vignette|Batterie d’artillerie utilisée par les gardes nationaux pendant le siège de Paris. vignette|Barricade tenue par les Gardes nationaux parisiens le 18 mars 1871, pendant la Commune de Paris. Lordre de bataille de la Garde nationale en 1870-1871 est l'ordre de bataille déployé par la Garde nationale parisienne durant le siège de Paris puis la Commune de Paris. Il est divisé en vingt légions, correspondant aux vingt arrondissements, eux-mêmes divisés en huit compagnies, dirigés par des officiers élus par les gardes.

Organisation Formation La Garde nationale, qui puise ses origines dans la Révolution de 1789, sort de sa mise en sommeil à la fin du Second Empire. Une Garde nationale mobile est créée en 1868, puis, durant les premiers mois de la guerre franco-allemande de 1870, le recrutement militaire est élargi aux volontaires. Le , les différentes Gardes nationales présentes dans le pays sont réorganisées. Le recrutement s'intensifie après la chute de l'Empire et la proclamation de la Troisième République le . Le , le gouvernement de la Défense nationale mobilise les Gardes nationales sédentaires, dont celle de ParisCordillot et al. 2021, Pierre-Henri Zaidman, « La Garde nationale », ..

À Paris, la Garde nationale compte originellement soixante bataillons pour . Le nombre de bataillons est rapidement doublé, jusqu'à atteindre à la fin du mois de septembre regroupant . Au côté de ces nouveaux bataillons sédentaires, composés des habitants d'un même quartier, se forment de corps francs.

Organisation interne Les bataillons sont rattachées à un arrondissement et sont regroupés en vingt légions, correspondant aux vingt arrondissements de Paris. Le nombre de bataillons dans une légion est donc proportionnel à sa population. La est la plus peuplée, comportant vingt-six bataillons, alors que la n'en a que six. Chaque bataillon est lui-même divisé en huit compagnies, même s'il peut arriver qu'il y en ait plus. Les quatre premières compagnies sont des compagnies de guerre pouvant être engagées dans les combats militaires. Une compagnie est théoriquement composée de cent cinquante baïonnettes, même si cette limite est dépassée dans les quartiers populaires. Lors de la guerre contre l'Allemagne, la Garde nationale est intégrée à l'armée de Paris, sous les ordres du général Louis Jules Trochu.

Les gardes nationaux sont commandés par des généraux en chef, nommés par le gouvernement, et par des officiers et sous-officiers qu'ils élisent. Ces élections voient l'arrivée d'un certain nombre de révolutionnaires, qui ont une trop maigre connaissance militaire. Les conflits internes aux légions paralysent certaines d'entre elles, au dépit de l'action militaire. Durant la Commune, les effectifs diminuent sans cesse. Le , Edmond Lepelletier estime de à le nombre de Gardes nationaux. En mai, il les évalue a à peine , puis moitié moins au début de la Semaine sanglante. Ils ne sont plus que le Cordillot et al. 2021, Olivier Peynot, « L'action militaire de la Commune », ..

Ordre de bataille par légion

Colonel : Léopold Boursier.

La comprend les bataillons 1, 5, 12, 13, 14, 70, 112, 113, 171 et 196. Les et sédentaires et la de guerre de la , sont, toutes trois, composées de gardes de la Banque de France. Le comporte une compagnie de carabiniers et le est composé des hommes du ministère des Finances.

Colonel : Charles Napoléon Grill.

La comprend les bataillons 8, 10, 11, 100, 148, 149, 181 et 227.

Durant le siège de Paris, l'arrondissement comporte un bataillon de vétérans.

Colonel : Adolphe Spinoy.

La comprend les bataillons 35, 54, 86, 87, 88, 89, 144, 145, 205 et 239.

Colonel : Édouard Esgonnière.

La comprend les bataillons 22, 53, 94, 95, 105, 162, 182, 183, 212 et 254. Le comporte une compagnie de carabiniers et la de mariniers sauveteurs.

Colonel : Antoine Léon Blin.

La comprend les bataillons 21, 59, 60, 118, 199, 151, 160, 161, 163 et 248.

Colonel : Lucien Combatz.

La comprend les bataillons 18, 19, 83, 84, 85, 115, 193 et 249. Le comporte une compagnie de pompiers, à laquelle sont rattachés des gardes de Lagny, Romainville et Sainte-Geneviève-des-Bois.

Chefs : Jean-Baptiste Witt. puis Prosper Garantié.

