de la Gendarmerie nationale.

Historique

Développement des capacités cyber de la gendarmerie

La création du ComCyberGend s'inscrit dans le développement progressif des capacités de lutte contre la cybercriminalité de la Gendarmerie nationale. Le Centre de lutte contre les criminalités numériques (C3N) trouve son origine dans un département spécialisé créé en 1998 au sein du service technique de recherches judiciaires et de documentation. Devenu ensuite une division de lutte contre la cybercriminalité, il prend l'appellation de C3N en 2015 lors de l'installation du Pôle judiciaire de la Gendarmerie nationale à Pontoise.

Parallèlement, la gendarmerie développe des capacités de criminalistique numérique au sein de l'Institut de recherche criminelle de la Gendarmerie nationale (IRCGN). Ces compétences sont intégrées au ComCyberGend lors de sa montée en puissance en 2021.

En novembre 2019, la Gendarmerie nationale met également en place un Pôle national de lutte contre les cybermenaces destiné à piloter et animer son dispositif cyber. Cette structure constitue une étape intermédiaire avant la création d'un commandement spécialisé.

Création et montée en puissance du ComCyberGend

Le Commandement de la gendarmerie dans le cyberespace est créé par arrêté du 25 février 2021 et placé directement sous l'autorité du directeur général de la Gendarmerie nationale. Son entrée en activité au cours de l'été 2021 vise à regrouper sous un pilotage commun les différentes composantes spécialisées et le réseau territorial de la gendarmerie. RTL, Numerama, Le Figaro et Le Monde Informatique présentent cette organisation comme une réponse à la progression des infractions liées au numérique et à la nécessité de coordonner des capacités jusque-là réparties entre plusieurs structures.

Le commandement s'appuie notamment sur le C3N pour les enquêtes spécialisées, sur des capacités d'expertise numérique et sur le réseau CyberGend pour son maillage territorial. Sa création vise ainsi moins à constituer ex nihilo de nouvelles unités qu'à regrouper et coordonner des moyens déjà existants.

Un premier bilan publié en 2022 par Le Monde Informatique souligne l'élargissement de ses activités à l'investigation, à la prévention, à la formation, aux coopérations avec des partenaires publics et privés et au développement de capacités techniques. Le commandement anime alors un réseau de plusieurs milliers de personnels répartis sur le territoire national et outre-mer.

Missions et organisation du ComCyberGend

L'arrêté de création confie au ComCyberGend la mission de piloter, conduire et animer le dispositif de la Gendarmerie nationale dans la lutte contre les cybermenaces. Les sources consacrées à son fonctionnement décrivent un périmètre associant investigation judiciaire, expertise numérique, prévention, formation et coordination territoriale.

Son organisation associe des fonctions de stratégie, des capacités opérationnelles d'enquête, des missions de proximité numérique et des moyens d'appui et d'expertise technique. Le C3N constitue l'une de ses principales composantes judiciaires et intervient notamment dans les dossiers complexes ou présentant une dimension nationale ou internationale. Les capacités centrales sont complétées par le réseau CyberGend, qui permet la prise en compte des infractions numériques au sein des échelons territoriaux.

Dissolution et réorganisation de 2023

Le ComCyberGend est dissous en 2023 dans le cadre d'une réorganisation de la gouvernance des capacités cyber du ministère de l'Intérieur. Cette réforme distingue les fonctions exercées à l'échelle ministérielle de celles propres aux forces de police et de gendarmerie.

Le Commandement du ministère de l'Intérieur dans le cyberespace (COMCYBER-MI) devient un service à compétence nationale commun à la police et à la gendarmerie. Acteurs publics présente sa création comme visant à désigner un interlocuteur commun et à mutualiser les fonctions stratégiques ainsi que certaines compétences spécialisées. La réforme transfère notamment vers cette structure des capacités relevant de la stratégie, de la formation, des achats de matériels et de compétences spécialisées pouvant être mutualisées, tandis que les enquêtes judiciaires demeurent conduites par les forces compétentes.

Dans le même temps, l'arrêté du 23 novembre 2023 crée l'Unité nationale cyber au sein de la Gendarmerie nationale. Next la présente en 2024 comme le successeur du ComCyberGend pour les capacités propres à la gendarmerie et indique qu'elle regroupe l'ensemble de ses forces cyber. Localtis la présente également comme la structure chargée de fédérer les forces de la gendarmerie engagées dans la lutte contre la cybercriminalité et souligne son rôle d'appui au dispositif territorial.

Unité nationale cyber

vignette|upright=0.8|Logo de l'Unité nationale cyber.

Positionnement et missions

L'Unité nationale cyber (UNCyber) est créée par arrêté du 23 novembre 2023. Elle reprend une partie des fonctions opérationnelles précédemment exercées au sein du ComCyberGend et est initialement rattachée à la direction des opérations et de l'emploi de la Direction générale de la Gendarmerie nationale.

