Bouin est une ancienne commune du Centre-Ouest de la France située dans le département des Deux-Sèvres, en région Nouvelle-Aquitaine.

La carte de Cassini, établie entre 1766 et 1768, indique l'existence d'une paroisse, d'un « Logis » et d'un moulin à vent sur un site orthographié Boüin. Bouin s'est également orthographiée Boig.

Géographie La commune de Bouin est située sur le versant aquitain du Seuil du Poitou, à proximité de la ligne de partage des eaux du bassin de la Loire et du bassin de la Charente. Cette ligne de partage des eaux est matérialisée par le horst de Montalembert situé au nord de Bouin.

La rivière Aume (ou Osme, ou encore rivière de Bouin) prend sa source à Bouin. C'est un petit affluent de la rive droite de la Charente à Ambérac.

Sur l'hydrographie des environs de Bouin, on pourra consulter la fiche de la commune d'Aubigné.

Sur la géologie des environs de Bouin, on pourra consulter la fiche de la commune de Ruffec.

Bouin est principalement accessible par la route départementale , entre Chef-Boutonne et Villefagnan, à du département de la Charente.

Toponymie Peut-être du gaulois « frontière » qui marquerait la limite, durant l’Antiquité entre les Santons et les Pictons.

Histoire L'histoire de Bouin est commune à l'histoire du comté de Poitiers, puis à celle de l'Angoumois, puis enfin à celle du département des Deux-Sèvres : peuplement celte des Gaulois, domination de l'Empire romain en -52, expansion du christianisme à partir du , domination du Royaume Wisigoth en 418 puis des Francs en 507, domination des Capétiens en 987 puis des Plantagenêts en 1152, rattachement à la Couronne de France en 1308 et importance du protestantisme au .

La région de Bouin est dévastée à de très nombreuses reprises par les guerres : guerre civile entre Carolingiens, guerre entre Plantagenêts et Capétiens, guerre de Cent Ans et guerres de religion. Par contre, Bouin et ses environs n'auraient pas souffert du passage des Vandales en 407, ni du passage des Maures en 732, ni des raids normands en Poitou et dans la vallée de la Charente de 845 à 868.

À l'époque de l'indépendance de la Gaule, avant la conquête romaine, Bouin fait partie du territoire des Pictons, séparé au sud des Santons par la forêt d'Argenson. Bouin est située à la lisière nord de la forêt d'Argenson qui sera défrichée au , des lambeaux de forêt subsistant aujourd'hui sous le nom de forêt de Benon, d'Aulnay, de Chizé, de Tusson, de Boixe et de la Braconne. La voie antique qui longe cette lisière nord, relie Niort à Périgueux en passant par Chef-Boutonne, Bouin, Embourie (vestiges gallo-romains), Villefagnan, le gué de la Charente à Bayers/Aunac et Chasseneuil-sur-Bonnieure (camp romain, voie romaine). Cette voie de lisière croise deux voies qui traversent la forêt d'Argenson à proximité de Bouin : à Brioux-sur-Boutonne l'importante artère antique qui relie Poitiers à Saintes, qui sera l'un des principaux chemins du pèlerinage de Saint-Jacques-de-Compostelle ; à proximité de Theil-Rabier une voie romaine qui relie Aulnay (camp romain) à Charroux : Villiers-Couture, Couture-d'Argenson, Les Allards, Paizay-Naudouin, Theil-Rabier, La Madeleine, Bannieres, Londigny, Montalembert et Limalonges. L'archéologie aérienne a identifié deux enclos circulaires pré-romains à l'ouest de Bouin, à Touchemarin et aux Essarts (commune d'Hanc).