La comprend les bataillons 15, 16, 17, 20, 105, 106, 187 et 208. Le comporte une compagnie de carabiniers volontaires.

Durant la Commune, le devient celui de la Fédération des artistes de Paris.

Chefs : Jules Allix puis Jean Frédéric Lukkow.

La comprend les bataillons 2, 3, 4, 69, 71, 97, 221 et 260.

Le devient le de la légion de Seine-et-Oise.

Chefs : Louis Courgeon. puis Adolphe Bertault.

La comprend les bataillons 6, 7, 116, 117, 216, 228, 229, 247, 252 et 253. Le est composé des hommes de l'usine à gaz de la Villette.

Le , dit de l'Île-de-France, devient le de la légion de Seine-et-Oise.

Colonel : Maxime Lisbonne

La comprend les bataillons 9, 24, 107, 108, 109, 110, 128, 137, 143, 153, 167, 170, 175, 186, 188, 203, 238 et 246.

Chef de la : Octave Lechesne. Chef de la : Fortuné Marcelin puis Édouard Sylvestre.

La comprend les bataillons 57, 58, 65, 66, 67, 123, 130, 138, 139, 140, 141, 180, 190, 192, 194, 195, 206, 209, 211, 213, 214, 219, 232, 236, 237, 241 et 271.

Colonels : Edme Crépin Huot. puis Jean-Baptiste Devresse. puis Jules Montels

La comprend les bataillons 52, 56, 73, 93, 121, 122, 126, 198, 199 et 200.

Chef : Émile-Victor Duval (), Victor Cougenot (), Jean-Baptiste Sérizier. ()

La comprend les bataillons 42, 101, 102, 120, 133, 134, 176, 177, 184 et 185. Le comprend une compagnie de Juvisy.

Colonels : Lucien Henry (), fait prisonnier. et remplacé par Louis Dieu. (), Louis Wetzel (, à titre provisoire.), Henri Menet (, à titre provisoire), Joseph Piazza. (), Nicolas Legrand. (), Maxime Avoine père. (), Michel Belin., Nicolas Legrand (), Charles Ulrich (, par intérim.) Conseil au : Pierre Charbonneau, Paul Hébert., Alexandre (ou Julien) Roquejoffre., Louis Sebourg.

La comprend les bataillons 103, 104, 136, 146, 202, 217 et 243 (bataillon du Génie). Le est composé des hommes de la Compagnie des chemins de fer de l'Ouest.

Durant la Commune, la incorpore le venu de la . Il comprend, en plus de ses huit compagnies, deux compagnies de sapeurs-pompiers (dont une de Sèvres), cinq compagnies de Meudon et une compagnie de carabiniers composée essentiellement d'habitants de Clamart et du Plessis-Piquet. On retrouve également des mentions de compagnies de banlieue de Montrouge, Issy et Vanves. La est qualifiée tour à tour de sédentaire, de dépôt, de marche, de guerre, des carabiniers

Colonel : Arthur Damerey.

La comprend les bataillons 45, 47, 81, 82, 127, 131, 156, 165 et 178.

Le , originaire de l'arrondissement de Sceaux, lui est rattaché durant le siège de Paris. Il est transféré au sein de la durant la Commune.

Colonel : Étienne Laporte.

La comprend les bataillons 38 et 72, qui fusionnent le pour former le .

Chefs : Louis Rossel puis Victor Jaclard puis Georges Muley.

La comprend les bataillons 33, 90, 91, 155, 168, 207, 222, 223, 244, 257 et 259. Le comporte une compagnie du Pecq.

Durant la Commune, le devient la légion italienne.

Chefs : François Josselin. puis Frédéric Millière.

La comprend les bataillons 32, 61, 64, 77, 78, 79, 124, 125, 129, 142, 152, 154, 158, 166, 169, 189, 215, 220, 225 (bataillon de vétérans), 245 (bataillon du génie) et 258. Le du génie n'est pas armé, à l'exception de la d'éclaireurs ; ses et sont des compagnies de sapeurs-pompiers. Le comprend le de guerre auxiliaire, dit légion Alphand, et dix batteries formant la légion d'artillerie.

Colonel : Moïse Pillioud.

La comprend les bataillons 29, 114, 147, 157, 164, 179, 191, 197, 224, 230, 231 et 242. Le comporte une compagnie de carabiniers, qui devient le la . Le comporte une compagnie d'éclaireurs, le une compagnie du Raincy et le une compagnie de pompiers.