Depuis le , l'UNCyber est rattachée à l'Unité nationale de police judiciaire (UNPJ).

L'UNCyber est une unité de police judiciaire à compétence nationale. Elle exerce ses missions sur l'ensemble du territoire national dans le domaine de la prévention et de la répression des formes spécialisées, organisées ou transnationales de cybercriminalité. Elle intervient également dans la lutte contre l'utilisation des réseaux de communications électroniques ou des technologies numériques pour faciliter la commission d'infractions.

Ses activités opérationnelles s'articulent autour de trois domaines : le renseignement, l'investigation et l'appui technique. Elle conduit des enquêtes judiciaires spécialisées, centralise et exploite des informations relatives aux cybermenaces et apporte un appui numérique ou technique aux autres services d'enquête.

L'unité participe également aux coopérations opérationnelles avec les services d'enquête étrangers et les organisations internationales dans son domaine de compétence.

Organisation

L'organisation de l'UNCyber évolue depuis sa création. En 2024, Next décrit une structure comprenant notamment une division de la proximité numérique, une composante opérationnelle issue du C3N et une division technique disposant de capacités d'appui projetables sur l'ensemble du territoire.

Une réorganisation entrée en vigueur le fixe son organisation actuelle autour d'un état-major et de trois divisions : la division de l'animation, du renseignement et de la coordination (DARC), la division des opérations (DO) et la division technique (DT).

La DARC assure notamment des fonctions de renseignement, d'animation du réseau CyberGend, de coordination des antennes UNCyber et de relations internationales. Elle dispose également de capacités intervenant dans le renseignement technique et en sources ouvertes.

La division des opérations conduit les enquêtes relatives aux formes complexes de cybercriminalité organisée et aux affaires de niveau national ou international. Ses domaines d'intervention comprennent notamment les rançongiciels, les trafics et fraudes en ligne, la pédocriminalité et les investigations relatives aux crypto-actifs.

La division technique fournit un appui technique et criminalistique numérique aux enquêteurs. Elle dispose notamment de capacités projetables au profit des unités territoriales lors d'opérations nécessitant des investigations numériques spécialisées et contribue au développement d'outils destinés aux enquêteurs.

La page institutionnelle de la Gendarmerie nationale consacrée à l'UNCyber indique que l'unité compte 120 personnels.

Animation du dispositif CyberGend

Au-delà de ses effectifs propres, l'UNCyber assure le pilotage, l'animation et la coordination du dispositif spécialisé de la Gendarmerie nationale dans le cyberespace. L'arrêté qui l'organise lui confère une autorité fonctionnelle sur les unités spécialisées chargées de la lutte contre les cybermenaces et lui attribue la coordination de ses antennes territoriales.

La Gendarmerie nationale indique que ce dispositif comprend 26 antennes UNCyber réparties en métropole et outre-mer et un réseau de plus de 10 000 cybergendarmes. Localtis décrit également l'UNCyber comme un pôle national venant en appui d'environ 10 000 personnels déployés dans les territoires et souligne le renforcement du maillage territorial de la filière cyber.

Le dispositif réunit plusieurs catégories de personnels disposant de niveaux ou de domaines de spécialisation différents, notamment des cyber-enquêteurs, des enquêteurs sous pseudonyme et des spécialistes des crypto-actifs.

La réforme de la filière vise en particulier à renforcer le nombre de cyber-enquêteurs spécialisés. Next rapporte en 2024 un objectif de passage d'environ 330 à 1 000 cyber-enquêteurs, répartis entre trois spécialités : les investigations, le traitement de la preuve numérique et la science de la donnée. Une publication de la Gendarmerie nationale de 2026 confirme l'objectif de 1 000 cyber-enquêteurs et la structuration de leur formation autour de ces trois domaines.

Cette organisation associe ainsi un échelon national spécialisé, des antennes territoriales et un réseau plus large de personnels formés à la prise en compte des cybermenaces.

Commandement

L'UNCyber est commandée depuis le par le général Hervé Pétry.

Commandement du ComCyberGend

Le général de division Marc Boget prend le commandement du ComCyberGend lors de son entrée en activité le . Il dirige l'organisme jusqu'à l'été 2023.

Le général de brigade Christophe Husson, auparavant adjoint du commandant, lui succède le . Il est le dernier commandant du ComCyberGend avant sa dissolution.

Il prend ensuite la tête du COMCYBER-MI, devenu un service à compétence nationale commun à la police et à la gendarmerie.

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes

Gendarmerie nationale (France) Cybercriminalité Centre de lutte contre les criminalités numériques Unité nationale de police judiciaire Police judiciaire en France

Liens externes

Présentation de l'Unité nationale cyber sur le site de la Gendarmerie nationale

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