À l'époque gallo-romaine, Bouin fera partie de l'Aquitaine Seconde ; la conquête de la Gaule celtique (entre Garonne et Seine) est réalisée en -56 par Jules César, les Pictons, alliés des Romains, fournissant des navires contre les Vénètes ; à l'occasion de la bataille d'Alésia en -52, qui voit la constitution d'une armée gauloise de secours forte de hommes, les Santons et les Pictons envoient respectivement et guerriers ; des vestiges d'établissement gallo-romain seront découverts à Bouin au . Vers 258, les Alamans et les Francs franchissent le Rhin, ce qui déclenche la période d'Anarchie Militaire au cours de laquelle Bouin fait partie de l'éphémère Empire des Gaules de 260 à 273, sous l'autorité de Postumus puis de Tetricus. Le est l'époque de l'expansion du christianisme (saint Hilaire de Poitiers, saint Eutrope de Saintes, saint Martin de Tours à Ligugé). Comme dans les zones rurales de Gaule, la paroisse de Bouin est créée à l'emplacement d'une exploitation agricole autonome : villa gallo-romaine, qui deviendra un fief à l'époque de la féodalité.

À la suite des invasions germaniques au sein de l'Empire romain d'Occident en l'an 406, le Royaume Wisigoth de Toulouse, créé en 418 par un foedus s'étend en Gaule et en Espagne, et comprend Bouin ; la participation des Wisigoths de Théodoric à la bataille des Champs Catalauniques contre les Huns d'Attila en 451 repousse définitivement les Huns qui avaient atteint Orléans ; la chute de l'Empire romain d'Occident, datée de 476 (lorsque Odoacre dépose le dernier empereur d'Occident et renvoie les insignes impériaux à Constantinople) rend indépendant le royaume Wisigoth. Les Wisigoths, peuple de Germains orientaux issus de la région du Danube, avaient vaincu l'Empire romain d'Orient à Andrinople en 376, puis avaient pillé Rome en 410 ; chrétiens ariens, ils créent les duchés (dont celui de Saintes) et les comtés à l'origine des structures médiévales, et perçoivent les impôts des Gallo-romains chrétiens ; ils laissent peu de trace de leur domination, sauf le bréviaire d'Alaric II, mais constituent la première étape de l'apport des peuples Germains aux Gallo-romains de Bouin.

La victoire de Clovis sur les Wisigoths d'Alaric II en 507 à la bataille de Vouillé, près de Poitiers, fait passer la région de Bouin sous la domination des Francs, peuple de Germains de Rhénanie, qui créent la dynastie des Mérovingiens à laquelle succèdera la dynastie des Carolingiens en 751. À l'occasion du partage de l'Empire carolingien au traité de Verdun en 843, la région de Bouin est attribuée à la Francie occidentale de Charles II le Chauve, mais néanmoins revendiquée par les rois carolingiens d'Aquitaine (liste des ducs d'Aquitaine), ce qui déclenche une longue guerre civile aggravée par les raids normands en Poitou et dans la vallée de la Charente. La paix et la prospérité ne reviendront qu'au début de la dynastie des Capétiens en 987. À l'occasion de cette période troublée, se forme au détriment du Poitou un Angoumois autonome qui s'étendra progressivement jusqu'à Bouin. La création du comté d'Angoumois correspondrait à la création d'une nouvelle voie reliant Poitiers à Bordeaux en passant par Angoulême, traversant à gué la Charente (fleuve) à Mansle. La toponymie révèle que la langue d'oïl s'arrête au Poitou, et que l'occitan débute en Angoumois et Saintonge. À l'époque carolingienne, au , Bouin est le siège d'une viguerie du pagus de Brioux : le Viguier de Bouin administre un ensemble de paroisses proches, sous l'autorité du comte de Brioux ; le viguier réside probablement dans l'ancienne villa gallo-romaine.

Peu après l'an 1000, Bouin passe au comté d'Angoulême à l'occasion de la donation des vicomtés de s d'Aulnay, de Ruffec et de Confolens par Guillaume , comte de Poitou et duc d'Aquitaine, à Guillaume Taillefer, comte d'Angoulême (Liste des comtes d'Angoulême), son vassal. Cette période voit l'indépendance croissante des petits seigneurs et la construction de forteresses. La viguerie de Bouin est transformée en châtellenie. La seigneurie de Bouin appartiendra successivement aux familles La Lande jusqu'en 1494, puis Turpin de Jouhé jusqu'en 1750, puis Chabot de Bouin jusqu'en 1860. Une voie antique est attestée au Moyen Âge, de Rom à Bouin, en passant par Lorigné : le chemin de la Bounièze.