Chefs : Ludomir Matuszewicz. puis Frédéric Guérin.

La comprend les bataillons 27, 30, 63, 74, 75, 76, 80, 135, 159, 172, 173, 174, 201, 208, 218, 234 et 240. Le comporte une compagnie de pompiers.

Durant la Commune, le devient le .

Légion de Seine-et-Oise

Une légion de Seine-et-Oise est créée par décret le . Elle doit alors comprendre cinq bataillons aux compagnies sédentaires et de combat, sous les ordres du colonel Desriveaud, et répartis entre les , et . L'ordre prévu est le suivant : de Rueil, de Sèvres, Chaville et Meudon, de Versailles, Saint-Cloud et Garches (dont des pompiers de Garches et Louveciennes), de Versailles, d'Argenteuil ainsi que deux compagnies de pompiers, une avec des hommes de Sèvres et l'autre d'Argenteuil et du Raincy. Finalement, le de Versailles, trop important, est divisé en trois bataillons : le , le de Gagny, Montfermeil et Le Raincy et le de Juvisy, Corbeil, Palaiseau, Orsay et Arcueil, ce dernier bataillon portant le nom de Légion de Seine-et-Oise sud. Enfin, certains des gardes nationaux de Versailles et de Garches sont incorporés au sein du .

Bataillons spéciaux

Pierre-Henri Zaidman, historien du mouvement communaliste, note plusieurs bataillons spéciaux qu'il ne rattache pas à un arrondissement : le , bataillon des Postes ; le , bataillon de l'Octroi ; le , bataillon de petites voitures ; le , bataillon du chemin de fer du Nord ; le , composé d'anciens francs-tireurs pendant la Commune ; le , composé de chasseurs fédérés pendant la Commune.

Bataillons extérieurs à Paris avant le

Au début du siège de Paris, le , les bataillons installés dans les arrondissements de Sceaux et de Saint-Denis ainsi qu'en Seine-et-Oise sont intégrés à ceux des arrondissements de Paris.

Arrondissement de Sceaux

L'arrondissement de Sceaux comprend, avant le siège de Paris, les bataillons 40, 41, 43, 44, 48, 49, 50, 51, 98, 99 et 210. Le est composé des habitants de Montreuil, Rosny et Villemomble. Il comprend une compagnie de carabiniers et deux compagnies de sapeurs-pompiers. Les et comportent eux aussi une compagnie de sapeurs-pompiers.

Arrondissement de Saint-Denis L'arrondissement de Saint-Denis comprend les bataillons 23, 25, 26, 28, 31, 34, 35Le 135e bataillon, dit le Gaulois, participe, à l'attaque du parc de Buzenval durant laquelle il a eu 34 hommes tués et blessés Georges Darney : Monographie de Neuilly-sur-Seine page 181, 36, 37, 39, 62, 68, 132, 233 et 235. Le est composé des compagnies de Romainville (dont une compagnie de pompiers), Bagnolet, Pantin et Bobigny et le de compagnies de Saint-Denis et du Bourget. Les et sont respectivement composés d'habitants de Colombes et de Boulogne. Le comporte les compagnies de Neuilly-sur-Marne et une compagnie d'éclaireurs et le comporte une compagnie de pompiers de Courbevoie, des gardes réfugiés de Colombes ainsi que des compagnies de Clichy.

Montreuil-sous-Bois

L'arrondissement de Montreuil-sous-Bois comprend uniquement le .

Département de Seine-et-Oise

La Seine-et-Oise comprend un , réunissant des gardes nationaux de Rueil, Argenteuil et Louveciennes, et un , réunissant Saint-Cloud, Garches, Meudon ainsi que Sèvres, Chaville et Viroflay, en deux groupes distincts. Le comporte une compagnie de pompiers et une de brancardiers, le deux compagnies de pompiers.

Le , le incorpore la et le la , à l'exception de plusieurs hommes qui rejoignent le de la .

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Articles connexes Chronologie du siège de Paris Comité central de la Garde nationale - Fédération de la Garde nationale Commune de Paris - Chronologie de la Commune de Paris Formation des trois armées de Paris en 1870 Garde nationale (France, 1870-1871) Ordre de bataille de l'armée versaillaise

Catégorie:Garde nationale (France, 1870-1871) Garde nationale Catégorie:Guerre franco-allemande de 1870 * Catégorie:Histoire de l'Armée de terre française *