En 1137, le mariage d'Aliénor d'Aquitaine, héritière de l'Aquitaine, avec Louis VII, roi de France, rapproche Bouin du domaine royal capétien. Mais le divorce d'Aliénor en 1152 et son remariage avec Henri II Plantagenêt, futur roi d'Angleterre, déclenche une longue période de guerres dans la région (révoltes des seigneurs contre le pouvoir centralisé des Plantagenêts, disputes au sein de la famille Plantagenêt révolte contre leur père en 1173-1174, confiscation des fiefs continentaux par le roi de France, etc.), jusqu'au rattachement de l'Angoumois à la Couronne de France en 1308. La région de Bouin est à nouveau le théâtre de combats entre Anglais et Français, accompagnés de destructions, pendant la guerre de Cent Ans de 1337 à 1453.

Vers l'an 1500 (et en 1597 de façon attestée), la paroisse de Bouin est le siège d'un archiprêtré du diocèse de Poitiers dépendant de l'archidiaconé de Brioux comprenant les paroisses suivantes au sein de trois provinces : Couture-d'Argenson, La Bataille, Lussay, Lorigné, Melleran et Villemain en Poitou ; Bouin, Hanc, Pioussay, Longré, Paizay, Theil-Rabier, Empuré, Raix, Saint-Fraigne, La Forêt-de-Tessé, Les Gours, Ambourie, et La Chèvrerie en Angoumois ; Loubillé en Saintonge. Cet archiprêtré durera jusqu'au Concordat de 1801. On constate dans la région de Bouin une forte implantation du protestantisme, des destructions pendant les guerres de religion (1562 - 1598), des abjurations forcées par les dragonnades et une émigration à la révocation de l'édit de Nantes (en 1685) : en 1534, Calvin vient prêcher à Villefagnan où un Temple sera construit ; beaucoup de familles nobles adoptent la Réforme (à Longré, à Saveille, à Verteuil, à La Rochefoucauld, etc.). En 1598, Bouin fait partie du marquisat de Ruffec, le seigneur de Volvire recevant le droit de faire de la terre de Ruffec un marquisat fort de 36 paroisses et 200 maisons nobles. Il est probable que le logis de Bouin d'époque Renaissance est ruiné pendant les guerres de religion (l'église romane est également ruinée à cette période), et qu'il est vendu en l'état par les Turpin de Jouhé à François Chabot de Peuchebrun (Longré) vers 1750, qui constitue ainsi une terre pour son fils cadet Joseph Chabot qui reconstruira en 1766 l'actuel logis de style classique (hypothèse à vérifier).

Joseph Chabot de Bouin (né le à Peuchebrun, commune de Longré - mort en 1816 à Chef-Boutonne), est la tête de tige des Chabot de Bouin ; il est le fils de François Chabot, écuyer, seigneur de Peuchebrun, et de Marie Tesnon de la Ronce, mariés le et qui ont 8 enfants (Jacques Chabot de Peuchebrun, Joseph Chabot de Lussay, Nicolas Chabot de Potonnier, Joseph Chabot de Bouin et plusieurs filles). Joseph Chabot de Bouin épouse en 1772 Jeanne Rempnoulx, qui lui donne 2 enfants dont Nicolas Chabot de Bouin. Nicolas Chabot de Bouin (né le ) épouse le sa cousine Françoise Chabot de Peuchebrun (née le ) qui lui donne Nicolas Jules Chabot de Bouin. Nicolas Jules Chabot de Bouin (né à Chef Boutonne le ) écrit des romans et des pièces de théâtre ; marié à Paris en 1842 à Céline Rommel, il laisse une fille unique Juliette-Louise (mariée en 1855 à Bouin à Agathon Morisson), dernière descendante des Chabot de Bouin.